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Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac

Catégorie politique
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(JPEG) La France, celle de beaucoup de Français, est un pays ouvert ; un pays fier d’être à l’origine des Droits de l’Homme ; un pays fier de sa culture humaniste ; un pays fier de son siècle des Lumières ; un pays fier de son ouverture sur le reste du monde.

Mais c’est aussi un pays qui a honte de que fut le gouvernement de Vichy ; des rafles organisées par Vichy ; des expulsions de tant de juifs vers les fours crématoires des nazis, organisées par Vichy ; c’est un pays qui a encore honte, de la colonisation du Vietnam et de l’Algérie ; c’est un pays, pour ceux qui savent, qui a honte de ces deux guerres, qui a honte du comportement des colons et des militaires et des politiciens qui dirigeaient tout cela.

C’est un pays qui, comme partout, hélas, compte une minorité de racistes, cette gangrène des démocraties ; mais c’est un pays qui aime la liberté, qui aime la vie.

C’est un pays qui n’aime plus la guerre, qui n’a que faire de l’esprit militaire, qui n’a que faire de la discipline de « grand-papa », qui n’a que faire et trouve ridicule d’enseigner obligatoirement un chant barbare aux gamins des écoles.

C’est un pays frondeur et, même si nos ancêtres les Gaulois sont un peu loin de nous, c’est un pays qui a gardé l’esprit de révolte. C’est ça la France !

C’est ça que Nicolas Sarkozy n’a pas compris et c’est ce qui le perdra.

Je ne suis pas, vous le savez, vous qui me lisez depuis deux ans, un nationaliste, ni ce qu’on appelle un « patriote ». Non, je suis un homme né, au hasard, en France au début des années cinquante. Ma nationalité est humaine ; ma patrie, c’est la terre. Point.

Je suis, en revanche, attaché à la culture du pays où je suis né ; je suis, ou plus exactement, j’ai complètement adopté l’esprit de révolte permanente des Gaulois, permanente dans le sens où elle reste nécessaire tant que les injustices ne sont pas supprimées.

Je crois profondément, que le peuple français, d’aujourd’hui, dans une large majorité, refuse, rejette, vomit même la politique américaine que veut importer et nous imposer Nicolas Sarkozy.

-  Croyants ou incroyants, nous refusons l’emprise du religieux sur nos vies, contrairement à nombre d’Américains qui en sont prisonniers. Nous sommes, majoritairement, attachés à la laïcité.

-  La guerre contre l’Islam, nous y sommes majoritairement opposés comme nous l’avons montré à propos de l’invasion américaine en Irak.

-  Majoritairement, nous sommes opposés, et c’est catégorique, au néolibéralisme et ses dérives néoconservatrices. Et nous nous y opposerons toujours.

-  Majoritairement, parce que nous aimons la liberté, nous sommes opposés aux dictateurs et à tout esprit dictatorial.

Les actes et décisions de Nicolas Sarkozy ne sont pas les décisions de la France

ce sont les siennes !

Il n’a pas la légitimité d’incarner la France, lui dont la mentalité est à l’opposé de l’esprit français. Les décisions en matière d’immigration qu’il veut prendre, en son nom, ne sont pas les décisions du peuple. Rejeter les immigrés pauvres ; tout faire pour interdire l’immigration d’étrangers malades, sont des décisions d’égoïstes, d’esprit racorni, c’est un esprit petit bourgeois ne voyant que son intérêt de caste.

Ce n’est pas la France !

Sa décision de favoriser l’arrivée des étudiants, plutôt riches, plutôt doués est encore une décision d’égoïste et de calculateur en plus d’être l’image parfaite du colonialiste pillant les pays pauvres forcément méprisés.

Ce n’est pas la France !

Sa décision de « boucler » le pays sous un réseau de caméras chargées d’espionner nos moindre faits et gestes, c’est la décision d’un type qui a peur au plan personnel, tant pour son pouvoir qu’il ne veut pas voir échapper, que pour sa peau.

La peur, ce n’est pas la France et ça ne doit pas devenir la France !

Nicolas Sarkozy n’incarne rien de l’esprit de ce pays.

Aux Etats-Unis, qui adorent ce genre de personnage, sans doute, serait-il bienvenu ; peut-être le serait-il aussi, en Hongrie, le pays de son père. Mais pas ici, sa mentalité n’a rien de commun avec la mentalité de la France.

Par cette mentalité, il met le pays en danger ; danger de fermeture sur soi-même ! Danger de vieillissement précoce de la mentalité française ; danger d’étouffer toute créativité ; danger de « marchandiser » toute vie dans ce pays ; danger de voir notre pays livré aux seuls intérêts de l’empire américain ; danger de briser toute cohésion nationale et sociale.

Par l’esprit de haine qu’incarne sa politique tout comme ses discours, il suscite la levée d’un magnifique groupe de résistants, dont les membres sont de plus en plus nombreux au fil des semaines.

Mais, il suscite également une pléiade de « collabos » qui ne peuvent que réveiller en nous le souvenir de Vichy, de son esprit pourri, de ce gouvernement qui ne représentait que les intérêts de quelques puissants et de quelques « élites » de l’époque.

C’est ainsi qu’on assiste, hélas, trois fois hélas, à l’arrivée de la lâcheté

tel employé de la poste qui prévient la police qu’un sans papier se trouve dans le bureau de poste ; tel proviseur qui offre à la police le « trombinoscope » de tous les élèves de son établissement ; tel employé de préfecture qui prévient la PAF de la présence d’un sans papier dans ses locaux ; tels quotidiens, télés, radios qui encensent sans arrêt les faits et gestes du ministre à l’exemple de ce qui se faisait sous Vichy.

C’est une France qui se déchire : D’un côté, une France lumineuse qui résiste et de l’autre, une France opaque qui collabore.

Avoir désigné cet homme à la tête d’un ministère aussi sensible que l’Intérieur n’est pas une erreur du chef de l’Etat et du Premier ministre, c’est une faute !

Les premiers à payer le prix de cette faute grave, ce sont les immigrés et sans papiers ; ensuite ce sont tous ces jeunes, si nombreux, bousculés, tabassés, pour certains même emprisonnés, diffamés et finalement pillés par une police et une Justice aux ordres au travers du prétexte d’outrage, véritable cadeau aux chasseurs de primes.

Mais la France n’est pas le Far West !

La France, Nicolas Sarkozy, n’est pas l’Amérique et n’a pas vocation à le devenir, pas plus qu’elle n’a vocation à devenir l’une de ses colonies.

L’emblème du pays est et reste le coq...

