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Que fait la Police ?

Catégorie société
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(JPEG) Bulletin d’information anti-autoritaire - Nouvelle série - numéro 29 - Avril 2009

Editorial : Le meilleur des mondes policiers...

Nos maîtres policiers n’hésitent jamais à s’investir dans la tâche répressive à laquelle ils s’adonnent avec une évidente satisfaction. Faire la chasse aux contestataires “invisibles”, traquer les “voyous” des banlieues, expulser un maximum de sans papiers, ne suffit pourtant pas à la satisfaction de nos fins limiers. Fort heureusement, les fichiers policiers explosent, jusqu’à risquer de devenir inexploitables, tellement les “clients” concernés peuvent y figurer par erreur. Dans ce pays, jadis patrie des Droits de l’homme, il n’est plus un secteur de la vie quotidienne qui ne soit constamment épié par une officine policière. Certaines d’entre elles piétinent les même plates-bandes, se trouvant ainsi en concurrence : ce qui pourrait susciter un retour à la guerre des polices. Nous sommes effectivement sous contrôle actif. Que celui qui n’est pas défavorablement connu des services de police lève le doigt ! Cela ne suffit pas. Il est indispensable de prévoir de quoi seront faits les lendemains policiers. Mais non, il n’est pas question d’augmenter les effectifs de la Grande Maison car, en ces temps de récession, les économies sont à l’ordre du jour. Il serait surtout envisagé de se pencher sur la forme que pourrait prendre la délinquance future. Sans oublier le grave danger représenté par les millions de “réfugiés climatiques” qui, bientôt, ne manqueront pas de menacer l’ordre public dans les pays encore relativement protégés des ouragans et de la montée des eaux. Ne riez pas. Une récente enquête, publiée dans Le Monde, nous informait que la ministre de l’Intérieur, Michelle Alliot-Marie, venait de créer un département prospective. Au cas où... En fait, un très sérieux rapport, titré “Contexte stratégique de la sécurité intérieure à l’horizon 2025″, remis à la ministre de l’Intérieur en septembre 2008, a pour objet d’étudier “les tendances lourdes ou émergentes” en matière de sécurité. Dès le mois de février 2009, une étude plus précise sur “le vieillissement de la population et les besoins de la sécurité intérieure”, s’inquiétait de la possible criminalité des plus de soixante ans. Il fera bon vivre au pays de la liberté au cours des prochaines décennies. Une certitude : la réalité ne tardera pas à dépasser la fiction !

-  Maurice Rajsfus

Droit au logement opposable (suite)

A l’aube du 25 février, à Paris, les policiers sont intervenus sur le campement des mal logés de la rue de la Banque. Cette descente avait pour objectif l’évacuation de femmes et d’enfants protestant contre leur non relogement, contrairement aux promesses faites. Selon la police, l’intervention se serait faite sans violence. Il n’en reste pas moins que l’association Droit au logement faisait état de deux personnes hospitalisées et de quatre mères de famille légèrement blessées. (Source, Métro, 26 février 2009)

Vient de paraître

A lire absolument, l’ouvrage de Mathieu Rigouste, l’Ennemi intérieur. Dans ce livre, l’auteur s’attache à retracer l’évolution des représentations de l’ennemi intérieur dans la pensée de l’Etat depuis les années 1960. Il explique comment, des territoires colonisés d’hier aux quartiers populaires d’aujourd’hui, la Vème République a régénéré un modèle d’encadrement fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-actif. (La Découverte)

Serviteurs de l’Etat, gros menteurs

L’affaire de ce travailleur Tunisien retrouvé noyé à Nantes, en décembre 2006 a enfin été résolue. Trois policiers qui avaient contrôlé cet homme pris de boisson et l’avaient abandonné dans cet état, ont finalement été condamnés à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes, le 26 février. Motif : faux témoignage et “délaissement”. I1 a été avéré que, tout au long de l’enquête, les trois policiers avaient menti, aussi bien à leur hiérarchie qu’aux “Boeufs-carottes”. (Source, Métro, 27 février 2009)

Policiers au grand cœur

Le 26 février, à Paris, de façon spectaculaire, les policiers de la brigade d’assistance aux personnes sans abri (BAPSA), distribuaient d’anciens modèles de parkas bleu marine -chaudement doublées- à des SDF ravis. Des duvets étaient également offerts. I1 n’en reste pas moins que, la veille, certains de leurs collègues expulsaient rudement des mal logés du trottoir où ils campaient sous une bâche -voir plus haut. (Source, 20 Minutes, 27 février 2009)

Comptine

Un joyeux correspondant d’Auch nous a fait parvenir cette adaptation d’une comptine que les gamins du beau pays de Gascogne fredonnaient au XIXème siècle : Monsieur de l’Ordre Se préparant à mordre Sérieux sous sa casquette Ses menottes cliquètent Exhibant sa matraquette I1 est armé pour la tempête Pomme de rainette Petite trompette...

