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Grèves et manifestations du 04 octobre

Catégorie actualité
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Grèves et manifestations plutôt bien suivies mardi-matin

PARIS (AP) — Les mouvements de grève déclenchés mardi dans toute la France semblaient plutôt bien suivis dans la matinée, conduisant les syndicats à faire part de leur satisfaction et à exiger des réponses du gouvernement sans attendre la fin de la journée. Les premières manifestations montraient aussi une forte mobilisation dans la rue.
La plus grosse manifestation de la matinée a eu lieu à Marseille avec un défilé de 30.000 personnes selon la police, 100.000 selon les organisateurs, en présence notamment des salariés de la SNCM. 
A Grenoble, le cortège a rassemblé entre 13.000 à 15.000, et 50.000 personnes selon les sources mardi matin. "Ensemble, gagnons le plein emploi. Augmentation des salaires pour tous", pouvait-on lire sur la banderole de tête du cortège.
Au premier rang, les salariés de Hewlett-Packard, où 1.240 emplois risquent d’être supprimés en France, étaient nombreux, portant notamment une banderole : "HP recherche informaticien parlant chinois, indien ou roumain".
A Nantes et Clermont-Ferrand, 10.000 personnes selon la police, 20.000 selon les syndicats ont aussi manifesté. Les protestataires étaient également entre 6.500 et 15.000 à Tours, selon les sources, ou encore entre 2.000 et 6.000 à Ajaccio où des incidents ont émaillé la fin du défilé.
Au total, quelque 150 défilés et rassemblements sont prévus dans toute la France ce mardi. A Paris, les manifestants défileront à partir de 14h30 entre la place de la République et celle de la Nation.
Si des appels à la grève ont été lancés dans tous les secteurs, c’est dans les services publics que les mouvements étaient les plus visibles mardi matin.
Premiers visés, les transports urbains étaient fortement perturbés dans de nombreuses villes en province avec notamment un trafic totalement paralysé à Alès, Boulogne-sur-mer, Caen pour le tramway, Clermont-Ferrand, Dunkerque, Givors, Lyon pour le métro, Marseille, Nice, Pau, Sète ou encore Valenciennes, selon l’Union des transports publics (UTP).
A la SNCF, le trafic était "conforme aux prévisions" avec 60% des liaisons TGV et 40% des liaisons Corail assurées. Les plus grosses difficultés étaient observées dans les liaisons régionales et en banlieue parisienne.
A Paris, la situation semblait en revanche bien calme avec une moyenne de deux métros et bus sur trois en circulation et une circulation routière plutôt fluide, selon la préfecture de police.
A l’Education nationale, on comptait 50% de grévistes dans le premier degré et 54% dans le second degré selon les syndicats, le ministère faisant état de son côté de moins de 50% de grévistes avec, à la clé, la traditionnelle querelle de chiffres.
Autre service public, La Poste faisait état de 15% de grévistes parmi le personnel. Selon le ministère de la Fonction publique, on comptait également 38% de grévistes aux Finances ou encore 36% au ministère de l’Emploi.
Forts de ces premiers résultats, les syndicats attendent que le gouvernement apporte des réponses sur les revendications posées : salaires, emplois, et droit du Travail.
"La mobilisation sera forte et, dans la journée, cela va monter crescendo avec jusqu’à 150 manifestations", soit "plus que le 10 mars" dernier, a assuré le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly sur LCI. "Cela veut dire que cela répond bien du côté des salariés : leurs inquiétudes, leurs revendications, leurs mécontentements sont réels comme viennent de le montrer différents sondages" avec "trois quarts des Français (qui) soutiennent cette journée", a-t-il souligné. "Il y a un vrai malaise social".
Il a affirmé que les syndicats ne laisseraient pas 15 jours au gouvernement pour répondre. "Je ne lui demande pas obligatoirement une réponse ce soir, mais dans les jours à venir, il faut qu’on ait des réponses" et "en fonction des réponses, on verra ce qu’on fera".
Les syndicats vont "laisser un minimum de temps au gouvernement et au MEDEF", a précisé de son côté le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sur France Inter. Mais pour lui également, "le principe est d’ores et déja acquis de se voir prochainement pour envisager des suites". AP


La manifestation de Paris interpelle gouvernement et patronat

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Moment fort d’une journée de mobilisation nationale, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Paris pour dénoncer la politique économique du gouvernement et l’attitude des entreprises accusées de sacrifier les salariés sur l’autel du profit.