J’aime cette image. Elle évoque le veilleur, celui qui est chargé de réveiller les dormeurs. Avant tous les autres, il sent poindre le jour. C’est cela, sans doute, la vocation de ce pays, s’il reste fidèle à son esprit : Sa vocation, c’est d’alerter le monde des dérives mortelles et lorsqu’il le peut, de les arrêter net. Nous l’avons fait, le 31 mai dernier. Nous le referons, car je sens, viscéralement, monter les germes de la révolte, les germes du dégoût face à une politique qui n’est pas la politique de la France, qui n’est qu’une politique importée que tentent de nous imposer Nicolas Sarkozy, ses complices et ses admirateurs.

Tous ceux qui aiment la France de la liberté, la France des droits de l’Homme, la France humaniste, ne peuvent que se ranger du côté des résistants et le devenir eux-mêmes.

source : altermonde.le village



Publié le 13 octobre 2005  par Jean Dornac


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Forum de l'article
  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    14 octobre 2005, par axus
    je suis totalement en phase avec cet article. Tout, dans son comportement inquiète. Il n’y a qu’à voir son regard, ses tics, ses discours, ses prises de positions, ses relations, son populisme et bien d’autres choses encore... Comment expliquer la complaisance des médias devant les (très) grosses ficelles de notre sinistre de l’intérieur ? Heureusement, moi aussi, je crois que la résitance s’organise. Vive le net et virons le n...t en 2007
  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    14 octobre 2005, par brigitte berthaux
    merci monsieur jean dornac ,votre article est limpide ,simple ,accessible, compréhensible il s adresse a tout le monde ,ce qui n est pas tjrs le cas .en effet ,les articles de presse sont parfois réserves à une élite intellectuelle ....alors que comprendre est notre meilleure défense .la presse est censé nous informer mais elle creuse encore plus l écart entre moi et les gens qui ont eu accès aux etudes,rester dans l ignorance c est donner a sarkozy les moyens de sa politique il fait du populisme pour s adresser a nous la populace , sa perversion me fait peur....alors aidez nous, monsieur dornac informez nous aidez nous à comprendre pour mieux nous défendre contre les loups....
  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    14 octobre 2005, par pierre

    Bravo monsieur DORNAC d’affirmer vos convictions et d’entrer et organiser la résistance !! Etes vous satisfait de notre Président et Cornac en Chef ???

    Cocorico ! Et Bonne nuit !! Continuez à faire du verbe ! ET SURTOUT NE CHANGEONS RIEN !!

  • Heureusement, Sarkozy n’est pas (encore) la France
    14 octobre 2005, par bpesti

    Juste deux petites remarques en passant :

    -  Il n’est pas très élégant d’évoquer l’origine hongroise du père de notre ministre. Chez les Allemands, pendant la guerre, on inquiétait les gens parce qu’un membre de leur famille n’était pas en phase avec les idées hitlériennes.

    Je pensais, naïvement, que cette époque et ces façons d’agir sont disparues à jamais. L’auteur de cet article est tombé dans le piège. Sa haine pour Monsieur Sarkozy, l’aveugle et l’a fait déraper.

    -  Les pieds noirs apprécieront la phrase sur la colonisation de l’Afrique du Nord. Les hôpitaux, les routes, les écoles, les universités étaient quand même l’oeuvre de ces affreux colonisateurs.

    À part ces deux petits "détails", il y a beaucoup de choses vraies dans l’article. Monsieur Jean Dornac a surtout le mérite de dire haut et fort, ce que une grande partie des Français pense tout bas.

  • > Heureusement, Sarkozy n’est pas (encore) la France
    14 octobre 2005, par Jean Dornac

    Bonjour à tous,

    D’abord, je veux remercier tous ceux qui soutiennent mon texte et ma réflexion. J’en suis touché. Pardonnez-moi de ne pas répondre individuellement à tous.

    Pour ce qui concerne bpesti, je voudrais préciser deux ou trois choses qui, à mes yeux, sont importantes :
    -  Le fait que Nicolas Sarkozy soit, par son père, Hongrois, ne me pose rigoureusement aucun problème. Ce fait est largement connu des Français, il n’y a donc nulle comparaison à faire, à mon avis, avec les Allemands pendant la dernière guerre. Mais si je précise ce fait, vous comprenez bien, je pense et je l’espère, que c’est parce que M. Sarkozy étant un fils d’immigré récent, sa guerre contre les immigrés actuels est d’autant plus choquante. Il y a là quelque chose qui touche à l’absurde...
    -  Autre point que je dois contester. Vous avez des excuses concernant l’accusation que j’agirais par haine, parce que vous ne connaissez pas mes autres écrits. Même si la frontière est des plus minces, non, je ne connais pas la haine, ni contre lui, ni contre personne d’autre. Ceux qui me connaissent, le savent. Aussi, je tiens à préciser que j’attaque, et le plus fortement possible, les idées de M. Sarkozy, mais pas l’homme. Vous ne trouverez dans mes écrits aucune attaque contre l’homme. Je m’y refuse rigoureusement. Mais concernant les idées, si je crois en la démocratie, si je crois et désire pour nous tous, une vie meilleure, je ne peux que combattre totalement les idées de cet homme.

    Vous savez, sur mon site, j’ai précisé que je publierais un texte de Nicolas Sarkozy s’il venait à me demander de le faire. Là, c’est une question de respect de l’homme, comme je veux le faire pour tout homme. Bien entendu, ensuite, je me réserverai le droit de répondre. Si j’avais la haine contre lui, comme vous le pensez, je ne ferais pas une telle proposition.

    Enfin, pour la colonisation, qu’on me démontre que tout ce que vous précisez a été fait pour les Algériens... Je ne crois et n’ai jamais cru, que la colonisation, quel que soit le pays qui la pratique, grandisse l’homme et soit faite pour le bonheur des colonisés. Démontrez-moi le contraire... Voyez donc ce qui se passe, aujourd’hui, en Palestine ou en Irak... deux pays victimes des "bienfaits" du principe de colonisation...

    Amicalement Jean Dornac

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    14 octobre 2005, par reven

    Cet article incarne a mon sens la France a deux vitesses
    -  celle qui a de l’ambition et souhaite un avenir a ces enfants.
    -  Celle qui conteste et qui nous conduit a culpabiliser et en passant nous ameme aux oubliettes de l’histoire.

    typique de Francais que je ne supporte plus..D’ailleurs je vis a l’etranger, parle Anglais, Chinois, Allemand... Pas de Lecon a recevoir de ceux qui croit dans un pays imaginaire (terre des droit de l’homme) alors que la France se fait condamner tous les ans pour ces manquements aux droit de l’homme. J’appartiens a ce nouveau type de Francais : Nationaliste, liberal, moderniste, humaniste...Une belle synthese qu’il vous est difficile de comprendre.

    Je ne peux m’empecher d’etre un peu triste de ceux qui comme vous n’aiment plus la reussite ou vivent sans ambition autres que de sauvegarder poussiere et mirage d’une France qui n’existe pas !

    A bon entendeur...

