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Que fait la police ? par Maurice Rajsfus

Catégorie société
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(JPEG) Editorial : Le policier et le Pékin

Dans notre société démocratique, il n’y a pas que des citoyens paisibles. Avec la crise économique, et le chômage qui fait des ravages, de nombreux jeunes choisissent de s’engager dans l’armée, faute de disposer d’un diplôme important ou d’une formation professionnelle leur permettant de trouver un bon travail. D’autres, qui n’ont peut-être jamais eu l’intention de succomber au salariat classique, choisissent l’institution policière, une fois l’indispensable baccalauréat en poche. Bien sûr, ceux-là ne sont guère mieux payés qu’un fonctionnaire ordinaire, mais ils ont la sécurité de l’emploi. Ce n’est pourtant pas le plus important : une fois revêtus de l’uniforme des défenseurs de l’ordre public, les hommes et les femmes qui se sont engagés dans cette voie ont le sentiment de disposer d’un pouvoir quasi discrétionnaire. Ce qui les rend tout à la fois fiers de leur condition, et en mesure d’en remontrer à quiconque serait censé se situer hors des lois d’une République dont ils sont prêts à abandonner peu à peu les principes démocratiques. Le type de rapports établis entre le policier et le pékin ordinaire est à sens unique. Le policier parle, et le bon citoyen se doit d’écouter sans broncher. Il faut opiner et se satisfaire des conseils prodigués par le fonctionnaire en uniforme. Trop souvent, les échanges n’ont rien d’amical, et les ordres sont bien plus aboyés que simplement transmis. Le policier, et sa collègue féminine, ont appris, dès l’école de police que le pékin doit le craindre. Ce qui constitue une assurance contre cette possible rébellion du civil, constamment agitée par la hiérarchie policière. C’est ainsi que le policier est conditionné pour être très sensible au comportement de quiconque paraît s’opposer à ses injonctions. Cette inquiétude permanente, qui lui est inculquée, le conduit à porter plainte plus souvent qu’il n’est nécessaire pour outrage envers sa précieuse personne, suite à une parole supposée déplacée. De même, il lui est possible de poursuivre en justice pour rébellion si sa brutalité verbale, ou physique, entraîne une réaction étonnée de la part de celui qui n’avait rien demandé. Quand ce n’est pas l’accusation majeure d’incitation à l’émeute. Surtout, ne pas parler de convivialité à un policier. Soit il ne connait pas le mot, soit il estime avoir été injurié, considérant qu’il a été visé par une formule trop lourde de sens à son gré. Persuadé de représenter la loi, et même dans la nécessité de faire appliquer des lois qui n’existent que dans son imagination fertile, le policier est droit dans ses bottes. Jamais il ne permettra à un civil, toujours considéré comme un possible délinquant de lui tenir la dragée haute. On ne doit pas pouvoir contredire un policier, faute de quoi les institutions du pays seraient en péril. Il en va ainsi d’une institution dont les fonctionnaires veulent nous persuader qu’ils sont les représentants de la plus belle démocratie du monde. Les jeunes fonctionnaires, qui sortent des écoles de police ont appris qu’ils sont différents du reste de la population qu’ils sont chargés de contrô1er. Ce qui les rend arrogants et incapables de supporter le dialogue. (A suivre) Maurice Rajsfus

Forte pensée

« C’est un terrible avantage que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser... » (Rivarol)

Un nouveau fichier pour les mineurs ?

Décidément, dans la voie tracée par Nicolas Sarkozy, au temps où il était ministre de l’Intérieur, l’intérêt est de plus en plus porté sur ces mineurs qui mettraient notre société en grand péril. Nous avions déjà le fichier « base élèves », expérimenté depuis 2004. Il s’agissait rien moins que de recenser tous les écoliers, de la maternelle au CM 2. Chaque enfant étant doté d’un « identifiant national ». Dans sa première version, ce fichier contenait des informations « sensibles », comme la nationalité de l’enfant, la date d’arrivée en France des parents, la culture d’origine et la langue parlée à la maison. Ce fichier, généralisé depuis la rentrée de septembre 2009, a malgré tout été allégé de quelques données, face à la résistance de parents d’élèves et d’enseignants qui, par ailleurs, n’ont jamais cessé de réclamer sa suppression. Comme si la leçon n’avait pas été retenue, l’Education nationale, qui paraît être tentée par les méthodes policières, a décidé de créer, dès ce mois de mai, un fichier dit des « décrocheurs », s’intéressant cette fois aux collégiens et aux lycéens. Cette nouvelle volonté de ficher les mineurs n’est en rien innocente. Pour le ministère de l’Education nationale, il s’agirait simplement d’un « suivi de l’orientation » (SDO). En fait, ce SDO n’est rien d’autre qu’une approche de l’application informatique nationalisée, déjà mise en place dans les établissements du second degré. Ce qui permettrait de répertorier aussi bien les élèves que les enseignants, de gérer les classes, les absences et les retards, etc. La mise en place de ce système a été approuvée le 24 mars 2010 par la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). A l’heure où il est question de supprimer les allocations familiales aux parents des « décrocheurs », dans le même temps qu’est évoquée de façon insistante la présence d’un référent policier dans les collèges et lycées, il y a de quoi être inquiet. D’autant plus que cette volonté de ficher des enfants complète lourdement la chasse aux sans papiers. Faut-il reprendre l’avertissement lancé par Jacques Higelin dans une de ses chansons : « Alertez les bébés ! » (D’après Le Monde, 27 avril 2010)

Comptine

Cette charmante bluette, qui ne doit rien au passé romantique de notre douce France, est l’œuvre contemporaine de l’un de nos correspondant parisien :

