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Sorcellerie combat des femmes rebelles et des marginaux

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(JPEG) Il n’a jamais été bien vu dans nos sociétés occidentales d’être différent, artiste saltimbanque, trop amoureux, adorateur de la nature ou simplement pauvre. La persécution de ces êtres marginalisés -au fil des âges- nous le prouve bien.

Il n’est d’ailleurs pas exclu que ces temps maudits, puissent revenir si l’on se base sur les phénomènes cycliques de l’histoire des hommes.

La recrudescence actuelle des différents fanatismes religieux et l’attirance des violences corporelles peuvent aiguiller nos sens et notre flair.

L’homme n’a t-il toujours pas eu besoin de se repaître devant des spectacles de tortures et de mises à mort publiques ?...

On appelait autrefois sorciers : les marginaux, les érudits, les gens libres, les femmes guérisseuses et les artistes.

En 589, apparût pour la première fois le terme "sorcier", galvanisé essentiellement dans les campagnes.

Il semblerait que la sorcellerie ait deux origines : l’une est la transmission pure des traditions orales des vieilles religions antiques, qui ne firent que plier devant la propagation du christianisme. L’opposition -entre la religion célébrée en pleine lumière et les cultes nocturnes aux divinités vaincues- était née. Il y avait là une révolte religieuse.

Les lieux de rendez vous des sorciers se trouvant toujours auprès de monuments mégalithiques ou de ruines romaines. Les jours de Sabbat étant souvent les mercredi (mercure) et les vendredi (vénus).

L’autre origine serait de l’ordre de la révolte sociale. Le sabbat est alors parodie du catholicisme et invocation aux dieux morts. Il est également caricature des usages sociaux (hommages), et l’appel aux forces du mal pour trouver enfin sur terre le bonheur...

Les affaires de sorcellerie sont nombreuses du Moyen Age à la fin du 17è siècle. En fait, chaque fois que surviennent dans un pays des malheurs économiques ou sociaux.

Au moyen Age, la mystérieuse croisade des Pastoureaux conduisit vers Bourges des milliers de jeunes gens et d’enfants. La peste noire de 1348 amèna une vague de sorcellerie en Haute- Provence. Dans les Flandres au Xv è siècle, la Vauderie d’Arras née dans une époque d’incertitude politique causa des centaines de victimes : filles de joie, ménestrels, hommes et femmes de petite condition.

Les rebelles sociaux sont assimilés à des sorciers La persécution s’arrêta sur l’ordre de du duc Philippe Le Bon pour des raisons économiques et surtout parce que l’on commençait à poursuivre des gens nobles et haut placé

En Normandie, on s’en prenait aux bergers -libres porteurs de messages- rumeurs et idées subversives nommées « va nu pied ».

l’Église a au cours des âges, varié son opinion à l’égard de la sorcellerie. Jusqu’au 13 è, elle se montra plus tolérante envers les sorcières, puis vint un revirement terrible au 15è. De Jésus Christ jusqu’au 6 ème siècle, l’ Eglise considèra les démons comme des dieux paiens et par la suite considèrera les sorcières comme des victimes d’illusions.

Vers l’an 900, on conseilla de les chasser du territoire. Le fait est, qu’au 13 è, apparût le strict célibat ecclésiastique et les hérésies orientales.

Des frustrations des moines de l’époque naquirent de nombreux actes barbares.

Dès lors, on peut constater qu’il n’existe pas une figure de notable de sorcier dans l’histoire de la sorcellerie mais que de grandes sorcières !

Elles représentent le réceptacle vivant de tous les pêchés, de toutes les révoltes. Les moines chastes les ont condamnées, offensées dans leur nudité où ils cherchaient la marque du diable, sans pitié pour les réfractaires à leurs lois...

L’Église aura de plus en plus tendance au fil du 19 è siècle, à les considérer comme des malades mentales ou des possédées.

A la fin du moyen Age, les poursuites exercées contre les sorciers devinrent laïques. Cependant, l’Official (justice cléricale) eut encore, en maintes occasions, à connaître des cas de sorcellerie.

