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Internet : Le contre-pouvoir ?

Catégorie société
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Internet est une grosse machine qui ne tiendrait que sur un cheveu décisionnaire.

Si le 29 mai 2005 en France, le web a prouvé qu’il pesait comme contre pouvoir médiatique -grâce aux nombreux bénévoles et journalistes "dissidents"- il est incroyable de constater que sa gestion dépend entièrement de l’(Icann), un organisme de droit privé à but non lucratif basé à Los Angeles, soumis à la loi californienne et placé sous le contrôle du département du commerce des Etats-Unis. (Voir article du monde diplomatique)

Pratiquement privé de droit de cité dans les médias nationaux, qu’adviendrait-il de toutes ces énergies mises à contribution pour l’amélioration de la société tant d’un point de vue culturel que politique ?

Internet est devenu un laboratoire d’idées, d’échanges qui commence sérieusement à déranger.

Les peu scrupuleux se sentent spoliés et ne voient pas d’un bon œil cet outil mondial remplacer les medias, -payés une fortune - grignoter leurs supposés acquis.

La toile ouvre des débats et des solutions naissent pour contrer "le tout fric" du libéralisme.

Les licences libres -copyleft- en sont une illustration incontestable. De nombreux programmes informatiques, des musiques, et plus récemment des films ou reportages, sont sous cette forme de licence et de nombreuses plateformes (sites) propagent des créations en libre téléchargement.

Les médias indépendants et webzines mettent à disposition des faits souvent tus, des analyses pertinentes pour les citoyens et c’est grâce à l’organisation d’un système de relais instinctif entre sites que l’information arrive a défoncé le mur implacable de l’information aseptisée et formatée.

Il est intéressant de constater que les portails des FAI (fournisseurs d’accès à Internet), une fois la connexion établie, entraîne l’internaute novice sur des chemins balisés, -essentiellement des sites marchands, des chats de rencontres ou des repères tels que TF1 et consorts.

Sans une aide avertie ou une curiosité innée, l’internaute balbutiant n’aura que très peu d’occasions de surfer sur toutes les richesses d’Internet.

D’ailleurs, Windows avec le pack 2 se charge d’informer que ces sites ne possèdent pas de certificats valides et présentent un danger pour l’utilisateur.(sic)

Vous pouvez vérifier avec le "e-torpedo " alors qu’aucun cookie ou autre programme espion ne niche dans ses entrailles.

Bref de quoi ébranler l’internaute méfiant quant au bien- fondé de ces sites non validés.

Etienne Chouard-"Laisser acheter et vendre les médias comme des marchandises, c’est les exposer à l’accumulation, à la concentration et, progressivement, à la confiscation par les plus riches : en France, deux marchands de canons, Dassault et Lagardère, maîtrisent 60% de la presse, c’est un immense danger pour la paix. La situation de Berlusconi et de la télévision italienne est un autre exemple, il y en a partout..."

...Ce n’est pas la seule rentabilité financière qui incite ces gens-là à prendre pied dans la presse. Il y a bien plus à gagner à vendre du matériel de guerre ou des produits de luxe qu’à racheter des titres qui, pour certains, battent sérieusement de l’aile ! En fait, c’est aussi un pouvoir d’influence que s’achètent ainsi ces grands patrons. Influence sur l’opinion publique, influence sur les hommes politiques, dispensateurs de marchés publics mais dont la carrière est aussi tributaire des médias, influence dans leurs rivalités entre groupes capitalistes...

Actuellement comme pour la campagne du référendum nous assistons de la part de certains journaux, à la ringardisation des médias indépendants (lire Début de panique dans le microcosme médiatique par Le Yéti).

Que penser d’un média appartenant à des marchands de canons qui s’enrichissent sur le dos des conflits mondiaux. Peuvent-ils laisser leurs jouets répandre des faits qui iraient à l’encontre de leur fonction première "la guerre" ? L’insécurité, l’immigration et de fait le terrorisme sont le credo de ces médias et de leurs propriétaires.

La littérature, la musique, l’information, la politique, le cinéma ont trouvé un support indépendant, mais pour combien de temps encore ?

En France nous avons vécu l’age d’or des radios libres ?

Qui se souvient de ce vivier d’expériences, il ne vous suffit que d’appuyer sur POWER.

Di2

A lire :

-  acrimed.org

-  etienne.chouard.free.fr

Contrôler Internet

monde-diplomatique.fr

Après le premier Sommet mondial sur la société de l’information, qui s’était tenu à Genève en décembre 2003 , Tunis accueille, du 16 au 18 novembre, à la demande de l’ONU, et organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le second Sommet mondial avec une préoccupation principale : comment instaurer un contrôle plus démocratique d’Internet ?

