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A droite toute (vu du Québec) par Mehr Licht

Catégorie politique
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(JPEG) Bien sûr je ne peux me targuer de détenir la vérité envers ce que je perçois de l’Europe et de mon pays la France, d’autant plus que je n’y vis pas. Par contre, il est peut-être plus facile de se faire une idée juste sur un sujet bien précis, quand justement on en est éloigné et que la dévotion partisane tant politique que religieuse ne joue que très peu. Aussi quand nous voyons en Amérique depuis quelques mois fondre la popularité de G.W Bush sous la barre des 35%, nous voyons en même temps poindre en Europe une droite pure et dure dans de grandes nations telles la Pologne et l’Allemagne. Examinons donc de plus près, ce que de loin, bien du monde perçoit.

-  En Pologne

Contre toute attente, les frères jumeaux Lech et Jaroslaw Kaczynski ont remporté les élections en Pologne. Leur parti « Droit et Justice » détient le plus grand groupe au parlement et Lech Kaczynski sera le nouveau président. Après une campagne où plusieurs étaient divisés, l’heure est à la conciliation, en politique intérieure comme dans les relations avec l’Allemagne et l’UE. Pourtant...

-  En Allemagne

La droite de Merkel râle après la droite de l’État polonais. L’élection de Lech Kaczynski à la tête de la Pologne inquiète l’Allemagne. Les relations germano-polonaises ne sont pas vraiment au beau fixe. Varsovie rejette catégoriquement les demandes de réparations de certains Allemands expulsés des territoires attribués à la Pologne après la victoire des alliés en 1945. Or le nouveau président a prôné la fermeté face à Berlin. Et les journaux allemands évoquent les risques de dégradation des relations germano-polonaises, tout en dressant un portrait peu flatteur du nouveau chef de l’Etat.

La chrétienne-démocrate Angela Merkel bat le chancelier social-démocrate sortant Gerhard Schröder aux élections législatives anticipées, et devient après de durs pourparlers, la première chancelière de l’histoire allemande. Mais elle n’a pas la majorité absolue des sièges au Bundestag. Il faut cependant affirmer que le seul vainqueur de ces élections est l’ensemble de la classe bourgeoise, dans le combat qu’elle mène contre son principal ennemi, la classe ouvrière.

-  En Grande-Bretagne

Tony Blair fragilisé par sa base travailliste. Réagissant au premier revers de Tony Blair à la Chambre des communes, ses ministres ont fait corps jeudi autour du Premier Ministre britannique pour affirmer que cet échec serait sans lendemain. Quarante-neuf députés travaillistes ont pourtant brisé les lignes partisanes et mêlé leurs voix à l’opposition conservatrice et libérale démocrate pour rejeter l’allongement de la garde à vue de 14 à 90 jours dans les affaires de terrorisme. Au final, le projet de loi soutenu par le gouvernement a été rejeté par 322 voix contre 291.

Pour les observateurs, cet échec parlementaire, son premier depuis son arrivée à Downing Street, en 1997, marque un tournant dans la carrière du dirigeant britannique. "Est-ce le début de la fin ?", s’interroge pour sa part la presse. À quand un passage à droite ?

-  En Italie

Silvio Berlusconi et son parti Forza Italia appellent les Italiens à participer à une manifestation contre les dictatures. Mais il omet de mentionner sur les affiches le dictateur Benito Mussolini provoquant à nouveau la polémique sur sa bienveillance à l’égard du fascisme italien. Silvio Berlusconi avait déjà provoqué une polémique en septembre 2003 en exonérant Benito Mussolini, au pouvoir de 1922 à 1945, de tout crime. « Mussolini n’a jamais tué personne. Mussolini envoyait les gens en vacances aux confins du pays », avait-il affirmé dans une interview publiée par le quotidien "La voce di Rimini". Tout cela nous porte à croire que l’Europe glisse vers une droite aussi fascisante que le sont les politiques de Bush aux Etats-Unis. Que ce soit Kaczynski, Blair, Berlusconi, et Sarkozy, même s’il n’est pas encore chef de l’État Français, tous, nous devons l’admettre n’ont à la bouche, que de bons mots envers leur collègue américain. Il n’y a bien qu’en Espagne où le peuple a indiqué la porte à l’affreux Aznar.

-  En France

Même quand la gauche règne l’esprit de la droite dirige. Les français de la classe ouvrière et des banlieues en savent quelque chose. Pouvons-nous oser dire que depuis la fin de la guerre d’Algérie, les gouvernements de la France ont chacun leur tour laissé pourrir une situation d’apartheid envers les réfugiés maghrébin et toutes les autres ethnies qui se sont greffées à ces derniers depuis. Les « east side » banlieues de Paris et de certaines villes de l’Hexagone nous donnent un aperçu sordide dans lequel les pouvoirs ont laissé se dégrader des situations dues à la crise de l’immigration et à l’échec de l’intégration.

Autrement dit, par la faute expresse et voulue des gouvernements de la France depuis des décennies à ne pas vouloir s’occuper des français de souche maghrébine ou autres, nous en arrivons aujourd’hui à des mesures d’urgences et l’expulsion d’étrangers, à des perquisitions sauvages le jour comme la nuit, des rafles aux faciès, des tutoiements impudents, l’instauration de couvre-feux, l’interdiction de certain rassemblement, enfin, une justice à deux vitesse.

