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L’Europe et sa vassalisation aux États-Unis, par Danielle Bleitrach.

Catégorie politique
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L’Europe et sa vassalisation aux États-Unis, par Danielle Bleitrach.

Non seulement l’Europe, n’a pas la maîtrise de sa monnaie, instrument par excellence de l’indépendance économique, celle-ci est complétement gérée par une Banque Centrale soumise aux seuls grands intérêts, ceux des multinationales et des secteurs financiers, intégrés aux USA, avec des missions nettement moins contraignantes que la Reserve Centrale étasunienne, puisque cette dernière doit se préoccuper de l’emploi, alors que la Banque Centrale n’a même pas cette disposition à respecter. De surcroît, le Parlement Européen n’a pas de pouvoir législatif, pas de pouvoir de contrôle sur un Exécutif (conseil des Ministres et Commission). Cet éxecutif n’a de comptes à rendre à personne, et il a des "domaines réservés" en particulier la politique de Défense et de Sécurité. C’est dans ce nouveau contexte "constitutionnel" qu’il faut apprécier les dispositions introduites par le Traité en matière de Défense et de securité, domaines totalement confondus ce qui revient à confondre police et armée.

Le Traité et " la politique de Défense"

(GIF)

Donc ni sur le plan économique, ni sur celui de la Défense l’Europe, comme nous allons le voir ne peut être ce contrepoids à la puissance des États-Unis, mais sera l’instrument d’une vassalisation. Une Banque Centrale n’est en aucune façon apte à manifester une volonté populaire d’indépendance économique, mais les dispositions ci-dessous impliquent au contraire une intégration renforcée du commandement étasunien.

Il y a l’article 305-III qui envisage à terme que soit substitué à l’ONU une réprésentation européenne à tout autre nationale, privera de fait la France de son droit de veto au Conseil de sécurité.

Si on articule cette disposition avec celle du Traité qui lie étroitement la politique de défense et celle de sécurité, nous avons toutes les dispositions qui favorisent l’entrée dans des "guerres préventives", chères à G.W.Bush.

D’abord, cette politique, cela a été dit est sous influence de l’OTAN. De surcroît le paragraphe 3 de l’article I-41 impulse l’armement : "Les États-membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires". "Une Agence européenne de défense" mettra en, oeuvre "toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense". On conçoit que l’ensemble de la presse française,propriété de deux marchands d’armes que sont Dassault et lagardère, ne mette pas en évidence ce type d’orientation d’un traité, qui aurait pu au contraire se donner comme objectif le désarmement mutuel et progessif, la recherche de la paix, hypothèse jamais envisagée.

Mieux si l’on tente d’analyser "les buts" de la "Défense" ainsi envisagée au lieu de l’engagement classique de courir à l’aide d’un voisin agressé, on trouve une clause de solidarité qui introduit sous couvert de "terrorisme" la guerre préventive sous les prétextes les plus étranges comme on l’a vu en Irak, voici les dispositions :

"L’union et ses États membres agissent conjointement dans un esprit de solidarité si un État membre est l’objet d’une attaque terroriste ou la victime d’une catastrophe naturelle d’origine humaine. L’Union mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les États-membres pour a) prévenir la menace terroriste sur le territoire des États membres
-  protéger les institutions démocratiques et la population civile d’une éventuelle attaque terroriste ;
-  porter assistance à un État membre sur son territoire à la demande de ses autorités politiques dans le cas d’une attaque terroriste. Et dans la partie III on revient sur la menace terroriste dans l’article III-309 qui énumère les missions de sécurité et de défense commune "Toutes ces missions peuvent contribuer à la lutte contre le terrorisme, compris par le soutien apporté à des pays tiers pour combattre le terrorisme sur son territoire." Intégrer la lutte contre le terrorisme qui relève de la police dans les missions de la Défense, le faire en prétendant "protéger les institutions démocratiques d’une ÉVENTUELLE attaque terroriste" peut inclure à titre préventif à peu près n’importe quoi.

En fait il n’y a pas de différence entre la politique néo-libérale devenue base même d’une Constitution, ce qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, même pas aux États-Unis, et la politique agressive sous couvert de terrorisme comme le prouve l’article III-292 qui promet une action visant "à promouvoir dans le reste du monde" ses "valeurs" entre autres :
"encourager l’intégration de tous les pays dans l’économie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international"...