 » A quand la police Lisse, lisse Les matraques Molles, molles Les lacrymos Pas bobo ? Mais la traque Rend patraque Traque, traque. » (Continuez à participer à cette aimable joute. Cette petite anthologie y gagnera à s’enrichir)

Feu à volonté

Dans la soirée du 26 avril, à Pierrefite (93), un homme suspecté de vol à main armé a été blessé par balle par des policiers alors qu’il tentait de s’échapper au volant de sa voiture. Selon les premiers éléments de l’enquête, cet homme aurait « délibérément foncé » sur les policiers, après avoir « refusé d’obtempérer ». Il n’en reste pas moins que l’IGS a ouvert une enquête. (Source, Direct Matin, 28 avril 2010)

L’argent ne fait pas le bonheur des policiers mais il y contribue

Le 21 mars 2010, le secrétaire général du syndicat Synergie-officiers, Bruno Beschiza, était élu conseiller régional d’Ile de France, comme tête de liste UMP, en Seine Saint-Denis. Problème, ce désormais ex-policier, qui bénéficiait d’un salaire de 4 000 euros par mois, perdait la moitié de son salaire, après avoir été obligé de démissionner de la police. Le 27 avril, Nicolas Sarkozy trouvait la solution à cette difficulté économique de cet excellent serviteur de l’état : par décret, Bruno Beschizza était élevé au rang de sous-préfet hors cadre. La morale était sauve... (Source, Libération, 28 avril 2010)

Déontologie policière

Le 27 avril, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) rendait publiques ses conclusions sur une dérive policière datée du 28 septembre 2008, dans le I8ème arrondissement de Paris. En cause : »l’absence de suivi personnalisé de la garde à vue », mais également les « gestes de coercition excessifs », ainsi que le « menottage à mauvais escient ». Exemple : des policiers, qui patrouillaient dans le marché de la rue du Chateau-Rouge, avaient décidé d’interpeller des vendeurs à la sauvette d’épis de maïs. Les « délinquants » s’étant enfuis, les policiers interpellaient au hasard une jeune femme qui se trouvait là. Cette victime de circonstance sera frappée, et passera 24 heures en garde à vue. Comme cela ne suffisait pas, et que des témoins protestaient, des officiers de police donnaient l’ordre de les éloigner à l’aide de bombes lacrymogènes. (Source, Métro, 28 avril 2010)

La haine

Une cinquantaine de personnes ont pris à partie un groupe de CRS dans la soirée du 26 avril, à Tremblay-en-France (93). Trois policiers devaient être légèrement blessés suite au caillassage de leurs deux véhicules. (Source, Direct Matin, 28 avril 2010)

Droits de l’homme, etc

Le Comité contre la torture des Nations Unies se réunissait le 20 avril. En cette occasion la France devait prouver qu’elle respectait bien la Convention contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Des ONG ont également présenté leurs rapports au Comité, qui devait rendre ses conclusions le 14 mai. Sont pointés du doigt, par la Ligue des droits de l’homme et Amnesty International, « La multiplication des cas de dérapages policiers », ainsi que « les techniques d’immobilisation excessives et prolongées ; sans oublier la « tactique des policiers pour déconsidérer une plainte déposée contre eux, portant eux-mêmes plainte pour outrage ». Est également dénoncée la multiplication des gardes à vue et la présence tardive et inefficace de l’avocat. Déjà, le Comité contre la torture avait mis en garde la France sur les conditions de la garde à vue, ce début de privation de liberté étant le moment « où le risque de mauvais traitements » est le plus grand. La Ligue des droits de l’homme pointe le nouveau centre de rétention des sans papiers du Mesnil-Amelot, qui revêt toutes les caractéristiques de l’univers carcéral... entouré de barbelés et quadrillé de multiples caméras de vidéo-surveillance ». De son côté, Amnesty International rappelle que le Comité contre la torture avait sommé la France de ne pas expulser un étranger dans un pays où il risque la torture. Recommandation détournée par les autorités françaises qui, « pour ne pas renvoyer un Tunisien dans son pays d’origine l’expulse au Sénégal. » Cela dit, nous vivons toujours au pays des Droits de l’homme. (Source, Libération, 28 avril 2010)

Courageux mais pas téméraires...

Les policiers municipaux de Grenoble étaient en grève, reconductible, le 28 avril. Motif : ces défenseurs de la sécurité locale s’opposaient à la prochaine mise en place, par la mairie, de patrouilles de nuit. Ils estiment que leur sécurité ne serait pas assurée. (Source, Direct Matin, 29 avril 2010)

L’Armée du Salut appelle la police

A la demande de l’Armée du Salut locale, les policiers toulousains ont délogé, dans la matinée du 28 avril, une quinzaine de squatteurs oui occupaient depuis plusieurs mois un immeuble de cette association. (Source Direct Matin, 29 avril 2010)

Pour l’honneur de la gendarmerie...

I1 est inutile de rappeler qu’au temps de l’occupation nazie, et du régime de Pétain en zone dite « non occupée », les gendarmes, tout comme les policiers, ont activement participé à la chasse aux Juifs -y compris aux enfants. Ce serait une contrevérité d’affirmer le contraire. Certains négationnistes restent donc prudents. C’est ainsi que, le 25 avril, le maire de Parthenay (Deux-Sèvres) s’est laissé aller à refuser la lecture publique d’une lettre d’une ancienne déportée d’Auschwitz. Il s’agit de Ida Grynspan, qui relatait son arrestation, le 30 janvier 1944, par trois gendarmes. Bien sûr, le maire ne s’est pas risqué à nier le comportement des gendarmes mais, farouche défenseur du corps de la gendarmerie, il a proclamé : « Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui, dans ces temps troublés, avaient obéi aux ordres des autorités légitimes. » Ce qui est insupportable, c’est la révérence faite, par un élu républicain (Nouveau Centre) aux « autorités légitimes », c’est à dire le gouvernement Pétain/Laval, délégué en zone sud du régime Hitlérien. Comme le déplore Ida Grynspan : « Dans un pays démocratique, il est triste de penser qu’on ne peut pas raconter l’histoire telle qu’elle s’est passée. » (D’après Libération, 29 avril 2010)

Quand la police fait le spectacle

Après Navaro, mort d’épuisement, suite peut-être également de la lassitude des téléspectateurs. Après Julie Lescaut, qui n’en fini pas d’agonir. Après Boulevard du Palais, qui nous présente en vedette un commissaire de police ivrogne, nous avions le sentiment que c’en était terminé de ces séries où la police était présentée de façon humanitaire à un public qui en serait fier. I1 allait falloir renoncer aux faits d’armes de nos Javert modernes. Grave erreur : Canal + a repris le flambeau en relayant le service public et TF 1 pour nous rappeler que notre police nationale ne manquait pas d’efficacité et qu’il nous fallait oublier Une femme d’honneur et Femme flic. Renvoyés aux oubliettes des films destinés aux salles obscures comme Inspecteur La Bavure ou, surtout, les Ripoux (1, 2 et 3), retour donc au petit écran. Avec la reprise de la série Engrenages, le 3 mai, la volonté est forte de nous présenter le « réalisme policier » qui devrait nous réconcilier avec nos forces de l’ordre. Pour plus de crédibilité, des policiers professionnels sont présents sur les tournages pour, comme le précise l’un des comédiens, « nous montrer comment sortir un flingue, le tenir. » Cette reprise de la série tient compte de l’actualité puisqu’il y est question, par exemple, de la prochaine suppression des juges d’instruction. L’un des scénaristes d’Engrenages, qui se trouve être policier dans la vie active, explique clairement le but de cette série : « Les gens mentent tout le temps. Pour sortir, la vérité a besoin qu’on les pousse dans leurs retranchements. » Il fallait que cela fut dit... (D’après 20 Minutes, 3 mai 2010)

Tremblay-en-France (suite)

Depuis la spectaculaire descente de police, à Tremblay-en-France (93), le 29 mars 2010, 1es caillassages de bus se sont constamment renouvelés. C’était le cas les 31 mars et 1er mai derniers. Entre temps, un car de CRS, escortant un bus, avait été la cible des caillasseurs. Outre le fait gue les jeunes de ce quartier se trompent de cible en déversant leur colère sur des salariés, il faut bien remarquer que, malgré le déploiement de forces de police importantes, ces « troubles » se poursuivent, alimentés par d’incessantes interventions policière dans les citées, ainsi, le 2 mai, une nouvelle compagnie de CRS était déployée dans cette ville de la banlieue nord de Paris. Ce même jour, le Secrétaire fédéral CGT des transports donnait la meilleure leçon qui soit au ministre de l’Intérieur : « Les CRS, à bord et autour des bus, çà n’a rien changé. Ils peuvent envoyer l’armée, çà n’empêchera pas les violences. Il faut des médiateurs, des éducateurs de rues, et la restitution des aides publiques aux associations. » C’est, hélas !, la seule solution à laquelle le pouvoir en place ne peut se résoudre. (D’après Métro, 3 mai 2010)

Les hauts faits de la brigade des réseaux ferrés

Dans la nuit du 3 au 4 mai, à la gare du Nord, à Paris, un garçon de 17 ans, prénommé Ahmed, était contrôlé par des policiers de la brigade des réseaux ferrés. Avec un autre mineur, il est conduit par les policiers vers leur local, mais il réussit à prendre la fuite. Poursuivi par les policiers, il monte sur le toit d’une motrice d’un train Eurostar où il heurte une caténaire de 25 000 volts, provocant une forte détonation. Brûlé à 80%, le jeune homme était transporté à l’hôpital et placé dans un coma artificiel. Bien évidemment, Ahmed était « connu des services de police », et le directeur de la sécurité de la gare du Nord ne manquait pas de rappeler que « le travail de la police a été bien fait. » Il n’en reste pas moins que l’IGS enquête. Réflexion d’un policier du syndicat Alliance : « On nous reproche de menotter, et quand on ne le fait pas on voit comment ça se termine... (Source, Libération, 5 mai 2010)

A Chambéry : bavure filmée

Dans la nuit du 23 au 24 avril, un homme âgé de 29 ans, qui avait plus de 3,5 gr. d’alcool dans le sang, était lourdement matraqué par un policier de la BAC. Lequel devait affirmer qu’il s’était fait insulter par cet homme, « bien connu des services de police ». Frappé à plusieurs reprises, l’homme était tombé au sol, avant de perdre connaissance, et de sombrer dans le coma, victime d’un hématome à la tête. Manque de chance pour la brute, la scène a été filmée par l’une de ces caméras de vidéo-surveillance qui ne cessent de se multiplier. Au cours de l’enquête initiale, le policier avait expliqué « avoir perdu son contrôle, face au comportement agressif de l’homme ». Pour l’avocat du policier, les graves blessures de la victime « procédaient d’une chute brutale. » De son côté, le représentant du syndicat Alliance de la police en tenue, s’indignait du placement en garde à vue de son collègue, estimant que ce n’était pas une bonne chose pour le pays, ni pour la police », expliquant que les policiers étaient souvent en présence « d’individus incontrôlables ». (Source, Métro, 5 mai 2010)

