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Le « degré zéro de la régulation » selon l’analyste François Leclerc par Le Yéti

Catégorie société
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Le monde et nous

À peine retombés les mirlitons du nouvel an, nous voici replongés dans la bouillasse de cette Grande Crise qui n’en finit pas. Oui, oui, je sais, vous en avez marre, vous commencez à décrocher, vous préférez vous étriper autour des frasques pré-présidentielles 2012 qui agitent le microcosme des inutiles. Mais tant pis pour vous, vous n’y couperez pas.

Moi aussi, j’ai encore les séquelles de mes gueules de bois. Moi aussi, je vais faire mon feignant. Je vais me contenter, avec l’accord de l’auteur, de vous traduire (je veux dire de mettre à la portée des nuls que vous n’êtes évidemment pas) le dernier article de l’analyste économico-financier François Leclerc .

Vous allez voir, c’est ténébreusement lumineux.

Leclerc, qui sévit chez Paul Jorion - ils ne boivent, ni ne s’empiffrent décidément pas, ces deux-là ! - nous offre une plongée hallucinante dans les clapots du marigot de la voyoucratie financière et politique. Celle qui indigne tant notre cher Hessel et ses (nombreux) lecteurs. Résumé de la situation...

Une guerre des monnaies déstabilisatrice

D’abord, comme c’était prévisible, la “guerre du dollar” commence à faire des ravages dans les pays émergents, notamment en Amérique latine (Brésil, Chili, Colombie...) où l’appréciation des monnaies locales met à mal la compétitivité des économies encore fragiles.

La Chine elle-même est forcée de réagir, sans toujours rien lâcher sur la valeur du yuan, mais avec des offensives tout azimut, Notamment diplomatiques dans l’Europe déconfite (Portugal, Espagne...) à qui elle fait mine, selon Leclerc, de prêter main-forte.

Cette vieille Europe qui n’en finit pas de boire la tasse

avec l’envolée ahurissante des taux obligataires (12,593% sur 10 ans en Grèce), ce qui ampute d’autant les chances de résoudre à terme la crise de sa dette. Les maillons supposés forts (Allemagne, France) commencent eux-mêmes à être touchés par cette tension meurtrière sur les taux.

Les États-Unis, pas mieux. Là, je sors un peu du billet de F. Leclerc pour vous livrer ce dernier scoop (6 janvier) sur la demande pressante du Trésor à un Congrès républicain rechignant, de relever d’urgence le plafond de la dette US. Avec cette menace même pas voilée de Timothy Geithner :

« Si l’on ne parvient pas à relever la limite, cela précipitera un défaut de paiement des États-Unis. »

Retour de l’inflation et spéculation sur les matières premières

Autre gros souci, le spectre de l’inflation menace à nouveau notre cacochyme continent : 2,2% en décembre dernier selon l’office de statistique Eurostat. Ce qui ruine les efforts désespérés de la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir des établissements financiers beaucoup plus mal en point qu’ils ne le laissent paraître.

Encore que ces taux d’inflation officiels ne retiennent pudiquement pas la flambée du cours des matières premières : pétrole (suffit d’aller faire un plein d’essence pour constater), métaux précieux et industriels (prix du cuivre multiplié par trois en deux ans), denrées alimentaires (prix du blé multiplié par deux, ce qui risque de ne pas faire rigoler très longtemps les ventres les plus malheureux).

Tous les prétextes sont bons pour justifier cette spéculation suicidaire : inondations ou sécheresses, calamités naturelles en tout genre, grèves, menaces de guerre civile...

Mais, selon François Leclerc, la vérité est surtout que cette régulation financière annoncée à grands cris par nos zèbres des G trucs et leurs tristes sbires demeure toujours lettre morte. Et que les grands instituts financiers (Leclerc cite le cas de la banque JP Morgan pour le cuivre) continuent de s’en donner à cœur joie et sans frein, se précipitant eux-mêmes vers le gouffre.

Allez, faites pas la gueule, amis lecteurs (si d’aventure vous êtes arrivés au bout de ce billet) ! Je vous évite même le couplet sur les conséquences sociales de toute cette folie.

Je vous l’ai dit, ce n’est pas la fin du monde, mais la fin de leur monde.

En attendant que passe la tourmente, la seule solution reste l’hibernation positive autour d’un vin chaud entre amis.



Publié le 7 janvier 2011  par Le Yéti


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