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Vieilles lunes bien luisantes

Catégorie musiques libres
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Dans les années soixante,Jérôme Savary et d’autres montaient et faisaient découvrir sur des tréteaux aérés ou dans des salles microsocopiques l’oeuvre dramatique de l’espagnol Fernando Arrabal. Au Sudden Théâtre dans le nord parisien, qui ressemble à ces scènes agitées du passé, on redonne "Fando et Lis", oeuvre mineure du représentant du théâtre en fête , cinéaste à ses heures (Viva la muerte) contempteur surréaliste de la guerre franquiste, poète à ses heures, ratiocinant toujours. La mise en scène d’un petit collectif baptisé Talon Pourpre est à la hauteur du petit grand homme à la barbe vite effarouchée et qui en son temps gifla de superbe manière le bellâtre Edouard Baer. Le spectacle est modeste mais fort bien servi par une interptétation étonnante notamment dans les rôles injouables que sont Toso, Mitaro et Namur ces ombres dotés d’une voix plus que d’un corps argumentant(respectivement Jonathan Perrein, Emmanuel Solo et Benoît Morvan)et qui deviennent ici , d’élégants chiens errants beckettiens. La singularité de Fando et Lis fait peur aujourd’hui quand triomphent sur les scènes françaises des animateurs de variété ou des psychanalistes en préretraite consternant de vulgarité dans les pièces de Monsieur Ruquier. Merci donc à cet effort modeste mais qui met du baume au coeur. Mieux vaut un spectacle d’Arrabal à dix personnes qu’un "stand up" lamentable qui dénonce les travers dans lesquels il tombe. "Coco" c’est moi pourrait dire Gad Elmaleh.

Allons comme des chevaux fous.

Au rayon répertoire des vieilles lunes luisantes il ne fallait pas manquer le sémillant "Le Parc " du chorégraphe désormais reconnu , Angelin Pejlocaj même si la danseuse étoile Delphine Moussin(qui alterne avec Emilie Cosette et Aurélie Dupont) - trop maigre, trop sérieuse trop tout- ne convainc pas totalement dans les bras de Yann Bridard (lequel succède à Nicolas le Riche et Manuel Legris). L’opéra de Paris a eu raison,en tout cas, de programmer cette sixième version de l’oeuvre et de faire revivre les jardiniers inquiétants et emblématiques qui évoluent sur la musique techno de Goran Vejdova.Tout au long de ses trois actes et trois pas de deux, trois espaces, de bien belles variations qui traduisent les impertinences mozartiennes et aussi une légèreté qui fait cruellement défaut à l’époque. "Dans les années soixante,des hommes surprenants apparurent dans le paysage culturel.Ils étaient à la fois écrivains, cinéastes,poètes. Ils prônaient les valeurs de l’humanisme, de la liberté sans militantisme mais sans timidité.Et bien que mai 68 fût pas très loin,ils sentaient un peu le soufre et leurs oeuvres circulaient peu. (...)" Ainsi s’exprime Christine Farragut , auteure et éditrice de théâtre qui publie aujourd’hui en dépit des risques financiers "Fando et Lis". Pour nous tenir la tête hors de l’eau.

Jean laurent POLI



Publié le 21 mars 2009  par Jean-Laurent Poli


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