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Quand elle tient de vrais et de beaux sujets, elle est ainsi qu’elle les traite admirablement parce qu’elle respecte la parole des statues du cimetière du père Lachaise dans « hantise », la parole des masques dans « L’atelier », et maintenant la parole de Nato le peintre qui « ne peint pas... là ».
Audrey Martinet filme le happening comme on regarderait une toile, par le détail, puis avec plus de recul l’ensemble.
Le sujet est très riche, très dense.
J’admets définitivement que c’est une toile au moment où Nato dit que c’est à l’étranger qu’il se sent le mieux, à l’étranger seulement parce que ne comprenant pas ce qui se dit autour de lui, il est comme la toile qui ne comprend pas ce qui se dit d’elle. Je retiens le harcèlement dont il a été l’objet dès 1981. Pour d’autres ce fut à l’arrivée de la droite...
Je retiens la complicité de Nato et d’Audrey par l’appréhension d’une nudité qui n’est ni esthétisante, ni érotisante et qui cependant est, par son approche naturelle, habillée d’instinct, les deux à la fois, pour peu qu’on veuille considérer l’érotisme et l’esthétique sans artifices.
J’aime le travail d’Audrey, la femme qu’elle est, poétique de la femme sur fond d’humanité presque palpable alors que nous ne sommes qu’au virtuel...
Il faut une vraie puissance pour y parvenir et celle d’Audrey est vitale, poétique, charnelle, sensible, odorante, elle va à l’essentiel là où je prends encore trop de précautions didactiques.
Il y a chez Audrey un dépassement qui me parle sans cesse, je n’ai pas besoin de précautions ou de précisions d’aucune sorte, je suis directement dans le sujet, au coeur de ce que je comprends, que je sens, que j’entends.
J’ai très rarement éprouvé, avec des femmes surtout, ce sentiment si je l’ai jamais éprouvé aussi durablement qu’avec Audrey ; et il va encore s’affinant à mesure que nous correspondons.
Je me suis moi-même arrêté, comme Audrey censément chamboulée à son évocation, sur le don et le sacrifice dont parle Nato au sujet de ses « modèles ». J’ai été conquis par sa démonstration, par l’évidence et la simplicité de celle-ci.
Le peintre qui ne peint pas est étincelant parce qu’il est compris par et non pas dans le film du moment que la finesse des questions encourage la liberté du propos.
Dans l’un de ses films les plus intimes, « Lambert pas à pas », les heurts du temps sont à l’errance et à la mélancolie.
L’angoisse toujours point là où se défilent les mots et quand le train propose une trajectoire contrainte et commune, communément contrainte, l’angoisse alors à peine perceptible est pudiquement recouverte de la poétique délicate d’Audrey. Dans les brumes élégiaques du petit matin un moment de grâce convie au décloisonnement sans référence d’aucune sorte qu’à sa voix propre. Ici soufflent souvent les conditions de libérations de notre condition d’externalisation cloisonnée.
Filmographie
(liens) :
Le peintre Nato
A ceux qui visionneront le film consacré à Nato :
A la fin de son film, Audrey était contrainte d’en passer par un plan accéléré. Elle ne l’aurait pas conçu ainsi mais quelqu’un s’est mis en travers de sa caméra et elle manquait alors de pellicule. C’est un passage sur lequel j’ai achoppé. Il ne choquera peut-être pas.
L’inscription sur kewego ne prend pas plus de trente secondes...

