Je suis partie aujourd’hui
Les soins palliatifs à domicile ou le dernier train avant le bleu du ciel par Franca Maï
Franca Maï : Fleurs vénéneuses extrait Crescendo (vidéo)

L’Elysée compose un public pour accueillir le président sur un chantier
Les nouveaux chiens de garde font leur cinéma
le petit-fils d’Ambroise Croizat reprend le flambeau
Les banques égorgent l’Europe par Gérard Filoche
Jean-Marc Rouillan est un drôle de type par Paco
La rivière du Hibou et autres contes d’Ambrose Bierce par Roger Bozetto
Un appel de Jean-Pierre Théolier : Si quelqu’un parmi vous par Andy Vérol
William Burroughs - Cut ups par Andy Vérol
D’la fiction Vérol en livre !
Prix SADE 2010 : Chessex crâne par-delà sa mort ? par Tang Loaëc

Une voiture en flammes sur l’autoroute et une femme se jetant dans le brasier en hurlant à sa fille prisonnière dans le véhicule : "Non, pas sans toi !" Malou assiste impuissante à la tragédie. Hantée par ces images, elle se rend à l’hôpital et apprend que, si la fille est décédée, la mère a survécu, brûlée au troisième degré.
Ce corps en souffrance devient sien. Malou s’identifie bientôt à cette femme au point d’enquêter sur elle et de découvrir que celle-ci a peut-être été la victime des manipulations de la maîtresse de son mari.
Un roman fort, émouvant, prenant où la vie en définitive l’emporte sur tout, à la manière de ces herbes rebelles qui poussent sur les ruines.
Crescendo
un roman de Franca Maï
cherche-midi éditeur
Collection Littérature Française
08 janvier 2009
ISBN : 978-2-7491-1255-8
15 € ttc
Illustration couverture et photo verso
tRiol Le joujou rouge
Extrait Crescendo p 163/164
Elles sont comme cela. Elles ont des fleurs dans la bouche qui s’ouvrent et se referment au gré d’un rien. Les lèvres humides se détachent parcimonieusement suivant le rire éclatant du vent, laissant entrevoir leurs petites dents nacrées, happeuses d’écorchures. Leurs pensées délabrées les épinglent en douceur dans un sommeil léger ou profond, tout dépend de la vitesse du train. Les distances sont longues quelquefois. Et souvent, elles s’offrent à mon regard. C’est pour cette raison que j’aime tant voyager. En réalité, je n’ai nulle part où aller, je me laisse porter par mes errances, billets froissés dans la poche pour accéder à d’autres rails inconnus ou apprivoiser le trajet en sens inverse. Tout dépend de mon humeur. J’ai toujours un mal fou à repérer celle qui pourra satisfaire mes lubies, le jardin des fleurs étant si vaste, si coloré, si prometteur !... Et toutes ces bouches vernies, laquées, couleur chair à moitié déchirées ou offertes !..Quelquefois, elles se télescopent en pétales vénéneux faisant place à un énorme trou humide dans lequel je ne trouve plus ma place. Trop large. Lorsque je ressens cette sensation, je suis en rage. Des suées et des transpirations mouillent mon corps, collant inconfortablement mon pantalon à même la peau, tout en entravant ma marche. Je dois calmer mes nerfs entre deux wagons sinon je rate le plaisir sacré et c’est un voyage pour rien. Je n’aime pas gâcher ma semence.
Extrait Crescendo P 60/61
Je vous l’accorde, j’ai été intraitable avec Malou. À ce moment-là, j’aurais pu lui faire un petit signe complice, lui confirmer que je l’entendais et que ses marques d’amour me réchauffaient tout en me perturbant. Malou m’éloignait de la lumière blanche. J’apprenais à connaître cette femme et c’est vrai que si nous nous étions connues plus tôt, ses conseils et sa joie de vivre auraient eu une influence sur mon comportement. Je n’aurais jamais accepté la torture mentale que ce minable de Philippe me faisait endurer !... Mais en même temps, sa sollicitude enrayait mes convictions. J’avais de nouveau peur du grand saut. La mort troussait ma trouille. Alors, je m’accrochais à la vie malgré les douleurs. Je devais cette pause à Malou. Elle avait autant besoin de cette amitié que moi. Je le sentais. Les confidences qu’elle me faisait la rendaient indestructible et j’avais vraiment envie de lui offrir cette échappatoire. J’étais utile et ce sentiment me valorisait. Et puis, il est vrai que les médicaments ankylosaient ma vision, à vrai dire, parfois, je me demandais si j’avais déjà passé l’arme à gauche et si tout existait réellement. Je voyais mon corps se lever, enfin, plus précisément il tentait de se mettre en position assise mais mes efforts étaient infructueux. Alors des hurlements sauvages envahissaient ma gorge, cognant ma tête mais personne ne les entendait. Ils étaient verrouillés, inaudibles au commun des mortels. À quel niveau devais-je monter le son ?...
Mais, peut-être, étais-je déjà dans l’antichambre de la vilaine ?... Peut-être était-il déjà trop tard ?... Peut-être Philippe avait-il raison ?... Lui qui se targuait de tout contrôler... Lui qui savait si bien me vampiriser.
Je n’avais aucune envie de lui donner raison.
Franca Maï est l’auteur des romans
Momo qui kills
Jean-Pôl & la môme caoutchouc
Speedy Mata
l’Ultime Tabou
Pedro
l’Amour carnassier
tous parus au cherche-midi éditeur (également chez Pocket Nouvelles Voix pour les deux premiers).
Chère Franca,
Bravo, tu ne lâches rien !
André
En ce dernier jour de l’année,quelle bonne nouvelle que celle de la sortie de ton roman ;
Bien sur il sera disponible dans ma librairie dès sa parution.
Bises avec tous mes voeux pour 2009,ainsi que pour Didier.
Jean Pierre
Franca
5 heures à peine.
Voilà le temps que j’ai mis à le lire.
Il est génial...
C’est mon préféré.
Gros bisous

