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Prolétaires de tous pays
par la Louve

Catégorie politique
Il y a (6) contribution(s).

(JPEG) Lorsque pendant la présidentielle de 2007, nous avons appelé les hommes et les femmes de ce pays à s’unir pour défendre leur liberté au sens le plus matérialiste du terme, que nous avions envisagé qu’en effet, le choix de civilisation qui s’offrait à nous serait celui de la liberté ou de l’esclavage, et qu’on allait chercher à "nous faire marcher à la cravache", je ne pensais pas que les faits nous donneraient aussi immédiatement raison.

Ce qui se joue aujourd’hui en France via l’EUROPE, en Europe, ce n’est même plus "simplement" une question de "défense des acquis sociaux", des droits des salariés, non, c’est bien un choix de CIVILISATION, comme l’a très aimablement suggéré le Président de la République (qu’il faut décidément toujours prendre au pied de la lettre, selon son adage "je fais ce que je dis").

Un choix pour nous, nous les prolétaires, et au delà, nous, le peuple, celui qui n’est pas représenté par les flibustiers qui ont accaparé le pouvoir en France, et dans de nombreux pays européens.Ceux qui gouvernent majoritairement le bateau capitaliste appelé "union européenne".

La décision qui vient d’être prise au niveau européen de modifier la directive sur le temps de travail, et de porter ainsi la possibilité d’allonger la durée maximale du temps de travail de 48 heures ( durée légale européenne) à 60 heures par semaine (vous avez bien lu, oui...) est une décision monstrueuse au sens strict du terme.

Monstrueuse car il faut être monstrueux pour projeter de faire reculer ainsi au 19ème siècle, les peuples des nations trompés par le mirage "Europe",

il faut être monstrueux pour envisager ainsi tranquillement de faire basculer les prolétaires européens dans l’asservissement, l’esclavage et disons le, la misère.

Car, pour les malheureux qui y croiraient encore, signalons que rien de tout cela ne nous rapportera évidemment ni le moindre cent ,ni le moindre droit supplémentaire.

C’est une règle d’airain du capitalisme : baisser les salaires, augmenter la durée du temps de travail, augmenter les profits. Voilà leur boussole.

Nous sommes en train de payer très cher l’abandon ou le dévoiement, par les forces politiques progressistes, dites "de gauche", de l’analyse marxienne.

Nous l’avons payée politiquement d’abord parce que cet abandon s’est traduit par un électoralisme qui nous a inexorablement enfermés dans le piège du bipartisme et du vote utile, parce que, nos propositions globales "de gauche" étaient principalement destinées à la petite bourgeoisie, non plus avec (comme en 1981) mais au détriment des fonctionnaires, des salariés et des prolétaires.

Or, cette force (la petite bourgeoisie) ne fait pas le nombre, numériquement parlant, du point de vue de "un vote = un citoyen = un représentant d’une classe", le compte ne pouvait pas y être.

Nous aurions pourtant déjà du entendre le coup de semonce de 2002...

Mais nous (communistes) avons probablement mal analysé le vote de 1981, puis également, celui de 1988 et celui de 1997. C’étaient encore des "votes de classes", (ce qui ne signifie nullement que le PS a été un parti réellement socialiste au sens strict), un vote de classe qui s’exprimait par le PS pour des tas de raisons, comme i la pu s’exprimer en son temps dans les partis sociaux-démocrates allemand par exemple, ou russe. Sauf que le temps passant, la social-libéralisation du PS avançant, ce vote de classe a fini par ne plus être perçu comme "évident". Et il s’est donc exprimé autrement : via le FN , et via l’UMP - ex RPR. Un peu aussi via la LCR. Et beaucoup, sans doute , dans l’abstention.

Nous le payons donc aujourd’hui socialement car la grande bourgeoisie, celle qui représente et défend les intérêts capitalistes, s’est ressaisie progressivement et corrélativement, des quelques leviers de pouvoir que nous avions réussi à prendre, à la faveur d’alliances de classes, (et non pas seulement "d’alliances électorales"). Elle en profite donc très largement pour 1° punir les traîtres ( ses anciens alliés petits bourgeois et assimilés) et 2° pour relancer un processus d’exploitation des forces productives en Europe, car ré-enclencher ce processus d’exploitation est vital pour le maintien de sa domination et pour sa survie.

Elle défend strictement ses intérêts de classe.

Or, ces fameux intérêts de classe de la bourgeoisie, ils sont nécessairement totalement antagonistes aux nôtres, "par nature".

Ce n’est pas une vue de l’esprit que de poser ce principe. C’est une traduction d’une réalité qui s’appelle "la lutte des classes", qui a été fondée sur le modèle de la dialectique du maître et de l’esclave développée par Hegel en son temps.

Pas d’esclave , pas de maître...

Aussi, l’objet de toute la politique des représentants du capitalisme mondialisé en Europe aujourd’hui ( pour ce qui ne concerne que l’Europe, car leur action immédiate et leurs objectifs à moyen termes sont différents dans d’autres parties du monde - différents mais tout à fait complémentaires), l’objet de cette politique est clairement de nous faire basculer en arrière.