Ennemis publics

Le 28 février, dans le 9ème arrondissement de Paris, six membres du “Collectif antipub des déboulonneurs” étaient interpellés par la police. Motif : avoir inscrit des slogans sur des panneaux d’affichage du groupe J.C. Decaux. Ces six militants devaient passer une vingtaine d’heures en garde-à-vue au commissariat du 8ème arrondissement. Pour la première fois, précisent les animateurs de ce mouvement, les barbouilleurs ont été retenus bien au-delà des quatre heures réglementaires. De plus, une enquête préliminaire, pour “dégradations”, a été ouverte sur instruction du parquet. C’est grave docteur ? (Source, 20 Minutes, 2 mars 2009)

Protection rapprochée

Le 2 mars, à Levallois (92), Nicolas Sarkozy s’était improvisé grand ordonnateur des cérémonies compassionnelles, et assistait aux obsèques d’une lycéenne décédée lors d’un attentat terroriste, en Egypte. Depuis le 27 février, la ville de Levallois, et particulièrement le quartier de la mairie, connaissaient une importante présence des forces de l’ordre. Vers I7 heures des centaines de policiers et gendarmes mobiles “protégeaient” le président, mais les caméras de télévision évitaient de les montrer au bon peuple. (D’après FR 3, France 2, 2 mars 2009

Police privée mais néanmoins brutale

Le GPSR (Groupe de protection et de sécurité du réseau), n’est rien d’autre qu’une unité répressive privée de la RATP, forte de près d’un millier de grands gabarits, qui font plus peur aux voyageurs qu’ils ne peuvent les rassurer. Loin de sécuriser les transports en commun, le GPSR comporte en son sein un certain nombre de brutes patentées. En savent quuelque chose les voyageurs à la peau colorée ou ayant un aspect qui ne convient pas à ces défenseurs de l’ordre RATP. Ceux-là ont souvent maille à partir avec ces colosses armés jusqu’aux dents (matraque, revolver, bombinette de lacrymo, menottes) qui sont même parfois accompagnés de braves chiens renifleurs. Le 26 avril 2008, à Colombes (92), une jeune femme, qui voyage en bus avec son fils, âgé de 7 ans, aura maille à partir avec des membres de cette unité d’élite. Deux membres du GPSR lui demandent de présenter son titre de transport -ce qui est pourtant le rôle des contrôleurs. Comme sa photo ne figure pas sur sa carte orange, la jeune femme a peur d’être verbalisée, et hésite à la montrer. C’est alors que deux GPSR, bientôt rejoints par un troisième la forcent à descendre de l’autobus, la collent contre un mur, puis la plaquent au sol, avant de lui passer les menottes sans la moindre douceur. Elle est ensuite “confiée” à des policiers qui la conduisent au commissariat. Quant à son fils, il reste seul, abandonné sur un trottoir, les CPSR n’ayant pas jugé nécessaire de signaler sa présence aux forces de l’ordre. Pour ne rien laisser au hasard, deux des trois GPSR vont porter plainte contre la jeune femme pour violences à leur égard. Finalement, le parquet classera l’affaire sans suite. Le 18 juillet 2008, c’est la victime qui porte plainte à son tour pour violences et délaissement de mineur sur la voie publique. C’est à nouveau un classement sans suite bien que, souligne l’avocat, ni sa cliente ni les témoins n’aient été interrogés. Au début du mois de mars 2009, une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, sera déposée contre la RATP, en tant que personne morale, pour “violences aggravées, délaissement de mineur et dénonciation calomnieuse”. Contactée, la RATP n’a pas souhaité faire de commentaires. A suivre, bien entendu. (D’après Métro, 4 mars 2009)