    • > raven n’est pas la France et ne le sera jamais de ......
      14 octobre 2005, par berthaux brigitte
      bonjour reven, je fais partie des français que tu méprises ,mais tu as raison j ai mal a faire uneseul et rien qu une seule synthese avec ces seuls mots nationaliste ,liberal,modesniste, et humaniste à moins que l humaniste soit l antithese des autres "maux"
    • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
      14 octobre 2005, par mata a ri

      Salut Reven,

      A quoi te servent tes 5 langues puisque tu ne sais que communiquer ton ambition aux dents redoutables en marchant allègrement sur les cadavres des SDF et ceux des futurs exploités.

      Tu es certain qu’elle est belle ta vie ?...

      Allez sincèrement...

      Réfléchis... elle est si belle que cela ta vie ?

      Cette course infernale où tu confonds amour et service payant, exploitation et travail, où tu ne vois plus ta tribu car cette ambition malsaine à laquelle tu fais allusion entraîne également la "pressurisation" de ton temps jusqu’à l’aveuglement ?

      Pour aller où au bout du compte ?... Direct dans un cercueil comme tout le monde.

      Nous finissons tous ainsi.

      Alors tu vois Reven, je préfère parler la langue musicale, celle qui est universelle et nous sensibilise. Elle n’a pas de frontières.

      En prenant mon temps et en réfléchissant au monde qui épanouirait réellement nos enfants.

    • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
      14 octobre 2005, par Jean Dornac

      Bonjour Reven,

      Vous avez le droit de penser ce que vous voulez. Vous avez le droit aussi de le dire. Mais, affirmer que des gens comme moi se désintéressent de l’avenir de leurs enfants, signifie que vous n’avez rien compris ou que vous êtes d’une parfaite mauvaise foi.

      Pour vous, si je vous comprends bien, l’avenir de nos enfants se réduit à la réussite comprise à la manière anglo-saxonne. Heureusement que je ne suis plus un enfant, parce que, là, j’angoisserais.

      Pour les "vieux" comme moi, qui ont fait, modestement en ce qui me concerne, 1968, mais aussi pour un humaniste de mon genre, l’avenir d’un enfant c’est avant tout qu’il devienne un être cultivé, capable d’être créatif parce que libre, aimant la liberté, laissant l’argent à sa véritable place, c’est-à-dire modeste, considérant que la vie c’est tout sauf l’économie qui n’est jamais rien qu’un outil parmi d’autres au service des humains. Dommage que les anglos-saxons considèrent que ce soit l’humain qui est l’outil au service de l’économie. La vie, c’est aimer, oui, aimer.

      Mais comment aimer dans un monde où seule la compétition est mise en avant ? La compétition, celle qui assure la réussite qui semble être votre guide, signifie "tuer l’autre", si ce n’est sa vie, c’est du moins ses chances de réussite. Comment aimer lorsqu’on veut être le meilleur ? Etre le meilleur signifie forcément écraser l’autre. Comment aimer la vie, les humains, lorsqu’on n’a en tête que son tableau de marche vers la glorieuse réussite ?

      Votre "réussite" vous conduira à faire du "chiffre". Nous voyons, en France, aujourd’hui, ce que donne faire du chiffre : c’est prendre des enfants dans les salles de classe pour les expulser ; c’est laisser des enfants seuls dans la rue parce qu’on a raflé leurs parents ; c’est expulser des pères de famille en imposant l’angoisse et la misère aux mères et enfants qui restent en France.

      Si c’est cela l’avenir de nos enfants, non, nous ne partageons pas la même vision de l’avenir et je me dis que j’ai de la chance d’avoir déjà un certain âge. Parce que si nous échouons à écarter des gens comme Nicolas Sarkozy, alors la haine certaine remplacera la possibilité de l’amour. Et la vie de nos enfants sera une horreur que je ne désire pas voir...

      Autre précision : Tout à fait d’accord sur le fait que la France ne peut plus se dire le pays des droits de l’homme. Tout simplement à cause d’individus comme Sarkozy et quelques autres avant lui. Aussi, nous sommes de plus en plus nombreux pour que ce pays redevienne la terre des droits de l’homme. Et tant pis pour les grincheux, les égoïstes et brutes !

      Et comme le dit si bien Brigitte, j’aimerais, moi aussi, que vous m’expliquiez comment vous faites pour vous déclarer à la fois nationaliste, libéral, moderniste et... humaniste. D’accord pour l’assemblage des trois premiers mots, mais pour le dernier il est antinomyque avec les autres. Je vous laisse découvrir en quoi... Bonne réflexion...

    • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
      14 octobre 2005, par le Normand

      pour Reven

      typique de Francais que je ne supporte plus..D’ailleurs je vis a l’etranger,

      Vous n’êtes donc pas ici pour vous rendre compte de ce qui va ou ne va pas ?

      Nationaliste, liberal, moderniste, humaniste...Une belle synthese qu’il vous est difficile de comprendre.

      effectivement je ne comprend pas cette synthèse. Surtout humaniste, dans cette liste de mots.

      Je ne peux m’empecher d’etre un peu triste de ceux qui comme vous n’aiment plus la reussite ou vivent sans ambition autres que de sauvegarder poussiere et mirage d’une France qui n’existe pas !

      Permettez moi de vous retourner le compliment et d’être triste pour vos descendants. Mais votre ton condescendant, nous montre l’avenir que vous semblez rêver. Trop peu pour moi.

      Très bon article. merci mr Dornac

  • > Heureusement, Sarkozy n’est pas (encore) la France
    14 octobre 2005, par bpesti

    Merci pour votre réponse et pour vos explications. Il n’empêche que l’évocation des origines d’un homme publique n’est pas "politiquement correcte" dans notre pays.

    Vous écrivez aussi :

    ...c’est parce que M. Sarkozy étant un fils d’immigré récent, sa guerre contre les immigrés actuels est d’autant plus choquante. Il y a là quelque chose qui touche à l’absurde...

    Voyez-vous, les immigrés ne sont pas tous égaux, suivant leur provenance. Il est plus facile d’intégrer dans un pays comme la France, une famille d’immigrés en provenance d’un pays qui a les mêmes traditions culturelles européennes que des habitants d’un pays d’Afrique. Ils sont plus faciles à intégrer et ils ont un beaucoup plus grande désire de fondre dans la "moule" française. Eux-mêmes, ils veulent devenir Français. Ils réussissent tellement bien, que la deuxième génération est déjà complètement "francisée". Pour preuve, vous avez Monsieur Sarkozy.

    Ne me taxez pas de racisme, même si je dis que les immigrés africains (du Nord ou de l’Afrique noire) n’ont pas la même culture d’origine, ni aucune envie de devenir un jour des Français. Leurs enfants, voire même leurs petits-enfants, cultivent et revendiquent avec force leur différence. Pour eux, la France est un pays d’accueil tout ce qui a de provisoire. Provisoire qui dure pour certains d’entre eux depuis un demi-siècle.

