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Franca Maï à l’Esperluète le samedi 11 avril 2009 à Chartres

Catégorie édition
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Franca Maï dédicacera "Crescendo"

Chartres : La librairie l’Esperluète reçoit ce samedi Franca Maï pour la dédicace de son dernier ouvrage Crescendo (Cherche-midi). Cette romancière résidant à Saint-Lubin-des-Joncherets, a écrit un texte fascinant sur le thème de l’euthanasie. Dans son style percutant, Franca Maï entraîne le lecteur sur la piste d’une imposture survenue à la suite d’un accident de la route mortel. La narratrice se fait passer pour une amie de la victime. Quel rapport avec l’euthanasie ? Laissez-vous balader par cette écrivaine de talent qui signe le plus étonnant de ses sept romans. Une lecture musicale de Crescendo est programmée pour le mois de mai. L’écho Républicain N°20.167 du vendredi 10 Avril 2009


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Franca Maï dédicace à la librairie L’esperluète
Crédit Photo : BASEM SHALABI (2009)

LE SAMEDI 11 AVRIL DE 15H à 19H à LA LIBRAIRIE L’ESPERLUETE 10 rue Noël-Ballay 28 000 Chartres

Extrait Crescendo p 163/164

Elles sont comme cela. Elles ont des fleurs dans la bouche qui s’ouvrent et se referment au gré d’un rien. Les lèvres humides se détachent parcimonieusement suivant le rire éclatant du vent, laissant entrevoir leurs petites dents nacrées, happeuses d’écorchures. Leurs pensées délabrées les épinglent en douceur dans un sommeil léger ou profond, tout dépend de la vitesse du train. Les distances sont longues quelquefois. Et souvent, elles s’offrent à mon regard. C’est pour cette raison que j’aime tant voyager. En réalité, je n’ai nulle part où aller, je me laisse porter par mes errances, billets froissés dans la poche pour accéder à d’autres rails inconnus ou apprivoiser le trajet en sens inverse. Tout dépend de mon humeur. J’ai toujours un mal fou à repérer celle qui pourra satisfaire mes lubies, le jardin des fleurs étant si vaste, si coloré, si prometteur !... Et toutes ces bouches vernies, laquées, couleur chair à moitié déchirées ou offertes !..Quelquefois, elles se télescopent en pétales vénéneux faisant place à un énorme trou humide dans lequel je ne trouve plus ma place. Trop large. Lorsque je ressens cette sensation, je suis en rage. Des suées et des transpirations mouillent mon corps, collant inconfortablement mon pantalon à même la peau, tout en entravant ma marche. Je dois calmer mes nerfs entre deux wagons sinon je rate le plaisir sacré et c’est un voyage pour rien. Je n’aime pas gâcher ma semence.

Extrait Crescendo P 60/61

Je vous l’accorde, j’ai été intraitable avec Malou. À ce moment-là, j’aurais pu lui faire un petit signe complice, lui confirmer que je l’entendais et que ses marques d’amour me réchauffaient tout en me perturbant. Malou m’éloignait de la lumière blanche. J’apprenais à connaître cette femme et c’est vrai que si nous nous étions connues plus tôt, ses conseils et sa joie de vivre auraient eu une influence sur mon comportement. Je n’aurais jamais accepté la torture mentale que ce minable de Philippe me faisait endurer !... Mais en même temps, sa sollicitude enrayait mes convictions. J’avais de nouveau peur du grand saut. La mort troussait ma trouille. Alors, je m’accrochais à la vie malgré les douleurs. Je devais cette pause à Malou. Elle avait autant besoin de cette amitié que moi. Je le sentais. Les confidences qu’elle me faisait la rendaient indestructible et j’avais vraiment envie de lui offrir cette échappatoire. J’étais utile et ce sentiment me valorisait. Et puis, il est vrai que les médicaments ankylosaient ma vision, à vrai dire, parfois, je me demandais si j’avais déjà passé l’arme à gauche et si tout existait réellement. Je voyais mon corps se lever, enfin, plus précisément il tentait de se mettre en position assise mais mes efforts étaient infructueux. Alors des hurlements sauvages envahissaient ma gorge, cognant ma tête mais personne ne les entendait. Ils étaient verrouillés, inaudibles au commun des mortels. À quel niveau devais-je monter le son ?... Mais, peut-être, étais-je déjà dans l’antichambre de la vilaine ?... Peut-être était-il déjà trop tard ?... Peut-être Philippe avait-il raison ?... Lui qui se targuait de tout contrôler... Lui qui savait si bien me vampiriser. Je n’avais aucune envie de lui donner raison.

Sulfureuse, peut-être cruelle, Franca Maï écrit "au scalpel", mais avec humanité. Seulement, cette humanité elle va la chercher, l’extraire du pire. Rien de naïf dans cette écriture-là. Lisez et acceptez d’être dérangés... La lettre de l’esperluète du 05 Avril 2009

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Franca Maï
Crédit Photo : Louis Monnier

Franca Maï est l’auteur des romans

-  Momo qui kills

-  Jean-Pôl & la môme caoutchouc

-  Speedy Mata

-  l’Ultime Tabou

-  Pedro

-  l’Amour carnassier



Publié le 10 avril 2009  par torpedo


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