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La Liberté : une question de sens

Catégorie société
Il y a (9) contribution(s).

(JPEG) Liberté, au singulier, est un concept dont rend compte la philosophie.

Libertés au pluriel, est un concept dont rend compte l’économie.

Mettre ce mot au pluriel, c’est évoquer quelque chose. Le mettre au singulier, c’est évoquer une idée.

C’est une question de sens.

Y a-t-il un sens à évoquer, par exemple, la liberté de penser, laquelle serait distinguable de, par exemple, celle de manger ? Ou bien, la penser, comme le fait de manger, ne sont-ils pas les conséquences de ce qui en provoque l’apparition ? Manger, tout comme penser, ne se fait pas par liberté ; certes, c’est du désir, mais c’est aussi un besoin ; mais l’inverse est vrai, ne pas manger, ne pas penser, est le fruit d’un joug, d’une autorité.

Je mets la liberté dans l’action de l’affrontement aux jougs.

Être libre, c’est être en mouvement

. C’est un désir, c’est une volonté. Il faut vouloir être libre pour chercher à le devenir.

Aujourd’hui, bien peu éprouve une telle volonté. C’est aussi une responsabilité. Etre libre, ce n’est pas vouloir faire n’importe quoi, mais être dans un rapport rationnel à l’autre, c’est-à-dire avec conscience.

La liberté qui ne s’exerce pas avec conscience n’est pas être libre, mais être soumis à nos affects, à notre bas-ventre, à un instinct animal (exemple, j’ai envie de manger, alors je fais fi des autres et je mange malgré la situation. Partager ? Mais non, voyons... etc...) Là, réside l’influence de Schopenhauer (sur moi) qui a tant impressionné Nietzsche.

La liberté de nos bas-ventre est de la réification ; dit autrement, une chosification, et comme tel, une terrible aliénation.

L’idée de liberté n’est pas opposée à celle de la guerre, mais l’inverse. Une lutte victorieuse se mène toujours avec liberté. La tactique et la stratégie ne sont pas des limites à la liberté, mais ce qui permet de l’exercer en toute conscience jusqu’au but défini.

Par exemple, l’idée de révolution prend sens en terme de stratégie et de tactique, comme l’a si bien démontré Debord. Sinon, on n’est pas dans le registre de la révolution, mais dans celui des caprices.

Ne pas confondre le "je veux" si destructeur, et le "je pense" si constructif.

Le moment qui fait surgir une révolution n’est jamais déterminé, mais, dès cet instant, la conscience du mouvement implique de faire preuve d’un grand sens stratégique, lequel ne peut se produire que par liberté.

Sinon, on parle en terme militaire, et non révolutionnaire (stratégie et tactique sont des termes de la guerre, mais non pas exclusivement militaire)

On n’est jamais aussi libre que lorsque l’autre, dans une relation, nous reconnait pour notre maturité d’esprit qui se manifeste avec de l’attention.

Dit autrement, être libre, c’est être mature.

Il y a bien des gens incarcérés qui manifestent une grande liberté que ne saurait vivre la plupart des gens qui ne sont pas incarcérés. Lorsque Rouillan a écrit "je hais les matins", il nous a offert une grande liberté dont sont bien incapables, la plupart des gens dans la rue. Et, bien sûr, cela se retrouve dans l’amour.

Lorsqu’on tire son coup, on montre seulement notre soumission à nos organes ; lorsqu’on se caresse, on fait preuve d’une grande attention, et cela ne peut se faire hors de la liberté d’esprit.



Publié le 31 octobre 2008  par Gilles Delcuse


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Forum de l'article
  • La Liberté : une question de sens
    31 octobre 2008, par Serge Rivron

    Cher Gilles, tu as des intuitions splendides, mais il faudrait les étayer un peu, des fois (soit dit sans méchanceté ni trop de prétention). À la lecture de ce dernier né de tes questionnements, je ne saurai trop te conseiller la lecture d’Orthodoxie, de Chesterton. Amitiés,

    Serge R.