Un usager de la police se confie à Libération

C’est l’histoire d’un garçon de 22 ans, logé dans un foyer de jeunes travailleurs, à Pontoise (95). Ce jeune Français se prénomme Amine : il n’aurait peut-être pas dû. Le 28 janvier 2009, il balaye sur son balcon en écoutant de la musique. Viennent à passer six policiers nationaux, et un municipal, accompagnés d’un chien, qui patrouillent dans la résidence. Ils interpellent le garçon, et lui demandent de baisser le son. Ce qu’il fait. Demande réitérée, pourtant. Amine raconte sa mésaventure dans une lettre adressée à la ministre de l’Intérieur, avec copies au procureur et au maire de Pontoise : ” ...Ils sont rentrés dans le foyer et sont venus taper à ma porte à coups de pied (les traces sont encore visibles). J’ai éteint la musique et j’ai ouvert. Aussitôt ils m’ont demandé une pièce d’identité. Je leur ai dit que j’allais la chercher. J’ai voulu refermer la porte, mais ils l’ont bloqué avec leurs pieds. Je suis allé dans ma chambre prendre le document demandé. Un policier a pénétré dans ma chambre, un autre a pris ma sacoche et l’a fouillée. J’ai donné ma pièce d’identité, et un policier a établi une amende forfaitaire. Je lui ai demandé pourquoi. C’est alors que le policier qui avait fouillé ma sacoche m’a décroché deux coups de poing sur la joue gauche et une claque sur la joue droite. Je me suis mis à saigner de la lèvre et de la gencive. ” J’ai voulu sortir pour montrer mes blessures à l’animatrice du foyer. Les policiers m’en ont empêché, m’ont poussé à l’intérieur du studio et ont demandé à l’animatrice de sortir. Je me suis adressé aux autres policiers en leur disant qu’un des leurs m’ avait blessé. Ils ont nié. Celui qui m’a frappé à rétorqué : “Ce n’ est pas de ma faute si tu te brosse mal les dents !” J’étais à bout de nerfs, et comme il m’arrive de le faire dans ces cas-là je me suis mis à jurer sur le Coran. Le même policier m’a dit : Arrête de jurer sur le Coran, je m’en bats les couilles du Coran, je me torche le cul avec ! “...J’estime avoir été victime de violences volontaires et de violation de domicile de la part de ces policiers.(...) Madame la ministre, est-il normal que, pour une simple contravention, des policiers s’introduisent au domicile d’un particulier, fouillent ses affaires, et lui assènent des coups de poing. Je suis Français mes parents aussi, et je pense être respectueux des lois.(...) J’espère, Madame la ministre, que ma lettre retiendra toute votre attention.” (Faute d’avoir reçu une réponse, Amine a dû se résoudre à confier cette lettre à Libération, qui l’a publiée le 4 mars 2009)

Auxiliaire zélé

Cela fait plusieurs années que nos gouvernants incitent les travailleurs du secteur social à se faire les auxiliaires de la police. A la grande indignation des intéressés, fort heureusement. I1 arrive, pourtant, que des employés, désirant affirmer leur petit pouvoir, en appellent aux autorités pour montrer à de pauvres parias où se trouve le droit. C’est ainsi que le 3 février, un sans papier angolais “gravement handicapé”, qui s’était présenté aux bureaux de la Sécurité sociale d’Auxerre (Yonne), pour y demander une aide médicale, se voyait rapidement interpellé par des policiers qui s’étaient immédiatement transportés dans les locaux de la Sécu. Très simplement, un employé de la CNAM avait cru bon alerter la préfecture pour prévenir que les papiers de cette personne “ne concordaient pas”. Mauvais réflexe d’un subordonné ou volonté de mal faire pour rester dans l’air du temps ? Fort heureusement, ce sans papier sera relâché pour “raisons médicale”. I1 y a encore des humanistes dans ce pays... (D’après Libération, 6 mars 2009)

Les doigts dans le pot de confiture

Le 5 mars, le commissaire de police de Juvisy-sur-Orge (91), soupçonné d’avoir détourné des fonds saisis, a été interpellé, puis placé en garde-à-vue dans les services de l’IGPN. I1 faut bien assurer ses fins de mois, lorsque les temps sont difficiles, et les 3 000 euros grivelés n’étaient pas à négliger. En clair, ce brave défenseur de l’ordre public s’était crû autoriser à piocher dans les scellées. (D’après Métro et France 3, 6 mars 2009)

