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EUPHORIE

Catégorie société
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(JPEG) En avril, les places boursières mondiales ont un peu repris du poil de la bête. Loin encore de revenir à leur niveau du début de l’année, cahin-caha et avec des dents de scie impressionnants, mais disons qu’elles ont un peu enrayé la dégringolade. Ça m’a étonné.

Aucun indicateur économique, aucune prévision ne justifiait cette soudaine bouffée d’euphorie.

Je me suis penché sur la question pour en comprendre les raisons.

Et j’ai trouvé.

Quels que soient ce à quoi ils s’appliquaient (inflation, marché immobilier, production industrielle...), les indicateurs étaient "moins mauvais que ceux prévus par les analystes" !

Vous avez bien lu : pas "meilleurs", mais "moins mauvais" ! Dernier exemple en date : "Le dollar a poursuivi son rétablissement face à l’euro vendredi, stimulé par une dégradation moins forte que prévu de l’emploi aux États-Unis en avril (...) 5% de la population active, contre 5,2% attendu." (Boursorama)

Étonnante cette manie des humains de se raccrocher à la moindre bulle d’illusion quand tout part à vau-l’eau.

C’est comme si vous étiez sur le Titanic en train de sombrer et que vous vous mettiez à hurler de joie parce qu’il coule moins vite que ce que vous en a dit le capitaine. Moyennant quoi, par votre agitation schizophrénique, vous précipitez la chute plutôt que de trouver les ultimes solutions pour l’enrayer. Ou de dénicher le radeau qui vous sauvera du naufrage.

Je me suis rappelé que juste avant le crash de 1929, les places boursières avaient aussi connu une stupéfiante envolée.

Cette réaction n’est pas propre aux places boursières.

Tout le monde, je pense, a dans son entourage connu un proche atteint d’une de ces longues maladies dont l’issue est systématiquement fatale. Tous savent que cette dramatique descente aux enfers s’accompagne toujours de quelques brefs instants de répit pendant lesquels les espoirs les plus insensés refleurissent. Jusqu’à ce que...

Pour l’avoir vécu, je sais qu’on ne saurait blâmer ces brusques accès d’optimisme. Mais ils relèvent moins de l’instinct de vie que du réflexe désespéré de survie.

C’est fragile, les bulles. Ça finit toujours par exploser. Et il y a toujours un putain de "toubib" pour vous rappeler à la douloureuse réalité :

"On attend de voir les prochains chiffres américains. Ceux qui sont tombés ce matin ne sont pas mauvais mais je crains que ce soit uniquement un feu de paille et que la tendance à moyen terme reste celle que nous avons prévue" ("Dr" Strauss-Kahn, directeur de l’ "hôpital" FMI, 2 mai 2008).

Il y a une grosse différence entre le proche "atteint d’une longue maladie" et le rafiot néo-libéral en déroute. Le premier, on l’accompagne du mieux qu’on peut pour lui rendre les derniers moments le plus agréables possibles. Le second, juste avant de le fuir dare-dare pour se mettre à l’abri (s’il est encore temps !), on a tout intérêt à le torpiller pour en finir au plus vite.



Publié le 8 mai 2008  par Le Yéti


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