Les brutes du GPSR montrées du doigt

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), s’intéresse parfois aux polices semi-privées. C’était le cas, dans un rapport rendu le 12 avril, avec une « sévère mise en garde » contre deux agents du GPSR (Groupe de protection et de sécurité du réseau), police de la RATP. Motif : « utilisation excessive de la force ». Le 24 avril 2008, ces deux fiers-à-bras, après avoir contrô1é les titres de transport, avaient violemment bousculé la passagère d’un autobus, à Colombes (92). Ces deux brutes avaient saisi leur victime par un avant-bras, plaquée contre un portail, menottée, avant de la conduire au commissariat. Son fils âgé de 7 ans étant laissé sur le trottoir. Une première plainte avait été classée sans suite mais une nouvelle constitution de partie civile a été déposée, pour « violences volontaires aggravées, dénonciation calomnieuse et délaissement de mineur. » Contactée le 4 mai, la direction de la RATP n’a souhaité faire aucun commentaire. (Source, Métro, 5 mai 2010)

Bientôt la fin de la CNDS ?

Interrogé sur la disparition programmée de la CNDS, son président est inquiet : « Ce projet marque un recul des garanties démocratiques pour nos concitoyens. Le projet de loi doit passer devant le Sénat. J’espère que nos observations seront prises en compte. » Dans le même temps, le poste de défenseure des enfants est également appelé à disparaître. Les deux organisme devant se fondre dans une vague fonction de « défenseur des droits ». (Source, Métro, 5 mai 2010)

Mélange de genres

Le 4 mai, France 2 diffusait une émission titrée : « Au cœur de la Gendarmerie ». I1 s’agissait en fait d’un show militaro-promotionnel, animé par l’inusable Michel Drucker. Ce spectacle, qui tenait bien plus du publi-reportage -selon le syndicat national des journalistes- que du reportage classique, était financé par moitié par la gendarmerie. Comme l’expliquait tranquillement le service d’information de la gendarmerie : « Cela correspond à une stratégie en termes d’image et de recrutement. » Pourquoi ne pas rééditer cette opération avec la police nationale ? (D’après Libération, 5 mai 2010)

L’honneur de la police

A l’aube du 5 mai, à Gennevilliers (92), les policiers évacuaient un campement de plusieurs dizaines de mal logés. Au cours de cette opération, six personnes devaient être interpellées, selon Droit au logement. (Source, Métro, 6 mai 2010)

Relaxe

Le 30 septembre 2005, dans une cité « sensible » de Pantin (93) un policier voyant un de ses collègues aux prises avec quelques jeunes, sortait son flash-ball et tirait à moins de sept mètres, contrairement aux recommandations sur l’utilisation de ce type d’arme. En fait, le policier avait « tiré dans le tas », blessant au thorax un jeune homme de 18 ans. Relaxé, lors du procès tenu à Bobigny, le 5 mai 2010, pour « légitime défense », le policier regrette que justice ait mit cinq ans à se prononcer. (Source, 20 Minutes, 6 mai 2010)

Avec cœur et humanité...

Dans la soirée du 3 mai, à Merlebach (Moselle) une trentaine de gendarmes (10 selon la police) s’abattent sur l’Institut d’éducation motrice, pour y interpeller un adolescent Kosovar, polyhandicapé. Avec son père, sa mère, sa sœur et son frère, il se retrouve au centre de rétention de Metz, dont ils seront expulsés, tous les cinq, dans la matinée du 4 mai. Cette famille était arrivée en France en juillet 2008, pour y faire soigner le garçon. Selon la préfecture, cet enfant « pouvait bénéficier d’un traitement approprié » au Kosovo. Un proche de cette famille affirme que le père et sa fille avaient été menottés durant le vol. Un membre du GISTI devait rappeler qu’il existe un article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, et du droit d’asile, qui empêche l’expulsion d’un étranger gravement malade. Ah bon, et alors, diraient M.M. Besson et Hortefeux. (D’après Le Monde, 10 mai 2010)

Course poursuite ?

Le 6 mai, à La Neuville-devant-Nancy (Meurthe et Moselle) deux mineurs se sont noyés dans un canal, à bord d’une voiture volée. Seul le conducteur a réussi à s’extraire du véhicule. Les services de police affirment que ce drame ne s’est pas déroulé suite à une course poursuite... Il n’en reste pas moins que deux policiers de la BAC, arrivés sur les lieux, ont sorti de l’eau les deux cadavres. (Source, Direct Matin et 20 Minutes, 7 mai 2010)

En avant, Nicolas !

Cette réaction a été trouvée dans le courrier des lecteurs du Monde. Elle émane d’un responsable du mouvement, laïque, des éclaireurs et éclaireuses de France : « Les mesures annoncées, en Seine-Saint-Denis, le 20 avril, par Nicolas Sarkozy sur la sécurité, vont dans le bon sens mais je me permets de l’exhorter à aller plus loin : mettre des caméras de surveillance dans chaque appartement, dans chaque cave d’immeuble ; remplacer les policiers et gendarmes par des robots, eux-mêmes surveillés et pilotés par une cellule de super gendarmes siégeant à l’Elysée. Un système de vidéosurveillance surveillerait cette cellule, depuis le bureau de Nicolas Sarkozy. Il faudrait aussi remplacer les enseignants par des machines à enseigner ; les élèves, regroupés en classes de trente, travailleraient face à la machine ; au fond de la classe, un policier les surveillerait, il pourrait disposer d’un système de décharges électriques, pour mater les agités... » (Source, Le Monde, 10 mai 2010)

Quelques gestes techniques : un mort !

