e-torpedo le webzine sans barbeles



Pierre-Henri Deleau l’amoureux authentique du cinéma

Catégorie Cinema
Il y a (14) contribution(s).

(JPEG)

FIPA cherche nouveau sélectionneur

Il est parti sans presque rien dire comme il l’avait fait en quittant, en 1998, la Quinzaine des réalisateurs à Cannes après trente années comme responsable de la sélection. En 1987, avec Michel Mitrani, il avait créé le Festival international des programmes audiovisuels à Cannes. Après une année à Nice, le FIPA s’est installé à Biarritz. Pierre-Henri Deleau a fait plus qu’accompagner son évolution. « C’est le plus grand festival de télévision au monde, confie Antonio Bruni qui en suit 90 par an pour la RAI. 80 % des festivals sont virtuels, juge-t-il. Le FIPA c’est le niveau du Festival de Cannes ou de Venise pour le cinéma. »

Pierre-Henri Deleau vit pour l’image.

Pour le FIPA 2009 qui s’est déroulé fin janvier à Biarritz, il a visionné cette année 1 552 films (fictions et documentaires) de 68 pays pour n’en retenir que 65 en compétition à raison de 12 à 14 heures par jour entre la mi-novembre et la mi-janvier. Mais l’homme qui pourrait être fier du chemin parcouru le dit : « Il y a une part de lassitude et de saturation. J’ai moins d’appétence et je risque donc de le faire moins bien. Il faut savoir laisser la place à du sang neuf. »

Deleau se dit « très amer ». Il vit comme « un échec le fait de n’avoir pas réussi à briser le mur de la visibilité sur les chaînes françaises, publiques et privées » des oeuvres sélectionnées au FIPA, y compris celles primées par un jury international et indépendant (les clefs du succès). « Les chaînes sont obligées de diffuser 60 % de programmes européens. Soit, en gros, 58 % de programmes français et 2 % de britanniques. Reste 40 % de libres, où l’on ne trouve quasiment que des productions américaines », répète-t-il depuis des années. « Les Suédois ont gagné six Fipa d’or (récompenses décernées par le festival - NDLR), les Russes cinq fois », dont le très remarqué Franz et Paulina en 2008, également récompensé à Cabourg, « mais aucun de ces films n’a été acheté » par une chaîne française, cons- tate-t-il. Il en sera de même cette année. Pour lui, l’avenir passe par « la multiplication des chaînes thématiques » et il compte sur l’effet suppression de la publicité après 20 heures sur la télévision publique pour laisser l’audace prendre le pas sur la frilosité car « les chaînes publiques ne sont plus obligées de courir après l’audimat ».

Il a aussi très mal vécu la non-reconduction pour 2009 de la subvention de la Commission européenne de 150 000 euros.

Pour lui « un désaveu ».

Pourtant, dit-il « si on regarde la diversité des programmes proposés, je ne nous vois pas de rival en Europe. L’Europe a besoin d’un grand festival pour la télévision. »

Le FIPA va donc devoir lui trouver un successeur. Son conseil d’administration en décidera en mars. La tâche ne sera pas facile. Mais peut-être faut-il, tout en gardant la cohérence et l’exigence, que « le sélectionneur » ne soit pas seul. Au lendemain du FIPA, Pierre-Henri Deleau s’est envolé pour Tahiti pour le FIFO (le Festival international du film documentaire océanien). Il sera en novembre à Pessac (Gironde) pour le festival du film d’histoire dont le thème sera cette année « le communisme, il était une foi ». Tout un programme.

Claude Baudry

Source :

L’HUMANITE



Publié le 6 février 2009  par torpedo


envoyer
commenter
imprimer
sommaire
Forum de l'article
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin