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Des chiens bouffant le cadavre de leurs maîtres... par Andy Vérol

Catégorie free littérature
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(JPEG) Tu mets tout le temps... du temps, à réagir... Les morceaux dans la bouche. "Manger des peaux de pomme de terre".

"Doummmmmmm", il dit avant de s’endormir, avec sa jolie bouche pâteuse. J’ai finalement quitté le salon, la cuisine, la piscine, à jamais, pour rester avec lui et le regarder, et lui parler. Et l’aider, et lui donner à manger.

"T’es dingue ou quoi ?

-  Non, je suis exalté, j’ai le droit. Vous faites des choses à vous, je fais des choses à moi.

-  Syndrôme de Stockholm à l’envers.

-  Non à l’endroit... Rappelez-vous seulement de qui était la Vérole pour nous."

Non, ils ne veulent pas se rappeler. Comme ils ne se souviennent plus qu’on nous vendait des crèmes pour l’été-la-plage qui n’avaient aucune efficacité contre le cancer. J’avais eu à attraper un de ces malins, qui avait pourri ma vie pendant huit mois.

De justesse.

On chopait des cancers. On nous soignait. On nous disait qu’on creusait le trou de la sécurité sociale qui était un système pas si mauvais... Maintenant qu’on y repense.

On nous soignait très cher pour nous guérir de cancers qu’on chopait à cause de notre système de production globale, notre façon de consommer.

On nous faisait payer des franchises quand on tombait malade, on nous privait de soins fondamentaux quand on n’avait pas de boulot, plus de mutuelle. On avait de moins en moins d’hôpitaux, du matériel ultra-coûteux qu’on ne pouvait pas dispatcher partout, faute budget. Ils mouraient les espèces d’humains qui n’avaient rien (dans le silence, contrairement aux icônes salopes du rock, de la pop ou les ...) faute d’être au bon endroit, au bon moment, ... C’était un monde injuste qui se dépeignait en monde juste... tout en ne cessant de se démolir... Chaque conquête sociale avait finalement été abattues par les dirigeants et leurs sbires... les citoyens...

Il a des sortes de soubresauts. Il est couché sur le côté. "Je te kisse en me la coulant douce dans l’agonie. Tu es si gentil de rester à côté de moi. Et m’aider."

Je n’ai plus qu’un corps, fébrile, à ma merci, à quelques instants de la nuit. Je pense, avec le manque de sexe, à l’utiliser pour soulager mon sexe, et mes pensées/ombres... et mon sexe, pour vider mon sexe dans son pré-cadavre d’ancien puissant... Là.

"Tu te rappelles quand les gens qui votaient ont commencé à tout détruire par pure lâcheté ?"

J’avale une gorgée de Rhum. C’est

le rhume

de ceux

qui faisait la fête

dans les fions chauds, les succursales de l’Occident : les Antilles... Ce genre d’endroits où les noirs étaient toujours considérés comme des noirs - qui amusaient la galerie toute neuve de ceux qui étaient contre le racisme-c’est-dégueulasse et le tralala qui allait avec : "Ouais je suis juste intolérant avec les intolérants..."

On était comme des chiens bouffant le cadavre de leurs maîtres...

La Vérole se retourne et tente de me regarder avec ses pupilles pleines de pisse : "Je suis content que tu me sois resté fidèle."

Mon Usine, la suite... (Roman toujours en cours d’écriture).

Source : Andy Vérol hôpital psychiatrique



Publié le 2 juillet 2009  par torpedo


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