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Le patron des magistrats fait sortir Sarkozy de ses gonds par Dominique Simonnot

Catégorie politique
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Sale climat.

Mardi soir, à la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy se lance dans une diatribe « méprisante » contre Dominique Barella, patron de l’Union syndicale des magistrats (USM). « Barella n’est rien, il est nul, il ne compte pas, il aurait mieux fait de se taire ! », rapporte un député présent.

Le ministre ne décolère pas, après les propos tenus, vendredi, par le même Barella, au congrès de l’USM. Afin, en gros, que Sarkozy ne piétine plus son territoire (Libération du 17 octobre), le syndicaliste avait soufflé quelques conseils au garde des Sceaux :

« Faire cesser les viols commis par des policiers, leurs agressions sexuelles à l’égard de leurs collègues féminins, les claques à des mineurs de 8 ans. »

Ou encore faire diminuer les erreurs de procédure, faire baisser les agressions « en augmentation ». Et, enfin, il dénonçait « le taux d’élucidations de la police française, un des plus faibles d’Europe ». Des paroles violentes répondant aux incessantes attaques de Sarkozy contre les juges.

En juin, le ministère de l’Intérieur les fustige, après l’annulation d’une procédure et la remise en liberté de trois présumés truands. Quelques jours auparavant, il clame après le meurtre d’une jeune femme, apparemment commis par un homme en liberté conditionnelle : « Le juge devra payer pour sa faute. » Excédés, avocats et magistrats dénoncent « ces insultes », « cette chasse aux magistrats », « cette atteinte à la séparation des pouvoirs ».

Mais la bagarre Sarkozy-Barella remonte à plus loin. En décembre 2003, ils s’affrontent sur France 2, lors de 100 Minutes pour convaincre.

Barella critique les lois Sarkozy et le ministre susurre : « Monsieur Barella n’habite pas dans les quartiers où il y a des prostituées ou des proxénètes en bas de son immeuble... » Quelques jours après, Barella réclame sa fiche RG. Il veut savoir comment et de quel droit l’Intérieur détient son adresse. « Tous les magistrats sont-ils fichés ? » s’étonne-t-il. Depuis, les deux hommes ne se ratent pas.

Le discours de Barella n’est que « la reprise de plusieurs affaires et des conclusions de différents rapports », dit le chef de l’USM. C’est aussi l’aboutissement d’une surprenante bataille engagée par des syndicats policiers contre les juges. Au point de créer un « observatoire » des mises en liberté « injustifiées ». Dénonciations de « mauvais juges » à la clé.

« Une arrestation ne débouche pas obligatoirement sur la prison », se fâche Barella.

Effectivement. Sinon, plus besoin de juges.

Il y a trois jours, déchaînés, les syndicats de police Alliance et Synergie déclarent ne plus poursuivre les « travaux de fond » entamés avec l’USM. Et les proches de Sarkozy assurent, comme leur chef, que Barella ne compte guère. Assez comique. L’USM étant très largement majoritaire. Selon Brice Hortefeux, l’opinion de Barella « ne reflète pas celle de la majorité des magistrats ». Pour Thierry Mariani, Barella, « militant socialiste depuis l’âge de 19 ans », « porte atteinte à l’image d’indépendance et d’impartialité de la justice »...

Un comble venant de ceux qui ne loupent jamais une occasion de la critiquer et de faire pression sur les juges.

source : Libération



Publié le 20 octobre 2005  par torpedo


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