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192.500 emplois détruits

Catégorie société
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À QUOI SERVAIENT CES 192.500 EMPLOIS DÉTRUITS ?

Tandis que les pantins autorisés dansent obstinément la valse pathétique de l’optimisme surjoué (ou plutôt du pessimisme “moins mauvais qu’attendu”), le rouleau-compresseur de la dure réalité écrase un peu plus chaque jour leurs flageolantes certitudes. Au premier trimestre 2009 : 192.500 emplois salariés détruits, soit plus de 2.000 par jour, record battu depuis 1945.

Syndicats et partis de gauche tout aussi aveuglés

« Une chose affreuse que nous avions anticipée », a déclaré Laurence Parisot sur France Info à propos de cette énième Bérésina. Disons, plus “précipitée”, par une logique imbécile de profit, qu‘“anticipée”, mais passons !

Quand les catastrophes les bousculent, les puissants ou supposés tels prétendent toujours les avoir “anticipées”.

Un tel évènement plonge des centaines de milliers de familles dans le drame. Et quelques dizaines d’augures à la petite semaine dans le grotesque et le ridicule. Ceux-là annoncent à qui veut les entendre que la reprise remettra de l’ordre dans tout ça.

“Reprise” de quoi ?

De la consommation des chômeurs ?

Le problème avec la réalité, c’est qu’on ne peut que composer avec elle, certainement pas la nier. Ni la transfigurer au nom de quelques convictions figées ou rêvées.

Mme Parisot, qui n’en manque pas une, saute évidemment à pieds-joints sur ses dadas habituels : « Il y a quelques sujets sur lesquels nous pourrions peut-être trouver des solutions très rapides, par exemple le chômage partiel... » Ben pardi !

Le problème est que ce “négationnisme” confusionnel touche également les organisations syndicales ou les partis politiques dits d’opposition .

Ceux-là mettent souvent en avant de leurs projets, l’interdiction des fameux licenciements. Cela part sans doute d’une noble intention, mais démontre à mon sens une méconnaissance profonde de la fameuse réalité.

Car une question cruciale se pose : à quoi servaient les 192.500 d’emplois supprimés durant ce premier semestre dans le secteur privé ?

Et tous les autres avant ?

et tous ceux qui vont suivre ?

En quoi leur suppression va-t-elle affecter la production de biens et de services nécessaire à la satisfaction des besoins de la population ?

Une autre logique de fonctionnement à inventer

Nous avons vécu toutes ces décennies bien au-dessus de nos moyens, et surtout de nos réels besoins. Ces derniers étaient artificiellement entretenus, gonflés, pour alimenter la croissance imbécile d’une machine aujourd’hui moribonde. Au prix du sacrifice de nos conditions de vie.

On ne manquera pas de relever qu’une partie de ces disparitions d’emplois tient à des délocalisations vers des contrées plus “profitables” aux Parisot et consorts.

On objectera que bien des postes font défaut dans les services publics comme ceux de la santé ou de l’éducation.

Certes aussi, la crise détruit bien plus d’emplois que de raison ou de nécessité.

Mais au bout du compte, on n’échappera pas au bilan final : le plein-emploi n’est pas, n’est plus, le moteur de l’économie. La logique de raisonnement dans laquelle nous nous obstinons, pèche par deux aspects :

-  moral : le travail étant brandi depuis des lustres, et souvent de manière fort intéressée par les moralistes eux-mêmes, comme la valeur suprême, celui qui n’a plus de travail n’a plus la moindre valeur, ni à ses yeux, ni à celle de son entourage ;
-   économique : celui qui reste sans travail est privé de fait des bienfaits de la production économique, même la plus élémentaire.

Le grand défi qui nous reste à relever de toute urgence, au niveau national comme au niveau planétaire, tient à notre capacité de nous fondre dans une autre logique de fonctionnement que celle de cette pensée unique qui nous a conduit là où nous sommes aujourd’hui.

Non plus nous baser sur la reprise illusoire d’une fuite en avant meurtrière, mais reprendre les choses bien à plat et travailler à une gestion la plus harmonieuse possible de la production économique en fonction des capacités technologiques nouvelles, à une répartition “déontologique” sinon équitable des biens et services produits.

J’entends par “déontologie” le fait d’assurer à chacun, travailleur ou non, un minimum vital et de confort.

La fameuse paix sociale, le rétablissement des quelques valeurs de vie commune auxquelles nous nous déclarons si attachés, est à ce prix. Retarder cette mue essentielle de notre histoire revient à allumer les mèches d’une future explosion tragique.



Publié le 15 juin 2009  par Le Yéti


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