Le cortège étiré entre la place de la République et celle de la Nation a rassemblé 150.000 personnes, selon la CGT, comme lors de la journée d’action du 10 mars dernier.

"Ensemble pour l’emploi, le pouvoir d’achat, les droits des salariés du public et du privé", pouvait-on lire en lettres rouges sur fond jaune sur la banderole de tête, tendue par les principaux responsables syndicaux du pays.

"Je ne vois pas d’alternative pour le gouvernement et le patronat que de montrer très précisément et très concrètement, dans les jours qui viennent, par des actes précis, qu’ils ont entendu le message des grèves et des manifestations d’aujourd’hui", a déclaré Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, avant le départ du cortège.

Comme lui, d’autres leaders syndicaux ont appelé le gouvernement à écouter les messages envoyés lors de cette journée.

"C’est pas une fête aujourd’hui. Aujourd’hui, les salariés font entendre leurs revendications", a dit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. "C’est une journée qui va être réussie, raison de plus pour que le gouvernement se débouche les oreilles."

Pour François Chérèque, numéro un de la CFDT, les autorités doivent être plus sévères avec le patronat.

"On attend du gouvernement qu’il soit beaucoup plus exigeant vis-à-vis des entreprises et qu’il contrôle l’utilisation des 22 milliards d’aides qu’il leur donne tous les ans, en particulier en matière d’emploi et de salaires", a-t-il dit.

Plusieurs responsables politiques se sont joints au défilé bruyant et compact, surmonté d’une forêt de drapeaux rouges. Parmi eux, la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, et le socialiste Jean-Luc Mélenchon.

"NE PAS SE RÉSIGNER"

"C’est à travers la lutte sociale qu’il faut créer le rapport de forces avec le gouvernement", a déclaré le sénateur de l’Essonne.

"Nous devons avoir pour attitude de ne pas nous laisser faire. Il ne faut pas céder, il ne faut pas nous résigner, il ne faut pas se décourager. Ce qui se joue, c’est une manière de vivre ensemble, et moi je suis très heureux de cette manifestation", a ajouté ce proche de Laurent Fabius, dont les partisans avaient choisi le slogan "Respectez notre ’non’", en référence au référendum sur la Constitution européenne du 29 mai dernier.

Rassemblés en début de cortège, les salariés de Hewlett-Packard ont dénoncé le plan social décidé dans leur entreprise par des slogans comme "la Bourse m’a ’tuer’".

"J’ai 50 ans et je vais être licenciée", avait écrit sur sa pancarte une salariée du groupe informatique, Rose-Marie Renard, venue protester "contre un plan qui n’a pas lieu d’être, qui n’est fait que pour faire monter le cours de l’action".

A ses côtés, un responsable syndical de HP aux Etats-Unis, venu spécialement pour l’occasion, tendait des drapeaux français et américain cousus ensemble.

La défense des services publics, des salaires, et la lutte contre la précarité ont aussi été largement évoquées. "Ni libre concurrence, ni privatisation", "non à la précarité, non aux réformes Villepin", "Logement social, priorité sociale", ont scandé les manifestants venus de toute la région Ile-de-France, parfois de plus loin.

"Il y en a assez de cette politique de non négociation, où l’on impose tout par décret et où l’on ne fait de cadeaux qu’aux riches", lance Patrick Letellier, ouvrier du livre en préretraite.

Monique, qui travaille à l’Unedic, se dit "scandalisée par la libéralisation à outrance". "On n’a jamais vu autant de chômeurs ; on n’a jamais vu autant de dividendes versés aux actionnaires", fait-elle remarquer. "Ce ratio n’est plus possible."



Publié le 4 octobre 2005  par torpedo


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