Quand Gérard Filoche parle, dans un de ses communiqués récents, de "retour au 19ème siècle" on ne peut dire mieux ni plus juste.

Et cela, oui, faire basculer ainsi une majorité de gens d’une région du globe dans une véritable régression sociale, morale, politique, au 21ème siècle, après tous les progrès que nous avons connus depuis 1789 ( progrès politiques, progrès sociaux, progrès matériels...) cela s’appelle en effet un choix de civilisation.

C’est donc le défi qui nous est lancé aujourd’hui par les capitalistes ( à l’échelle européenne j’insiste) : allons nous accepter d’être emmenés à l’abattoir sans moufter ou allons nous ressaisir, retrouver nos armes et nous révolter face à ce choix ? Ce choix, il se dessine de plus en plus clairement pour des yeux un peu exercés, mais qu’en est il pour les "non initiés" ? L’état de conscience de nos camarades est-il aussi avancé ? Voient-ils la même chose que ce que nous voyons ?

Notre devoir à nous les communistes, c’est d’expliquer aux autres ce que ce pouvoir monstrueux est en train de faire.

J’ai bien dit d’expliquer, ou plutôt je devrais dire , de créer les conditions favorables à ce que tout un chacun puisse analyser ce qui se déroule sous ses yeux. C’est le premier stade, celui de la conscience, de la prise de conscience de la réalité (et non pas la prise de conscience que le communisme est l’avenir de l’homme, je précise). Donc, de commencer par dire la vérité.

Dire que le "projet de loi sur le temps de travail" français n’est qu’un avatar du projet européen de porter finalement, la durée légale du travail à 60, voire à 65 heures par semaine. Et que cela se fera à exploitation constante, à salaire "égal", donc avec encore moins de salaire.

Arriver à démontrer que ce choix de civilisation se pose avec une acuité redoutable et que on ne peut pas choisir de ne pas livrer la lutte des classes ,que si on esquive, celle-ci se livre non pas sans nous mais CONTRE nous. Parce que cette lutte, ce n’est pas "un concept", ce n’est pas une "idée" c’est une REALITE. Une réalité dont nous devons nous saisir urgemment, dans laquelle nous devons plonger.

Mon choix, il est fait, je refuse cette civilisation-là, je refuse le "marche ou crève" , je refuse d’être traitée comme du bétail, que mes enfants, mes parents, mes grands-parents soient traités comme du bétail.

Nous avons peu d’armes, mais nous en avons quand même. Ces armes s’appellent syndication, grèves, blocages, manifestations, élections aussi (mais seulement "en contrepoint" et pas "n’importe comment") et tout types d’élections : les élections des députés, des maires, oui mais aussi, les élections syndicales, prudhommales, qu’il ne faut pas oublier.

Il ne faut pas oublier l’internationalisme. Et cet internationalisme, c’est cela qui est à opposer à la gangrène de l’Europe de 1957, l’Europe de Maastricht, de l’acte unique, du Traité de Lisbonne.

C’est toujours l’internationale prolétarienne. Bien plus que d’investir nos forces à reproduire à l’échelon européen la bêtise que nous avons commise au niveau national dans plusieurs pays ( penser que ce sont les élections "démocratiques" dans un système bourgeois qui vont nous faire "changer la société"), nous devons concentrer nos moyens, notre énergie, nos talents ( car notre classe est PLEINE de talents, et il nous faut les promouvoir de façon directe) à recréer cette internationale prolétarienne.

Bien sûr et nous le savons, la défense de nos intérêts de classe nous coute toujours "cher" dans le court terme.

Ce sont des privations de salaires, du temps pris sur la famille, des risques y compris parfois physiques, oui nous le savons. Mais j’espère que nous savons aussi comme tout cela n’est rien ou pas grand chose par rapport aux sacrifices que la classe bourgeoise va nous demander de consentir à grande échelle pour qu’elle puisse se remplir encore plus les poches.

Nous devons nous syndiquer, nous devons nous unir (et au-delà des frontières) nous devons nous défendre, oui, nous -mêmes, et ce quoi qu’il n’y ait pas à ce jour la "gauche" politique que nous aimerions avoir à nos côtés, "la gauche" qui défende nos intérêts. Nous devons nous engager dans la lutte des classes en nous gardant des faux amis qui nous diront "arrêtez" ou qui nous diront " assez ,négociez maintenant" ou "élections, élections" ; c’est nous, les travailleurs, qui serons le salut de la gauche politique et non l’inverse. Car cette gauche ne doit être que le prolongement et le soutien de nos luttes, et elle ne devrait être constituée que de représentants matériellement acquis à notre cause.