Un tel traité qui de surcroît ne prévoit pas le moindre vote du parlement européen avant de s’engager dans de telles aventures d’une Défense intégrée à l’OTAN non seulement correspond bien à la poltique étasunienne actuelle mais n’a même pas à passer par un vote quelconque du Sénat pour être mise en oeuvre, elle est directement intégrée à une Constitution qui se substitue à la volonté des États.

On voit mieux dans un tel contexte la stratégie des États-Unis, qui non seulement déstabilise les pays de l’Est, tente de les faire intégrer à l’Europe avec de nouveaux dirigeants complétement atlantistes, installe à la Banque Mondiale, à l’ONU, ses pires faucons, mais on peut s’interroger sur l’élection d’un Pape européen qui a incité le clergé catholique des États-Unis à voter pour Bush. La soumission de l’Europe aux États-Unis passe quoiqu’on nous en dise par l’adoption d’un tel traité. Même si ses pires dispositions sont contenus dans le titre III qui est le produit de la construction européenne telle qu’elle est, désormais ces dispostions (et il ne s’agit pas d’une "erreur" quoique nous ai dit Giscard) prennent la force d’une constitution si nous les votons en tant que tels et elles ne pourront être remises en cause qu’à l’unanimité, ce qui n’arrivera jamais.

Voilà vers quoi on tente de nous engager, et à quoi on veut donner force de Constitution et donc ce qu’il faut refuser.

Danielle Bleitrach, sociologue, 22 avril 2005.

*** Roumanie

Le pari d’un partenariat étroit avec Washington

L’Amérique brouille les relations entre Bucarest et Paris

Par Arielle Thedrel, Le Figaro, 21 avril 2005.

Extraits

C’est sous des auspices plutôt crispés que la Roumanie signera lundi son traité d’adhésion à l’Union européenne. Elu en décembre, Traian Basescu, le nouveau président roumain, qui ne cache pas son tropisme américain, a provoqué quel ques grincements de dents au sein de l’UE en évoquant parmi ses priorités la création d’un « axe Bucarest-Londres-Washington ». La France, qui a toujours été le principal soutien de Bucarest dans ses laborieux efforts d’adhésion, en a été tout particulièrement marrie. (...)

(...) En réalité, le président roumain aspire à faire de son pays une puissance régionale et, à l’instar de la Pologne qui avait misé avant son adhésion sur un partenariat étroit avec les Etats-unis en Irak pour renforcer sa position en Europe, il compte sur les Américains pour parvenir à ses fins. Le grand jeu qui oppose aujourd’hui Etats-Unis et Russie dans l’ancien espace soviétique lui en offre l’occasion.

Située aux frontières orientales de l’UE, sur les bords de la mer Noire par laquelle transitent des trafics de tout poil, mais aussi et surtout près d’un quart du pétrole et du gaz importés par les pays de l’UE, la Roumanie a un rôle géostratégique clé à jouer. Membre de l’Otan depuis bientôt deux ans, elle se dit prête à accueillir des bases américaines. Des discussions sont en cours depuis déjà trois ans. L’enjeu est crucial : sécuriser le bassin de la mer Noire et démocratiser ses pays riverains, dont trois, l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, tentent de s’émanciper de la tutelle russe. Bucarest a notamment proposé à l’Otan d’étendre à la mer Noire l’opération « Active Endeavour » chargée de contrôler le trafic maritime en Méditerranée, notamment celui d’armes de destruction massive. La Turquie s’y oppose. La France aussi.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Basescu multiplie les grandes manoeuvres diplomatiques. La Roumanie s’est déjà réconciliée avec la petite Moldavie qui rêve aujourd’hui d’intégrer l’UE, et c’est avec le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, en visite officielle aujourd’hui à Bucarest, qu’il se rendra demain à Chisinau, la capitale moldave, pour participer au sommet du Guam, une organisation réunissant plusieurs pays riverains de la mer Noire ainsi que l’Ouzbékistan. Née en 1996, cette organisation jusqu’ici peu active pourrait renaître de ses cendres grâce aux Américains qui, pour contrer l’influence russe, souhaitent la transformer en enceinte de coopération subrégionale favorable au camp occidental. La Roumanie, qui sera présente à ce sommet en tant qu’observateur, pourrait y trouver un rôle à la hauteur de ses ambitions.

-  www.lefigaro.fr/international/20050421.FIG0078.html

-  http://www.legrandsoir



Publié le 24 avril 2005  par torpedo


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