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José Martinez danse le Lac pour la dernière fois, Mondrian encadré par les siens, Garnier architecte pas ringard...

Catégorie peinture
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Expos à voir, à ne pas voir à Paris.

Bien commencer l’année

Pour finir l’année en beauté : José Martinez , le pré-retraité le plus en vogue du moment dans Le Lac des Cygnes, sans doute pour la dernière fois. L’Etoile tente tout du haut de sa désinvolture et de sa perfection. C’est magnifique. Le ballet psy de Marius Petipa lifté par Noureev provoque toujours une émotion de cygnéphiles. Excepté le rajout gai d’un jumeau sombre dans l’histoire (heureusement interprété par le déjà grand Stéphane Bullion) , jumeau narcissique, maître de cérémonie qui s’exhibe et dont le rôle narratif semble se limiter à passer les plats et les petits cygnes au Prince, le dynamisme géométrique de l’oeuvre, ses effets rythmiques de ballerines trépignantes sur le parquet percussif trop dur de l’opéra, cette légèreté, tout cela enchante et même l’orchestre Colonne qu’il est de bon ton de dire affaibli en ses cuivres (au souffle parfois court) et qui ce soir-là fit sonner le grand Tchaikovski au point de provoquer moults commentaires du type : " C’est quand même quelque chose ce Tchaikovski". Et c’est tout de même mieux qu’une comédie musicale de Dov Attia.


Dans un autre géométrique registre, l’exposition "De Stijl" à Beaubourg. Mondrian, posé dans s on contexte , au milieu des artistes de son temps . C’est fastidieux et décevant . Piet , qu’on aimait dans le roman de Jean-Philippe Toussaint, La Salle de Bains, apparaît au milieu des siens comme le suiveur sans inspiration d’un courant qui met en cube les rouges et les bleus. A croire qu’ils faisaient tous la même chose à cette époque au point de voir des clones tant les convergences formelles mènent au même point. La théorie qui sous-tend, lasse aujourd’hui.

L’accumulation nuit.

Excepté quelques curiosités (comme les belles photos de Kertesz ou Lisette Model ses amis) on peut lui préférer une autre exposition. Celle, par exemple proposée aux beaux -Arts sur un paria méconnu : l’architecte Charles Garnier dans les murs de l’école où il a fait ses études.

Lignes dures

Le bâtisseur rend d’ailleurs un hommage appuyé(belle preuve d’humilité) à la qualité de l’enseignement qu’il y reçut à travers de nombreux témoignages. Pauvre, hypocondriaque, abusant de la boisson et de mélancolie, Charles a tout pour plaire. Maudit, d’une sensibilité maladive, il ne fut pas comme le prétendent les mauvaises langues l’artiste officiel de Napoléon le petit (l’impératrice Eugénie lui préférant le faiseur officiel , Viollet le petit Duc. La construction du nouvel Opéra de Paris ne lui valut pas l’amitié des communards non plus.

Son mélange des genres( classique et baroque) jusqu’au rococo l’amène à l’élaboration d’une oeuvre aujourd’hui au charme incontestable (l’Opéra Garnier a un charme que n’aura jamais Bastille). La scénographie très habile de l’exposition a été confiée au metteur en scène Robert Carsen.

Pour ceux qui sont restés des hommes du XIXème, comme votre serviteur c’est l’exposition idéale !



Publié le 8 janvier 2011  par Jean-Laurent Poli


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