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Que d’hypocrisie de la part de ce pouvoir !

Catégorie société
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(JPEG) Je n’ai pas fait très attention, ces derniers temps, au travail des députés, sachant que, de toute façon, quoi que le pouvoir décide, ils en feraient des lois, ne cherchant pas à discuter, ni même à réfléchir... Pourtant, diable, il y a de quoi faire réfléchir tant sur le contenu que sur le nom donné à certaines lois... Ainsi pour la dernière...

Ils l’appellent : « La loi sur la démocratie sociale et le temps de travail ». Franchement, il faut le faire, il faut oser appeler une loi destinée à faire travailler obligatoirement plus les Français « loi de démocratie sociale »... Plus hypocrite que ça, ce sera dur de trouver, à mon avis. Il faut avouer une chose, au moins, ils ont de l’humour, même s’il est sinistre...

La démocratie ? Quelle démocratie ?

« Démocratie sociale » ?

Quelle démocratie ?

Qu’entendent-ils par une dénomination aussi pompeuse ?

On peut supposer qu’ils pensent à la négociation en entreprise. Oui, mais avec qui ?

Les syndicats qui ne représentent presque rien en tant que personnel ?

Mais, surtout, compte tenu de l’époque et de la mentalité du « tout marchand et financier » s’agira-t-il de négociations, avec un sens véritable, ou plus simplement de chantage ?

Le chômage, nous le savons, est une aubaine pour un grand nombre de directions d’entreprises. Rien de tel pour faire passer les personnels sous le joug des seules volontés patronales et actionnariales. Si, dans telle ou telle entreprise, le personnel refuse la négociation ou rejette ce que les syndicats locaux auront signé, ce sera immédiatement la menace de licenciement pour une certaine proportion d’employés ou, comme on le voit trop souvent, cette chose ignoble qu’on appelle « délocalisation ».

-  Alors, quid de la « négociation » ?

Il ne s’agira pas de cela dans un grand nombre de cas, mais bien d’imposer la loi du plus fort, celle du monde patronal et celle de la mentalité si souvent dépravée des actionnaires. Hypocrisie que tout cela !

-  Comment oser parler de démocratie ?

-  Comment oser parler de « démocratie sociale » en l’absence de consultation sérieuse avec des syndicats ?

-  Et même si une telle consultation avait eu lieu, où serait la réalité « démocratique », lorsqu’on sait que ces syndicats ne représentent presque plus personne, qu’ils ne sont plus crédibles aux yeux de la majorité des citoyens ?

Pour une loi régissant l’avenir professionnel des Français, notamment des jeunes générations déjà sacrifiées sur l’autel de la « rentabilité absolue » en faveur des seuls actionnaires et dirigeants, il aurait fallu tout autre chose. Il aurait fallu rien moins qu’un référendum si l’on a la prétention de parler de « démocratie sociale » , puisqu’il s’agit d’une loi essentielle.

Le référendum, seul, aurait donné de la crédibilité au terme de « démocratie sociale » abusivement utilisé.

Nous savons, cependant, que les pouvoirs, et nous venons de le voir pour l’adhésion au ridicule « mini traité européen », n’ont pas la moindre confiance dans les qualités de réflexion des citoyens.

A vrai dire, ces derniers ont le tort d’être lucides et de savoir quel est leur intérêt majeur, autrement dit, avoir du temps pour vivre.

Les trente-cinq heures n’auraient pas eu autant de succès auprès des Français si ces derniers ne souhaitaient pas aménager des temps de vie en famille, des temps de vie pour voyager, des temps de vie pour se cultiver, voire du temps de vie pour ne rien faire.

Ces différents « temps de vie », évidemment, ne font pas l’affaire des gens d’affaires, des gens d’argent gagné sur le dos des salariés toujours plus exploités. Une partie du monde patronal, pas la totalité et c’est à noter, ainsi que les doctrinaires du parti de droite extrême, l’UMP, n’ont jamais accepté la loi des 35h trop contraire aux dogmes néoconservateurs, ou, comme ils aiment à se nommer, des néolibéraux.

Les doctrinaires dogmatiques qui empoisonnent la vie des citoyens français depuis 2002 au minimum, ne conçoivent le libéralisme que sous un angle, tout le montre, tout le démontre : Liberté absolue pour les financiers, le monde patronal, le monde politicien, du moins celui qui partage les idées dogmatiques de la finance. En revanche, les seules libertés imposées aux citoyens, c’est de se taire et d’obéir ! Comme conception démocratique, évidemment, on peut mieux faire...

Triste vie à venir... pour les jeunes d’aujourd’hui !

Je ne suis pas très vieux, mais en raison d’une santé pour le moins « défaillante », j’ai la chance de ne plus avoir à me livrer pieds et mains liés aux volontés patronales et politiques. Même si cela me laisse dans une pauvreté appelée à augmenter encore lorsque, dans très peu d’années, je serai un « retraité », je considère que de ne plus pouvoir être exploité par ce monde sans conscience, ce monde sans âme, ce monde de « cols blancs » à la mentalité brutale, est une chance immense.

Mais, pour autant, je ne peux pas me réjouir. Ces lois contre-nature, ces lois aux termes hypocrites, ces lois de destruction sociale vont écraser les salariés et, tout de suite, dès leur entrée dans la vie active, les jeunes générations.

Qu’après cela, on ne s’étonne pas des violences à venir !

Un pouvoir qui applique méthodiquement la destruction de la cohésion sociale de tout un pays fait de la provocation. J’ai conscience qu’en raison de ces attaques inacceptables du pouvoir contre une majorité de citoyens, la parole, la pensée philosophique de la non-violence et son action, pourtant plus nécessaire que jamais, aura beaucoup de mal à se faire entendre. Et il est légitime de craindre le pire, tant les excès de ce pouvoir abusif, les excès d’hypocrisie sont autant de blessures infligées à une grande partie du peuple...

Quitte à « prêcher dans le désert », je continuerai de prôner la non-violence et la désobéissance civile.

Si cette voie n’existe pas dans notre pays, il y a tout lieu de penser que c’est le sang du peuple qui coulera, notamment, comme toujours et comme partout, le sang des innocents.

Mais pour parler de non-violence, notamment dans le domaine politique, pour réfléchir aux actes possibles et souhaitables, il faut d’abord poser les problèmes, d’abord montrer ce qui est inacceptable venant de gens censés nous représenter... et ceci sans la moindre complaisance. Il faut donc, montrer la violence et les mensonges du pouvoir... Nous sommes un certain nombre à le faire, et c’est tant mieux. Mais puisse la lucidité de ces constats ne pas mener à la folie des révoltes violentes qui ne peuvent aboutir qu’à l’échec et au bain de sang.

Mais qu’avons-nous donc fait pour mériter un tel pouvoir ?...

Source : Altermonde sans frontières



Publié le 25 août 2008  par Jean Dornac


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