La police et les anti-IVG

Le 7 février, à la Tronche (Isère), l’association anti-avortement « SOS-Tout-Petits » organisait une prière publique pour « commémorer les sept millions d’enfants morts depuis le début de la légalisation de l’avortement. » Cette manifestation était appuyée par des groupes fascistes et néo-nazis de la région. Suite à une réaction de militants pro-IVG, les policiers de la BAC ne tardaient pas à intervenir, se livrant à des contrôles d’identité humiliants et agressifs contre eux, suivis de l’interpellation musclée de quatre des contre manifestants, avec des réflexions comme : « Fils de putes de gauchistes » ou « la prochaine fois, on vous jettera dans l’Isère. » (Source, No Pasaran, mars-avril 2009)

Vigilance policière

. Dans la nuit du 7 au 8 mars, sur une place du centre ville, à Tours, quelques centaines de jeunes participaient à une petite fête improvisée, lancée sur Face-Book. Ce qui n’a pas dû plaire aux autorités policières, bientôt sur le terrain. Dès lors, des heurts étaient inévitables et ne pouvaient que se produire. (Source, Libération, 9 mars 2009)

. Dans la soirée du 7 mars, à Chanteloup-les-Vignes (78), des jeunes ont affronté la police. Laquelle n’hésitait pas à utiliser son arsenal de flash-ball et de gaz lacrymogènes. Deux jeunes, interpellés, étaient placés en garde à vue. (Source, Libération, 9 mars 2009)

Toujours le STIC !

Le STIC (Système de traitement des infractions constatées) n’a pas fini de faire parler de lui. Huit membres du club Droit, Justice et Sécurité attirent notre attention sur les dérives de ce fichier liberticide. Cette équipe, composée de juristes et d’universitaires nous rappelle qu’en 2007, environ 78 % des personnes relaxées ont été maintenues indument dans ce fichier, et que 93 % de celles qui ont été acquittées y figurent toujours - faute de mise à jour. Après avoir noté que près de 9 % de la population de ce pays est ainsi fiché, les signataires de cet appel précisent que 83 % des fiches comprenaient, en 2007, des erreurs (soupçons infondés et négligences policières.) Par ailleurs, les données figurant dans le STIC le sont pour une durée de vint ans pour les mis en cause majeurs, et de dix ans pour les mis en cause mineurs - sans que les faits soient avérés, bien souvent - même si leur bulletin numéro 2 de casier judicaire est vierge. Ce qui peut interdire l’accès aux emplois de la Fonction publique. D’où la nécessité de renforcer les moyens d’action de la CNIL, propose ce groupe de sages. Pourtant, lorsque l’on sait que la CNIL ne peut apporter qu’un avis consultatif, il n’y a guère d’illusions à se faire sur une évolution « positive » du STIC. (Source, Libération, 9 mars 2009)

Forte pensée

« J’appartiens désormais au grand parti des honnêtes gens. Ah, ces braves agents ! Cognent-ils ! Et tout cela pour cent sous par jour ! On devrait leur donner dix francs ! On est heureux d’avoir des braves garçons comme ça à son service pour cogner sur les gouapes... » (Tristan Bernard, in Saillies et Rosseries)

Transports en commun agités

Le 6 février, en fin d’après-midi, sur les quais de la gare Montparnasse, à Paris, une compagnie de CRS qui intervenait contre une manifestation étudiante, s’en prenait également à un groupe de collégiens qui arrivaient de Cenon (Gironde) en compagnie de leurs enseignants. Peu importait que ces adolescents, en voyage scolaire, ne soient en rien impliqués dans cette manifestation. Ils auront droit eux aussi à leur ration de coups de matraque Tonfa. Plusieurs collégiens devaient être contusionnés, particulièrement l’un d’eux frappé dans le ventre. Comme aurait dit Raymond Marcellin, en 1968, à propos des passants blessés lors des charges policières : « Ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment... » Interrogée, la ministre de l’Intérieur s’est contentée d’expliquer sobrement que les enseignants ne devraient pas se trouver avec leurs élèves sur des lieux sensibles, ajoutant qu’il n’y avait pas eu de « problèmes particuliers », selon les informations dont elle disposait. Toujours est-il que les enseignants ont porté plainte. (D’après Métro, 10 mars et Le Monde, 11 mars 2009)

Carrières d’avenir ?