Internet est une invention américaine du temps de la guerre froide. Le Pentagone cherchait alors à élaborer un système de communication pouvant résister à une attaque atomique, et permettant aux responsables politiques et militaires ayant survécu de reprendre contact entre eux pour lancer la contre-attaque. Encore étudiant à Los Angeles, Vinton Cerf imagina, avec une équipe de chercheurs financés sur fonds publics, les outils d’un nouveau mode révolutionnaire de communication. Mais il n’était encore réservé qu’à une petite minorité d’universitaires, de militaires et d’autres initiés.

Plus tard, en 1989, les physiciens Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, chercheurs au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève, mirent au point un système hypertexte et inventèrent le World Wide Web, qui allait favoriser la diffusion des informations et l’accès du grand public à Internet, ainsi que sa formidable et fulgurante expansion.

A l’heure actuelle, et depuis 1998, le réseau mondial est géré par l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann), un organisme de droit privé à but non lucratif basé à Los Angeles, soumis à la loi californienne et placé sous le contrôle du département du commerce des Etats-Unis. L’Icann est le grand aiguilleur du réseau. Il s’appuie sur un dispositif technique constitué de treize puissants ordinateurs, dits « serveurs racines », installés aux Etats-Unis (quatre en Californie et six près de Washington), en Europe (Stockholm et Londres) et au Japon (Tokyo).

La principale fonction de l’Icann est la coordination des noms de domaine (Domain Name System, DNS), qui aide les usagers à naviguer sur Internet. Chaque ordinateur relié à Internet possède une adresse unique appelée « adresse IP » (pour protocole Internet). Au départ, ces adresses IP sont des séries de chiffres difficiles à mémoriser, mais le DNS permet d’utiliser, à la place de chiffres, des lettres et des mots plus familiers (le « nom de domaine »). Par exemple, au lieu de taper une suite de chiffres, on tapera www.monde-diplomatique.fr. Le DNS convertit le nom de domaine en la série de chiffres correspondant à l’adresse IP, ce qui connecte l’ordinateur au site recherché. Le DNS permet également le bon fonctionnement du courrier électronique. Tout cela à l’échelle de la planète et à une vitesse ultrarapide.

Selon ses propres termes, l’Icann « a pour mission de préserver la stabilité opérationnelle d’Internet, de promouvoir la concurrence, d’assurer une représentation globale des communications Internet et d’élaborer une politique correspondant à sa mission suivant une démarche consensuelle ».

Mais, depuis quelque temps, il n’y a plus consensus. La mainmise américaine sur le réseau est contestée. En septembre, à Genève, lors d’une négociation préalable entre les Etats-Unis et l’Union européenne, avant le sommet de Tunis, les Etats de l’Union ont été unanimes à réclamer une réforme de la gouvernance d’Internet à l’occasion de l’arrivée à échéance, en septembre 2006, du contrat qui lie l’Icann au ministère du commerce américain. La rencontre s’est soldée par un échec, Washington se refusant à tout changement.

Le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Iran, par exemple, se retrouvent, mais pas toujours pour les mêmes raisons, sur d’identiques positions que l’Europe. Certains menacent même de créer leur propre organisme national de gestion de la Toile, ce qui conduirait à une désastreuse fragmentation d’Internet.

Ce différend possède une dimension géopolitique. Dans un monde de plus en plus globalisé, où la communication est devenue une matière première stratégique et où explose l’économie de l’immatériel, les réseaux de communication jouent un rôle fondamental. Le contrôle d’Internet confère à la puissance qui l’exerce un avantage stratégique décisif. Comme, au XIXe siècle, le contrôle des voies de navigation planétaires avait amené l’Angleterre à dominer le monde.

L’hégémonie sur Internet donne aux Etats-Unis, en théorie, le pouvoir de limiter l’accès à tous les sites du réseau dans quelque pays que ce soit. Ils peuvent aussi bloquer tous les envois de messages électroniques de la planète. Jusqu’à présent, ils ne l’ont jamais fait. Mais ils ont la possibilité de le faire. Et cette simple éventualité inquiète au plus haut point de nombreux pays.

Le temps est donc venu de réclamer que l’Icann cesse d’être sous contrôle de Washington. Et devienne enfin un organisme indépendant relevant des Nations unies.

Ignacio Ramonet.

Source : monde-diplomatique.fr



Publié le 27 octobre 2005  par di2


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