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Nathalie Ménigon : le cercueil capitonné

Catégorie société
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(JPEG) Aujourd’hui, est une sale journée comme le ciel plombé qui rejoint la ligne d’horizon en strangulant l’espoir.

Le verdict est tombé. L’oisillon décharné ne sortira pas de sa cage cadenassée. La justice en a décidé ainsi.

Nathalie Ménigon, ancien membre d’AD, ayant passé un tiers de sa vie en prison dans des conditions flirtant avec la torture mentale et le sadisme démagogique est vouée à s’éteindre derrière des murs de ciment, sans respirer ne serait-ce qu’une dernière fois, à l’air libre.

La France se targue d’avoir aboli la peine de mort. Elle l’a remplacée par l’agonie lente. Et nous assistons, complices, à ce rituel barbare, les pieds bien ancrés dans nos chaussures fabriquées par le tiers Monde, en feignant d’être surpris lorsque la violence nous éclate à la figure. Pour nous remettre les pendules à l’heure.

Nathalie Ménigon est gravement malade et aurait du bénéficier de la Loi Kouchner. Les juges ont décidé de l’emmurer vivante.

Cette femme n’aura donc connu que la haine.

Elle n’aura pas goûté à la joie d’être mère, la volupté d’aimer, le plaisir de flâner, les yeux rivés au sable.

En prison, on lui a ôté jusqu’à l’herbe folle qui pousse et le chat qui flâne afin de lui interdire l’accès à l’oxygène.

Sa vie n’aura été qu’un long tunnel noir.

La société et l’état pourvoyeurs de vengeance sont juste capables de lui tendre un miroir de monstruosités. La justice se chargeant d’appliquer l’arbitraire.

Nous nous promenons dorénavant dans un vaste cimetière baptisé univers carcéral. Les tombes y sont de plus en plus nombreuses et mal entretenues. Un bruit lancinant répète sa litanie sans répit. Ce sont des doigts fragiles qui grattent la terre nous indiquant les signaux de détresse d’une présence vivante. Pour combien de temps encore ? ... Et nous préférons observer le croissant de lune en occultant le cercueil capitonné.

La tristesse envahit ma viande.

Une société qui s’enferme dans ses peurs alors qu’elle en est la mère-pondeuse et qui ne sait pas reconnaître ses propres responsabilités nage dans les eaux boueuses du mensonge programmé.

Car on ne naît pas terroriste, on le devient.

Au berceau, il y a d’abord les rêves...

Quelle somme d’humiliations, d’injustices, d’inégalités fait traverser la rive pour rejoindre la lutte armée ?

Nathalie Ménigon a opté un jour, pour un chemin de traverse, elle a payé pendant dix-huit longues années sa dette à la société, sans faillir et sans se renier.

La Justice vient de lui passer la corde au cou.

Sans états d’âme.

De grâce, tournez-lui la face vers le soleil. Libérez-là.

Laissez Nathalie Ménigon se soigner hors des barreaux.



Publié le 1er juillet 2005  par franca maï


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