Ne nous y trompons pas, les collégiens sont fréquemment sollicités pour s’intéresser aux activités de nos forces de l’ordre, tout comme aux propositions qui leur sont faites pour les y intégrer, dans un proche avenir. C’est ainsi que, le 6 mars, les élèves d’une classe de 3è d’un collège des Vosges, qui visitaient une exposition consacrée à l’orientation professionnelle, devaient tomber en arrêt en arrêt sur les stands de la police, de la gendarmerie et de l’armée. Des professions qui, à l’évidence, ne souffrent pas de la crise, puisqu’on y embauche à tour de bras. Pour les plus jeunes, la police nationale recrute des « Cadets de la République », avec option police nationale, si affinité. Le contrat, d’une durée de cinq ans, incluant une année de scolarité en alternance en lycée professionnel, en stages pratiques, en école et en services de police. Aucun diplôme n’est exigé ; ce qui peut donner une idée sur la qualité de ce recrutement pouvant déboucher sur un concours spécifique de gardien de la paix - pour les meilleurs - ou un poste d’adjoint de sécurité. Bien d’autres propositions, plus ou moins alléchantes, devraient attirer les jeunes, aussi bien vers la police scientifique ou des carrières d’administratifs de la police, voire dans les « ressources humaines ». Côté gendarmerie, il y a volonté d’intéresser les bons citoyens au métier de maître-chien où il y a la possibilité de s’intégrer dans des équipes opérationnelles « prêtes à intervenir à tout moment. » Comme l’esprit répressif n’est jamais négligé, il est proposé aux jeunes, ayant choisi la carrière pandore, de devenir gendarmes mobiles, c’est-à-dire de jouer un rôle identique à celui des CRS. Comme il ne faut rien négliger dans l’éventail de l’offre dans les fonctions répressives, ce Salon de l’orientation professionnelle de Saint-Dié (que l’on doit retrouver dans bien d’autres villes), n’oubliait pas le recrutement des simples troufions. Avec ou sans qualification, avec ou sans diplôme, à partir de dix-sept ans et demi. Bref, rien n’est oublié pour rappeler aux jeunes que le chômage n’est pas une fatalité. Qu’il est toujours possible de gagner sa vie, et de nourrir éventuellement sa petite famille, en choisissant une fonction répressive. (D’après un courrier reçu à l’Observatoire des Libertés publiques, le 12 mars 2009)

La France en liberté surveillée

Le 11 mars, le parti socialiste présentait un Livre noir dénonçant les multiples atteintes aux libertés publiques depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. La liste est longue, et l’ouvrage se présente comme un abécédaire en quatre-vingts mots-clés : de A comme ADN à Z comme zone d’attente. Ce document pointe du doigt la répression conduite contre les SDF, les étrangers en situation irrégulière, et même les malades mentaux. Parmi d’autres approches mises en lumière : la mise en place d’une société de surveillance, avec l’extension des fichages policiers. (Source, Métro, 12 mars 2009)

Policiers municipaux activistes

A Crest (Drôme), de mai à juillet 2008, des militants associatifs se retrouvaient sur un pont de cette petite ville sans histoire, chacun d’entre eux portant une pancarte pour dénoncer les réformes judiciaires en cours, la culture des OGM ou le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. On trouvait également des distributeurs de tracts contre le fichier « base élèves », ainsi que des pancartes contre les centres de rétention. Ce qui n’eut pas l’heur de plaire aux policiers municipaux qui, après un avertissement, ne tardaient pas à verbaliser « l’organisateur » de ces « délits ». Ayant refusé de s’acquitter de l’amende de 78 euros, « l’organisateur » était convoqué devant une juridiction de proximité. Cela avec l’approbation du maire UMP de Crest, un certain Hervé Mariton, grand défenseur des libertés publiques et du droit d’expression. (D’après Le Monde, 16 mars 2009)

Après enquête...

