Je suis partie aujourd’hui
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7 minutes, montre en main, dans une chambre sans égards, le coup du lapin sublimé à heure de grande écoute, la pulsion prédatrice transformée en grand Art...
Une porte verrouillée sur une jeunesse à portée de bouche. Un baiser avoué. Et l’écran noir sur des corps en lutte...
Triste est mon âme, Tristane...
Je te découvre, visage chiffonné et pâle sur un écran d’ordinateur, cachant tes insomnies et ta peine dans un pauvre sourire.
A devoir te justifier encore et encore...
Doigt enfoncé dans la bouche, seins broyés et... cette graisse percutant ta peau.
Si douce.
L’innocence envolée dans une garçonnière d’une rue à effacer
Un jour où la pluie jouait sa teigne
Et ta folle fuite durant de longues années
Devoir aujourd’hui te remémorer ce souvenir sale
En boucle
Afin d’imprégner des cerveaux aveuglés par une partition
Où le droit de cuissage rime avec tableau de chasse
est ton difficile chemin de croix.
Dire les mots qui rétablissent les faits
Et toi, qui souffres de ne pas être entendue,
Douleur affichée aux commissures des lèvres.
Comment transmettre ta vérité lorsque les dés semblent pipés et que le « bourreau des cœurs », accueilli tel un séducteur maladroit théâtralise l’acte de contrition, paupières closes.
Ton cri est vital,
Il déchire le silence qui coiffe les victimes
Ton combat est salutaire,
Il métamorphose l’horizon bafoué
7 minutes ... ailleurs
D’autres... ici
Et il faudrait croire au bonheur ?
Courage Tristane
Il existe sur cette terre des gens qui t’aiment
Tu n’es pas seule.
Toi, Franca, tu penses à Tristane... Et à toutes les autres...
Qui se sont senties ‘sales’ d’avoir croisé un homme capable de l’innommable intention de s’approprier pour sa seule et exclusive jouissance une proie...
Toi, Franca, tu penses à Tristane au corps resté indemne mais blessé tout autant que par un scalpel peut être... Blessée aussi des silences ou des mots qui encourageaient le déni de ces quelques minutes ou tout a failli basculer...
Toi, Franca... Tu avais dans tes nouvelles parfois donnée vie, donnée cri, à ces chairs qui ensuite restaient muettes... Et tu savais que cela était le sort commun de beaucoup de tes sœurs...
Et toi, Franca, tu sais le poids des silences , la laideur des lâchetés des hommes, la possible complicité aussi des femmes dans l’éternelle servitude du sexe bafoué par des barbares dominants qui se croient virils de n’être que brutaux...
Alors merci pour elle et pour nous tous de trouver l’encre pour le dire...
Toi aussi Franca, ne lâches ... jamais !
Jacques Richaud 25 9 2011