    Il serait bon, qu’un jour, les Français prennent leur courage à deux mains et se posent la question :

    -  Sommes-nous encore la grande nation qui doit aider les autres, ou sommes-nous, nous aussi, devenus un peuple à la dérive, qui a un besoin urgent à se remettre au travail, si nous voulons retrouver nos lustres d’antan ?

    Ne m’en veuillez pas pour ma franchise. Il y a déjà quelque temps que ces idées me turlupinent.

    • > Heureusement, Sarkozy n’est pas (encore) la France
      14 octobre 2005, par Jean Dornac

      Ne prenez pas mal non plus ce que je vais vous répondre, mais j’ai pris l’habitude de dire ce que je pense, si possible sans détours.

      Pour le "politiquement correcte" je trouve que l’occident riche est en train d’en "crever". C’est une terrible astuce trouvée par ceux qui veulent nous imposer leur volonté. Sous prétexte de politesse, il faudrait que nous ne disions plus rien qui dérange. Seulement, un type comme moi, quand il voit que quelque chose est noir, il ne va pas dire : "c’est sombre" ou pas très clair. Il dit que c’est noir parce que c’est noir. Le "politiquement correcte" pour moi, n’est rien d’autre que de la manipulation et est très souvent synonyme de mensonges entretenus ou d’hypocrisie flagrante. Je ne veux pas être complice de cela.

      Pour le deuxième point : Je ne suis pas d’accord avec vous, en tout cas, pour ma part, je ne généraliserais pas. J’ai rencontré quelques immigrés ou fils d’immigrés qui ne demandent qu’une chose, c’est de devenir Français, bien qu’ils soient d’origine africaine. En revanche, avec ce qu’on leur fait vivre comme conditions déplorables, dès qu’il s’agit d’immigrés pauvres, certains, par dégoût, ne songent qu’à une chose, nous quitter lorsqu’ils le pourront. Je serais à leur place, je ferais pareil, vous savez.

      Si je prends le cas Sarkozy, vous dites qu’il veut être Français (il l’est, d’accord). Mais l’est-il tant que ça, dans son coeur ? Je vous rappellerai que cet été, aux USA, il a tout de même dit devant les journalistes ou les politiciens qu’il était Américain ! Et nous le constatons dans la politique qu’il tente de nous imposer !

      Je ne fais pas, pour ma part, de différences entre immigrés Africains ou Européens. Je crois que, contrairement à ce qu’on dit partout, le problème de fond n’est guère la culture, même si elle peut ne pas arranger les choses. La différence se situe au niveau de la condition sociale. Un immigré riche, d’où qu’il vienne, sera bienvenu en France, j’en ai vu quelques exemples à l’époque où j’habitais à Divonne les Bains. Les Emirs étaient très bien reçus et tolérés ; un immigré pauvre, d’où qu’il vienne sera rejeté, et ça, je l’ai vu partout où j’ai "planté ma tente".

      L’argument de l’Islam (dont vous ne parlez pas mais que je veux évoquer) qui empêcherait l’intégration, est récent et à mon avis est surtout lié à la volonté américaine de diaboliser tout le monde musulman uniquement parce qu’il est musulman. C’est du racisme à part entière et nous devons combattre ce crime. On traite, aujourd’hui, les musulmans comme on traitait hier les juifs ; on les traîne dans la boue parce qu’ils sont nés musulmans. N’oubliez pas que dans les cartons des états-majors politiciens, notamment américains, traîne l’idée du choc des civilisations. C’est très grave et très sérieux.

      Enfin, si nous sommes devenus un peuple à la dérive, ce que pour ma part je ne crois pas du tout puisque nous avons juste perdu de notre superbe, cela n’empêche pas ou ne doit pas empêcher notre générosité dans l’accueil de l’autre. Et si le peuple n’en est plus capable, parce que trop formaté au langage de la compétition, alors soyons des individualités toujours capables de le faire et d’entretenir cette flamme pour les jours meilleurs.

      Amicalement

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    15 octobre 2005, par J.a.n.

    Votre patrie, c’est la terre dites vous. L’idée est belle de se penser citoyen du monde mais personnellement le seul pays dont j’ai envie d’être citoyen, c’est la France. Non, que je soit hostile aux autres cultures ou que je pense que notre système est supérieur aux autres. Il y a dans chaque pays de bonnes choses qui mériteraient nous inspirer. Il y a énormément de pays que j’aimerai visiter et mieux connaitre mais jusqu’à aujourd’hui un seul où je veux vivre : ici, en France.

    Cela ne signifie pas pour autant que je ne suis pas conscient de choses qui ne tournent pas rond dans notre pays. Cela ne veut pas dire non plus que je suis fier de toute notre histoire. Il y a certaines pages de notre histoire qui sont particulièrement noires et j’ai toujours un malaise face à des gens qui eux sont nostalgiques de ces époques qu’ils n’ont bien souvent pas vécu (La liste est longue mais vos exemples me conviennent parfaitement : le régime de vichy, la colonisation...- et je ne suis pas fan non plus de la Marseillaise qui sans être une "page noire" de notre histoire véhicule des valeurs dans lesquelles je ne me reconnais pas).

    Ceci dit, je suis loin d’être d’accord avec tout ce que vous dites :

    * Nous sommes, majoritairement, attachés à la laïcité . Je suis attaché comme beaucoup à la Laïcité mais force est de constater que nous n’en avons pas tous la même définition. Si la définition de la Laïcité est séparation du politique et du religieux, stricte neutralité religieuse de l’Etat, de ses agents, des locaux publics et de l’enseignement... alors là je suis d’accord. Dans cette conception, j’étais hostile par exemple à l’exclusion de filles voilées de l’Education Nationale quand l’objet de l’exclusion n’était que le port du hidjab. Je comprenais par contre qu’elles soient exclues pour des motifs connexes comme le manque d’assiduité à certains cours ou pour prosélystisme religieux. La loi nouvelle, même si le but premier est de réagir à une montée d’une certaine vision de l’Islam et de protéger la cohésion nationale, cette loi est dangereuse à mon sens :
    -  parce qu’elle laisse sous entendre et pas seulement sous entendre (voire l’abondance d’articles de presse sur la question depuis 1989) que le port du voile est la manifestation d’une vision politique de l’Islam, que ce voile ne représente non seulement une appartenance religieuse mais une manifestation de soutien avec les partisans islamistes de part le monde et donc des violences perpetrées de l’Algérie à l’Irak en passant par Paris, Londres, New York et Bali,
    -  parce qu’elle élargit la neutralité religieuse aux élèves, ce qui n’avait jamais été imposé par la Loi au préalable,
    -  parce qu’elle envoie comme message implicite que la religion et les valeurs religieuses sont forcément opprésives et aliénantes et poussent les "pros" et les "antis" dans une logique de retranchement et d’affrontement,
    -  parce qu’elle constitue une restriction des libertés religieuses qui sont comme la Laïcité des libertés constitutionnelles et que certains déjà voudraient en interdir le port à tous les usagers des services publics voire pour les plus liberticides en tout lieu public. La notion de sphère privée et sphère publique tant en vogue en France concernant les religions en contraire avec les textes de lois : « la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites »

    En résumé, oui à la Laïcité, oui au respect des lois donc y compris à celle sur le port de signes ostensibles dans l’école laïque (même si cette loi est par essence une restriction considérable de la liberté religieuse) mais non au Maccarthysme à la française.