Le 9 mai 2008, à Grasse (Alpes Maritimes) deux policiers étaient intervenus suite à l’énervement d’un client dans une banque locale. Il se trouve que « l’individu » se prénommait Hakim. Ce jeune homme de 22 ans allait mourir par asphyxie, suite à une clé d’étranglement prolongée, lors de son interpellation, alors qu’il était déjà immobilisé. Rapidement, les deux policiers étaient mis en examen pour « homicide involontaire », délit constitué ayant entraîné la mort d’autrui par « maladie, impudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi et le règlement. » Il n’en reste pas moins que le 5 mai 2010, une ordonnance de non-lieu était délivrée au bénéfice des policiers. Les deux juges chargés de l’instruction estimant que rien ne pouvait être reproché aux deux brutes. De leur côté, les avocats de ces policiers faisaient remarquer que l’un de leur client n’avait fait « qu’appliquer ce qu’on lui a enseigné », en école de police. La décision de non-lieu est apparue tellement scandaleuse que le procureur de la République de Grasse faisait appel après l’abandon des poursuites. Cette affaire appelle un certain nombre de réflexions. Tout d’abord, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait rendu un avis sévère sur les deux policiers, le 12 avril 2010, suggérant des poursuites disciplinaires pour « usage de la force sans justification » car la victime avait été malmenée, alors qu’ayant déjà été menottée, elle « ne pouvait plus s’échapper ni être dangereuse ». Le policier qui avait effectué la clé au cou ; alors que Hakim était face contre terre, menotté aux mains et aux pieds, ne s’en appuyait pas moins à califourchon sur son dos, afin de parfaire l’immobilisation. Il racontait tranquillement : « C’était effectivement une clé genre étranglement, mais je précise que je n’ai pas serré à fond... » Selon des témoins, de la scène, la clé au cou avait été prolongée, entre cinq et dix minutes. A la suite de quoi, la tête de Hakim « était violette ». D’autres précisent qu’il était « inerte, les bras et les jambes ballants, ses pieds traînaient par terre » lorsqu’il a été hissé dans le fourgon. A l’arrivée au commissariat, il « était bleu ». Malgré l’arrivée des pompiers, , Hakim allait décéder rapidement, en raison, selon l’expertise médicale, « d’un mécanisme de compression thoracique, associé sans doute à une obstruction des voies aériennes supérieures. » Ces deux policiers qui avaient été entendus simplement comme témoins assistés, devaient assurer, la main sur le cœur, qu’ils n’avaient utilisé « aucune force démesurée », l’un d’eux complétant : « Nous n’avons fait que des gestes règlementaires... » (Source, Libération, 10 mai 2010)

Dialogue entre jeunes policiers...

Le 10 mai, à Asnières (92) les associations du collectif Banlieue Respect avaient invité le syndicat Unité-SGP à une soirée d’échanges sur les relations entre jeunes et forces de l’ordre. Lors de cette rencontre inhabituelle, les représentants de ce syndicat, majoritaire dans la police en tenue, devaient tenir un discours inattendu : « La politique du chiffre s’est cassée la figure. D’ailleurs, depuis le début de l’année, le nombre de gardes à vue est en diminution. » De son côté, le porte parole de Banlieue Respect rappelait qu’en août 2009, son association n’avait pas été invitée à la groupe de réflexion sur les problèmes de relation entre la police et les jeunes, organisée par le ministère de l’Intérieur. Au cours de cette rencontre, une jeune femme devait expliquer aux policiers présents qu’il faudrait qu’avec leurs collègues ils cessent d’insulter les femmes, et même de les frapper. (Sources, Métro et France 3, 11 mai 2010)

Le vrai visage du syndicalisme policier

Suite à la rencontre entre des policiers su syndicat Unité-SGP et des responsables du collectif Banlieues Respect, le syndicat Alliance de la police (très à droite) a vivement réagi. Echantillon : « Les policiers n’ont pas pour mission de dialoguer avec les voyous, mais de les mettre hors d’état de nuire ! » Voilà qui est clair. Pour les policiers de ce syndicat, les jeunes des banlieues ne peuvent qu’être des voyous, particulièrement ceux qui recherchent, naïvement, le dialogue avec les forces de l’ordre... (D’après Métro, 12 mai 2010)

Sus aux SDF

Le 14 mai, rue de la Croix-Nivert, à Paris, vers 8 heures du matin, une cinquantaine de CRS évacuaient brutalement des familles de SDF qui campaient depuis cinq jours devant un immeuble inoccupé depuis une vingtaine d’année. La violence se déchaînait également contre des militants du DAL, solidaires, dont plusieurs devaient être interpellés. (Sources, France Inter et France 2, avec images, 14 mai 2010)

Brutes et voleurs

Deux policiers, en poste dans le 8ème arrondissement de Paris, étaient en charge de la surveillance sur les Champs-Elysées. En décembre 2009, ces deux fonctionnaires d’élite effectuaient un contrôle d’identité sur un automobiliste. Cette opération de routine devait rapidement déraper. L’automobiliste est frappé et son téléphone portable lui est dérobé. Pour parfaire ces exactions, les policiers auraient rédigé u faux procès-verbal. Mis en examen, le 11 mai 2010, pour « violences par dépositaires de l’ordre public, vol, faux et usage de fau », les deux brutes étaient néanmoins laissées en liberté sous contrôle judiciaire. Manque de chance, pour ces excellents policiers, plusieurs témoins avaient assisté à cette agression, et l’un d’eux avait même filmé la scène. (Source, Libération, 14 mai 2010)

