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The New-York Dolls : poupées de sniff, poupées de son

Catégorie Musique
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(JPEG) Lors d’un concert parisien mémorable des New - York Dolls au Bataclan 4500 personnes n’ayant pu obtenir de billets déclenchèrent une émeute et ce soir-là on frôla le pire.

Ce soir là sur la scène, pendant le concert Johnny Thunders explosa sa guitare sur la tête d’un type qui n’arrêtait pas de s’accrocher à sa jambe.

Ce concert mémorable fait désormais partie de la légende de ces groupes parmi les plus époustouflants et les plus sulfureux du rock.

Le lendemain 300 journalistes venus de toute l’Europe furent réunis dans un hôtel de la capitale pour une vaste conférence de presse.

A midi, les Dolls sont introuvables et décision fût pris d’ouvrir le bar gratuitement aux journalistes, aussi lorsque le groupe débarqua aux alentours de 16h la note du bar atteignait 8000 dollars.

Les New york dolls existaient depuis seulement deux ans mais déjà ils incarnaient la sexualité sulfureuse et la sauvagerie a l’état pur.

Le premier signe de succès fût le concert donné en première partie de Rod Stewart and the Faces au Wembley auditorium devant 13000 personnes déchaînées, l’accueil des gamins fût instantané et démesuré.

Le futur du Rock’n roll appartient aux New - York Dolls écrivit un journaliste local. Rien que ça ! Pas mal pour un groupe qui n’avait pas encore signé le moindre contrat

C’est d’abord le manager des Who qui leur proposa de signer sur le label Track voyant en eux une version moderne des Rolling Stones bien entendu ils refusèrent et rejetèrent également les propositions de Atlantic Records et de Rolling stones records également un , malins laissaient tranquillement monter les enchères.

Le 6 Novembre 72, le groupe doit faire face à un premier coup dur ; le batteur Billy Murcia , 21 ans meurt d’une overdose lors d’une party dans un appartement londonien ;bizarrement la mort de leur batteur va susciter un énorme intérêt et une affection nouvelle pour le groupe, dès lors leur célébrité va croissante.

Il n’ont cependant toujours pas de maison de disques et les grosses compagnies hésitent maintenant persuadés de l’avenir incertain dû a l’instabilité des membres du groupe.

Leur nouveau batteur sera Jerry Nolan et c’est avec lui que le 19 Decembre 1972 le groupe donna son premier concert officiel au Mercer arts Center de New york.Ils s’y révélèrent exceptionnels et s’imposèrent comme LA révélation du moment

Quelque temps plus tard ils signèrent chez Mercury sous la houlette de Todd Rundgren pour un premier album officiel qui allait entrer dans l’histoire du rock

Le choix de la pochette (les 5 Dolls travestis assis sur un canapé dans une pose très glamour ; le nom du groupe tracé au rouge à lèvres) effraya tout le monde et très vite une rumeur selon laquelle les Dolls étaient homosexuels se répandit comme une traînée de poudre mais en réalité ils ne cherchaient qu’à se moquer du courant Glitter en vogue à cette période.

Elus à la fois meilleur et pire groupe de l’année par les lecteurs du magazine Cream en 1973 les New - York Dolls continuaient à véhiculer avec eux cette image de sales pédales junkies dégénérées et décadentes, partout on décrivait le groupe comme une bande de pervers obscènes mais pourtant, les places de concert s’arrachèrent à l’image des dates prévues au fameux Whisky à go-go où tout les billets furent vendus en seulement deux heures.

Le plus mémorable et apocalyptique de tous leurs imprévisibles concerts eût lieu en Octobre 1973 au non moins célèbre palace new-yorkais le Waldorf Astoria Hôtel ce jour là, la direction pensait en voyant le nom du groupe programmé accueillir un public genre bal des catherinettes, mais au bout du compte ce fût finalement 6000 tarés ivres d’alcool , de drogue et de musique et déguisés pour la soirée Halloween qui déboulèrent provoquant une panique formidable et du hall d’entrée de l’hôtel il ne resta que des ruines ; c’était désormais de notoriété publique, le groupe et son public semaient la terreur sur leur passage.

Enchaînant les concerts de 5000 personnes avec les salles de 200 places les Dolls jouèrent dans tout le Midwest offrant leurs premières parties à des futurs poids lourds de l’industrie tels que Kiss ou encore Aérosmith.

Mais inévitablement selon un scénario tout tracé drogues et alcool entraînèrent très vite le groupe dans une rapide descente aux enfers.

Thunders et Nolan , notamment étaient totalement incontrôlables et comme on pouvait le craindre, cette tornade d’excès en tout genre et de débauche allait très vite peser lourdement sur l’ensemble du groupe et compromettre leur avenir musical.

Leur second et dernier album portera un titre prémonitoire In too much too soon et malgré la présence de Malcom Mac Laren à la production ils terminent cet enregistrement laminés et usés. Inévitablement le groupe implosa en 1974.

Le chanteur David Johansen croisement de Mick Jagger et de Steven Tyler deviendra plus tard Buster Poindexter et tentera en vain une carrière solo de rocker-Crooner, puis il essaiera sans succès d’être acteur. Sylvain Sylvain partit pour Los Angeles et produisit quelques groupes médiocres, Arthur Kane hérita d’une fortune familiale et s’installa en Californie.

Quant à Johnny Thunders et Jerry Nolan ils s’installèrent à Londres et formèrent les Heartbreakers. Ils firent des tournées chaotiques , enregistrèrent un album mythique L.A.M.F (like a mother fucker) et surtout continuèrent à se défoncer jusqu’à ce que mort s’en suive.

Malcom Mac Laren partît lui aussi pour Londres ou il inventa quelques temps plus tard les Sex Pistols, résumé de l’attitude des Dolls, des riffs des Ramones et de la dégaine de Richard Hell (vêtements déchirés, épingles a nourrice) mais le monde n’était pas plus prêt pour les Pistols qui ne l’avait été pour les Dolls.

Avec le recul, on peut constater que les New-York Dolls était un groupe hors du commun dont la beauté et l’authenticité venaient entre autres, de leur capacité à rire d’eux-mêmes alors qu’ils étaient pourtant critiqués de toutes parts.

A l’image du titre de leur album testament -Too Much ,Too Soon les Dolls étaient effectivement excessifs mais surtout ils reflétaient les frustrations de leur génération et c’est sur leurs cendres que naîtront bientôt outre les Pistols mais aussi les Clash , les Ramones , Blondie , les Smiths les Gun’s & Roses et des milliers de groupes tous émus ,influencés et sensibilisés par l’intégrité et la vulnérabilité des poupées de New - York

Réussissant l’incroyable tour de force d’une reformation réussie plus de trente après leur séparation, les Dolls rescapés nous ont gratifiés en 2004 (tout comme les Stooges ) d’une performance totalement inouie et inattendue et, alors que l’on pouvait redouter à l’image des reformations ridicules entre autres des Pistols et autres Doors a une catastrophe qui ne ferait qu’écorner la légende, il n’en fut rien seul le décès d’Arthur Kane survenu quelques semaines après leurs retrouvailles gâcha ces retrouvailles miraculeuses.

Du groupe d’origine il ne reste désormais que deux survivants David Johansen le chanteur , et Sylvain Sylvain le pianiste - guitariste au look inoubliable de ce groupe unique et éternel



Publié le 21 avril 2005  par Jimbo


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