    * C’est du racisme à part entière et nous devons combattre ce crime. On traite, aujourd’hui, les musulmans comme on traitait hier les juifs ; on les traîne dans la boue parce qu’ils sont nés musulmans. Je suis musulman mais ne suis pas d’accord avec cette comparaison. Peut être parce que comme vous le dites je ne suis pas né musulman (encore que tout dépent de la définition donnée du mot musulman. Nous naissons tous musulmans, tous soumis à Dieu, c’est que par la suite que nous nous en éloignons ;-)... je ferme la parenthèse). Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes spécifiques en France rencontrés par les musulmans dans l’exercice de leur pratique. Je ne dis pas non plus qu’il n’y a pas de racisme à l’encontre des musulmans. Je l’ai moi même vécu notamment pendant mon service militaire mais il convient également de regarder les choses avec lucidité : même si les choses prennent du temps et que certains mettent une réelle énergie à retarder le processus rejoint par certains qui découvrent avec effroi que l’islam n’est plus une religion d’immigrés mais de nationaux et qu’elle est désormais implantée sur le territoire national : en dépit de tout cela, les choses avancent, des mosquées se construisent, des boucheries musulmanes et des carrés musulmans dans les cimetières se mettent en place, en dépit d’une discrimination toujours réelle dans le monde du travail des personnes musulmanes ou perçues comme telles (peu importe ici que l’appartenance soit réelle ou supposée, ce n’est pas de foi qu’il s’agit ici) investissent petit à petit toutes les sphères du monde du travail, associatif et même politique (il y a encore des inégalités certaines et tout cela ne va sans doute pas assez vite mais les chosent progressent malgré tout). Je ne suis pas d’accord donc de penser que nous sommes traités en tant que musulmans comme les juifs l’étaient autrefois. Et encore moins quand votre texte emprunte de nombreuses références à la seconde guerre mondiale. L’Histoire doit certes nous servir à ne pas répéter les mêmes erreurs mais la situation est sensiblement différente !!!

    Il y a certes encore de nombreux problèmes : dans un contexte international difficile, l’islam est mal perçu et ressenti par beaucoup comme une menace. Alors c’est aux gens de bonne volonté - musulmans ou non - de contribuer à donner une meilleure image. Le repli de certains dans la victimisation et la paranoïa ne sont pas de nature à faire évoluer la situation. (Je pense que trop de gens se complaisent dans cette victimisation et cette paranoïa pour se donner des pretextes, pour mettre des fautes qui leur incombent sur autrui et cette victimisation et paranoïa débouchent très souvent sur le rejet de l’autre et le racisme que vous dénoncez)

    * Le reste du post traite de l’immigration et des problèmes d’insécurité sur un ton d’appel à la révolution face à un ministère de l’intérieur qui mettrait en place des pratiques similaires au gouvernement de Vichy.

    Je n’ai pas cette impression. Je ne pense pas que les moyens utilisés pour lutter contre la délinquance soit de nature à attenter à mes libertés. Je me fiche de savoir si mon ADN sera repertorié un jour au FNAEG ou si mes empreintes le seront au FAED. Je me fiche de savoir si des policiers me fichent parce que je fréquente telle ou telle mosquée sous le pretexte que d’autres musulmans l’ayant fréquenté ont décidé de combattre en Irak ou en Afghanistan. Je préfère cela au fait de voir l’identification impossible d’un individu qui a commis un crime ou un délit. Il faut certes rester vigilant. Il faut que ces moyens ne doivent pas restreindre nos libertés individuelles et qu’ils ne soient pas détournés à d’autres fins. Mais il ne faut pas non plus que ces libertés individuelles soient brandies dès que des initiatives de nature à préserver l’interêt commun sont mises en place.

    * « Les premiers à payer le prix de cette faute grave, ce sont les immigrés et sans papiers ; ensuite ce sont tous ces jeunes, si nombreux, bousculés, tabassés, pour certains même emprisonnés, diffamés et finalement pillés par une police et une Justice aux ordres au travers du prétexte d’outrage, véritable cadeau aux chasseurs de primes. »

    Là, je pense que l’on touche à un point de divergeance fondamental dans notre façon de penser. Il se trouve que je cumule les tares : n’ayant ni la bonne religion aux yeux de certains, ni la bonne profession aux yeux d’autres et aucune des deux pour d’autres encores. Dans la pratique quotidienne de mon activité professionnelle, je me moque de savoir qui est le Ministre de l’Intérieur. Beaucoup se sont succédées sans que cela ne change rien à mon activité quotidienne. Ce qui change les choses ce sont les textes de lois comme les Lois Perben dont les mises en application se sont succédées ces dernières années. Il n’y a que de nouveaux textes de lois qui peuvent changer les choses parce que nos outils de travail sont les Codes : Pénal, de Procédure Pénale, de la Route........ Alors constate t on qu’il y a plus d’immigrés que de français de souche en garde à vue ? de jeunes que de vieux ? de sans papiers que de personnes munies d’un titre de séjour ? Certes oui. De ce constat qui semble être aussi le votre, vous semblez en déduire une persecution, vous dépeignez les personnes interpellées comme les victimes de la Justice et de la Police. Sauf votre respect, j’ai un point de vue un chouia différent. Si une personne est interpellée, c’est qu’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis une infraction... et des victimes d’infraction, j’en cotoie tous les jours. Certains ont parfois la même idée que vous mais cela ne les empêche pas de déposer plainte contre les personnes interpellées (“victimes” honteusement interpellées par les forces de l’Ordre à la solde d’un Gouvernement de Vichy 2) et de reprendre possession du bien qui leur a été dérobé. Donc, c’est bien connu. Les jeunes et les immigrés (de préférence sans papier) sont les cibles favorites des Policiers qui ne constatant aucune infraction en ces périodes idylliques (et sans doute dans le but d’avoir une prime au mérite) bousculent, tabassent, emprisonnent, diffament et pillent leurs cibles favorites "au travers du pretexte d’outrage". Nous ne vivons pas visiblement les mêmes faits, la même réalité. Non pas qu’il n’y ai pas d’abus. Bien sur que les abus existent. Ces abus sont prévus et réprimés par les textes de lois. Certains sont véritablement sanctionnés et d’autres passent à travers au même titre que tous les autres délinquants. Est ce une raison pour comparer les Policiers actuels à ceux de la Gestapo ?

    Je fais mon travail sans problème de conscience sauf peut être parfois quand il s’agit de personnes en situation irrégulière sur le territoire national. Maintenant, problème de conscience ou pas, cela reste une infraction et tous les étrangers se trouvant en France ne sont pas forcément venus de façon irrégulière. Cela ne veux pas dire que je ne comprends pas les raisons qui ont motivées les autres. Comme je comprends que la situation dans laquelle ils se trouvent les poussent à commettre des infractions diverses au Code Pénal. La Loi reste la Loi. L’immigration clandestine reste illégale. Accueillir tout les candidats à l’immigration serait l’idéal. Mais cette belle idée reste utopique. Il suffit de voir la façon dont certains sont contraints de vivre (je vous renvoie aux squats parisiens et aux bidonvilles en périphérie parisienne) pour comprendre qu’il faut que certaines garanties soient remplies pour que l’accueil des immigrés et que l’intégration se passent bien. Ce n’est pas le cas en France.

    • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
      15 octobre 2005

      Bonjour J.A.N. - Je vous réponds en espérant que vous retrouverez les points que vous avez développés...

      La terre, ma patrie :
      Je ne raisonne pas en pays, mais en humain lorsque j’affirme que ma patrie est la terre. Si on élargit un peu notre vision de la réalité, on ne peut que réaliser que la terre est une chose merveilleuse, mais rien de plus qu’un virus dans un univers qui semble sans fin. Quel est donc le sens d’une patrie au regard de l’infini ? Pour moi, rien ! Ce qui compte en revanche, pour moi, c’est la valeur d’une vie humaine, partant de là, de toute vie humaine, où qu’elle soit née, quelle que soit sa culture, sa religion, son sexe, son âge.

      La laïcité :
      Sur la laïcité, nous sommes en accord. L’important reste la séparation de l’Etat et de la religion. On a trop vu, par le passé, et aujourd’hui aux USA, les dégâts immenses que provoquent les religions au pouvoir ou complices des pouvoirs. Reste que j’ai été, moi aussi, choqué par la campagne contre le voile. Aucun Maccarthysme ne fait progresser l’humain et il aboutit le plus souvent au résultat inverse de celui qui était cherché. Lorsque la laïcité devient fanatique, elle se met au même rang que le fanatisme religieux et elle échoue.

      Comparaison du racisme anti-juif et anti-musulman :
      Ici, je dois préciser ma pensée. Lorsque je fais la comparaison dont vous niez la réalité, je pense que ce type de racisme se trouve bel et bien chez un certain nombre de théoriciens, notamment américains et néoconservateurs (voir le clash des civilisations). Or, Sarkozy est, on ne peut plus le nier, un proche de ces néoconservateurs américains. Or, encore, c’est lui qui applique la politique de rafles contre les immigrés et sans papiers qui, comme par hasard, sont majoritairement musulmans. Cette mentalité désastreuse n’est pas encore « descendue dans la rue ». Mais comme il y a un fond de racisme anti-arabe en France, notamment lié aux conséquences de la colonisation, le racisme que je situe au ministère ne mettra pas longtemps à contaminer les racistes de base, genre adhérents du Front National, sauf si nous luttons efficacement contre l’anti-islamisme maladif inculqué dans l’occident depuis les attentats de New York.

      réf à la seconde guerre mondiale :
      Aucune situation ne se répète exactement, c’est vrai. Mais il faut regarder l’esprit des choses et non leurs apparences pour savoir si une comparaison a ou non du sens !

      Victimisation :
      Je suis d’accord sur ce point. Cependant, lorsque je songe à ce que vivent les jeunes issus de l’immigration, qu’ils soient de la première, de la deuxième, voire de la troisième génération, ils ont tout de même quelques circonstances atténuantes et ont tout lieu de penser qu’ils sont effectivement victimes de racisme et de discrimination. Pour de nombreuses situations, il ne s’agit hélas pas de fantasmes...

      Immigration et insécurité :
      Nous ne devons pas lire les mêmes informations. Je dis « lire », parce que ça fait longtemps que j’ai renoncé à la télé ne pouvant plus avoir la moindre confiance en ce qui nous est montré. Par ailleurs, c’est votre droit de ne pas ressentir le danger qu’est le fichage par ADN ou puces. Mais ce devrait être le droit de tout citoyen de refuser un tel fichage. On ne nous demandera pas notre avis, bien entendu. D’où la nécessité de s’opposer fortement.
      Vous savez comme moi qu’aucune méthode ne permet ni ne permettra jamais d’arrêter les gens décidés à commettre un délit ou un crime. Si, bien sûr, le simple citoyen, mais pas au-dessus. Au final, tous ces instruments permettront de « ficeler » les citoyens et de les livrer à n’importe quel pouvoir. Ça, je le refuse quant à moi.
      Il faut rester vigilant, dites-vous... Mais avec quel moyen, le jour où nous serons dépendants de toute une série de contrôle de chacun de nos mouvements ? Et comment espérer que les tenants de la mondialisation marchande et financière ne seront pas les premiers bénéficiaires de tout ce système ? N’oubliez tout de même pas, car il faut prendre tout en compte aujourd’hui, que leur but est la « marchandisation » de toute vie, la vôtre et la mienne y compris.

      Lois Perben :
      Je ne sais pas quelle est votre profession puisque vous ne la déclarez pas. J’imagine que vous travaillez dans le domaine de la Justice, peut-être à la police. Pour ma part, en rien cela ne me permettrait de vous juger et je ne le ferai pas. Mais je crois comprendre que les lois Perben vous posent problème. Moi aussi, croyez-moi !

      Les immigrés et les jeunes :
      Oui, là nous divergeons sérieusement. Par ce qui est votre métier, vous ne pouvez pas avoir la même vue que celui qui passe une large partie de son temps à lire les communiqués de presse, les communiqués des nombreuses associations de défense des droits de l’homme. Là où vous êtes, vous ne voyez passer qu’une infime partie des gens mis en accusation. Ce qui limite votre perception du phénomène si vous ne vous renseignez pas par d’autres sources.
      Et permettez-moi d’avoir plus que des doutes, lorsque vous dites et je vous cite : « Si une personne est interpellée, c’est qu’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis une infraction... ». Un exemple parmi d’autres... A Lyon, une jeune femme, le 30 avril dernier a été arrêtée, paralysée au taser, brutalisée et à passé un mois en prison. Ceci s’est passé à l’occasion de la festive... Elle a été innocentée lors de son jugement. Les policiers avaient tout simplement menti et devraient passer prochainement en jugement si, le parquet ne s’y oppose pas, direction qu’il a déjà prise puisqu’il fait appel dans cette affaire.