Le procès commence par l’information d’un fait dénoncé, une délation à laquelle s’ensuit une enquête. Les témoins sont présentés au juge ou on lit un monitoire pour « inviter » les fidèles à révéler ce qu’ils savent sous peine de représailles s’ils se montrent réticents dans leurs témoignagnes. On constitue ainsi l’accusation avec preuves qui entraine l’arrestation et la torture.

/« Sorcière est appelée celle qui a rougi ou tremblé devant le juge. Sorcière est appelée celle qui habite un village entaché de réputation maléfique. Sorcière est désignée celle chez laquelle des personnes sont mortes. Sorcier le blasphémateur et le vagabond. Sorcière le pauvre errante et sorcier le berger solitaire. Sorciers ceux et celles qui rôdent autour des cimetières au crépuscule ou qui ne crient pas pendant les tortures.... »./

Il fallait lors des procès éloigner l’accusée du magistrat et l’empêcher de toucher à la terre (mythe d’Antée). Aussi, on la plaçait dans une cage suspendue à un bâton porté par deux officiers de justice. La sorcière étant par essence maudite, le juge n’avait aucune précaution pour lui extirper des aveux. Non seulement la torture était de rigueur mais le juge pouvait en toute impunité mentir à l’accusée. . L’interrogatoire de la sorcière durait jusqu’à la lassitude du magistrat. En même temps on cherchait sur son corps la fameuse marque insensible faite pas le diable lors des Sabbats. Les chirurgiens enfonçaient de longues aiguilles sur le corps de l’accusée. La marque était souvent une cicatrice, un durillon, une corne quelconque...La prisonnière était ensuite jetée à l’eau. Coupable si elle flottait, innocente si elle coulait à pic. La peine de mort était celle du feu. Contrairement à ce que l’on croit le corps vivant n’était pas brûlé mais étouffé et léché par les flammes. Il était brûlé dans le bûcher et non pas dessus. Par un adoucissement de supplice, la sorcière était parfois étranglée avant...Accusées et condamnées à mort pour s’être adonnées aux pratiques orgiques, d’usages de substances illicites et d’érotisme torride.

Le juge Nicolas Remy envoya au bûcher trois mille sorcières et sorciers de 1576 à 1591 en Lorraine. H. Bouguet en exécuta six cents dans le Jura. De Lancre en envoya cinq cents aux flammes, essentiellement de très jeunes femmes et des enfants. En allemagne, pays ravagé par les guerres religieuses et les révoltes paysannes plus de trente mille victimes entre le 16è et le 18è siècle.

Avant de partir au Sabbat, la sorcière se frottait le corps d’un onguent mais avalait aussi une certaine drogue. Les cocktails trouvés dans les procès normands contenaient une très forte dose de Belladone. Margaret Murray dans son livre "le dieu des sorcières" indiquait aussi l’Aconit qui produit un rythme cardiaque irrégulier et la Belladone qui entraîne le délire. Il paraît possible que la combinaison des deux produise la sensation de vol. Le Sabbat, délire onirique, sera évidemment la transposition des désirs charnels plus ou moins refoulés à l’état de veille. La sorcière verra danser au Sabbat celui qu’elle désire.

Toutes ces pratiques faisaient des sorcières des personnages redoutables et redoutés.

Aujourdh’ui, ces Sabbats ont lieu dans nomnbreuses fêtes de pleine lune et de parties organisées dans la nature sans autorisation ou rien ne semble aux normes de la société actuelle. Et bien sûr qu’y retrouve t-on ? Des femmes libres et dévergondées, des rebelles, des saltimbanques, des atistes, des « va nu pied, des nomades, des chamans, des amoureux de la nature, les adeptes du voyage sans bouger, des errants et des pauvres...

Belle brochette de réincarnations de suppliciés bien décidés à prendre leur revanche sur les monsieurs propres de la pensée bourgeoise , catholique et les grands frustrés de la politique...



Publié le 27 décembre 2004  par manuji


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