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Phèdre au théâtre du tambour royal Paris 11ème

Catégorie Musique
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(JPEG) Monter Phèdre de RACINE aujourd’hui ...On peut trouver encore à Paris des comédiens assez fous pour tenter l’aventure en plein quartier populaire et entendre monter du Faubourg du Temple, la plainte déchirante de l’héroïne racicienne sur fond de viole de gambe et de violoncelle. Le pari de la mise en scène de Charles di Meglio est d’avoir tenté de rapprocher Racine et Bach deux génies baroques, séparés par la chronologie, la géographie, la religion. Ainsi, un petit ensemble baroque l’ensemble Oghma accompagne au pied de la scène les tourments et turpitudes des héros raciniens.Servi par des comédiens expérimentés comme la metteur en scène Christine Narovitch (Phèdre toute intérieure)et un jeune Hippolite (Yohan JOYER,impressionnant de ...maturité) la mayonnaise tragique prend sans emphase et pour le plaisir d’un spectateur qui rentre dans ce texte classique avec facilité. Ce qui n’est pas la moindre performance de l’aventure.

La mise en scène fait chanter la langue du grand auteur au propre comme au figuré de sorte que la diction baroque(parti pris audacieux) sert et éclaire les relations complexes et ambigues qu’entretiennent tous les personnages de Racine en proie à une confusion généralisée des sentiments, perdus entre "fureurs" (synonymes d’ardeurs ou de désirs dans la langue du 17ème, morale et culpabilité masochiste.

La pièce est jouée à la fois de façon classique et extrêmement moderne dans la façon de faire passer la structure narrative et dramatique de l’œuvre.

La mise en scène servie par des interprètes à la gestuelle précise est raffinée et sans ostentation (Ainsi on emprunte aux postures gracieuses des personnages des tableaux de Philippe de Champaigne jusque dans la scène finale de l’empoisonnement). Une gestuelle de la légèreté et de la grâce.

A noter le jeu D’Oenone qui reçoit l’aveu terrible , épatante de duplicité et d’ambivalence nuisible ...comme celui François Echassoux(Thésée) qui fait retentir avec la justesse de sa voix de basse les douleurs d’un père et d’un homme blessé. Un spectacle qui réveille un salutaire corroux contre l’oppression et dont l’auteur disait lui-même que la "seule pensée du crime y est regardée avec autant d’horreur que le crime même".

-  Jean-Laurent Poli

Théâtre du TAMBOUR ROYAL / 94 rue du Faubourg du temple /passage Piver 75011 Réservations 01 48 06 72 34 / du 13 mai au 7 JUIN 2008



Publié le 1er juin 2008  par Jean-Laurent Poli

Direction Musicale et Mise en Scène : Charles Di Meglio Avec L’Ensemble Baroque Oghma : Johanna Brycht - Aurélie Gallois - Ondine Lacorne Hébrard,Erika Perron... Et François Echassoux, Christine Narovitch, Yoann Boyer, Laure Espinat, Meräye Lacoste, Franck Cadoux, Justine Le Pottier

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