Contact

Dans la soirée du 16mai, à Aulnay-sous-Bois (93), deux véhicules de police étaient pris pour cible et caillassés. C’est l’information de base. Il n’en reste pas moins que quelques heures plus tôt, un jeune homme qui circulait à bord d’un scooter, avait fait l’objet d’une course-poursuite, alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle. Après avoir été percuté par un fourgon de police, le garçon, blessé et hospitalisé, n’en était pas moins placé en garde à vue. (Sources, Direct Matin et Métro, 18 mai 2010)

Syndicat de policier mauvais coucheur

Le syndicat de policier SGP a envoyé une lettre pleine de courroux au ministre de l’Intérieur, le 17 mai. Motif de la colère de ce syndicat ? Il s’agissait de dénoncer la tenue de meetings de soutien aux jeunes mis en examen, suite aux émeutes de Villiers-le-Bel de décembre 2007, dont le procès doit débuter le 21 juin 2010. Non content de cette mauvaise humeur exprimée, ce syndicat organisait, le 19 mai, à Rouen, une « contre manifestation », à proximité d’un concert de Rap prévu par le comité de soutien local. Le porte parole de ce syndicat devait y dénoncer « l’incitation à la révolte face à la police. » Ce comité de soutien ne manquant pas de répliquer : « Soutenir des personnes n’est ni un crime, ni un délit. » Il convient de rappeler que deux jeunes avaient été tués lors d’un choc avec un véhicule de police circulant à vive allure, à Villiers-le-Bel, D’où la colère des jeunes du quartier, ce qui avait conduit aux émeutes. (D’après Libération, 18 mai 2010)

Sur les rails

Dans l’après-midi du 18 mai, à Paris, plusieurs milliers d’infirmiers anesthésistes, en grève, envahissaient la gare Montparnasse avant d’occuper les voies. Au bout de quelques heures, les CRS et les gendarmes mobiles s’appliquaient à évacuer les manifestants avec violence. Une infirmière faisait un malaise, entre les rails, après qu’un CRS « lui a fait une clé au bras », relatait un de ses collègues. (Sources, 20 Minutes et images significatives sur Canal + et France 3, 19 mai 2010)

Mort annoncée de la CNDS

Nous y sommes. Annoncée depuis plusieurs mois, la dissolution de la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) vit ses dernières semaines. Son ultime rapport, rendu public le 19 mai 2010, portait sur ses avis émis en 2009. La CNDS a modestement révélé 78 affaires sur les dérives policières et la violation des règles du Code de déontologie de la police. Dans 48 cas, la CNDS devait transmettre ses conclusions aux ministères de l’Intérieur et de la Justice, aux fins d’éventuelles poursuites pénales ou disciplinaires. Rapport beaucoup trop rigoureux au gré de ceux qui font une confiance aveugle à l’institution policière. Prochainement, la CNDS verra ses prérogatives confiées à une vague « défenseur des droits », qui n’aura pas à juger des bavures policières mais, plus simplement, à favoriser la médiation plutôt que l’enquête. Une certitude, ce défenseur des droits pourrait se voir refuser par les autorités, éventuellement mises en cause, « toute investigation pour des motifs de sécurité publique ou des circonstances exceptionnelles. » Définition assez floue de la mission de cette nouvelle institution, mais suffisamment éloquente pour expliquer qu’elle serait en mesure de bloquer toute enquête gênante pour les autorités policières. Comment ne pas noter qu’en 2009, les saisines contre les maltraitances ou les bavures policières ont augmenté de 50 %. Alors, mieux ne vaudrait plus en parler ? Une certitude, il sera possible d’opposer à ce nouveau « défenseur », les droits su secret de l’instruction et de l’enquête. Le dernier détenteur du poste de président de la CNDS, Roger Beauvois, rappelait : « Des témoins nous ont signalé le cas d’un étranger menotté et roué de coups à terre dans un aéroport par des policiers chargés de son expulsion. Si le projet de loi créant le Défenseur ne change pas, il ne sera pas possible d’enquêter sur ces manquements. » Très clairement, pour Roger Beauvois : « La réforme projetée constitue un vrai recul de la démocratie. » Par ailleurs, ce conseiller à la cour de cassation, ne manque pas de rappeler : « On peut penser que la CNDS gênait certains, notamment des syndicats de policiers, qui ont signé des tracts injurieux contre elle. Ils ont un certain poids au ministère de l’Intérieur. » (D’après Libération, 19 mai et Le Monde, 20 mai 2010)

Gendarmes sur le sentier de la guerre

Cela se passe dans une école rurale du département de la Sarthe, à Saint-Jean d’Assé. Le 14 mai les instituteurs s’aperçoivent du vol de la cagnotte d’une tombola. Ils alertent la gendarmerie et les pandores ne tardent pas à débarquer. Les vingt six élèves d’une classe de CM2 sont fouillés, filles et garçons séparément malgré tout. Le 17 mai, un gendarme revient menacer les élèves : si personne ne se dénonce, on prendra les empreintes digitales des enfants pour les comparer à celles relevées sur la boîte ayant contenu la cagnotte. Finalement, il apparaît que la trace du doigt relevée appartient à un adulte. Si la présidence de l’association de parents d’élèves était satisfaite de l’intervention des gendarmes, l’un des parents dénonçait la méthode mise en œuvre, et les pleurs des enfants pendant la palpation. Depuis, ce père de famille a reçu des menaces et des coups de téléphone, la nuit. Le psychodrame s’est arrêté quand les 260 euros que contenait la cagnotte ont été retrouvés dans la boîte aux lettres de l’école. Il paraît que la brigade de prévention de la délinquance juvénile devait venir dans cet établissement scolaire pour expliquer son intervention... (Source, Libération, 20 mai 2010)

« Voisins vigilants », danger !

