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La Burqa comme révélateur de nos propres désarrois

Catégorie société
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La BURQA selon ROZOR

La chose publique

Que de verbeuses polémiques, que d’agitations névrotiques et d’excitations enflammées ! Ce débat sur la burqa tourne au fiasco aussi sûrement que celui sur l’identité nationale, dont il exhale les mêmes nauséabonds relents. Les mêmes aveux de désarroi de la part de ceux qui s’y accrochent.

Enfin quoi, quelle menace, pour les quelques 64,7 millions de Français, que cette burqa qui ne concerne, selon les chiffres de nos Renseignements Généraux, que 400 personnes tout au plus ?

Chacun ses masques

Le principal prétexte avancé par les partisans d’une interdiction pure et simple est la défense des droits des femmes musulmanes. La belle affaire ! Remarquons que cet imparable argument a également été employé par certains pour justifier l’intervention guerrière en Afghanistan.

Et il faut un culot bien trempé et des œillères bien accrochées pour stigmatiser le voile musulman ou la burqa, au pays des “effaceurs de gueule” (c’est ainsi que mes filles appellent la multitude des crèmes et autres “masques de beauté” dictatoriaux mis à la disposition d’une apparence féminine strictement codifiée), au pays de la chirurgie esthétique “de confort” et des photos retouchées sur papier glacé (au nom du droit au rêve ! ).

Lâchez donc une fille un peu boulotte en minijupe dans les rues et observez les regards désapprobateurs en coin, écoutez les réflexions vénéneuses : « Des jambons pareils, on ne les montre pas, on les cache ! »

Ah bon, où ?

Sous quelle burqa civilisée ?

Regardez encore ces rutilants véhicules hauts sur pattes, aux chromes étincelants, mais aux vitres de plus en plus teintées pour dissimuler le visage des passagers.

Quelques provocations pour exister

Bien sûr qu’elle est ridicule, cette burqa d’un autre âge.

Bien sûr qu’elle est révoltante lorsqu’elle est portée sous la contrainte des mâles dominants.

Mais on rappellera à nos "vilipendeurs échauffés" que les violences faites aux femmes ne sont pas le lot des seules contrées musulmanes. Et qu’il conviendrait déjà de balayer devant notre porte.

On notera qu’à de rares et heureuses exceptions près, bien peu sont ceux qui s’en furent demander leur avis aux premières intéressées. Souvent comme on le reconnaît, de nouvelles converties révoltées, plutôt que des soumises falotes au joug masculin.

Dans le documentaire d’Agnès de Féo qui leur est consacré, j’ai vu des jeunes femmes bien plus préoccupées d’attirer l’attention sur leur propre personne que de la soustraire au regard de autres. Bien plus attachées à se forger une personnalité un peu provocatrice face à un monde qui leur refuse toute identité, plutôt que de nier celui-là.

Ah, cette jeune fille jubilant d’arborer à la fois l’effronté accoutrement et un sac à main « fashion » et « flashy » !

Nous nous barricadons derrière nos portes et nos lois de circonstances

En vérité, la polarisation pathétique autour de cet accoutrement vestimentaire dévoile une fois de plus nos propres désordres, notre infinie perplexité devant le détricotage d’un monde, tous repères effilochés, que nous croyions triomphants et que nous avons échoué à imposer au reste de nos semblables.

Alors, comme à chaque fois, comme ces chiens qui jadis dans la campagne saluaient le passage du passant égaré par des aboiements forcenés et furieux, nous reportons nos propres angoisses et nos propres terreurs sur les autres, l’étranger, l’inconnu.

Si eux masquent leurs corps, nous nous barricadons derrière nos portes.

Et nos lois de circonstances.

Ce faisant, nos discutailleurs sont encore plus pitoyables que terrifiants (l’un ne gommant évidemment pas l’autre). Leur prêter uniquement des intentions de diversions (bien réelles, mais si grossières) est leur accorder bien plus d’intelligence et de maîtrise qu’ils n’en disposent.

La vérité est qu’ils sont tous à la ramasse et rament comme des malades, assez stupidement, pour essayer de reprendre pied. Laissons-les se noyer et passons à autre chose...



Publié le 2 février 2010  par Le Yéti


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