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GRADOWSKI Zalmen : Au cœur de l’enfer

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Véronique Chevillon : "la voix, portée jusqu’à nous, des millions de victimes"

Ce « cœur de l’enfer » ce sont les bâtiments des crématoires du camp d’extermination de Birkenau.

(JPEG)

Dans tous les types de camps, les dirigeants SS organisaient les prisonniers en groupes de travail appelés « Kommandos ». A Auschwitz et Birkenau se sont succédées des équipes de commandos spéciaux : les « Sonderkommandos ». Ceux que Marie-Claude Vaillant Couturier appelait, lors de sa déposition au procès de Nuremberg, « le commando des gaz ».

Des prisonniers y étaient envoyés pour leur jeunesse et leur robustesse physique apparentes, ignorant ce à quoi ils allaient être contraints.

Ils découvraient sur place l’horreur de leur situation. Leur « travail » serait de sortir les corps des chambres à gaz et assurer leur crémation. L’auteur du manuscrit présenté dans cet ouvrage, Zalmen Gradowski, a été l’un de ces prisonniers dont on estime le nombre à plus de deux mille pour Auschwitz et Birkenau. Comme chacun d’entre eux, il était voué à la mort en tant que « porteur de secret » (Geheimnisträger), puisque l’extermination des Juifs d’Europe et ses conditions devaient rester secrètes et sans témoin. Le Sonderkommando était un commando dont les hommes étaient séparés des autres prisonniers et dont on ne devait pas sortir vivant.

Les membres des SK étaient très majoritairement Juifs. Ils étaient les ouvriers esclaves de ces usines de mort qu’on appelait « Krematorien » et qui comprenaient, dans un même bâtiment, une salle de déshabillage, une ou des chambre(s) à gaz et une salle des fours. Ils devaient travailler en continu, en deux équipes (l’une de jour, l’autre de nuit).

Les textes terrifiants que propose le présent ouvrage sont un témoignage exceptionnel pour l’Histoire quant à la réalité quotidienne vécue dans les crématoires de Birkenau.

Ce sont aussi des textes dont la littérarité est indubitable et renvoie à la culture populaire Yiddish qui, elle aussi, s’est trouvée exterminée.

Ces textes sont enfin un acte de résistance.

Outre la révolte des membres du Sonderkommando le 7 octobre 1944 à laquelle Zalmen Gradowski a participé activement et où il a trouvé la mort (450 des 663 membres du Sonderkommando ont été tués ce jour-là par les SS), le témoignage écrit doit en effet être considéré comme un acte de résistance. Ces manuscrits, comme ceux de nombreux autres membres du Sonderkommando, écrits puis enterrés dans des récipients aussi hermétiques que possible, étaient clairement destinés à lutter contre la volonté exprimée par les nazis d’effacer toute trace de leur entreprise d’extermination. Ces textes sont la voix, portée jusqu’à nous, des prisonniers des Sonderkommandos qui ont vécu l’enfer de l’enfer, et la voix des millions de victimes Juives.

-  Sur le site :

-  GRADOWSKI Zalmen, Au cœur de l’enfer, notice de parution

-  Sur la toile :

-  Site de référence sur les Sonderkommandos

Source : collectif SMOLNY



Publié le 11 juillet 2010  par torpedo


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