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Catégorie société
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(JPEG) Hitler, Goebbels à l’écran & la propagande nazie Le cinéma du IIIe Reich maître d’œuvre de la dictature hitlérienne

par Constance d’Epannes (14 déc. 2009)

1933-1945, le Führer, le NSDAP et la Race supérieure vues par la caméra national-socialiste, comment l’Art cinématographique a rendu compte du totalitarisme allemand...

À l’ensemble des films que le grand écran nous a donné à voir sur la vie d’Adolf Hitler, il faut ajouter les archives d’époque considérables. Elles furent l’objet de nombreux documentaires de qualité et, par la suite, diffusés à l’antenne, puis commercialisés pour le public. Une bonne part de ces documents anciens proviennent t de l’embrigadement nazi, jusqu’aux films, dits, de fiction, produits par le NSDAP lui-même.

La Propagande filmée, un Art majeur pour Adolph Hitler

Lorsqu’Hitler prend les rênes du pouvoir, en 1933, il pressent l’immense bénéfice que le cinéma absolutiste peut lui apporter. Le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, en cinéphile averti, sera chargé de développer les effets de la persuasion. Le cinématographe de l’endoctrinement prend alors naissance, six ans avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. L’intoxication à travers les films va étendre ses tentacules pendant toute la guerre sous les éclairages habiles et les travelings calculés du lavage de cerveau hitlérien.

1932-1938, la réalisatrice Leni Riefenstahl forge les armes de la domination totalitaire

Deux documentaires de propagande Les Dieux du stade pour les Jeux olympiques de 1936 à Berlin et Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens dans la langue de Goethe) de la cinéaste germanique Leni Riefenstahl, restent les exemples le plus parlants de la manipulation de masse. Charlie Chaplin, qui voit une version du Triomphe de la volonté aux États-Unis, en tombe de sa chaise, plié de rire. Certains ont supposé que le discours final d’Hitler, l’inspira pour la scène d’anthologie de son film Le Dictateur.

La guerre, une réalité peu intéressante...

Entièrement éblouie et sous hypnose, Leni Riefenstahl commence de s’exprimer en 1932, en filmant la conférence annuelle du NSDAP à Nuremberg. À l’instigation du maître de l’Allemagne, elle a en charge de porter très haut l’image du Parti national allemand. Tristement célèbre pour sa dévotion aveugle au Führer et à propos de ce qui a été dans le réel, celle qui épousa si étroitement les doctrines, confie après la guerre que la réalité ne l’intéressait pas.

Bien après la défaite allemande, en 2002, elle va jusqu’à tenir tête sur France Inter au fantaisiste Pierre Dac, figure de la Résistance contre l’occupant : "Je veux seulement filmer les belles choses pour les montrer ensuite, comme tout ce qui est beau, grand et spectaculaire, (enfin, en parlant d’Hitler et se contredisant elle poursuit...), il voulait, montrer la guerre belle moi pas. Nous étions brouillés et il avait d’autres problèmes que moi..." La stratégie propagandisme après 1933, priorité à la légèreté, tranquilliser et réjouir le bon peuple pour mieux le neutraliser

Il est intéressant de remarquer que Leni Riefenstahl est la seule à cette période ; "à être en adéquation parfaite entre une idéologie (éloge du surhomme, culte du chef, de la jeunesse, du "beau", du "pur", de l’ordre, fascination pour les cérémonials monumentaux), et une esthétique appropriée basée sur l’harmonie et l’ordre (géométrie des cadrages, contre-plongées valorisantes, mouvements de caméra fluides, montage rythmé)", selon les termes du spécialiste d’histoire contemporaine Régis Dubois*.

Car passé 1933, année au cours de laquelle Hitler étend son pouvoir et ses droits, le film d’endoctrinement délibéré est banni des salles. Ceci au profit du scénario au discours guimauve toujours le même, rangé au carré et propre avant tout à phagocyter les masses. Parmi ceux-là Le Jeune hitlérien Quex (H. Steinhoff), S.A. Mann brand (F. Seitz) et Hans Westmar (F. Wenzler). Il y eut la résistible ascension, ensuite le retour aux enfers du tribun charismatique

Afin de parfaire l’information, référez-vous à l’article parcourant le destin et la chute du Führer sur pellicule dans lequel est dressé un inventaire des films de fiction/réalité évoquant la trajectoire hitlérienne. Car, s’il a su, ô combien, intoxiquer la multitude avec l’image de sa personne, beaucoup d’autres eurent le besoin de mettre ses destinées en boîte. Dans ces documentaires historiques marquants, puisque fondés pour l’essentiel sur des archives d’époque, on retrouve souvent le climat qui a précédé la propagande ou l’escorte :

Le documentaire Mein Kampf, c’était écrit, diffusé sur Arte retrace le destin du livre Mein Kampf jusqu’à nos jours. La série documentaire Hitler et Staline : l’alliance dangereuse, réalisée en 1933 et qui a pour base des faits tirées de documents d’archives du KGB, met à jour les relations ambigües entre l’Allemagne nazie et l’Union Soviétique. Autre atmosphère pesante, dans le document Médecin d’Hitler - Un destin tragique. Construit autour du procès de vingt-six praticiens de la médecine nazie, le film diffusé en 2006 s’intéresse notamment au cas de Karl Brandt, le médecin personnel d’Hitler.

Le dernier Clap d’Eva Braun, metteur en scène intime du signataire de Mein Kampf

Le documentaire exceptionnel Eva Braun, dans l’intimité d’Hitler : la banalité du mal est constitué de vidéos tournées uniquement par Eva Braun, la maîtresse bien connue d’Adolf Hitler de 1932 jusqu’à leur suicide en avril 1945. D’Isabelle Clarke et Daniel Costelle, il a été diffusé sur TF1 dans un format de 70 minutes, puis sur la chaîne Histoire dans une version différente et plus étendue,

* Une histoire politique du cinéma : États-Unis, Europe, URSS p. 52 Régis Dubois, éditions Sulliver.

* La résistible ascension, expression de Bertolt Brecht pour le titre de la pièce La Résistible Ascension d’Arturo Ui écrite en 1941

Information et l’histoire du totalitarisme allemand dès 1920

Le NSDAP : grâce à ce dossier du site Resistance allemande au Nazisme, on peut s’informer profitablement sur ce qu’étaient l’idéologie, le programme, l’organisation du Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei. Le Parti national-socialiste des Travailleurs allemands est formé par Adolph Hitler le 24 février 1920 au Hofbräuhaus, la plus grande brasserie de Munich trônant depuis 1589 au cœur de la ville.

Leni Riefenstahl Le Triomphe de la Volonté : extrait du film avec un fragment du fameux discours qui fit tomber Chaplin de sa chaise...

© 2009 Constance d’Epannes Demandez l’autorisation de l’auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
Lire aussi

* La Mélodie du Bonheur, un film anti-nazi
-Le Mein Kampf de Foerster, oeuvre pacifiste à l’opposé d’Hitler
* Origine du relais du flambeau olympique
* La chute / der Untergang

-Le 8 mai 1945, jour de victoire en Europe

Source : SUITE101



Publié le 29 août 2010  par torpedo


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