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Sam, élève de terminale et « militant repéré » par Marie-Joëlle Gros

Catégorie politique
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(JPEG) Le lycéen poursuivi assume son engagement d’extrême gauche mais nie l’outrage.

Celui que tous ­ « même les Renseignements généraux » ­ appellent Sam passe au tribunal ce matin pour outrage à agent.

Sam, c’est Samuel Morville, 18 ans, élève en terminale ES au lycée Sophie-Germain (Paris IVe), un des leaders de la Coordination nationale des lycéens.

Taper son nom sur l’Internet permet de rapidement mesurer sa cote de popularité. Il en rit, un peu gêné : « Je suis contre la personnalisation du mouvement. »

N’empêche, tout le monde connaît Sam.

Pas parce qu’il roulerait des mécaniques ou crierait plus fort que les autres dans le mégaphone. Samuel Morville ne se met pas en avant. Mais on a aperçu sa silhouette fragile, cheveux longs, visage fin, à chaque action des lycéens. Membre du comité de coordination du mouvement, il compte sûrement parmi les plus déterminés : « Je suis un militant repéré », dit-il.

Sam a été interpellé le 31 mars, alors qu’une manifestation des lycéens se dispersait dans les rues de Paris. La police lui reproche d’avoir craché sur un de ses véhicules, et lancé des insultes au cours de la manifestation. Il nie.

« Il y a eu ce jour-là plusieurs face-à-face très tendus avec les forces de l’ordre. J’ai crié des slogans, pas plus. »

Embarqué dans le car de police, Samuel raconte avoir été plaqué au sol, avoir reçu coups de pied et poing, avoir dû se mettre nu et crier : « Vive la France, vive la police ! » Il raconte la scène avec humour. En garde à vue, rebelote : « Au bout d’un moment, je n’en pouvais plus, j’ai reconnu les faits pour qu’on arrête de me cogner. J’aurais jamais dû. J’étais crevé. »

Comme lui, d’autres animateurs du mouvement ont été interpellés « dans le but de casser définitivement le mouvement », affirme-t-il. « On est jeunes, c’est facile de nous taper dessus. Mais on ne baissera pas les bras comme ça. Les lycéens ont acquis des réflexes d’auto-organisation, on a derrière nous une vraie expérience de mouvement social : ce n’est pas un combat perdu. » Il a le débit rapide, les idées claires. Au cabinet de François Fillon, les cheveux se dressent sur les têtes à la seule évocation de son nom : « Il est membre d’Alternative libertaire, vous vous rendez compte ! »

Oui, dit Samuel Morville, il milite. Il s’est même rapproché de la CGT. « Je me suis politisé d’année en année, depuis 2002. » A Montpellier, puis à Paris, il a fondé avec d’autres des Comités d’actions lycéens (CAL). Les accusations de manipulation le font rire : « Si l’extrême gauche était hyper-implantée dans les lycées, la révolution sociale serait pour demain. En réalité, ce mouvement est parti de la base, des lycéens qui refusent l’avenir qu’on leur prépare. Ils ont vu leurs parents descendre dans la rue contre la réforme des retraites, leurs profs manifester. Notre mouvement n’est pas né de rien : il s’inscrit dans une cohérence de luttes. »

source : Libération

Lire également article bellaciao Justice pour les lycéens ! : répression révélatrice de Renaud B.



Publié le 25 mai 2005  par torpedo


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