e-torpedo le webzine sans barbeles



Brian Jones : l’ange déchu des sixties

Catégorie Musique
Il y a (38) contribution(s).

(JPEG) Dans la nécrologie du magazine Rolling Stones de Juillet 1969, Geil Marcus,célèbre critique musical américain expliquait que la mort de Brian Jones n’avait causé aucun choc à ses yeux, il résumait la vie du musicien en ces termes : Brian a vécu à tombeau ouvert, il ne lui restait plus qu’à tomber dedans.

En fait Brian Jones ne possédait qu’un seul ennemi : lui-même car usant et abusant de son talent, il s’est brûlé les ailes comme un papillon de nuit aux fantasmes rock’n roll de son époque.

Dès 1965,il ne joue que rarement de la guitare avec les Stones et toutes les prises studio doivent être doublées par Keith Richards car Brian est soit malade , soit absent et la plupart du temps trop défoncé.

Fréquemment hospitalisé pour dépressions nerveuses ou abus de drogues, il s’éclipse bientôt totalement de la scène et les quatre autres membres du groupe commencent à le détester.

A l’image d’un autre anglais le génial Syd Barrett fondateur des Pink Floyd, incapable de tenir la barre du groupe qu’il avait fondé, Brian Jones n’est plus q’un boulet pour les autres membres des Stones en pleine conquête de la planète rock’n roll.

Le beau et mystérieux Brian représente cependant l’incarnation de la douce et malsaine de ce que fût l’époque.

Il est clair qu’il subjuguait le Tout Londres lors de ses apparitions au côté d’Anita Pallenberg dans les clubs et les boîtes de la capitale.

Leur idylle passionnée et tumultueuse dura de Septembre 1966 au printemps 1967 puis Anita quitta Brian pour Keith Richards.

Après cette séparation, il eût toutes les excuses pour se démolir à corps perdu. Sa consommation de drogues atteignant des sommets plus inquiétants et un point de non-retour il répétait d’ailleurs souvent son leitmotiv : Je n’atteindrai pas 30 ans.

Il se mit ensuite à ressembler à un Louis XIV sous acide -au bord du gouffre- homme-pharmacie mélangeant cocaïne , Mandrax , acides, speed , morphine. Son principal problème restait l’accoutumance aux barbituriques dont il perçait les gélules afin que leur contenu passe plus vite dans le sang.

Malgré le soutien des amis proches (dont le batteur du groupe Charlie Watts) il n’avait pas le réel désir de guérir et lorsqu’il rentrait en clinique, il y amenait les drogues qui l’y avaient conduit.

Viré définitivement des Stones en 1969 après avoir échappé de peu à la prison pour 2 affaires de drogues, il quitta Londres pour s’installer à la campagne et cinq jours seulement après la séparation du groupe on le retrouva mort noyé, le légiste concluant à un décès accidentel.

En réalité, on suppose qu’il est mort noyé voulant se baigner et nager après une prise de drogue importante.

Diverses thèses sur la possibilité d’un coup monté ont circulé et même l’hypothèse farfelue d’un assassinat fût envisagée puis rapidement écartée.

Dans les documents d’archives filmées sur les Rolling Stones on peut voir Brian, pierrot lunaire au visage bouffi, absent, décalé déjà plus tout à fait sur terre, déjà ailleurs, déjà parti.



Publié le 2 mai 2005  par Jimbo


envoyer
commenter
imprimer
sommaire
Forum de l'article
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin