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Le moment où les choses basculent dans l’odieux par Le Yéti

Catégorie société
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(JPEG) Vous êtes-là sur le sable, peinard, votre ventre débonnaire offert aux rayons généreux du soleil, une petite radio qui vous distille quelques airs idiots de saison. Vous vous croyez momentanément à l’abri de tout. Puis la musique s’arrête. Flash info : un discours d’un président de la République à la dérive, un jour de fin juillet, à Grenoble...

« Nous allons réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française. Je prends mes responsabilités. »

Une étape hélas incontournable des Grandes Crises

C’est toujours comme ça pendant les Grandes Crises. Elles éclatent la plupart du temps dans l’incrédulité générale. On les contient tant bien que mal, un an, deux ans, avec des méthodes de bric et de broc, des grosses ficelles. En clamant que le pire est déjà derrière nous.

Et puis, il y a un moment où les choses basculent. Souvent dans le très mauvais sens, Pas comme vous l’auriez pensé. Mais comme vous n’auriez pas non plus osé, ni voulu le croire.

Donc, on avait les sans-papiers, les centres de rétention, les saloperies du Pas-de-Calais... On protestait bien sûr. Certains courageux étaient même passés à l’action. Mais on se disait que, bon, le périmètre de l’abject était circonscrit, que tant qu’il ne débordait pas plus...

Or voilà que soudain, le palier de l’acceptable est franchi. Abruti par les échecs tous azimuts de sa politique, stigmatisé dans les sondages d’opinion, pris la main dans le sac de ses vilénies et de ses compromissions, le pouvoir se raidit et mord les mollets suspects qui passent à portée pour se soulager les nerfs et détourner l’attention de la plèbe.

Un processus vers l’abject en général irréversible

Et vlan que je te prenne d’assaut les camps illégaux de gens du voyage (pour les mettre où ?). Et bing que je te menace de retrait du titre honorifique de Français, comme un vulgaire Juif sous Pétain.

Bien sûr, il y en aura toujours pour applaudir, hurler et mordre de concert avec les chiens, comparer avec cet étranger où bien sûr c’est pire et où vous n’avez qu’à aller si vous n’êtes pas content.

Ce grand basculement vers l’abject est en général irréversible. Citez-moi un seul exemple dans l’histoire où un de ces pouvoirs déliquescents a fait soudain amende honorable. OK, les gars, on a déconné. Mais c’est fini, on arrête tout. Allez tchin à toi, le manouche ! à ta santé, le métèque ! serre m’en cinq, le réprouvé !

Jamais ! Un rêve qui ne tient même pas le temps d’un été. Et voilà vos vacances plombées,

votre ciel définitivement chargé, un sale arrière-goût de désolation dans la bouche.

Encore que vous, ce n’est rien.



Publié le 16 août 2010  par Le Yéti


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