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Auto-Portraits une interview de Gérald Massé menée par Franca Maï

Catégorie portrait
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-  Franca Maï : Auto portraits vient de sortir aux éditions Reflect, comment est née l’idée de ce recueil ?

-  Gérald Massé : Ce livre est né grâce à un chauffard. Celui-ci m’a doublé, un dimanche, du côté de Fontainebleau. Il en a fait de même avec les conducteurs me précédant, au mépris de toute sécurité. J’étais indigné. Je me suis dit : « Il faudrait se payer ce type-là. ». Quelques instants plus tard, me venait l’idée de « me le payer » avec ma plume. Le premier portrait était né. 35 autres ont suivis, y compris l’auto-portrait.

-  On détecte une jubilation communicative dans ta façon de dresser les portraits de certains conducteurs, tu t’es bien amusé en imaginant cette topologie hétéroclite ?

-  Si je ne m’étais pas amusé moi-même, j’aurais eu du mal à amuser les lecteurs. J’ai dégagé les principaux conducteurs stéréotypés (le commercial, le sans-permis, la famille, etc) ayant trait à leur situation puis j’ai trouvé des portraits plus personnalisés en jouant sur les caractères (le m’as-tu-vu, la râleuse, le beauf, etc). Je me suis aussi inspiré de personnes de mon entourage ou d’inconnus dont la conduite m’avait frappée.

-  Il manque un portrait, celui de l’amoureux, crois-tu qu’il soit incompatible avec la mécanique ?

-  Bien sûr puisqu’il paraît que l’amour est aussi une mécanique ! L’amoureux au volant est sûrement “ailleurs”. Il regarde plus l’objet de ses sentiments que la route.

-  Quel est le conducteur pour lequel tu éprouves le plus de tendresse ? La perdue, parce que je la connais très bien. La râleuse parce que tout le monde s’y reconnaît. Surtout moi !

-  Et celui que tu n’aimerais vraiment pas croiser sur ta route ?

-  Le chauffard, bien sûr. Mais c’est déjà fait. Le moi-je : insupportable sur la route comme dans la vie. L’égocentrisme me met hors de moi.

-  Le lecteur va très certainement se reconnaître dans un ou plusieurs des portraits esquissés, penses-tu qu’au travers le rire et la dérision, il est possible de changer les mauvaises habitudes ?

-  L’humour fait tout passer. Avec lui on peut dire des choses qu’on oserait pas formuler sur un ton normal. Là, ces portraits permettent de dénoncer nos travers en riant. C’est une sorte de révélateur qui ne peut que servir à adopter une meilleure conduite à condition de ne pas lire ce livre au volant.

-  Comment s’est déroulée ta collaboration avec Paul Bittar le dessinateur ?

-  Homayoun Minoui, mon éditeur, s’est livré à un casting pour trouver un illustrateur. Son choix s’est porté sur cet artiste habitant La Perrière (Orne). Un peintre de talent qui sait aussi faire rire avec ses dessins. Il a réussi le tour de force de représenter des personnages ressemblant beaucoup à mes modèles en ayant seulement lu le texte.

-  Quels sont tes projets littéraires ?

-  Je viens de terminer le deuxième tome "des Grandes histoires criminelles d’Eure-et-Loir" aux éditions De Borée. Parution début octobre. Je suis sur le point de signer un contrat avec les éditions du cherche-midi pour Les Histoires extraordinaires de la Seine. Parution début janvier à l’occasion du centenaire des grandes inondations de Paris en 1910. Et puis Autos portraits devraient être adapté au théâtre avant la fin de l’année.



Publié le 6 avril 2009  par franca maï


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