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Retour forcé du collectif par Le Yéti

Catégorie société
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(JPEG) - Tu comprends, être obligée, à plus de vingt-cinq ans, de monnayer des heures de ménage à ses parents pour boucler ses fins de mois, c’est la honte !

Combien sont-ils aujourd’hui, comme cette jeune femme, à se sentir désemparés par cette situation “honteuse” où les précipite la crise ?

Combien sont-ils à courir après ces petits boulots qui se dérobent de plus en plus devant eux ?

Et, quand ils ont un peu de plus de chances, à accepter des salaires de misères après (ou même sans) des années d’études, pour des emplois plus que précaires ?

L’effondrement du culte individualiste

Pourtant, ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils sont en train de participer, même à leur insu, même contraints et forcés par une situation économique et sociale cataclysmique, même sans les flambeaux lumineux de quelques leaders politiques ou syndicaux éclairés, à une profonde révolution de leur mode de vie : un retour au collectif après des années d’errance dans l’individualisme forcené.

Le culte généralisé de l’individualisme ne date pas de si longtemps (la reconstruction de l’après Seconde guerre mondiale tout au plus). Mais il a profondément imprégné les mentalités et les comportements.

N’est-ce pas par la réalisation individuelle (concrétisée par le déjà guillotiné “plan de carrière”) qu’un être humain était supposé trouver son indépendance et la reconnaissance de la société ?

N’est-ce pas par l’accès au divin “travail” que nos compagnes crurent un jour accéder à l’autonomie et à l’égalité des sexes ?

Le retour contraint au collectif et au groupe

Mais patatras, voilà que tout s’écroule ! De moins en moins de boulots pour quiconque. Partout. Même pour les ex-mâles dominants.

La valeur “travail” s’est pris un uppercut de plein fouet (n’en déplaise à notre Zébulon élyséen). Et le plein-emploi n’est plus qu’un rêve végétatif dans les queues maussades des Pôles du même nom.

L’individualisme conquérant s’est coincé les doigts dans la porte de l’égoïsme et du chacun-pour-soi. Un point de non-retour a semble-t-il été atteint.

Voilà que pointe la renaissance progressive, avec ou sans césarienne, du collectif et de la solidarité de groupe.

-  De toute façon, leurs boulots merdiques, ils peuvent se les mettre où je pense !

Une révolution qui touche aux comportements économiques

Il n’y a pas que les comportements des citoyens à être affectés par cette nouvelle révolution “collectiviste” (héhé, à ce mot, je sens qu’il y en a qui vont bisquer !)

On peut dire aussi que ce besoin d’air nouveau commence à toucher directement aux pratiques de l’activité économique elle-même au quotidien.

N’en déplaise aux railleurs, en 2009 le chiffre d’affaires des 1200 AMAP déclarés (mais combien de non officielles ?) va exploser pour dépasser les 36 millions d’euros, avec une demande excédant largement l’offre.

L’hébergement en “coloc”, sinon un retour en giron familial, devient monnaie courante. La combine et la débrouille collective se développe à vitesse grand V.

Et il y a fort à parier que les professions sinistrées comme les producteurs laitiers et autres petits agriculteurs, artisans, micro-entrepreneurs à chiffres d’affaires inexistants, devront bien trouver eux aussi, de gré ou de force, des échappatoires vitaux vers de nouveaux circuits, collectifs, de diffusion et de distribution.

Un processus long, heurté et douloureux

Ce processus en marche sera long et douloureux, émaillés de rebondissements, fertiles en découragements. Contrecarrés par les manigances des voyous accrochés à leurs os. À l’issue bien incertaine.

Il faudra bien du temps pour se désapprivoiser des vieux habitus, s’extirper du carcan des valeurs faisandées de réussite par élimination des autres.

Mais quoi ? Retourner à ces sinistres années-fric qui finirent par déconsidérer l’espèce humaine dans son ensemble ? On a le choix désormais entre le collectif ou la sauvagerie et le chaos.

- Allez, te bile pas, ma belle ! Tout ça n’est qu’un moment un peu délicat à passer. Tu verras, à plusieurs, même dans le giron familial, on se tient plus chaud quand la tempête déferle sur les grands arbres des vieilles croyances pourries.



Publié le 9 décembre 2009  par Le Yéti


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