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Communiqué de l’UNEF sur le budget des Universités de Haute Normandie

Catégorie société
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(JPEG) Mme Le Recteur présente à la presse ce mercredi 27 janvier le budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans notre Région et annonce une augmentation des moyens alloués aux Universités de Rouen (+5%) et du Havre (+4,1%). L’UNEF dénonce un manque de transparence dans cette augmentation qui ne se fait pas à périmètre constant, un manque d’ambition dans les moyens alloués ainsi qu’un modèle national de répartition des moyens qui va creuser les inégalités entre les universités.

Tout d’abord, les augmentations budgétaires annoncées sont en trompe l’œil car, si l’enveloppe globale augmente, de nouvelles charges pèsent sur les Universités ; en particulier cette augmentation sert en partie à compenser les emplois de personnels techniques supprimés car l’Université doit désormais embaucher des vacataires à ses frais là où auparavant l’Etat payait directement les salaires des personnels fonctionnaires. Par ailleurs, en vue du passage aux compétences élargies, les Universités sont obligées de lancer des expertises en matière de patrimoine immobilier ou de ressources humaines avec des couts évidents. Dans certaines composantes (IUT, IUFM), le budget qui était fléché est maintenant « globalisé » au niveau de l’Etablissement. Comment, dans ces conditions, peut-on s’assurer que les financements sont bien en augmentation ?

Une large part des crédits « supplémentaires » correspond en réalité à des financements accordés pour une mise aux normes de sécurité et pour l’accessibilité des locaux (environ 1 million d’euros pour l’Université de Rouen). Si ces travaux sont indispensables, l’UNEF déplore que ces investissements servent à réparer des bâtiments qui nécessiteraient des réhabilitations complètes. Ainsi, sur le site de Mont-St-Aignan, les étudiants sont condamnés à étudier dans des locaux délabrés (BU qui prend l’eau en cas de pluie, bâtiments de la fac de lettres sans chauffage, amphis de STAPS avec des sièges défectueux etc...) pour lesquels ces crédits de mise aux normes sont largement insuffisants. Par exemple, la construction d’une nouvelle BU à l’Université de Rouen couterait environ 30 millions d’euros.

L’UNEF dénonce également le modèle de répartition des moyens. Si celui-ci a été revu à la marge depuis l’année dernière, certains critères de répartition négatifs persistent ; en particulier, le Ministère se base toujours sur le nombre d’étudiants présents aux examens pour allouer le budget aux Universités au lieu de prendre en compte le nombre d’étudiants inscrits. Les étudiants qui décrochent en cours d’année sont pourtant ceux pour lesquels les moyens mis à disposition devraient être les plus importants.

De plus, les crédits du plan Campus ou du grand emprunt national risquent d’être distribués à quelques pôles d’excellence, laissant bon nombre d’Universités dans une pénurie budgétaire dangereuse et inégalitaire.

Les petites Universités comme celles du Havre sont aujourd’hui menacées par cette répartition nationale des moyens.

Le mouvement de l’année dernière aura permis d’arrêter les suppressions de postes dans les Universités puisque le gouvernement n’en annonce aucun en 2010. Pour autant, celui-ci ne répond toujours pas aux attentes de la communauté universitaire qui réclamait un plan pluriannuel de recrutement dans les Universités. Des moyens financiers supplémentaires ne peuvent pas à eux seuls répondre aux besoins des Universités et l’UNEF réclame des créations de postes en nombre important afin de répondre aux défis de l’enseignement et de la recherche en France. Un meilleur encadrement, et donc une meilleure réussite des étudiants, ne pourra pas se faire sans recrutement d’enseignants-chercheurs. L’amélioration des services proposés aux étudiants nécessite une embauche de personnels techniques.

Ainsi, malgré l’affichage d’un budget en augmentation, les étudiants n’y trouvent pas leur compte.

L’UNEF continue de demander des moyens supplémentaires, répartis équitablement sur l’ensemble du territoire français, ainsi que des recrutements massifs de personnels enseignant et technique. Pour cela, une refonte du système de répartition des moyens et un changement de cap ministériel est urgent et indispensable.

Boris Chaumette

Responsable regional de l’UNEF

Mail : rouen@unef.fr



Publié le 27 janvier 2010  par torpedo


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