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Réformer ou Révolutionner ? par Ashoka

Catégorie politique
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(GIF) Le système économique et social en vigueur en France et dans le reste du monde ne fonctionne pas.

À moins d’être un privilégié ou un manipulé (les deux sont aussi dangereux), on s’en rend compte en contemplant l’état de délabrement du système et sa déliquescence qui s’accentue au fil des ans, avec toutes ses conséquences pour l’emploi, le bien-être social et le bonheur des Français !

Face à cela on peut essayer de réformer le système par petites touches aussi timides qu’inefficaces comme le tente vainement le projet social-démocrate d’humaniser le capitalisme, ou tout reconstruire par la révolution en remplaçant le capitalisme par un autre système. Je plaide pour la seconde méthode.

Une histoire de la mythologie est restée célèbre lorsqu’on évoque l’utilisation d’un moyen radical pour solutionner un problème, c’est celle des écuries d’Augias, fils d’Hélios, qui régnait en Elide dans le Péloponnèse.

Il possédait un nombre important de troupeaux, mais en négligeant de nettoyer le fumier qui s’amoncelait dans les écuries, il avait créé deux problèmes importants dans son pays : d’une part, il avait rendu la terre infertile en la privant de cet engrais et d’autre part, le fumier qui s’était accumulé risquait de contaminer l’ensemble du pays.

Après avoir ouvert un passage dans les fondations de l’écurie, on parvint à dériver dans cette direction le lit de deux rivières, Pénée et Alphée, dont le cours débarrassa en un jour les écuries du fumier qui fut répandu dans toute la plaine d’Elide.

La lecture de « Discours et messages » de Charles de Gaulle m’a laissée pantois car je me suis rendu compte qu’il partageait mon point de vue sur la question et était en faveur de révolutionner le système de façon radicale. Je cite le brave Général : « Ni la police, ni les tribunaux, n’atteindront le mal dans sa source, qui est le système économique et social actuellement en vigueur. Il faut avoir, tandis qu’il en est temps, assez d’esprit et de cœur pour réformer ce système-là. Les primes, les conventions collectives, ne sont que des palliatifs qui ne résoudront pas le problème. En vérité, il n’y a que deux solutions : le Communisme ou l’Association ».

Ça vous la coupe que De Gaulle admette que le Communisme était une des deux solutions, pas vrai ?

Pourtant c’est inscrit noir sur blanc dans ses ouvrages.

Les disciples du Général ont été trop timides et pas très motivés pour abandonner leurs privilèges en appliquant certains principes de la troisième voie prônée par leur illustre modèle.

On peut citer un grand nombre d’essais foireux, parce trop timorés dans leurs objectifs réels, de la théorie gaulliste de la participation au capital, de la participation aux résultats et de la participation aux responsabilités :

-  Les opérations d’ouverture du capital des entreprises publiques réalisées par les gouvernements Chirac (1986-1988) et Balladur (1993-1995).

-  La loi du 25 juillet 1994 qui prévoit en outre la représentation facultative d’un ou deux salariés actionnaires au conseil d’administration lorsque les salariés détiennent plus de 5% du capital de leur entreprise.

-  La participation aux résultats par l’actionnariat des salariés (amendement Vallon du 12 juillet 1965).

-  Les options d’achat d’actions (stock options), dont l’attribution est tout sauf transparente et qui sont actuellement réservées, en fait, aux seuls cadres dirigeants.

-  L’ordonnance du 7 janvier 1959 qui « tend à favoriser l’association ou l’intéressement des travailleurs à l’entreprise « et qui a institué un premier régime facultatif de participation aux résultats, versée immédiatement.

-  L’ordonnance du 17 août 1967 « relative à la participation des salariés aux fruits de l’expansion des entreprises » a créé un second régime de participation différée aux bénéfices, les sommes étant bloquées cinq ans au sein d’une réserve spéciale de participation.

-  La participation des salariés aux responsabilités (cogestion), à peine amorcée par l’ordonnance du 22 février 1945 instituant les comités d’entreprise, est le volet le moins développé de la participation gaulliste. L’ordonnance du 21 octobre 1986 ne prévoit elle aussi qu’une participation facultative des salariés au conseil d’administration de leur entreprise.

On le voit, alors que De Gaulle prétendait que « certaines mesures ne suffiraient pas, mais qu’il faudrait une solution radicale comme le Communisme ou l’Association », ceux qui se présentent comme les fidèles de la doctrine gaulliste n’ont proposé que de timides versions de participation, sans jamais évoquer d’association.

Pour sa part, la gauche est fidèle à son attachement à la lutte des classes, ce qui est bien normal puisqu’il va bien falloir aller repiquer une partie du capital gigantesque détenu par les privés.

Quand elle a été au pouvoir, cette gauche socialiste n’a envisagé la cogestion que dans le secteur public, en votant la loi de démocratisation du 26 juillet 1983, au lieu de prendre des mesures pour révolutionner le système.

Alors que la propriété des moyens de production et du capital, la direction des entreprises, et le bénéfice qui découle de son activité n’appartiennent actuellement qu’aux capitalistes, ceux qui n’ont ni la propriété, ni la direction, ni le bénéfice se trouvent dans un état d’aliénation. Je cite encore De Gaulle dans le même ouvrage : « Non ! Le Capitalisme du point de vue de l’homme n’offre pas de solution satisfaisante ».

Il est surprenant de constater que la troisième voie n’ait pas encore été appliquée, alors qu’elle est prônée par tant de partis.

Les partisans du socialisme associationniste et non marxiste et du christianisme social veulent remplacer la propriété capitalistique des moyens de production et le salariat par l’association, tout comme les tenants de la troisième voie gaulliste. Ou encore Tony Blair, dont la doctrine se situe entre néo-libéralisme et la social-démocratie.

Ces « troisièmes voies » sont encore trop timides et timorées.

Voyez les effets pervers des fonds de pension qui, grâce à l’épargne populaire issue des actifs détenus par les caisses de retraite, instituent un capitalisme global qui se sert des fonds qui sont en fait la propriété des travailleurs pour appauvrir d’autres travailleurs.

Encore récemment, des fonds de pension américains ont pris des participations en France, chez Accor, Buffalo Grill, Taittinger, ou des groupes cartonniers. Ces acquisitions se font sans tenir compte des principes des peuples et de leurs idéaux, alors que ces peuples possèdent en réalité le capital qui sert à de telles transactions, mais n’en ont pas l’usage !

Le Communisme n’a pas fonctionné jusqu’ici car ceux qui en ont eu le pouvoir ont choisi la voie de l’économie administrée.

L’administration n’est pas, en effet, le meilleur moyen pour faire marcher quelque chose, on le sait.

Mais il ne faut pas jeter l’enfant avec l’eau du bain.

Seuls, le Communisme ou l’Association sont des solutions comme le disait De Gaulle. Le tout est de savoir quel gouvernement saura faire réussir l’un, ou l’autre.

Ce sera un gouvernement élu par des électeurs qui en auront soupé des magouilles du capitalisme et des politiciens, et qui exigeront que la propriété du capital lui revienne, tout comme la direction des entreprises et le bénéfice qui découle de l’activité des travailleurs.

Vive le capitalisme public ! Par la révolution, le Communisme et l’association réelle.

source : altermonde.village



Publié le 27 septembre 2005  par torpedo


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