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Capitalisme et Pornographie

Catégorie société
Il y a (8) contribution(s).

(JPEG) Il y a beaucoup de ressemblances entre le capitalisme et la pornographie. Même gros plans bâclés et répétitifs sur la Bourse ou les bourses, même pauvreté de langage qui confine à la répétition de phrases minimalistes : « La Bourse chute », « La Bourse est en hausse » ou « Oui, oui c’est bon », « Non, non, c’est pas bon ».

Regardez bien : les visages qui annoncent les cours du plaisir ou de l’argent ont les mêmes mimiques stéréotypées, la même hébétude. D’ailleurs, un cinéaste amateur pourrait très bien s’amuser à plaquer une bande-son porno sur des images de la Bourse, et inversement commenter par des sons empruntés à la Bourse des plans pornographiques, sans que personne n’y remarque rien.

Dans les deux cas, on méprise les corps. Corps des citoyens ou des travailleurs interchangeables : corps des acteurs, hommes ou femmes, au creux de leur forme. Peu importent les humains pourvu que ça passe par tous les trous des paradis buccaux, vaginaux, anaux et fiscaux.

Les corps deviennent des marchandises épuisables et donc jetables.

Quant aux décideurs pornographiques ou capitalistes, ce sont à s’y méprendre des maquereaux, à la différence près qu’un maquereau à l’ancienne pouvait être sentimental avec sa gagneuse.

-  Est-ce un hasard si le premier visage qu’a pris le capitalisme dans les ex-républiques soviétiques, c’est le recyclage d’ouvrières en hordes de putes blondes lâchées sur les trottoirs de l’ancienne Europe ?

Face à ce film pornographique (ou bordel géant) qu’est devenue l’économie planétaire, on entend des indignations. Madame Parisot, nouvelle Madame Claude du Medef, les UMPistes puceaux de l’horreur économique, les libéro-socialistes qui commençaient à se faire aux partouzes avec le capital, tous demandent la bouche en cœur ( !!!) que l’on atténue la brutalité des plans du film.

Un capitalisme régulé, avec photos floutées et cache-sexe, serait tellement plus acceptable. Plus moral en somme...

Bruno Testa for clicanoo.com

Source : Altermonde sans frontières



Publié le 21 octobre 2008  par torpedo


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Forum de l'article
  • Capitalisme et Pornographie
    21 octobre 2008, par Serge Rivron
    excellente analogie !
  • Capitalisme et Pornographie
    21 octobre 2008
    ” (...) Absolument perméable aux développements économiques et culturels du libéralisme, le poujadisme hédoniste profite des bienfaits du libéralisme sous sa forme libertaire tirant par là un bénéfice secondaire de la transgression de la morale bourgeoise (vertus, valeurs, interdits, logique de l’avoir). Pour autant, la petite bourgeoisie libertaire risque toujours de voir le privilège de l’entre-deux disparaître au profit d’un avachissement généralisé des pratiques, menace inhérente au mouvement de dérégulation intégral des signes produits par le capitalisme (« l’avachissement télévisuel », « Philosophie de comptoir »...). C’est pour cette raison qu’elle a encore besoin de défendre certains privilèges corporatistes : limite de l’hédonisme, actualité du poujadisme. L’hédoniste profite du libéralisme, le poujadiste profite de sa dénonciation. Le poujadiste hédoniste représente de façon exemplaire le succès d’une pensée du double profit qui, sans jamais quitter les privilèges de la distinction symbolique, réalise le triomphe du capitalisme comme abolition de toutes les distinctions. 1972 est l’année de publication de L’Anti-Œdipe, ouvrage de Gilles Deleuze et Félix Guattari duquel Onfray a tiré l’essentiel de ″ses″ concepts transformés en mots d’ordre : « révolution moléculaire », « devenir révolutionnaire des individus »... « Devant la fin de la croyance à la révolution, Gilles Deleuze annonçait la seule issue possible : le devenir révolutionnaire des individus. D’où le démontage des servitudes volontaires, la mise à jour de ce qui définit une vie mutilée, la proposition de solutions libertaires, des cartographies pour s’orienter dans la pensée, des techniques de construction de soi, des méthodes de connaissance du moi, l’ensemble permettant l’organisation de résistances moléculaires »
  • Capitalisme et Pornographie
    23 octobre 2008, par paul
    oui d’ailleurs on devrait restreindre le capitalisme aux maisons closes...
  • Capitalisme et Pornographie
    31 octobre 2008, par Delcuse
    Je ne suis absolument pas d’accord avec ce parallélisme. La pornographie s’inscrit dans le travail, comme n’importe quel travail, mais sans doute mieux payé que le salariat ordinaire, et bien plus réjouissant. Mépriser le corps ? Ou être plutôt dans le déni ? Donc, pour vous, l’acte sexuel est du mépris ? Ok, vive les bonnes sœurs. Pour moi, l’acte sexuel est beau, et bon. Et, SURTOUT, ne pas confondre pornographie et prostitution. est-ce que vous confondez un menuisier et un ébéniste ? Non ? Bon, alors... Merde au petit moraliste ! Le cul, c’est bon, et moi, je le revendique. Point barre !
    • Capitalisme et Pornographie
      4 novembre 2008, par paul

      ben si justement, souvent on confond menuisier et ébéniste ! Moi pour le cul je sais pas : j’ai pas franchement l’impression de m’être vraiment fait plaisir les rares fois où cela m’est arrivé. mais bon je ne vais pas généraliser à partir de mes handicaps culturels.

      quand on travaille, c’est pour le fric en réalité, mais en culture ce n’est que pour s’identifier socialement à une idée de la structuration sociale : et dans le système qu’on connait, on n’est pas là pour réaliser des taches pratiques, productives, mais pour entretenir la fierté de domination de celui qui commande et donc pour entretenir une fierté de participer à une hiérarchie de domination.

      La plus part des mecs et des nanas qui copulent ne le font pas par programmation biologique, ils ne le font pas par plaisir sensuel, ils le font pour entretenir l’image qu’ils veulent intégrer socialement, la fierté d’être l’objet du désir de pouvoir de l’autre, la fierté d’être l’agent d’un pouvoir : je baise donc je suis quelqu’un ou quelqu’une.

      Ils sont là, ils copulent là, pour la fierté d’être quelque chose par l’autre.

      Ben dans le travail, c’est pareil. On n’est pas là comme un mercenaire qui vend sa compétence. d’ailleurs ce n’est jamais pour une réelle compétence que l’on est embauché, mais pour l’image que l’on nous attribue afin de légitimer l’idée que l’employeur se fait de lui-même dans le monde.

      c’est d’ailleurs très bien représenté par les prostitués mâles et femelles, qui sont d’abord reconnaissables à leur façon de porter certains vêtements, donc de donner une image de quelque chose, d’un désir du client.

      Est-ce qu’ils copulent avec plus d’habileté et de sensualité que les autres ? je n’en sais rien d’expérience évidemment. Mais observant la psychologie des clients, je me doute qu’ils fantasment totalement sur les compétences du prostitué compte tenu de la différence de regard que j’observe chez l’un et chez l’autre à l’égard de l’autre.

      Il n’y a jamais dans ce monde de réciprocité des désirs, ni dans "l’amour", ni dans le travail : il n’y a que de la soumission partagées à l’égard de modèles culturels de domination.

      Je domine donc je suis, est le principe de cette société.

    • Capitalisme et Pornographie
      23 septembre 2009, par dlococo
      La pornographie c’est de la prostitution filmée et revendue sous forme de bande vidéo. Dans les deux cas, il s’agit du sexe tarifé. La prostituée choisit ses clients. La porneuse se voit proposé un partenaire qu’elle rencontre souvent peu avant le tournage. Dans la prostitution, on a parfois un mac qui fait commerce du corps de la prostituée. Dans la pornographie, le producteur qui tire profit de la vidéo joue le rôle de mac. Certaines porneuse sont leurs propres macs, lorsqu’elles réalisent elles-même la bande vidéo. Dans les deux cas, le but de la relation c’est le gain d’argent. Enlevez la camera et les éventuels intermédiaires, et la porneuse devient une prostituée ordinaire.
  • Capitalisme et Pornographie
    2 novembre 2008, par Delcuse
    "le premier visage qu’a pris le capitalisme dans les ex-républiques soviétiques, c’est le recyclage d’ouvrières en hordes de putes blondes lâchées sur les trottoirs de l’ancienne Europe" Mais pas du tout. L’ancien capitalisme d’Etat Soviétique a pris le visage des banques comme le connaissent les pays capitalistes modernes. Quant à l’évocation des blondes en putes... Ouais, bon, hein... C’est un peu limite. On s’est compris, non ?
  • Capitalisme et Pornographie
    22 avril 2014, par warrenstraw222
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