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William Burroughs - Cut ups par Andy Vérol

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Dans ses cheveux noirs, ses cheveux blonds, ses mains, ses doigts, dans son ventre, contre son sexe, à travers ses larmes, ses coups, ses hurlements, la lune luit, l’élan retombe, dans son cul, entre ses pieds, dans ses yeux verts, dans ses yeux noirs, sur son torse poilu, contre son pubis rasé, ses gestes ratés ses tremblements, ses médicaments, ses menaces, son absence, ses sourires, sa main, ses jambes, ses sexes, ses bouches, dans ses mots, ses merdes, ses doigts dans la mousse de vaisselle, ses manières laides, ses fenêtres sales, son absence, sa présence, sa main sur mon front en sueur,

les heures

les lents

les lunes, la crève, les crimes, ses lèvres gercées, sa bouche peinturlurée, ses mots, ses mots, ses mythes, ses dieux, ses crises et ses névroses, ses poignets brisés, ses projets, son maillot de bain, son naturisme, la triste tutelle du monde, la merde, les vagues sur la mer, le scintillement du soleil brûlant, le visage au vent, la vulve d’été, les tétons d’hiver, la dinde à Noël, la merde torchée, les tampons souillés, l’épuisement, le filet d’os, la gorge sèche, les narines encombrées, la toux sèche, la chatte ronronne, le par-dessus est froissé, les draps sont souillés, des mains, ses mains, ses mots, les promenades, les absences, les démences, les carences, les calculs, les risettes, la main sur le torse, son poing dans ma gueule pour rappeler la vie qui pique, la vie qui vient, la vie qui s’en va, les corps déchiquetés dans la tôle, les dos éreintés par les travaux de chantier, la navette spatiale,

la soirée spéciale qui commence bien, les cacahuètes, les clopes, l’alcool et l’ivresse, les hurlements, ses mains

ses mots, les miens que je ne retiens plus, le pli de la peau sous l’écrasement d’un poing, les gueules de bois, les amis perdus, le temps

les heures

les lents

les poussées d’angoisse, la solitude, son absence après les coups, les cris, après l’alcool, les crises d’angoisse, le calvaire, le sourire de la pharmacienne

de la pute, de l’écran d’ordinateur, la couette en boule, tachée, la tuerie de soi, les livres éparpillés, l’apné dans l’eau chaude, les chiures sur les murs, le bordel, le taudis, la dentition douloureuse, des utopies fabuleuses coincées dans l’aorte, la cohorte d’émissions merdiques, les conversations pathétiques, ses mains, son absence, ses cheveux noirs, ses cheveux blonds, ses peaux, ses jambes, ses visages, ses présences fantomatiques, les yeux rivés au plafond toute la nuit, la night, la pote du crépuscule, le temps qu’on encule

les heures

les lents...

Les mots en miettes...

L’absence parfaite, le pli dans le gras du bide, la bande qui hurle en bas, le silence cotonneux de la solitude... les lents, les lueurs, les larmes, les morts, les yeux lucioles de son ombre peinte en rouge sur les murs de la chambre... Bruit long du silence, la lame qui tranche le beurre de la viande du poignet...

les lueurs, ses mains, ses gargouillis fantomatiques dans la pièce vide...

Les heures, les lents, les heures, les lents, les heures, les lunes, les lents, les larmes, les lunes, les lents, les heures...

Andy Vérol

William S. Burroughs

William S. Burroughs, né le 5 février 1914 à Saint-Louis au 4664 de Pershing Avenue[1] dans l’Etat du (Missouri), mort dans sa propriété de Lawrence de complications liées à une crise cardiaque[2],[3] à Lawrence (Kansas) le 2 août 1997, est un romancier américain.

Principalement connu pour ses romans hallucinés mêlant drogue, homosexualité et anticipation[4], il est associé à la Beat Generation et à ses figures emblématiques : ses amis Jack Kerouac et Allen Ginsberg. On retient de lui son utilisation littéraire du cut-up, technique mise au point dans une petite chambre d’hôtel rue Gît-le-Cœur à Paris avec Brion Gysin : le cut-up consiste à créer un texte à partir d’autres fragments textuels de toute origine (littérature, articles de presse, catalogues de vente par correspondance...) découpés de manière régulière, et remontés selon une logique prédéfinie, afin de faire émerger l’implicite, l’inavoué des textes de départ. Associé aux routines (récurrences de fragments du texte) tout au long d’une œuvre, le cut-up a également pour objectif de briser la cohérence logique imposée au discours par l’emploi du langage, considéré comme structure structurante. L’impression de semi-chaos générée par les cut-ups et de déjà-vu initié par les routines permettent de se rapprocher, au plan formel, de la logique de perception d’un individu plongé dans un environnement dont il ne maitrise par définition pas les stimuli. L’ensemble a pour ambition de faire faire à la littérature la même révolution que celle de la peinture lors du passage à l’abstrait.

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Publié le 14 janvier 2011  par torpedo


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