Le 98 mai 2008, à Cannes, un jeune Français, âgé de 22 ans, décédait suite à son interpellation brutale par une équipe de policiers, de ceux qui frappent avant de connaître la nature d’un possible délit. Peut-être ce garçon avait-il le tort de se prénommer Abdelhakim. Selon les médecins légistes, le décès serait dû à une « compression thoracique excessive. » En décembre 2008, déjà, deux policiers de la BAC avaient été entendus, avec le statut de témoins assistés, dans le cadre d’une instruction ouverte pour « homicide involontaire ». Le 13 mars, cinq policiers ont été mis en examen pour « non assistance à personne en danger », dans le cadre de l’enquête ouverte sur plainte de la famille de la victime. Il faudrait quand même que les autorités policières expliquent comment le fait d’exercer une « compression thoracique excessive » puisse être décrit comme une « non assistance à personne en danger. » (D’après Le Monde, 16 mars 2009)

Humour noir

« A Millau, les services sociaux et la Maison Poulaga ont mis un an à intervenir pour libérer un gamin séquestré par ses parents. Il n’avait qu’à être sans papiers et les flics n’auraient pas mis dix jours pour venir le cueillir. » (Source, CQFD, 15 mars 20096)

Fichiers

Depuis quelques mois, les manifestations contre le fichier policier « base élèves » se multiplient. Ce fichier informatique dont le but annoncé serait de suivre le parcours scolaire des enfants devrait être généralisé d’ici la fin de l’année 2009. En fait, il s’agirait surtout de piéger les familles immigrées sans papiers. Le 14 mars, c’est dans petit village de l’Isère de moins de 600 habitants, Notre-Dame de Vaux, que des centaines d’habitants protestaient sur la place publique pour soutenir le directeur de l’école, menacé par les autorités, en raison de son opposition à ce fichier scélérat. (D’après 20 Minutes, 16 mars 2009-03-24

Bien connu des services de police...

Dans la soirée du 14 mars, le quartier « sensible » des Musiciens, aux Mureaux (78) est en ébullition. Des policiers seraient tombés dans un « guet-apens », tendu par les jeunes de la cité. Dix policiers ont été légèrement blessés par des tirs de carabine à plomb. Cette « agression » répondait sans doute à la mort, le 8 mars, d’un jeune homme originaire des Mureaux - et évidemment « bien connu des services de police » - avait été abattu par des policiers au péage routier de Coutevroult (77) lors d’une course-poursuite. (Source, Métro, 16 mars 2009)

La haine

Dans la nuit du 14 au 15 mars, le commissariat de police de Montgeron (91) était attaqué au fusil de chasse... 250 impacts de petit plomb devaient être relevés sur la porte d’entrée. Aucun policier n’é a été blessé. (Source, 20 Minutes, 16 mars 2009)

Plan banlieue

Suite à l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, un plan banlieue était mis en chantier. Fadéla Amara pilotant le projet. Deux ans plus tard, il est possible de mesurer les premières avancées dans ce sens. Plutôt que d’accorder les crédits demandés par les associations, plutôt que l’embauche d’éducateurs et d’animateurs d’activités dans les quartiers, c’est le maintien de l’ordre qui a été privilégié, avec la mise en place d’unités de police spécialisées pour contrôler les banlieues. De plus, le 16 mars, Brice Hortefeux et Fadéla Amara ont installé les premiers délégués des préfets dans les quartiers dits « sensibles ». Ils sont déjà au nombre de 175, dans un premier temps mais ils seront 350 à la fin du mois de juin. L’annonce de l’arrivée de ces nouveaux agents de l’Etat avait été faite part le président de la République, le 8 février 2008, lors de la présentation d’un plan « Espoir banlieue ». Une certitude, les jeunes des banlieues n’ont pas fini de voir des policiers arrogants et agressifs parader dans les cités. (D’après Le Monde, 18 mars 2009)

Sus aux étudiants !

Des heurts éclataient à Paris, dans la nuit du 17 au 18 mars, lorsque cent à ceux cents étudiants traversaient la capitale en défilé impromptu. Dans le 18ème arrondissement, des CRS en tenue anti-émeute devaient charger les manifestants dans le quartier de Montmartre. Dès lors, inévitablement, les vitrines d’un super marché et de deux agences bancaires allaient être brisées. Par ailleurs, l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris avait été occupé par des étudiants qui dénonçaient les inégalités dans l’enseignement supérieur. (Source, Le Monde, 19 mars 2009

