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L’hommage à Thierry Renard

Catégorie portrait
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(JPEG) Par Michel Kneubuhler

Thierry Renard a été fait Chevalier des arts et des lettres, lors d’une cérémonie qui s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Vénissieux, le 4 décembre 2008

Avant de me livrer au rituel républicain auquel, par son choix - qui m’honore -, me contraint l’ami Thierry, je voudrais dire mon émotion en ce moment exceptionnel : « parce que c’est lui, parce que c’est moi »... et parce que, pour l’un comme pour l’autre, c’est la première fois... sauf erreur de ma part, cher Thierry, cette distinction est la première que tu reçois... pour moi, en tout cas, c’est la première que je remets. Et chacun sait que, la première fois, « Mon cœur, t’en souviens-tu / On n’en menait pas large... ». Aussi ai-je cru bon de me faire aider dans cet exercice par quelques amis des arts et des lettres - cher Thierry, tu sais que nous avons en commun, entre autres, un goût immodéré pour la citation et les jeux oulipiens. 1978-2008 : trente ans, trente citations ! Ces « amis des arts et des lettres », ils ont nom Jim Harrison, Richard Brautigan, Philippe Jaccottet, Stanislas Rodanski, Gatien Lapointe... et, bien sûr, Baudelaire, Rimbaud, Breton, Aragon, Char ou Camus... vous les reconnaîtrez au passage. Un autre poète m’a également beaucoup aidé, son nom est Renard, « Renard... comme l’animal ! ».

Mais venons-en au rituel annoncé.

Je ne crois pas trahir de secret en disant que, lorsqu’il me fut demandé de rédiger le mémoire destiné à nourrir la proposition de ta décoration, cher Thierry, je me suis posé la question : « Qui donc cette distinction va-t-elle honorer ? ». C’est que, chers amis, il y a de l’oignon dans cet homme-là ! Oui, je sais, la comparaison n’est guère poétique, d’aucuns la trouveront triviale... mais je crois savoir que notre ami ne dédaigne pas se mettre à table et que - je parle sous le contrôle de madame Renard et de Patrick - la cuisine piémontaise accueille volontiers les cipolle.

Si vous le voulez bien, je vais donc tenter d’éplucher devant vous la cipolla en question - ce qui, au passage, me permettra de déguiser plus facilement mon émotion. Mais rassure-toi, Thierry, je saurai m’arrêter avant les dernières strates... celles-là appartiennent à ta mère, à tes enfants, à Sonia, peut-être aussi à quelques-uns de tes vieux potes de la ZUP et de Bérénice... et surtout elles t’appartiennent.

Oui, il y a de l’oignon dans cet homme-là et la première strate que je puis identifier, c’est celle qu’ici tout le monde connaît, le directeur de l’Espace Pandora, qu’il m’est arrivé un jour de qualifier « d’agitateur poétique »... la formule a depuis fait florès. Pandora - en témoigne le film que l’on a vu tout à l’heure - a désormais allègrement dépassé la vingtaine d’années, mais ne marque pas pour autant, Thierry, tes débuts d’agitateur. En effet, quand est créée l’association, cela fait presque une décennie que tu occupes le devant de la scène, tantôt poète et animateur de revues de poésie - j’y reviendrai -, tantôt comédien - avec Gilles Chavassieux ou Wladyslaw Znorko -, voire chanteur de rock - le groupe, naturellement, s’appelle The Lab of the Last Poets...

Vous tous ici, vous le savez, Pandora, c’est depuis plus de vingt ans l’affirmation de la poésie, de la littérature et de la langue française dans l’agglomération lyonnaise et dans la région Rhône-Alpes, voire sur la planète francophone : lectures, ateliers d’écriture, manifestations, expositions... se succèdent, à Vénissieux, bien sûr - Thierry, tu fais mentir le proverbe qui veut que nul ne soit prophète... ou poète en son pays - mais aussi à Lyon, pour le Printemps des poètes , à Grigny, pour L’Autre Salon , un peu partout dans le Grand Lyon, pour le festival Parole ambulante - quatorzième édition, l’an prochain ! - et dans la région Rhône-Alpes, pour la Semaine de la langue française.

Et, mine de rien, ils sont des milliers, celles et ceux qui, grâce à ces différentes manifestations, ont pu un jour rencontrer la poésie.

Car Thierry, tu as fait tien le cri de Gaëtan Picon, le premier directeur général des arts et des lettres - tiens, j’ai dit « des arts et des lettres »... - d’André Malraux : « Qu’est-ce qu’une beauté qui n’existe pas pour tous ? Qu’est-ce qu’une vérité qui n’existe pas pour tous ? [Notre tâche, c’est de] transformer en un bien commun un privilège ... ». « Transformer en un bien commun un privilège... ».

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ESPACE PANDORA

EDITIONS LA PASSE DU VENT



Publié le 22 décembre 2008  par torpedo


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