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Un peu de pratique et moins de littérature : tuer pour manger

Catégorie société
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(JPEG) Au mois de janvier j’ai travaillé 4h pour 30 euros.

Conséquences : Le RSA est passé de 400 à 260 euros.

Sur les 260 euros L’Etat qui peut tout** me retient 65 euros pour un indus RMi qui date d’il y a deux ans (j’avais alors téléphoné cinq fois à la caf pour dire que je n’avais pas droit à ce rmi. Cinq interlocuteurs différents, cinq fois m’ont soutenu que j’y avais droit. Je l’ai donc dépensé ... et le revoilà qui revient et qui frappe violemment)

Je bénéficie (car on bénéficie bien entendu...) de 195 euros. C’est à dire en un mois de temps j’ignore comment les dépenser...

Six euros par jours.

Si j’ajoute ceci ("Demain Les députés souhaitent amender la loi pour aligner tous les avantages consentis localement . D’une manière plus générale, le RSA supprime les droits liés au statut, estimant qu’ils découragent la reprise d’un travail et qu’ils doivent dépendre des revenus des foyers. Ainsi, environ 70 % des exonérations de taxe d’ habitation et de redevance télévision seront supprimées, ce qui représente en moyenne 1,5 mois de RSA par bénéficiaire. De nombreux salariés perdront aussi leur CMU, notamment complémentaire") (Site 20 minutes)

... Je n’aurais bientôt plus le choix que de voler ou de me tuer... car à n’en pas douter mes proches et une bonne partie de cette société furieusement attachés à voir la figure honnie de tous leurs maux : les très fameux parasites qui vivent luxueusement sur les souffrances des besogneux ; ceux-là ne soutiennent pas, ils m’accablent. Selon ce qu’on leur commande car ils ont une autonomie de penser assez proportionnelle aux intérêts de leurs propriétés privées et les en priverait-on (de propriétés et de privés) on peut largement supposer que la parole costard-cravatée des pitres de la télévision enrichie de la matraque éclairées des débiles en uniforme, les maintiendra sous perfusion de docilité avant de les lacher tout à fait dans des déferlements barbares. Mais n’anticipons pas la barbarie est à l’oeuvre quotidiennement. Elle travaille (le très fameux lieu commun "il fait son job" qui justifie de tout, de Kaboul aux préfectures calaisiennes)

Feindre la folie pour trouver à manger (ou devenir réellement fou) ?

Pourvu qu’on veuille prochainement de moi dans un hôpital psychiatrique... et ce n’est plus si sûr car ils pratiquent désormais "l’externalisation", c’est à dire une économie drastique.

Où manger ? En prison peut-être.

Mais si je vole ne me mettront-ils pas plutôt un bracelet ?

Pour manger je vais être obligé de concevoir un plan qui à coup sûr me mène en prison et pour cela il n’y aura pas de meilleures méthodes que de tuer.

Mon crime servira très certainement le chantage sécuritaire et je trahirais là tous mes idéaux. Mais je vais avoir faim....

(Ce message sur un site féministe car j’ai la certitude, en pleine connaissance de la grandeur féminine -chère Lou Andreas Salomé *** -, qu’il s’en trouvera quelques unes pour me serrer vigoureusement.... la main et m’emmener sur les rivages de la douceur, devant mets et merveilles ... Récuser tout message publicitaire revient certes à se condamner...)

* Serge Rivron ne m’en voudra pas de rendre publique quelques marques de son obligeante amitié : « La situation que vous décrivez et subissez est hélas “monnaie courante” (expression en l’occurrence parfaitement inadaptée), et parfaitement ubuesque - ainsi que vous le rendez si bien. ». Mon cas n’est pas isolé sans quoi justement je n’aurai pas porté ce texte à l’attention du public.

Ce régime et cette société qui l’accompagne montrent toujours plus d’indifférences au sort des handicapés. Contraints de survivre au moyen de revenus dérisoires ils sont écrasés. La question est : et les Alzheimer ? Et les leucémies en phase terminale ?

Jean-Marie Barbier

http://www.dailymotion.com/video/x4z7yt_discours-de-jeanmarie-barbier-apf_news

** (* Le décret du 11 septembre 2002 institue "un dispositif d’accès urgent aux sommes à caractère alimentaire" en cas de saisie bancaire. Le SBI garanti aux personnes sous le coup d’une saisie de leur compte bancaire une somme minimum, qui leur permet de répondre à leurs besoins alimentaires... Alors l’Etat contourne le texte qu’il a lui-même édité en se servant à la source, c’est-à-dire aux revenus. De sorte qu’une loi, un décret sont de purs amusements destinés à renforcer l’illusion spectaculaire. Pour qui vos tétons ?

Selon l’article L. 262-48 du code de l’action sociale et des familles le RSA est incessible et insaisissable...)

*** « C’est pourquoi la concurrence intellectuelle et pratique qu’elle peut, par principe, engager avec l’homme -cette manière de vouloir prouver qu’elle est son égale, dans n’importe quel métier particulier, et peut aussi bien faire que lui - est une véritable monstruosité, et l’ambition toute extérieure qui s’éveille ainsi en elle est à peu près la qualité la plus mortelle que la femme puisse cultiver. Car c’est précisément l’absence de cette ambition qui constitue sa grandeur innée : l’assurance que point n’est besoin d’administrer une telle preuve pour sentir en soi, en tant que femme, la plus noble justification de son être : n’avoir qu’à étendre alentour ses branches à l’ombre généreuse, pour le repos du passant fatigué, la réconfort de l’assoiffé, sans se soucier de savoir combien de fruits pourraient être décomptés au marché, dans le monde du dehors ».

