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Appel à la multiplication des moments et des lieux de parole horizontaux.

Catégorie politique
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La dégradation de nos conditions d’existence, la précarité d’un quotidien de plus en plus insupportable s’accompagnent d’un mécontentement se manifestant dans différents mondes : ceux des étudiants, des employés, salariés, ouvriers, ceux des quartiers populaires ... Plutôt que de les opposer, il convient de les faire converger en résorbant les distances crées facticement dans le but de contrôler efficacement ceux qui ne sont considérés que comme de vulgaires « ressources humaines » :

NOUS.

Les outils mis en œuvre pour lutter contre les lois sécuritaires, xénophobes, paranoïaques, antisociales de l’actuel gouvernement ne sont pas à la hauteur de la situation.

Les syndicats, qualifiés de « majoritaires » mais réellement « dépossédant », tant dans le monde salarial (C.F.D.T., C.G.T., F.O., S.U.D., ...) qu’étudiant (U.N.E.F., S.U.D. Etudiant, U.N.L., F.I.D.L., ...), se contentent d’appels et de « mouvements sociaux », orientés vers un secteur déterminé, à un moment donné, en imposant une ligne et des comportements à suivre ainsi que de mous slogans à porter.

Le tout sous la houlette d’un Service d’Ordre (S.O.) et de revendications figées, sombrant dans la même grisaille et la même morosité que ces lois et orientations, dites combattues par ces mêmes syndicats.

Ils ont pourtant toujours été contre productifs, dans l’acte et la pensée révolutionnaire.

Il nous est vital, aujourd’hui, de renverser cette perspective.

L’exploité, l’aliéné, l’étudiant ne sont que des pions dont on ne reconnait que la seule capacité d’être dociles aux décisions, orientations et règles prises par des Assemblées Générales rigides, contrôlées par ceux qui sont habitués à prendre la parole, en rôdant un discours propre à leurs structures syndicales d’appartenance.

Ce sont elles qui nous invitent à scander divers mots d’ordre parcellaires (anti LRU, pouvoir d’achat, défense de tel acquis ou indignation contre telle restructuration et plus généralement contre ces lois récurrentes allant dans le sens d’une aggravation des conditions de vie, imposées par les rouages d’une accumulation sans fin : celle du capital).

L’heure n’est plus à la négociation, mais à la prise en charge des revendications par les individus en lutte, afin que le mouvement se prolonge, malgré la fin de la récrée (« la grêve ») sifflée par les syndicats, lorsqu’ils considèrent que le mouvement s’essouffle malgré la volonté de certains de le dépasser.

Nous ne voulons plus nous laisser aigrir ni même accroître notre lot de frustrations.

Agir.

Afin de sortir des structures hiérarchisées, sclérosant la colère des mécontents, il est temps pour nous de reprendre la parole, en multipliant dès que possible les moments et les espaces de discussions libres, afin qu’adviennent une créativité et une détermination véritable rendues possible par l’expression de nos subjectivités, trop souvent occultées sous le poids et la domination des parasitaires syndicats.

Les luttes parcellaires ne peuvent que nous diviser, en concentrant nos énergies contre des mesures engendrées par un même ennemi.

Seul l’horizontalité, c’est-à-dire la gestion directe de nos colères, par une base humble et solidaire, peu dégager de nouvelles perspectives de vie, en permettant à chaque individualité de se révéler, de se créer, de se développer, en ayant pour seul principe : l’amorce d’une humanité privée des aménagements coercitifs, établis par les états capitalistes, ne gérant que les profits en dénigrant la part vivante d’une existence confinée dans le non sens et l’abrutissement.

La prise d’initiatives, la désacralisation des mouvements bureaucratiquement gérés, et les discussions doivent gagner chaque espace désireux de changement.

De la rupture de ce quotidien aliénant, dépossédant l’individu, dépendra la construction d’un environnement propice à l’émergence de nouveaux comportements, compatibles avec les idéaux généreux, sincères et humains contenus dans chacun d’entre nous libéré du dogme de la croissance et de la survie augmentée.

Ouvrons des lieux dans chaque quartiers, sur nos lieux d’études ou de travail, partout, tout le temps, où les échanges enrichiront chacun de ceux qui y prendront part, en rompant ainsi avec l’ « Homme sérieux » ; celui qui s’ennuie et ne vit jamais.

Structurons-nous en petits comités indépendants, horizontaux, libres, créatifs, insurrectionnels, agissant sans concessions ou compromis avec ce spectre mortifère qu’est le monde marchand sacrificiel.

