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La mort est un thème prédominant dans l’oeuvre de Jean Genet, écrivain et poète maudit disparu en 1986 seul dans la solitude d’une chambre d’hôtel près de la place d’italie. Orphelin de père, abandonné par sa mère à l’âge de 1 an, pupille de la nation, Genet va mener une vie peu ordinaire , de familles d’accueil en maisons de redressement. Il va se forger un caractère et une personnalité à toute épreuve pour devenir un écrivain et un poète maudit un peu à l’image d’un autre écorché vif de la littérature Française : Antonin Artaud.
Il revendiquera aux yeux de tous son homosexualité et deviendra l’intime de Cocteau et de Sartre ;il verra par trois fois ses plus proches amis disparaître tragiquement, tout d’abord son compagnon, le résistant Jean Decamin, abattu sur les barricades le 19 août 1944 lors de la libération de paris .
Après la guerre Genet poursuivi sera incarcéré par la milice Française, au camp des tourelles - antichambre des camps de concentration- mais sous la pression des intellectuels français emmenée par Cocteau et Sartre il obtiendra la grâce du président Vincent Auriol (en 1951).
En 1956, il tombe amoureux d’un jeune acrobate de 18 ans Abdallah Bentaga qu’il va aimer passionnément mais ce dernier fragile et instable se suicidera en s’ouvrant les veines en mars 1964.
Genet est anéanti et envisage d’arrêter d’écrire et quitte la France mais il doit de nouveau affronter la mort de l’un de ses plus proches amis,Richard Frechman qui se suicide en mars 1967.
Il s’engage pour le combat de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs immigrés en France au coté de Marguerite Duras en 1970, puis quitte la même année l’Europe pour se rendre clandestinement aux Etats -unis où il est sollicité par les Blacks panthers pour défendre leurs causes. Recherché par les autorités Américaines, il doit s’enfuir en mai 1970 et regagne paris où il continue de militer en faveur des immigrés maghrébins jusqu’en 1974 date où il s’installe à Tanger avec son nouveau (et dernier) compagnon Mohamed El -Katrani.
Il apprend en 1979 qu’il est atteint d’un cancer de la gorge mais continue d’"écrire et de militer.
Le 19 septembre 1982, il est l’un des premiers Européens à entrer dans le village de Chatila deux jours seulement après le massacre des deux camps : Sabra et Chatila
Il décrira l’horreur de cette découverte dans un article enflammé : 4 heures à Chatilamais la maladie le gagne et il s’isole petit a petit du monde des humains et c’est dans un dénuement proche de la misère qu’il s’éteint
seul, à Paris, dans une chambre d’hôtel de voyageurs, le 15 avril 1986.
Il est enterré dans le cimetière Espagnol du petit village Marocain de Larache, au bord de la Méditerranée.
Ses deux principaux romans sont : Notre dame des fleurs (écrit à la prison de Fresnes en 1942)et Querelle de Brest adapté au cinéma par Rainer .W. Fassbinder en 1982.
Immense écrivain pour le théâtre Genet a écrit des pièces inoubliablesdont la plus célèbre reste les Bonnes (1946) inspirée du fait divers des Soeurs Papin, doubles meurtrières au Mans en 1933.
Poète torturé et engagé il laisse des textes sublimes plein d’émotions et de frissons.
J’ai choisi pour illustrer cet hommage à Genet, un extrait du condamné à mort écrit en prison en 1942 à la mémoire de Maurice pilorge assassin de 20 ans exécuté à St-Brieuc, en 1939.
Le ciel peut s ?éveiller, les étoiles fleurir
Ni les fleurs soupirer et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire
O Viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde !
Visite dans la nuit ton condamné à mort
Arrache toi la chair, tue, escalade, mords
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau
Qu’il fait pâlir le jour
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