(« Eros » de Lou Andreas Salome)



Publié le 6 février 2010  par Regis Duffour


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Forum de l'article
  • pour une place au "soleil"
    9 février 2010, par Serge Rivron
    Mon cher Régis, je ne vous en veux pas du tout d’avoir cité un bout de ma réponse à votre mail ironique mais potentiellement suicidaire d’il y a un peu plus d’une semaine. Je ne vous en veux pas, parce que la situation que vous dénoncez est effectivement ubuesque, et effectivement le lot commun de tout un tas. Chacun d’ici, dans le système que nos peurs, nos timorances, nos jalousies, nos intimes lâchetés, nos désirs de grégarité, nos veuleries, construit, nous a mené à ce fléau d’être individuellement non seulement capable de "renier père et mère" (comme disait autrefois la parlotte populaire), mais de leur foutre un coup de pied au ventre si leur agonie risque de baver sur nous. Chacun veut sa place au soleil, en n’imaginant pas que le soleil auquel il rêve, c’est juste la rampe de spots d’un plateau tv où se poussent une douzaine de dindons et quelques dindes. Vous mourez, ou mourrez ? C’est juste une question d’r. Celui que nous respirons est vicié, de toute façon. Essayez de vivre ! C’est le seul ridicule "message" que j’aie à vous transmettre. Essayez de vivre, parce que nous en sommes désespérément arrivés à un coin de l’histoire où seule l’idiote résistance à l’usure naturelle importe à nos contemporains. "Il faut tenir le pas gagné", disait Rimbaud le Voyant, il y a déjà 120 ans. Cette parole de poète déjanté autant que de prophète incroyable est actuellement la seule vérité. Tenez bon, donc, le plus longtemps possible !
    • pour une place au "soleil"
      10 février 2010, par régis

      Cher Serge,

      Votre sollicitude et votre attention me touchent beaucoup. Je suis également, et depuis longtemps vous le savez, très attentif à vos avis.

      A tous égards je souscris aux propos de votre dernier message et ce « pas gagné » qui finira bien par un pas de danse avec le diable, mieux vaut qu’il vienne aussi tard que possible... Je reviens seulement pour vous dire que je méprise depuis fort longtemps et la place au « soleil » et la minute de gloire d’Andy Warhol.

      Nous avons trouvé dans les livres ce qui ne figurait jamais ailleurs. Ce n’est pas par imitation que nous avons écrit et nous continuerons d’écrire aussi longtemps que nous portera le « pas gagné« . La vie pas le « soleil trompeur » des fastes grotesques.

      Il m’arrive de me dire, si les lecteurs se prévalaient des grands anciens Malaquais, Debord, Swift, Orwell, Huxley etc..., peut-être n’y aurait-il pas même lieu de chercher à être édité sans cependant cesser de créer. Mais qu’à bien des égards l’édition devienne si manifestement une excroissance ou un condylome du pouvoir voilà qui incline à montrer à ces canailles, à ces dindes et à ces dindons de quelles boissons on se chauffe. « Dieu de la littérature, épargnez-moi de donner dans la putasserie des littérateurs » disait Malaquais. Je vous y reconnaît Serge. J’y reconnais Gilles et Franca et Bruno et Didier. Je ne suis pas prêt encore à vendre des armes...

      Oscar Wilde écrivait « La famille n’est qu’une horde de parents assommants qui ignorent tout à fait comment vivre et sont incapables de deviner quand ils devraient mourir »... C’est plutôt par un éclat de rire que j’accueille la fin de son propos. Je frissonne, je m’angoisse à la moindre alerte quand ma mère vient à peine de tousser. Je suis hanté par la disparition de mes proches. Accablé et certainement pas disposé à « foutre un coup de pied au ventre si leur agonie risque de baver sur nous ». Mais je déplore qu’on se quitte souvent en début de journée en de mauvais termes alors qu’à la fin de la journée l’un de nous, peut-être, manquera à la table, à tout jamais. Et pourquoi toujours se quitte-t-on ainsi ? Pour de funestes raisons qui tiennent à peu près toutes à la condition des hommes et des femmes sous ce ciel obstrué par l’argent, la technologie, le spectacle et la marchandise... Je suis rempli d’effroi à l’idée qu’un visage familier et aimé puisse paraître à moi pour la toute dernière fois « vivant » durement marqué par les stigmates et le grotesque et les grimaces ubuesques de quelques mesquineries avaricieuses ou de quelques rigidités d’un presque « autre âge » qui empruntent aux principes « moraux », à l’éducation et aux positions obtus directement tirées de la servitude volontaire....

      Et quand je commence à aimer une femme, et sans d’ailleurs nécessairement aimer, je l’imagine vieille sur son lit de mort, rendant le dernier souffle, aussi peu entourée de sollicitude qu’elle a pu l’être toute sa vie, mesquine et petite à son tour quelquefois dans une vie de merde et je pense à ce gâchis, à son effarement et je suis au comble de la tristesse, submergé de douleurs et de « pitiés » pour ce tout ce fatalisme sanglant...

      Bien à vous cher Serge.

  • Un peu de pratique et moins de littérature : tuer pour manger
    16 septembre 2016, par pelangi

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