    • La Liberté : une question de sens
      1er novembre 2008, par Delcuse
      Merci, Serge, pour ce conseil. Je vais vite me procurer ce livre :-)) On devrait, tous, se donner des idées comme celle-ci. Faire en sorte que les idées circulent.
    • La Liberté : une question de sens
      1er novembre 2008, par Delcuse
      C’est succinct, mais au départ, c’était une réponse à mon amie Satya. Je vais jetter mes deux yeux dans la lecture de Chesterton.
  • La Liberté : une question de sens
    1er novembre 2008, par satya

    Bonjour gilles :)

    pour ce que tu écris sur la liberté, les libertés, je dirais pour l’instant que les libertés n’ont rien de comptable ni d’économique à la façon des libéralismes (néo, ultra etc) mais les libertés ont tout à voir avec les possibilités de se créer des choix et donc de ne pas accepter de se résigner et se soumettre.

    la liberté dont tu parles, celle de la philosophie et de l’idéologie est de l’ordre de l’abstraction et peut donc être totalement et facilement détournée - c’est ce que font assiduement les usa d’ailleurs qui portent la soumission par la force à bien des peuples sous le couvert de la liberté avec un grand L !! écoute un peu tous ces politiciens et économistes de tous bords qui te vendent la pire des exploitations capitaliste sous couvert de La Liberté !!! le libéralisme politique et économique (à ses divers degrés) bafouent l’idéologie de la liberté et la manipulent publiquement et constemment pour mieux exploiter et assouvir et narguent ceux qui refusent en les traitant de sectarisme, d’être des personnes contre La Liberté justement !! alors que c’est tout le contraire, c’est de la déviance directe, de la novlangue..

    je préfère donc la pratique des choix et l’insoumission à des valeurs abstraites qui sont massivement et immédiatement bafouées dès qu’elles sont inscrites dans la pierre ou les frontons des mairies du pouvoir. être libre c’est être en mouvement ? je dirais être en vie c’est être en mouvement mais je ne conçois pas la vie sans les libertés ;)

    ce que tu appelles conscience, je l’appelle choix car il faut plus que de la conscience pour vivre libre, je n’arrive pas à concevoir des abstractions sans mise en pratique et l’alternance perpetuelle qui va avec, réduire et figer les libertés dans une abstraction unique dans la liberté, cela l’emprisonne, la fige, la momifie. en tous les cas c’est ce que je ressents et ce que je pense.

    je ne veux ni d’un objet, ni d’une idée, je veux une pratique et une essence, une existence !!

    il existe des libertés qui n’ont nulle besoin d’actions ni de volonté mais qui se révèlent aussi simplement dans l’écoute et le silence, elles font partie de l’essence même de la vie et sont obstruées, cachées justement par le joug des hommes et leur oppressions incessantes.

    tu dis : "L’idée de liberté n’est pas opposée à celle de la guerre, mais l’inverse." mais je ne suis absolument pas d’accord, seuls des hommes soumis, esclaves, obéissants jusqu’à aller donner leur vies font les guerres, aucun soldat n’est libre c’est tout le contraire : la guerre est l’aliénation, l’exploitation et l’oppression massive et finale de la totalité du joug des dominateurs ! que l’idée même de quelques hommes puissent décider d’envoyer se faire tuer des milliers d’hommes qui domestiqués les suivent et leur obéissent est une horreur d’incivilité et totalement contraire aux libertés et à la liberté abstraite dont tu parles !!!

    pour connaitre les libertés, il faudrait d’abord ne plus être ni esclaves ni domestiqués mais des insoumisES à vie et dans toutes nos pratiques.

    oui l’abstraction est belle en idéologie philosophique et en poésie, mais elle est facilement vide de sens sans l’existence de l’insoumission ;)