Trouvons-nous et créons nos luttes.

-  Une non-organisation.



Publié le 25 mai 2008  par loic henry


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Forum de l'article
  • Appel à la multiplication des moments et des lieux de parole horizontaux.
    25 mai 2008, par Delcuse
    Oui, c’est très juste, mais... on sait bien tout ça depuis longtemps. Et ça ne se fait pas. C’est donc, plutôt, à cette question qu’il faut trouver réponse, à savoir pourquoi les gens dans la rue ne s’unissent-ils pas pour constituer une force ? Pourquoi n’arrivons-nous pas à nous trouver ? pourquoi n’arrivons-nous pas à créer nos propres luttes ? Je pense que ces questions sont de même nature que celle qui consiste à se demander pourquoi la solitude, pourquoi l’isolement, pourquoi l’incompréhension dans le couple, etc... Comment se structurer en petits comités indépendant, dès lors qu’on ne sait même pas s’aimer ? La révolte est un problème de sentiment, et non d’organisation. Et si les syndicats, aujourd’hui, ont encore un fort pouvoir de nuisance contre le prolétariat, c’est parce que les prolétaires ne s’aiment pas. Ils se méprisent, ils se jalousent, ils se convoitent, ils se protègent dans un rapport d’appropriation qui exclut, et qui a fait dire à l’idéologue autoritaire et prétentieux Karl Marx qu’il y a plus prolétaire que le prolétaire, c’est sa femme. Quel misérable idéologue. On ne sait plus s’aimer en dehors d’un rapport d’appropriation, exclusif, enfermant, dans une permanente rivalité. L’amour libre, ce bel oxymore, est oublié, ruiné. Il n’y a guère plus de place que pour l’angoisse du chômage et du divorce. Les seuls termes qui ont coures sans discution, c’est "sacrifice", "obéissance", "acceptation"... Parler en terme de révolte, sans poser le problème de nos mœurs, ne peut mener qu’à une impasse. Les syndicats le savent ; c’est justement là dessus qu’ils s’entendent pour arriver à briser les mouvements d’humeur des prolos, et justifier le travail, cet esclavage.
    • Appel à la multiplication des moments et des lieux de parole horizontaux.
      27 mai 2008, par régis duffour

      Cette évidence du vivant prévaut bien entendu sur tous les calculs. Cependant comme le dit justement Gilles nous n’y parvenons pas. Je rejoins les conclusions de Gilles. Nous sommes confrontés à une haine disciplinée pour tout fondement à cette société. Nos résistances, dans une moindre mesure, paraissent de ne pas échapper à cette logique. C’est en quoi je trouve le texte de Loïc Henry refondateur. Les amours libres c’est, en effet, probablement, sur ces principes non-exclusifs, qu’il y aurait une manière d’amorce. Mai 68 s’inscrit d’ailleurs dans cette logique. Les films de Debord s’ouvrent sur la repression policière à l’égard de ces "squatteurs" qui accueillaient des jeunes filles contraintes par la force de regagner leurs familles. Un vieux camarade estime que la mini-jupe eut son importance en 68. Parmi mes jeunes fréquentations se pratique l’amour libre. Il y a là une cohérence véritable dans la radicalité de leurs engagements. Mais que de puritains de 20 ans m’ont vivement reprouvé lorsqu’avec toutes les précautions pourtant j’approchais de jeunes filles de 20 ans mes cadettes...

      Ce printemps est un palimpseste des visages de l’amour, où le désir fécond, inaltérable et volage ne se fixe sur un jolie visage que pour en trouver un autre tout aussi charmant le jour d’après. Il demeure qu’entre toutes ces passantes, plus résolument, plus agréablement son visage, est solidement ancré dans mon esprit, nourrit d’attentions et de mots que je n’oublie pas. Toi fille "des affamés et des fusillés dont les voix nous reviennent du fond du passé."

      • Appel à la multiplication des moments et des lieux de parole horizontaux.
        28 mai 2008, par Delcuse
        La mini-jupe garde toute son importance aujourd’hui, pour la charge émotionnelle érotique qu’elle dégage. Moi-même, parfois, j’enfile une mini-jupe (avec, évidemment, culotte assortie). La mini-jupe a une forte connotation érotique libératrice que nous ne devrions pas négliger. Etant travestis, c’est, évidemment, par le port de cet étonnant objet du désir, comme un point de détail de mon histoire qui prend sens.
  • Appel à la multiplication des moments et des lieux de parole horizontaux.
    29 janvier 2016, par Sara
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