Toutes et tous à la lutte ! Notre avenir est entre nos mains.

source : Bellaciao



Publié le 11 juin 2008  par torpedo


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Forum de l'article
  • Prolétaires de tous pays
    par la Louve
    11 juin 2008, par Delcuse
    "nous (communistes) avons probablement mal analysé le vote de 1981" Ben voyons... Vous, les communistes, vous avez tout fait pour liquider une possible révolution qui s’annonçait en 1981 ; comme vous savez bien faire, d’ailleurs, parce que votre crainte est que les prolos se passent de vos services. Vous avez toujours œuvré pour ruiner les révoltes naissantes, et faire en sorte que la révolte soit prise en otage par vos soins. Sarkozy n’est que le produit de l’échec que vous avez provoquez juste après Mai 68. Et, vous le savez très bien.
    • Prolétaires de tous pays
      par la Louve
      18 juin 2008, par La Louve
      Excuse moi mais je ne me sens nullement concernée par les reproches que tu fais aux communistes que tu vises - mais libre à toi d’assimiler PCf (et une partie bien précise du PCF) et "communistes" si ça te fait plaisir. Les premiers déçus par la rupture de l’union de la gauche oint été les communistes alors ne raconte pas d’âneries.Ensuite pardon, mais les soces ont bien aidé à la rupture de l’union , faut quand même pas l’oublier. Bref, n’aies pas la mémoire courte -et si tu es "juste" viscéralement anticommuniste, fais toi soigner peut être ?
      • Prolétaires de tous pays
        par la Louve
        19 juin 2008, par Delcuse
        Ah, là, là... J’aime bien ce genre de réponse, typique d’un communiste, à la limite de l’injure. Faut bien rigoler... Cela dit, je ne suis pas anticommuniste ; c’est plutôt les communistes qui détestent des gens comme moi.
        • Prolétaires de tous pays
          par la Louve
          21 juin 2008, par Delcuse
          soyons sérieux, la division sert l’ennemi. Toute division sert toujours les desseins de l’ennemi. Buffet, en refusant de s’associer avec l’ensemble des forces d’extrêmes gauche, à provoquée un dispersement de l’électorat. Il n’était plus envisageable, pour l’électeur de miser sur cette force. Du coup, la majorité de l’électorat de gauche s’est reportée sur Royal, et, sans doute, une autre partie s’est reportée sur Bayrou, parce qu’il a su faire un temps illusion. De plus, Buffet ne veux pas laisser la place à plus jeune qu’elle. Comment veux-tu qu’un mec de vingt piges aille voter pour une vieille ? Car, l’élection, ça marche comme la publicité. A coup d’affiches, de slogans et de présentation télévisuelle. Nous sommes dans le monde du spectacle. Sarko a profité de la division de la gauche et d’une formidable mise en scène orchestrée par ses très riches amis. Dans le moment de l’élection, le principe est de tâcher de séduire le plus possible. Que pourrait-il y avoir d’autre qu’un rapport à la séduction ? Presque personne ne connait réellement les candidats retenus par leur parti respectif pour se présenté comme chef, à part les militants ; et encore, ça reste à prouver. Hors, déjà, voter pour un type dont on ne sait pratiquement rien, qui il fréquente, qu’elle est son emploi du temps, ce qu’il a déjà fait par son passé, etc, c’est à proprement parler un délire. C’est un vote à l’aveugle. C’est, évidemment, une des raisons qui fait que je refuse de voter. De toute façon, je refuse de m’inscrire à cette formidable tromperie qui te donnes droit à une jolie petite carte électorale à la con, pour que tu ailles te débarrasser du peu d’espoir qu’il te reste, en le balançant dans une urne. Cela dit, le piteux score qu’a fait le pcf montre, si besoin en était encore à le montrer, que c’est un parti fini, qui a fait son temps. Voilà un parti qui ne nuira plus à la classe ouvrière, qui ne se mettra plus en travers de la route dans un moment de révolte, comme il l’avait fait en Mai 68 avec les accords de Grenelle tristement célèbres. Peut-être que maintenant, le mot "communisme" peut enfin prendre le sens qui fut le sien avec Marx. Parce que le PC a confisqué ce mot ; et je trouve qu’il l’a salis. Maintenant, le mot communisme n’est plus utilisable sans qu’il soit associé inévitablement à Staline. C’est fort de carafe, quand même. Donc, personnellement, c’est un mot que j’ai abandonné. Aujourd’hui, la majorité des gens ne votent pas. C’est la faillite de la représentativité. Il y a eu trop de moquerie. Et puis, imaginer la victoire du communisme par l’élection, c’est-à-dire par le mode de scrutin qui sert si bien le monde capitaliste... C’est un non-sens. Personnellement, et je sais bien que je ne suis pas le seul, mon bulletin de vote, c’est une bonne corde, et un chaine pour y pendre toute cette belle brochette de salopard que sont les chefs d’État, les ministres, les banquiers, les prélats, les magistrats, les patrons, les chefs de parti et tout leur bureau politique avec... Comme le préconisait l’abbé Meslier au 17 ème siècle.
      • Prolétaires de tous pays
        par la Louve
        21 juin 2008, par anar
        classique du militant coco pas dacc = cocofage basique mais tjrs aussi drôle
  • Prolétaires de tous pays
    par la Louve
    29 janvier 2016, par Sara
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