Il semble qu’à l’imitation des Etats-Unis, où s’est institué le concept de « Voisons shérifs », se développe en France le système de « Voisins vigilants ». En fait, des groupes de « bons citoyens » qui se chargent d’avertir, bénévolement, les forces de l’ordre, dès qu’ils constatent un comportement leur paraissant anormal dans leur quartier. « Quelles sont les limites d’une telle surveillance ? », interroge une association qui s’est constituée à Thaon, dans les Vosges en réaction à ces dérives sécuritaires. Il semblerait que ces initiatives locales ont été lancées par les brigades de gendarmerie. Réaction d’une association anti autoritaire, qui s’inquiète de l’apparition de ces « Voisins vigilants » : ‘C’est une institutionnalisation de la délation. Mais surtout une atteinte aux libertés individuelles et à la vie privée. » Des membres de cette association tenaient à expliquer, au cours d’une réunion publique, tenue le 10 mai, dans la région : « On habitue la population à être surveillée...Le vrai danger est dans l’acceptation par les citoyens de telles pratiques... » (Source, Vosges-Matin, 11 mai 2010)

Le Canard Enchaîné veille !

. Charmants fachos et gentils flics. Le dimanche 9 mai, à Paris, au lendemain de la célébration de la capitulation de l’Allemagne nazie, quelque 600 à 700 crânes rasés, façon néo-nazis, défilaient rue de Rivoli. Ils étaient tous cagoulés, ce que la loi interdit, mais les policiers présents sur les lieux ne jugeaient pas nécessaire d’intervenir. Un peu plus loin, place de la Concorde, juste quelques membres des RG, dont le commandant du groupe anti-hooligans, que l’on pouvait voir congratuler le trop célèbre Batakin, leader des supporters fachos du PSG. (Source, Le Canard Enchaîné, 12 mai 2010)

Un haut fonctionnaire de police interdit de conduire. Le 1er mai, le directeur de la sécurité publique de la Marne se faisait pincer par les gendarmes, circulant à 182 km/h près de Rethel, dans les Ardennes. Résultat des courses : suppression du permis de conduire. Cet éminent serviteur de l’Etat se trouvait au volant de son véhicule de fonction, alors qu’il était en repos. (Source, Le Canard Enchaîné, 12 mai 2010)

Le salut nazi en toute impunité.

Le 1er mai, lors d’un match PSG-OM, au Parc des Princes, il n’y avait pas moins de 1 .500 policiers et gendarmes mobiles pour s’opposer aux violences habituelles. Il n’en reste pas moins que, peu avant le début de la rencontre, une trentaine de fachos se permettaient de parader en faisant le salut nazi. Cela sans la moindre intervention des forces de l’ordre. A cette occasion, on rappelait, à la mairie de Paris, que « le salut nazi est considéré par les tribunaux comme une apologie des crimes de guerre du IIIè Reich. (Source, Le Canard Enchaîné, 12 mai 2010)

Des exploits pandores qui nous avaient échappés

Le 5 avril, à Bantheville (Meuse), le propriétaire d’une caravane prévenait les gendarmes que son véhicule avait subi des dégâts. Le lendemain, les pandores se présentaient au domicile des grands parents de trois cousins, en vacances chez eux. Ils voulaient « entendre » leurs petits enfants, âgés de 8, 9 et 11 ans. L’un des gendarmes, « spécialisé pour l’audition des mineurs, dit à l’un des enfants : « Dis que c’est toi, tu ne seras pas punie... » Sous-entendu, les assurances paieront. C’est ensuite au tour de la grand-mère d’être entendue sur l’empli du temps des enfants. On fini par apprendre qu’un voisin avait abîmé la caravane, quelques jours plus tôt en tondant son gazon. Finalement, la mère de l’un des enfants portera plainte pour « intimidation, manipulation et pression sur les enfants. » (Source, Vosges-Matin, 10 avril 2010)

Le 22 avril, une plante contre X, impliquant des gendarmes, était déposée par le frère d’un homme décédé au centre psychiatrique de Bavilliers (Territoire de Belfort). Motif de la plainte : « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Rappel des faits : le 14 juin 2009, un homme d’une quarantaine d’années, en état d’ivresse, était interpellé par les gendarmes. Cet homme, prénomme Rabah, décrit agité et énervé par l’interpellation, faisait immédiatement l’objet d’une hospitalisation d’office au centre psychiatrique, où il devait mourir d’un arrêt respiratoire. Les avocats de la famille estiment que les personnes présentes, dont quelques membres du personnel hospitalier ont été « Au-delà de la force nécessaire à l’interpellation, et ont manifestement exagéré les mesures de contrainte menant à une détresse respiratoire. » Ainsi, lors des quatre injections de produits tranquillisants au cours desquelles la victime était allongée sur le ventre, et sanglée, « un gendarme est monté à califourchon sur lui, exerçant une importante pression sur son buste. » Par ailleurs, l’autopsie devait révéler plusieurs blessures, des ecchymoses au visage, et un certain nombre de coups. (Source, Vosges-Matin, 23 avril 2010)

Encore le flash-ball

Dans la soirée du 20 mai, à Villetaneuse (93) un jeune homme de 27 ans, qui tentait de s’interposer entre les jeunes d’un quartier et des policiers était victime d’un tir de flash-ball en pleine figure. Souffrant d’une fracture de la mâchoire, il a dû être hospitalisé. L’IGS a été saisie. Il convient de rappeler que les policiers qui utilisent le flas-ball savent qu’ils ne doivent pas tirer à moins de 7 mètres, et surtout pas au visage. (Source, France Info, 21 mai 2010)