La sécurité au lycée

Le 18 mars, lors d’un déplacement au lycée de Gagny (93), Nicolas Sarkozy annonçait un certain nombre de mesures concernant la lutte contre les bandes de banlieue agressives, dont il voudrait qu’elles soient passibles de peines de trois ans d’emprisonnement. En urgence, les établissements scolaires les plus touchés devront être identifiés dans les dix jours. Le contrôle sera renforcé et des systèmes de vidéo protection seront mis en place dans 400 établissements. (Source 20 Minutes et Direct-Matin, 19 mars 2009)

Persiflons un peu

Depuis 2008, un supposé policier de Seine-Saint-Denis, énervé par la politique du résultat, exigée par sa hiérarchie, se présentait sur Internet comme un fonctionnaire désireux de « briser la loi du silence. » Il a été possible d’apprendre, récemment, que ce personnage avait été fabriqué par un groupe « artistique et subversif », Les Rebeux des Bois. Depuis le 14 mars, un CD a été diffusé pour révéler la supercherie. A cette occasion, il a été possible d’apprendre que le service d’information et de communication de la police nationale, berné, avait diligenté une enquête pour identifier le faux brigadier contestataire. Toujours est-il que ce groupe n’a pas été poursuivi en justice comme cela avait été le cas pour Ministère Amer ou la Rumeur. (Source, Métro, 19 mas 2009)

Par erreur...

Le 20 mars, à la gare de l’Est, à Paris, un policier a tiré « par erreur », blessant légèrement un employé de la SNCF. La question qu’il est indispensable de poser est simple : pourquoi et comment un policer peut-il déambuler avec une arme à la main dans un lieu aussi fréquenté qu’une gare ? (D’après France-Info, 20 mars 2009)

Pandores en odeur de sainteté

Le 16 février, désireuse de respecter les recommandations du pape, la direction générale de la gendarmerie faisait parvenir un message à toutes les brigades de gendarmerie, leur rappelant que : « L’église catholique demande à ses fidèles de marquer le temps du carême avec le jeune et l’abstinence. » C’est pourquoi il était « recommandé à tous les gérants de mess et d’ordinaires de la gendarmerie de prévoir les mesures nécessaires, de telle sorte que chacun qui le désire puisse prendre un repas normal tout en s’abstenant de viande et de charcuterie. » Pour finir, les commandants d’unité étaient fermement invités à « favoriser la présence à la Saint-Messe au jour de Pâques pour tous les personnels de gendarmerie qui le désireraient. (Source, Le Canard Enchaîné, 4 mars 2009)

Acte citoyen condamné

En avril 2008, le passager d’un vol Air France Paris/Brazzaville, membre de la Commission consultative des Droits de l’homme, et président de l’ONG lyonnaise « Agir ensemble pour les droits de l’homme », assiste à l’embarquement de deux sans papiers expulsés vers le Congo. Alerté par les cris de ces deux hommes, il aurait, selon la police, protesté contre les conditions de cette reconduite, incitant les autres passagers à la révolte. Lors de son procès, devant le tribunal de Bobigny, le 20 mars, les magistrats ont reconnu ce militant des Droits de l’homme coupable de « provocation directe à la rébellion », ainsi que « d’entrave volontaire à la navigation ». Cet homme a donc été condamné à 1.500 euros d’amende. Il fera appel, a déclaré son avocat. (Source, Le Monde, 23 mars 2009)

Initiative individuelle ou abus de pouvoir ?

Alors que se préparait le sommet de l’OTAN, à Strasbourg, des policiers visitaient les appartements d’où des drapeaux aux couleurs arc-en-ciel, avec l’inscription PACE ou Non à l’OTAN, pendaient aux fenêtres, avec ordre impératif de les retirer. Face aux protestations, les policiers expliquaient qu’ils agissaient sur ordre de leur hiérarchie. De son côté, la Direction départementale de la sécurité niait avoir donné des instructions dans ce sens. (Source, France Info, 24 mars 2009)

Le Taser peut tuer

Cela se passe aux Etats-Unis. Le 22 mars, un adolescent âgé de 15 ans décède après avoir reçu une décharge de pistolet électrique Taser, tirée par un policer. Bien entendu, selon les autorités policières, il n’est pas établi qu’il y ait un lien direct entre l’utilisation du Taser et la mort de ce garçon. (Source, Métro, 24 mars 2009)

