e-torpedo le webzine sans barbeles



En Guyane, situation insurrectionnelle

Catégorie politique
Il y a (1) contribution(s).

Ce qui se passe en Guyane est assez impressionnant

En effet, depuis lundi dernier après de multiples négociations, des associations de consommateurs, les socio-professionnels du transport ont décidé de mettre en place des barrages dans tout le département à l’entrée des villes et même à l’intérieur de Cayenne. Résultat : plus d’essence, boutiques d’alimentation et autres banques fermées, établissements scolaires fermés, habitants bloqués dans leur ville, campagne ou village, centre spatial paralysé...

C’est un mouvement très populaire, soutenu par les syndicats et les différentes associations...

Les habitants vont sur les barrages pour soutenir !

En effet, l’essence est à 1,77 euro et on exige que le prix baisse d’au moins de 50 centimes d’euro. Chacune se renvoie la balle : la région, l’Etat, la raffinerie qui se trouve au Lamentin en Martinique. C’est compliqué de savoir qui s’enrichit sur le dos des Guyanais par ailleurs pour un certain nombre très pauvres... Les associations ont l’intention ensuite de s’attaquer au prix exorbitant des autres denrées de première nécessité : farine, lait, riz... De petites émeutes de jeunes ont lieu dans certains quartiers, surtout à Cayenne.

Le plus dur est que la Guyane est paralysée mais que les médias n’en parlent pratiquement pas. Le gouvernement par ailleurs met du temps à réagir... La Guyane est loin et isolée. C’est la première fois qu’il y a un mouvement de cet ampleur !! Faites le savoir autour de vous !

Le blocage généralisé

(JPEG)
Barrage à Cayenne
Carrefour de Suzini 27 Novembre 2008

Depuis lundi matin, le 24 novembre 2008, la Guyane connaît une mobilisation jamais connue à ce jour. Plus d’une vingtaine de barrages bloquent les principaux axes routiers du territoire : l’agglomération de Cayenne, de Kourou, Iracoubo, Sinnamary, Saint-Georges, la route du littoral, la route nationale 1, et à l’Ouest, la sous-préfecture de Saint-Laurent-du-Maroni sont inaccessibles. Trois barrages ont été mis en place avec des poids lourds sur des ronds-points de Cayenne, Matoury et Rémire-Montjoly. Des barrages étanches sur les quelques ronds-points stratégiques de ce territoire au réseau routier peu dense entraînent un blocage de toutes les activités économiques et sociales. Les accès routiers au port de commerce et à l’aéroport Rochambeau de Cayenne sont aussi fermés.

*********

Des barricades sont érigées dans les rues de la ville de Cayenne et à Kourou. Les nuits sont chaudes lorsque la police tente de les déloger avec des grenades lacrymogènes. Le déluge de gaz lacrymogènes balancés par la police incite plutôt certains jeunes à recommencer à s’opposer plus durement aux représentants de l’Etat français. Dans la nuit de jeudi à vendredi, pour la troisième fois de la semaine, des affrontements ont eu lieu entre des policiers et des jeunes près des barricades, dont certaines flambaient, et notamment dans le quartier chinois de Cayenne. Presque chaque nuit, des poubelles prennent feu près de la gendarmerie de la Madeleine. Des cocktails-molotov sont lancés et quelques voitures ont été brûlées, sans faire de blessés parmi les policiers ou les gendarmes. Par contre, les jeunes guyanais ont de la difficulté à se déplacer de nuit sans se faire prendre à partie par la police.

Saint-Laurent-du-Maroni paralysée

L’ensemble des commerces et des établissements scolaires fermés. Les pompes des stations d’essence vides. La ville sous-préfecture est en totale immobilisation.

Aux carrefours bloqués, c’est vraiment la bonne ambiance lorsque tous ces vaillants révoltés, de tous âges et de tous milieux, se retrouvent sur les barrages le soir venu. Chacun apporte à manger, certains jouent de la musique, ou aux dominos, tandis que d’autres améliorent le campement... Origine du mouvement : les Guyanais n’en peuvent plus !

Ils sont excédés face à une flambée incessante du prix de l’essence, presque le double de son prix de la France métropolitaine, et ils en ont ras le bol de l’augmentation du prix des denrées alimentaires de première nécessité.

Le mouvement a été lancé par des associations de consommateurs et les organisations de transporteurs, avec le soutien des socioprofessionnels, des élus et de la population locale, pour demander une baisse de 50 centimes sur les carburants, dont les prix sont administrés par l’Etat dans les départements d’outre-mer. En moins de deux ans, le carburant a augmenté de 46 centimes en Guyane, pour atteindre aujourd’hui 1,77 euro le litre d’essence sans plomb 95, et 1,55 euro pour le gazole en ville, mais jusqu’à 2,05 euros en forêt.

L’objectif de ce mouvement est la baisse du coût de l’essence aujourd’hui fixé administrativement par le Préfet à 1,77 euros, soit le prix le plus élevé de tout le territoire français. Le mouvement exige de l’Etat qu’il réduise le prix de l’essence de 50 centimes. Alors même que les collectivités locales collectent environ 70 centimes de taxe, l’Etat est le principal interpellé, et derrière lui, la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (Sara), qui fournit la Guyane en carburant. Avant cela et jusqu’en février 2007, l’essence, provenant d’un pétrolier de Trinidad, était frelatée et pour respecter les normes européennes il a fallu un nouveau fournisseur, la Sara, qui a augmenté fortement les prix.

(JPEG)
Manifestation de 2000 personnes
Près de la Préfecture de Cayenne Vendredi 28 Novembre 2008

Manifestation de 2000 personnes près de la préfecture de Cayenne vendredi 28 novembre

Une étude commandée par la Confédération des petites et moyennes entreprises de Guyane (CGPME) conclue à des trop-perçus irréguliers en faveur des compagnies pétrolières. Le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo, qui se transforme en marchand de tapis, a d’abord proposé une réduction inadmissible de 10 centimes : elle a été systématiquement refusée par les Guyanais en colère.

Puis, dans l’après-midi du vendredi 28 novembre, Yves Jego annonce 30 centimes d’euro "lâchés" par la compagnie pétrolière, signe évident de l’exagération des prix proposés auparavant. Mais, sur le barrage de l’avenue de Pariacabo, la population se dit prête à tenir un mois, et ne lâchera rien avant d’avoir obtenu les 50 centimes !

Source : Rebellyon.info



Publié le 2 décembre 2008  par torpedo


envoyer
imprimer
sommaire
Forum de l'article
  • En Guyane, situation insurrectionnelle
    29 janvier 2016, par Sara
    12 week weight loss program Venus Factor has been designed to help women burn fat, lose weight and get in shape.
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin