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Le triptyque de Puccini par Jean-Laurent Poli

Catégorie actualité
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L’Opéra de Paris présente une œuvre rare à trois têtes.

L’Opéra de Paris propose une version rarement montée dans son intégralité de cet opéra tricéphale (trois opéras en un ou plutôt trois opéras d’un acte) créé au début du siècle par un Puccini éclectique et dont on ne voit pas toujours la cohérence d’ensemble. Trois histoires , trois œuvres au fond assez inégales.

La première Il Tabarro ( La houppelande) est un drame de la jalousie un peu gore, servi ici par une mise en scène statique qui nous plonge dans le monde des marins d’eau douce et des débardeurs entre Rouen et la haute Normandie. Pour résumer : dans cette houppelande dans laquelle il entourait femme et enfant de sa piété filiale il placera pour punir sa femme infidèle le corps de son amant), C’est lent comme une balade sur le canal du Midi.La pièce réclame un grand baryton (ce qui est le cas avec Juan Pons) , la direction musicale de Philippe Jordan évite les effets faciles et est bien maîtrisée ...pourtant en dépit d’éclats proprement pucciniens il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un fort des halles.

Madeleine sister

"Suor Angelica" suit dans un style totalement différent musicalement avec une Tamar Iveri aussi difficile à repérer(tant les costumes sont standard) que le personnage principal dans une adaptation asiatique d’un roman de Dostoievski. Drôle d’histoire, une sorte de "Madeleine Sisters" , version trop soft et qui n’amène pas grand chose.Rien à voir avec le chef d’oeuvre de Poulenc à la profondeur métaphysique bouleversante avec son Salve Regina guillotineur de Verbe.Tout au plus a-t-on le plaisir de reconnaître dans cette bluette anti-cléricale la voix magnifique de Cornelia Oncioiu, vrai jeune talent en nonne infirmière. Mais le livret ne peut concurrencer la puissance d’un Bernanos.

Gianni entre Goldoni, Balzac et le cinéma muet

De ce tryptique , chacun sait que le gros morceau, le vrai morceau c’est Gianni Schicchi chef d’oeuvre d’humour, opéra drôle né avec les débuts du cinéma (Puccini adorait Mack Sennett) et dont le livret met en scène les héritiers cupides d’un riche florentin en conflit avec le testament et qui font appel à Gianni Schicchi , mélange de Volpone et de Falstaff, expert ès roueries en tout genre et qui va démêler la situation à son ...profit. L’opéra dont la musique à plusieurs fois été utilisé au cinéma (notamment dans Chambre avec Vue de James Ivory) ou dans nombre d’illustrations sonores est un "tube". Chacun s’y retrouvera. Il y a là , un vrai coup du génie puccinien dans la simplicité d’un scénario efficace et drôle auquel on prend toujours du plaisir. L’oeuvre a été donnée à la Scala en 2008, fruit d’une co-production avec les espagnols ,sage acquisition pour une politique peu risquée et qui vaut sans doute mieux pour l’Opéra de Paris qu’une incertaine création.



Publié le 13 octobre 2010  par Jean-Laurent Poli


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