Curieuse curiosité

La directrice d’une école maternelle du Gers a adressé récemment un courrier inquiétant à l’inspection académique de ce département. Le contenu de cette lettre posait effectivement un sérieux problème. Un matin, une équipe de policiers avait débarqué dans la cour de récréation pour interroger une institutrice, notamment sur la tenue vestimentaire, le comportement et l’assiduité d’un bambin âgé de trois ans. Aucune autre raison n’étant donnée à cette curieuse enquête. L’enfant serait-il suspecté pour un vol de voiture ? (Source, Siné-Hebdo, 25 mars 2009)

Obligations de résultats

En s’appuyant sur des notes de service assignant des objectifs précis aux policiers et aux gendarmes, l’hebdomadaire Auto-Plus révélait récemment que des quotas nationaux avaient été fixés aux forces de l’ordre en matière de PV. Il n’empêche, le 25 mars la ministre de l’Intérieur démentait vivement cette information, sur Canal +. Qui ment ? (Source, Libération, 26 mars 2009)

Liberté de la presse...

Le 1er avril, deux journalistes du site d’information Rue 89 sont convoqués par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Ces deux journalistes sont appelés devant ce service de police pour avoir diffusé des propos « off » du président de la République datant...du 30 juin 2008. L’offense faite au chef de l’Etat serait établie par le fait que les propos, pourtant « pas trop explosifs », enregistrés, étaient également illustrés par un document vidéo montrant Nicolas Sarkozy très en colère, après coup, contre les techniciens de France 3, chaîne où les images publiées par Rue 89 avaient été « dénichées ». Déjà furieux d’avoir été mal accueilli par des salariés de cette chaîne de télévision, il semble que ses dirigeants aient été incités à porter plainte contre Rue 89. D’où cette réflexion de deux journalistes de France 3 : « Il y a une dérive autoritariste contre la liberté de la presse. » Cette presse tellement estimée par le président, tout comme par sa police. (Source, Libération, 26 mars 2009)

Aux plus méritants

Le 26 mars, le premier ministre François Fillon recevait une cinquantaine de policiers et gendarmes s’étant illustrés ces dernières semaines aux Antilles, tout comme lors des récentes violences urbaines. Le Premier ministre était désireux de décorer ces représentants de la loi « pour le courage dont ils ont fait preuve lors de missions difficiles. » (Source, Le Figaro, 26 mars 2009)

SOURCE : SAMIZDAT



Publié le 13 avril 2009  par torpedo


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  • Que fait la Police ?
    17 avril 2009, par régis

    L’histoire du capitalisme c’est aussi l’incendie de la discothèque de St Laurent du Pont (1970). 146 morts. Les sorties de secours bloquées et à l’entrée un tourniquet qui empêchait les mauvais payeurs de rentrer...et les jeunes carbonisés de sortir. Le profit c’est toute l’histoire du capitalisme et toutes les raisons de cette tragédie

    http://video.google.com/videosearch ?q=st+laurent+du+pont&rls=com.microsoft :fr :IE-SearchBox&oe=UTF-8&sourceid=ie7&rlz=1I7GGIH_fr&um=1&ie=UTF-8&ei=QFDoSc6ZDKPMjAfTmbGfCg&sa=X&oi=video_result_group&resnum=4&ct=title#

    • Que fait la Police ?
      19 avril 2009, par régis

      L’incendie de la discothèque le 5/7 à St Laurent du Pont (1970). 146 morts. Les sorties de secours bloquées, à l’entrée un tourniquet qui empêchait les mauvais payeurs de rentrer...et par conséquent les jeunes carbonisés de sortir.

      Des revêtements à base de pétrole et des sièges en carton comprimé, une économie substantielle pour les investisseurs, une tragédie pour 146 jeunes et leurs proches.

      La préfecture et la mairie n’avaient pas procédé aux contrôles des infractions, elles avaient, affaire d’argent, délivré le permis de construire et de fonctionnement.

      Au tribunal les promoteurs et les constructeurs seront punis de très courtes peines de prison avec sursis. Le préfet, représentant de l’Etat, ne sera pas même jugé.

      Le profit c’est toute l’histoire du capitalisme et toutes les raisons de cette tragédie qui est à relier avec un nombre croissants de drames aujourd’hui, connus ou anonymes, collectifs ou privés.

      http://www.france3.fr/common/playerVideo.php

      http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php ?vue=notice&id_notice=LXC9707184801

      Guy Debord rappelle que les experts ont dû convenir, avec dépit, que les suicides étaient tombés à rien en mai 68. La révolution amène le beau temps !

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