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Tes petits slips propres bien rangés dans les tiroirs... par Andy Vérol

Catégorie free littérature
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(JPEG) C’était devenu un passe-temps digne de ce ... nom... Le repassage en regardant la télé, au chaud, dans l’air climatisé bien odorant de la maison... Comme le riff de guitare énorme qui me donnait envie de chialer quand tata frappait. J’ai ce souvenir. Je le raconterai de nouveau.

Polo se charge de descendre la bouffe à la Vérole. On se fait des plats à base de boîtes de lentilles. On sait bien sûr sûr on le sait on est tombé ... pour ça, comme la caresse d’une mère qui mord en pensant amour. Meurtre. C’est le foot. Le temps unique. Mes heures passées, après le repassage-amour, à reluquer l’herbe cramer du terrain. L’horizon qui brûle. La sensation que l’on est vraiment loin du monde. Que l’on est des participants involontaires à sa désagrégation...

La sensation juste.

Lars et Jean-michel se masturbent mutuellement dans le canapé. Car Jean-Michel a une queue qui vire à droite... Un mat de navire déformé par des vents puissants. Le désir.

J’écoute un riff qui braille dans mes horaires. Ca me gratte le cul. Et ces plaques rouges et cloques sur les couilles m’inquiètent vraiment. Un cancer me tuerait à petit feu. Mais ça je sais pas. Je connais pas. On a tous accumulés des maladies. La première d’entre elles, une furieuse envie de violer, de défoncer les os des visages des femmes qui s’opposent à nos décisions.

La télé, pas la chinoise aujourd’hui. La française, avec son lot de conneries. Un petit hongrois grelottant, fébrile et vieillissant qui ne sait plus que rajouter pour assurer la pérennité de sa dictature rampante, molle (comme le bois du peuplier, histoire de te foutre, te mettre les échardes partout... Plus que ça à transmettre, des échardes).

L’époque où des gens disaient fort "je suis à gauche", qui donnaient trois sous aux misérables et partaient bio, chauffaient la carte bleue en disant (le sermon de l’enculé de curé) : "Tu les as pas vus toi les petits noirs souffrir. T’as jamais été confronté à leur détresse. Parce que tu vois la détresse se voit dans leurs regards... Et c’est parce qu’il y a des intellos écrivains comme toi qui font la leçon à tout le monde sans lever le plus petit doigt, qu’ils en sont là...". Car le cureton de gauche te faisait la leçon à longueur de journée : "Faut aider ! Non mais attend tu proposes quoi toi ? Tu fais quoi pour les autres ?"

On se rappelle d’eux maintenant.

Ils ont fini par pisser à la raie de tout le monde sitôt leurs portefeuilles laminés par la grande crise.

Leurs yeux à eux puaient l’arrogance, la condescendance du chrétien sur celui qui ne l’est pas, ... Un long filtre moralisateur avec des idées "de gauche" avait permis au capitalisme criminel de s’installer, se décupler avec une morale bienfaisante, donneuse de leçon au possible, fac-similé de conscience... Suicide pur de la pensée...

Je me limite à présent à la lecture odieuse de magazines télé périmés écrits en anglais que la Vérole semblait adorer (avant qu’on l’en empêche ah)...

Il avait une tête de mec bien sur les photos. J’ai ainsi regardé ses albums photos. Son enfance. Sa jeunesse. Ses jeunes années adultes. Il avait été un joli jeune homme bien trempé par les rêves de lendemains qui urineraient le bonheur, l’illusion et les collectifs roulage de pelle à base de reggae night de hue hue dans le cul sous les tentes des festivals et de soirées "ouhh c’est pas bien la droite, Canal + c’est plus ce que c’était, maintenant je regarde pas la télé, c’est pour ces beaufs, la majorité, moi ce que je préfère, c’est la réflexion, il faut une vraie solution alternative à la mondialisation..."

Bla bla bla...

La Vérole croupit dans la cave avec ses os de poulet et son urine accumulée dans une bassine jaune. Et les étrons moitié fermés moitié liquides qui s’y mélangent, y flottent et y coulent.

"Arrêtez de vous toucher la pine pendant que je fais le repassage les tarlouzes... ça m’empêche de me concentrer, et ça me fait louper mes cols. Connards. "

L’accalmie.

Et ce goût de merde, qui semble se dissiper, s’en aller de ma gorge séchée par la sainte climatisation (de nouveau opérationnelle et alimentée sublimement par l’électricité régénératrice).

Mon Usine, la suite... (Roman en cours d’écriture, encore et toujours)

Andy Vérol

Il est également l’auteur du roman LES DERNIERS COW-BOYS FRANCAIS



Publié le 2 décembre 2008  par torpedo


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