      Des faits comme celui-là, nous en voyons se développer sans cesse. Et cela ne cesse d’augmenter à cause de la maladie du « chiffre ». Dans l’immense majorité des cas d’accusation « d’outrage », les victimes comme les témoins démentent ces accusations. Mais le plus souvent la Justice, aux ordres, je le confirme, suit les policiers et rends les accusés doublement victimes. A ce niveau, et pratiqué comme ça, pour moi, la Justice ne s’écrit plus avec une majuscule. Elle ne s’écrit plus du tout puisqu’elle n’existe plus. Il y a encore des juges intègres, mais combien et pour combien de temps ?...

      Sur les jeunes encore :
      N’avez-vous donc pas entendu parler des événements qui se passent à Rennes ? N’avez-vous pas entendu parler de ce qui s’est passé dans cinq ou six villes françaises le soir de la fête de la musique ? N’avez-vous pas entendu parler du cas de Brice Petit ? Je pourrais en citer beaucoup d’autres encore, sans parler du rapport d’Amnesty ou d’autres organismes qui alertent tous sur les dérives policières en France...
      Pour ce qui est de la comparaison avec la Gestapo, c’est plus que simple. A partir du moment où des policiers acceptent de se livrer à des rafles dans lesquelles des gamins de 5 ans, voire moins, sont laissés dans la rue pendant que les parents sont raflés, et que ces policiers ne se posent aucune question de conscience, quelle est donc la différence de nature ?

      La loi est la loi :
      Là, nous divergeons totalement, une fois de plus : ce qui me guide, personnellement, c’est cette phrase de Gandhi : « Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir. »
      Et oui, tout est question de conscience. Les SS au cours de leurs jugements disaient tous qu’ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres... Je suis passé du côté de ceux qui préfèrent la misère aux crimes d’Etat au travers de loi inacceptables. Tout est question de choix.

      Accueil des immigrés :
      Vous savez bien, vous, que le problème n’est pas une question de place, ni même de culture ou de religion. La question est celle de la volonté de partage entre tous les hommes. Tant que nous refuserons ce partage, l’immigration se poursuivra parce que les pauvres de la terre n’ont pas moins le droit que nous de vivre.

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    16 octobre 2005

    « La terre, ma patrie : »

    Heureux de voir que « ce qui compte en revanche, pour [vous], c’est la valeur d’une vie humaine ». Je vous rassure : je partage ces valeurs ;-) Les appartenances sont multiples. Ce n’est pas parce que je revendique ma nationalité, que j’établis une échelle de valeur : la vie d’un de mes compatriotes n’a pas plus de valeur que celle d’un indien d’amazonie, d’un irakien ou d’un américain. Mon identité est multiple. Elle est composée de multiples appartenances : religieuse, nationale, régionale, philosophique, culturelle, politique, professionnelle.... On peut être à la fois avoir des revendications culturelles particulières (revendiquer la défense par exemple de l’identité basque) et ressentir une réelle fraternité pour toute l’humanité. Du particularisme à l’universel. Je n’y vois aucune contradiction.

    « Racisme anti-musulman :»

    Je dois également préciser ma pensée. Je ne conteste pas la réalité d’un racisme anti-musulman. Je pense être assez lucide : l’islam suscite beaucoup d’émotions diverses : de l’intérêt à la fascination, de la peur à la haine. L’islamophobie existe et certains intellectuels de ce pays se revendiquent haut et fort islamophobes et jouent avec la théorie du clash des civilisations. Ce rejet de l’islam et ce racisme anti musulman ne datent pas des attentats de New York mais de l’organisation de l’islam de France qui a commencé après le regroupement familial quand les familles musulmanes ont pris conscience que ce pays allait devenir le leur et se sont organisés pour rendre possible certains aspects pratiques de la pratique religieuse : mosquées, viande halal, carrés musulmans dans les cimetières, port du foulard... La visibilité de la présence musulmane sur le territoire national a fait prendre conscience à l’ensemble de la population française que le paysage culturel allait être modifié et qu’il faudrait tenir compte dorénavant que la France comportait une importante composante musulmane (Il convient à ce sujet de noter la mémoire sélective des français qui ont oubliés les français musulmans de l’algérie colonisée, la présence de musulmans à la Réunion...) La mutiplication des attentats revendiqués par des groupes musulmans n’ont fait qu’accentuer une haine de l’islam préexistante.

    S’il est utile de rappeller que certains musulmans sont victimes de discrimination, de propos vexatoires, de refus de service.... il convient de rappeller que le racisme concerne tout le monde : tout le monde est susceptible de subir le racisme, l’hostilité de personnes en raison d’une différence ethnique, culturelle, religieuse, sexuelle... Il convient également de rappeller que tous les musulmans ne sont pas immigrés et que les immigrés ne sont pas tous loin s’en faut musulmans. Les clandestins qui sont reconduits à la Frontière ne sont pas, de même, tous musulmans.

    Vous évoquez " la politique de rafles contre les immigrés et sans papiers qui, comme par hasard, sont majoritairement musulmans " : Vous utilisez l’expression "politique de rafles" ce qui évoque dans l’esprit de l’opinion publique les déportations des juifs lors de la seconde guerre mondiale. Comparez des déportations d’individus en raison de leur appartenance religieuse dans des camps de concentration et d’extermination n’a rien à voir avec le renvoi d’individus entrés clandestinement en France dans leur pays d’origine. Certes, les centres de rétention ne sont pas des hotels 3 étoiles

    Vous faites une distinction entre immigrés et sans-papiers sous entendant des interpellations en masse d’immigrés réguliers. Où ? Quand ? Dans quelle condition ? Pour quel motif ? Vu que vous semblez être expert en statistiques et anectodes, je vous rappelle que les interpellations de sans-papiers est dans la majorité des cas du à la constatation de délits autres.

    L’expulsion des sans-papiers n’est pas une nouveauté. A l’époque de Pasqua et de Chevenement, le thème était d’actualité. J’ai sous les yeux un dossier consacré à Chevenement paru dans l’Evenement du Jeudi du 07/01/1999 où Bertrand Tavernier, Romain Goupil, Monseigneur Gaillot, Fode Sylla et Karim Dridi appellent à la régularisation de tous les sans-papiers. Dans ce même dossier, Charles Hoareau (leader des chomeurs CGT de Marseille) s’interroge sur le fait qu’un "gouvernement de gauche" s’appuit "sur la partie fascisante de la police", Gilles Millet (journaliste) déplore "quelques centaines" voire "quelques milliers" d’interpellations qui ont touchés "l’ensemble de la communautré corse" et Jean-Pierre Boucher (Ancien président du Syndicat de la Magistrature) déplorent que des Policiers interviennent dans les quartiers ciblés comme sensible. Je constate que vous êtes à peu prêt d’accord avec toutes ces personnes. Après tout vous avez sans doute raison. La Police et la Justice, c’est bien connu travaillent à la solde des puissants au détriment des plus démunis.

    « Victimisation :» Certes, beaucoup de personnes issues de l’immigration sont victimes de discriminations. C’est une réalité : l’accès à un logement, à un emploi est parfois rendu difficile. Maintenant, les expressions de "raciste", "xénophobe" voire maintenant "islamophobe" doivent être utilisées à bon escient. J’ai trop souvent entendu des individus porter des accusations de racisme à tort et à travers sous prétexte que l’individu se trouvant en face d’eux n’a pas la même couleur de peau, pas la même profession et qu’il est par conséquent forcément raciste. Il se trouve que je fais un métier particulier et que laïcité et conversion obligent, ma confession religieuse n’est ni visible ni ostensible.

    "Nous ne devons pas lire les mêmes informations. Je dis « lire », parce que ça fait longtemps que j’ai renoncé à la télé ne pouvant plus avoir la moindre confiance en ce qui nous est montré." "Vous savez comme moi qu’aucune méthode ne permet ni ne permettra jamais d’arrêter les gens décidés à commettre un délit ou un crime. Si, bien sûr, le simple citoyen, mais pas au-dessus." :

    Et à votre avis, que font les Policiers et Gendarmes à longueur de journées ? Hormis peut être participer à des "rafles d’immigrés et de sans-papiers" ? Combien de personnes sont arrétés quotidiennement ? Et pour quels motifs si ce n’est la commission de délit ou de crime ? Alors certes, les progrès technologiques en matière de prévention et d’investigation entrainent souvent des progrès technologiques en matière de délinquance, mais cela veut il dire qu’il faut renoncer à lutter ? A quoi bon après tout, le combat est perdu d’avance. Vous me reprochez plus loin d’avoir une vision trop restrictive des choses ne voyant "passer qu’une infime partie des gens mis en accusation", "ce qui [serait de nature à limiter ma] perception du phénomène". Je vous le concède, je ne vis pas dans un monde virtuel. Les délinquants, les sans-papiers, les personnes victimes de délits ou de crimes, je les côtoie au quotidien. Je ne me contente pas d’anectode lues dans les journaux.

    "Pour ce qui est de la comparaison avec la Gestapo, c’est plus que simple. A partir du moment où des policiers acceptent de se livrer à des rafles dans lesquelles des gamins de 5 ans, voire moins, sont laissés dans la rue pendant que les parents sont raflés, et que ces policiers ne se posent aucune question de conscience, quelle est donc la différence de nature ?"

    Sans commentaire !

    Vos réflexions me laissent perplexes. J’ignore si je doit vous proposer de venir faire un stage sur le terrain, histoire de passer de la théorie à la pratique ou si je doit vous demander des conseils pour continuer à exercer une profession fascisante et islamophobe parce que vous comprenez c’est dur dur d’être un traitre à sa communauté...

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    16 octobre 2005

    cher jean Dornac, grand merci pour ce beau texte, cette position, sa fermeté & son élégance. j’aime & loue votre ton, y compris dans vos réponses au fil de la discussion qui suit.

    pour ce qui est de l’opinion magyare sur le petit monsieur, voici, posté sur le forum de musique-libre.org, avec un style très "tactiquement étudié" dirais-je (de grandes oreilles robotiques, je propose le terme générique de gagleux, sont ainsi dépistées.. ;^P )

    " le "courrrier inter national" de cet semaine sa porte sur serko et de villpin mais ce qui ma marquer c un article hongrois je site "[...]on parle souvent de Nicolas Serko comme de l’un des des hommes politiques majeurs de la futur europe. Mais, pour devenir vraiment un politique de grande envergure, il devra rompre avec son populisme. L’histoire nous a appris combien il est dangereux de voir acceder quelqun a la tete dun pays portér par sa populariter et ses discour incendaire"..."

    comme quoi ! n’est-ce pas ?

    v.n.a.t.r.c. ? affirme en ce moment, & ça s’applique souvent :

    "la crédulité des peuples

    effrayés est la première

    bombe à désamorcer.

    après on verra.

    RdH

    on keen behalf

    Elles"

    bien à vous, très cordialement, bituur esztreym finno-magyar filolog

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    16 octobre 2005, par Alceste

    Moi je n’ai pas honte.

    Seuls les internationalistes bobos comme vous ont honte. Honte d’être blanc, honte d’être riche, honte d’être tout court en somme..

    • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
      18 octobre 2005, par Yankee Zoulou

      Cher Alceste..

      Dans le bouquin le "Petit Nicolas", Alceste était le boulimique pas trés malin.

      Comme vous qui n’avez pas honte.

      Le petit Nicolas était plus sympa, plus malin.

      Votre copain ?

      Tant pis..plus le mien..

      Pas grafe.

  • > Sarkozy n’est pas la France et ne le sera jamais de Jean Dornac
    17 octobre 2005, par Jean Dornac

    Merci tout d’abord à "bituur esztreym" pour son soutien.

    Alceste ! Vous vous trompez totalement, comme d’habitude ! Je n’ai pas honte d’être blanc ; ni honte ni fier puisque je n’y suis pour rien ! A moins d’admettre, ce que je ne fais pas, que j’aurais choisi la couleur de ma peau !

    Je n’ai pas honte d’être riche, car je ne le suis pas ; je flirte depuis quinze ans avec le pauvreté grâce au chômage d’abord, à des problèmes de santé sérieux, ensuite.

    Mais parce que je crois en la valeur absolument égale entre tous les humains, oui, j’aurais honte d’être riche si je l’étais parce que je ne pourrais pas être riche sans prendre la part des pauvres. C’est mécanique : ce que les uns ont en trop, c’est les autres qui l’ont en moins. C’est incontournable !

    Maintenant, libre à vous d’être fier de l’égoïsme, fier de la prétention raciale, fier de l’orgueil, fier de la colonisation qui est toujours un crime, fier de toute cette stupidité criminelle véhiculée depuis des siècles par le type de société que nous subissons... C’est votre choix et si vous n’êtes pas capable de comprendre le mal profond dont vous êtes responsable si vous pratiquez tout cela, je vous plains. C’est que votre chemin dans l’évolution pour devenir un être adulte, c’est-à-dire avec un minimum de sagesse et de compréhension de ce qu’est la vie, est encore fort long...

    Le malheur pour vous, croyez-moi ou non, c’est qu’avec une telle pensée, une telle façon de vivre, vous ne connaîtrez jamais la sérénité et jamais le bonheur profond du partage sincère entre tous les humains de cette terre. Je ne donnerais pas un dixième de ce bonheur-là contre tout l’or du monde... Mais me comprenez-vous seulement ?...

    Rassurez-vous, je n’ai pas honte d’être, je suis heureux d’être et je remercie celui qui en a voulu ainsi... A côté de la beauté de la vie, je ne parle pas des horreurs faites par trop d’hommes, mais la beauté intrinsèque de la vie, tout l’or, toutes les richesses, toutes les gloires ne sont que pauvres poussières... qui plus est malodorantes.

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