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Passions fatales à l’Opera

Catégorie Musique
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A l’image de l’hommage à Béjart la madame Butterfly de Bob Wilson n’a rien de classique au sens académique du terme , rien de fossilisé mais nous réveille au besoin de la beauté absolue , à la nécessité de l’art, appollinien (il faut dire que les metteurs en scène de lyrique ont plutôt tendance aujourd’hui à broyer du dyonisiaque ,qu’ils s’appelent Marlikowski ou Kusej).

L’histoire de madame Butterfly au fond, tient en une ligne : Pinkerton, major américain séduit une nippone puis...déconne.L’impérialiste macho fait même un enfant à la délaissée. C’est simple comme une bluette de la collection d’Harlequin et c’est censé arracher des larmes de crocodile. Et général ça fonctionne, dirait un mécanicien, et l’émotion est au rendez-vous surenchérirait un commentateur sportif qui assisterait à un match amical Japon-Usa.

Les deux mondes au début du siècle précédent, ont des cultures aussi éloignées et antagonistes que celle d’un homme de néanderthal et un homme de cro- magnon. D’où l’intérêt du drame, un drame mis en scène comme une tragédie.

L’oeuvre de Puccini, c’est Butterfly contre Butternut.Une sorte de Madame Bovary(à peu près contemporaine) qui attend que son prince vienne .

Un jour , il vient, lui fait un enfant et go home.

Il s’en va.Quand il revient , c’est pour lui dire de renoncer à jamais à lui. Il ne la ramènera pas dans son ranch. No, no, no ! Madame Butterfly ne connaîtra jamais les grands espaces de l’amérique du Nord mais devra se contenter des falaises iodées et de la mer obsessionnellement présente qui entoure son pays et son coeur. A quoi bon ne pas révéler la fin(elle aussi est rentrée dans le répertoire sinon dans l’imaginaire collectif) : Madame B., flouée, se suicide.

Le thème de la fiancé éconduite pour différence de classe sociale ou de choc des civilisations, une idée pas très neuve est plutôt éculé : tant en littérature qu’à l’opéra où beaucoup se sont essayés. Mais avec Bob Wilson, la légereté du livret est rehaussé par l’ultrasophistication de la mise en scène, des décors, des costumes et évidemment chez l’américain, des éclairages, du jeu d’acteur , de l’éclairage des acteurs à la gestuelle millimétrée...

La fiancée perdue devient une tragédie antique.

L’oeuvre est grande, belle, sobre. La musique de Puccini est mise en valeur comme jamais.

A noter aussi la performance de l’enfant figurant qui joue le rôle du fils illégitime et effectue sur la grande scène de l’Opéra Bastille un parcours fléché impressionnant et dont la fragilité émeut .

Autre petit bijou pour amateurs comme novices, la reprise à Garnier d’Idomeneo de Mozart. Quand il compose cet opéra encore séria , Wolfgang n’a pas trente ans. Et l’oeuvre est une merveille de transition , staste intermédiaire pédagogique qui permet de comprendre le bond qui l’amènera un peu plus tard aux chefs d’oeuvres absolus que sont Cosi fann’tutti ou Don Juan. Joyce di Donato la mezzo soprano américaine est au top de sa forme aux côtés de la jeune suédoise Camilla Tilling,et de Mireille Delunsch (décidément au sommet de son art après sa prestation récente dans Yvonne princesse de Bourgogne)

Jean laurent Poli



Publié le 7 mars 2009  par Jean-Laurent Poli


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