    • La Liberté : une question de sens
      2 novembre 2008, par Delcuse
      Sur ce sujet, nous sommes en désaccord. Dans ce monde, la seule liberté possible consiste à chercher à le renverser. Quand j’évoque la guerre, évidemment, je ne parle pas de la guerre impérialiste mais de la guerre sociale. Tu parles d’insoumission... Tu as le mode d’emploi ? Les libertés dont tu fais allusion, je suis désolé de te dire qu’elles appartiennent au monde du spectacle, aussi interchangeables qu’évanescentes. De même, tu sembles réduire la poésie à de la vulgaire littérature. La poésie, c’est quand les individus sont directement liés à l’histoire universelle. Ce n’est pas une douce illusion, mais l’arme de la guerre sociale. Dans la guerre sociale, les individus se retrouvent, ils ne s’anéantissent pas comme dans la guerre impérialiste. Lorsque Marx expose sa théorie de la révolution, il n’en parle pas en terme de choix, mais de mouvement historique. Aujourd’hui, on en est pas à rechercher le silence, mais à retrouver la parole. Retrouver la parole veut dire aussi retrouver son propre silence. Le silence d’aujourd’hui n’est pas une jouissance mais une censure. Être en vie n’est pas forcément être en mouvement. Aujourd’hui, la vie est soumise au monde de la marchandise, et ni moi, ni toi, n’y échappons. Ca veux dire quoi "plus que la conscience ?" Une hyper-conscience ? Bizarre ;-) pour finir, je tiens à préciser que je met le mot liberté au singulier, mais jamais avec une majuscule, à la différence des frontons des mairies.
  • La Liberté : une question de sens
    2 novembre 2008, par paul
    Ben c’est marrant cette histoire de liberté. ça me rappelle ce qu’une collègue de travail m’observant aussi dans la vie en dehors du contexte professionnel me disait : t’es tellement libre que ça fait peur ! j’étais resté sans réponse, ne croyant pas un mot de ce qu’elle me disait bien que je comprenais assez bien ce qu’elle voulait dire en faisant en fait allusion à mon insoumission aux modèles culturels ambiants, et en comparaison de la culture de nos prochains. Je ne crois pas en la liberté. je pense que c’est un élan comme un autre qui se heurte aux circonstance. c’est une expression de notre entropie nécessaire au mouvement de la vie à sa conservation et sa continuation. Il en émerge une idée, comme toutes les idées sont des émergences de ce que nous percevons de nous même, depuis notre égocentrisme et avec nos moyens variables de distanciation de cet égocentrisme. et puis, il y a la valorisation, réponse au besoin de donner du sens à notre présence au monde, ou plutôt, selon l’erreur de perception égocentrée une réponse à la raison de la présence du monde à nous ! il nous faut un pourquoi ! et nous dire que nous valons quelque chose ! alors que c’est si simple d’accepter d’être ! alors vient la volonté de projeter que le monde soit la réponse à un besoin égocentré. ben non. on désire parce que le monde suscite un espoir de par la présence des autres et des circonstance dont nous sommes une partie anonyme ! mais l’égo veut à tout prix. et il veut "la liberté" ! pourquoi faire ? si non répondre à plus que sa faim ou son besoin ! je ne crois pas non plus au libre arbitre ! je pense que toute ma pensée est déterminée est le fruit, le résultat d’une construction toujours en cours, de mon expérience de la vie dans et par le monde. je ne sais pas comment va évoluer ma pensée. elle part autant de mon passé qu’elle est influencé par le vent des circonstances. Je ne suis pas libre. mais effectivement. mon regard distant est insoumis à la croyance, à commencer par celle de la liberté.
    • La Liberté : une question de sens
      4 novembre 2008, par Sirieix

      La liberté existe ou pas, avec ou sans majuscule, au singulier ou non, et pourquoi ce genre féminin attribué arbitrairement par quelque lettré poussif aux aurores des langues d’oc et d’oi (qui n’est pas, je vous le rappelle, un cri keupon !) ?

      Mes ami(e)s, vous écrivez tous aussi bien que vous tutoyez et turluttez l’existentiel. Je vous envie sincèrement ! Je vous aime tous, mais Gilles c’est vraiment mon petit mon préféré ! La coupe debord(e) !  ;)

      Sirieix

      (p.s. pour Gilles : ça vient, ça vient ! :D)

  • La Liberté : une question de sens
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