Etat de siège

Dans la matinée du 20 mai, vers 9 h 30, à Paris, dans la correspondance de la station Denfert-Rochereau, entre le métro et le RER, une vingtaine de contrôleurs, agents de sécurité du métro, armés, et policiers, s’activaient autour des portillons. Il ne se passait rein de particulier. Simplement une journée ordinaire, et une présence répressive à laquelle nos gouvernants aimeraient nous habituer. (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques, le 25 mai 2010)

Armes létales pour les « municipaux »

Le 22 mai, au lendemain d’une fusillade entre truands du grand banditisme et des policiers nationaux et municipaux, qui voyait la mort d’une jeune policière municipale de Villiers-sur-Marne, Brice Hortefeux prenait un décret autorisant les polices municipales à s’équiper du pistolet à impulsion électrique Taser. Cela malgré un premier avis négatif du Conseil d’Etat, en septembre 2009. Nous savions déjà le peu de cas fait par le pouvoir sarkozyste des avis du Conseil d’Etat comme du Conseil constitutionnel ais cela tend à devenir une habitude, et les décrets prennent de plus en plus le pas sur les lois. Il convient en tout cas de remarquer que la police municipale de Villiers-le-Bel est armée depuis bien des années, ce qui n’a pas empêché le drame. Par ailleurs, que sont en cause d’authentiques gangsters, c’est surtout contre les jeunes des banlieues « sensibles » que seront utilisés ces pistolets Taser, armes décrites comme non-létales mais dont les victimes sont nombreuses dans le pays où le Taser est devenu un équipement classique. (D’après France Inter, 24 mai 2010)

A la vautre...

Un « apéro » géant devait des dérouler sur le Champ de Mars, à Paris, dans la soirée du 23 mai. Cette rencontre de soiffards n’était pas véritablement interdite mais environ 1.500 policiers, dont de nombreux CRS, s’étaient invités à la fête pour contrôler les jeunes qui stationnaient sur la pelouse et fouiller leurs sacs. Les policiers reniflaient les bouteilles contenant des boissons à base de jus d’orange, où s’appliquaient à vides des canettes de bière au pied des arbres. Pas d’incident grave à signaler. L’ordre n’a pas été troublé, sauf par la présence massive de policiers. (Sources, France 3 et Canal +, avec images, 24 mai 2010)

Amnesty International s’alarme des violences policières

Le 27 mai, Amnesty International publiait son rapport annuel. L’organisation de défense des droits l’homme s’y alarme, comme chaque année, des nombreux cas de violences policières, trop souvent suivis par des enquêtes « manquant d’indépendance ou d’impartialité. » Amnesty International déplore : « Des cas de mauvais traitements et d’usage excessif de la force par des responsables de l’application des lois. » L’organisation estime qu’en France, « ni les procédures disciplinaires, ni les poursuites pénales contre les responsables présumés de tels actes ne sont conformes aux normes internationales de protection des droits humains. » Par ailleurs, Amnesty International critique la politique française d’expulsion des demandeurs du droit d’asile, soulignant que des mineurs non-accompagnés, et jeunes Afghans ont été renvoyés dans leur pays en guerre. (Source, Le Monde, 28 mai 2010)

Joli coco...missaire

Le 28 mai, en ancien commissaire de police, reconverti en correspondant du parquet de Créteil (94), comparaissait devant le tribunal correctionnel du Val-de-Marne. Motif ? Abus sexuel sur trois jeunes femmes d’origine africaine, qu’il accompagnait dans leurs démarches juridiques. Deux ans de prison avec sursis ont été requis par le ministère public, le prévenu ayant « transgressé les règles alors qu’il était lui-même chargé de les faire respecter. » Pour sa défense, ce joli coco devait expliquer au tribunal que l’une de ses victimes, témoin au procès, et qu’il avait contrainte à des attouchements sexuels, était consentante ; « Elle ne m’a donné aucun signe qu’elle n’était pas consentante. » Son avocat estimait que le comportement de son client était « condamnable déontologiquement, mais pas juridiquement. » Ah bon. (Sources, 20 Minutes, 28 mai et Libération, 29 mai 2010)

Chose vue

Sans que le moindre décret soit publié à cet égard, un certain nombre de policiers du métro parisien (Sûreté RATP, ex-GPRS) sont déjà équipé du pistolet à impulsion électrique Taser. Cette arme, soi-disant non-létale, avec sa crosse jaune apparaît nettement accrochée au ceinturon de ces incorruptibles censé assurer la sécurité dans le métro comme dans le RER ou les autobus. Constat effectué le 28 mai dans une rame du RER A (Source, courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques, le 31 mai 2010)

Remise en cause de la garde à vue

Le 31 mai, la Cour de cassation demandait au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la conformité de la garde à vue « aux droits et libertés garantis par la Constitution. » En cause, particulièrement, le fait que l’avocat d’un prévenu ne peut s’entretenir que trente minutes avec son client, pour ne le revoir qu’à la vingtième heure de garde à vue. Une situation qui, selon les bâtonniers, serait contraire à la Constitution, comme à la Déclaration des Droits de l’homme de 1789. Pour la Cour de cassation, la procédure pénale actuelle pourrait faire condamner la France par la Cour européenne des Droits de l’homme. (Source, Libération, 1er juin 2010)

Source Samizdat :



Publié le 15 juin 2010  par torpedo


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