Cette ligne dure, incarnée par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, suscite bien quelques critiques de la gauche, dont les députés ont voté, mardi soir, contre la prorogation pour trois mois de l’état d’urgence. Mais ce qui semble pour le moins inopportun, c’est de voir qu’une grande partie de la population française soutient les mesures sévères de leur ministre de l’intérieur. « Tous ceux qui pourront être expulsés dans le contexte de la loi le seront parce qu’ils ont participé à des émeutes » à dit le ministre. Même si cette décision a été vivement critiquée par des associations, elle est en revanche approuvée par 63% des Français, selon un sondage publié mercredi dernier. L’action face aux violences du ministre de l’intérieur, candidat à la présidentielle de 2007, bénéficie d’un fort soutient, puisque 68% des Français l’approuvent. Pire que pire, seulement un millier de personnes se sont rassemblées mercredi soir, à Paris, pour manifester à l’appel d’une cinquantaine de partis de gauche, de syndicats et d’associations contre « l’état d’exception » Et pour rajouter la cerise sur le gâteau, nous apprenons que des responsable de la majorité ont estimé que la polygamie avait été un des facteurs de la crise des banlieues. Faut-il être de mauvaise foi pour en arriver là. Le Pen doit se frotter les mains en entendant semblable relent de racisme. La France n’a plus vraiment à être fière de quoi que ce soit vis à vis les nations fascistes nommées ci haut. Présentement, vue de l’étranger, on a l’impression que la France s’enfonce, comme une autruche, la tête dans le sable.

Il est bien difficile vu de loin, faut l’admettre, de comprendre le peuple Français. On se demande parfois, s’il se comprend lui-même. Il y a, à peine quelques mois, les Français disaient non à un référendum européen qui aurait pu les amener vers un libéralisme économique effréné, et qui faisait fi d’un modele social populaire pourtant souhaité. En même temps, Nicolas Sarkozy défend le libéralisme et pourfend le « modèle social français ». Et pourtant, même si ce n’est pas pour des raisons similaires, les français approuvent à 68% les actions d’une droite sévère.

Comment peut-on demander des lois sociales et en même temps encourager les mesures sarkoziennes envers les Français les plus démunis de l’Hexagone ?

Je regardais mercredi à la télévision, l’émission « C’est bien meilleurs le matin » où l’écrivain Jacques Attali était interviewé par René Homier-Roy.

Attali affirmait alors d’entrée de jeu « La France n’est pas à feu et à sang comme on veut le faire croire dans le monde. » Bizarre cette conscience de l’image.

Nous voyons les choses de loin c’est vrai, mais cela ne nous empêche tout de même pas de savoir que les 15 derniers jours, quoi qu’en disent certains français, ont été explosifs.

Monsieur Attali, faudrait pas nous prendre pour des demeurés. Ça a pété partout !

À Paris, à Lyon, à Dijon, de la Bretagne à Strasbourg et du nord au sud. On peut dire ce qu’on veut mais ça a pété ! Les jeunes des cités on manifesté leur ras-le-bol en incendiant plus de 9000 véhicules et des dizaines de bâtiments, dont des écoles et des commerces et le coût des dégâts se chiffre en centaines de millions d’euros. Des dizaines de policiers, pompiers, habitants et bien sûr des centaines d’émeutiers ont été blessés. Près de 3000 personnes ont été interpellées et 400 d’entre elles condamnées à des peines de prison ferme. La peine la plus lourde, quatre ans ferme, a été prononcée à l’encontre d’un jeune qui avait incendié un magasin à Arras (nord). Et aujourd’hui on voudrait nous faire croire que la France n’était pas à feu et à sang, mais si ces événements s’étaient passés n’ importe où dans le monde, c’est exactement ce que l’on aurait dit. Mais pas en France... Voyons... Un peu de sérieux monsieur Attali. Çà bardait drôlement chez vous.

Pourquoi cette fausse pudeur ? À moins que cela soit de la honte ? Peut-être un héritage de l’époque coloniale qu’on désire oublier ? Oublier le laisser-aller de ces trente dernières années ? De ce système de marginalisation que les gouvernements successifs ont mis en place ? De tous ces millions d’immigrés, maintenant Français, qu’on a abandonnés à leur triste sort en espérant que cela ne dégénère jamais, que ces pauvres gens finissent par accepter la pauvreté, la délinquance, le manque d’éducation, le chômage sans jamais rien dire ?

Tout cela parce que les gouvernements ont laissé pourrir le fruit.

Sur le plan politique, cette crise semble finalement avoir profité dans l’opinion à la droite au pouvoir et plus expressément au ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy. La France à mon avis n’a plus rien à envier comme méthode fascisante à la Pologne des jumeaux Kacznski à l’Italie de Berlusconi, et pourquoi pas aux Etats-Unis de Bush.

Oui, la France a finalement mis comme ses alliés européens, la barre à droite toute, sans aucune controverse.

La France a peur, l’Europe a peur, et les gouvernements de droite savent l’entretenir afin quelle serve leur pouvoir. D’ailleurs monsieur de Villepin vient tout juste de rassurer les français en leur disant « Jamais la menace terroriste n’a été aussi forte... Cette menace est d’autant plus sérieuse qu’elle a changé de nature : elle repose sur un mode d’organisation complexe qui mêle des prédicateurs extrémistes implantés sur notre territoire, des individus souvent bien intégrés et parlant notre langue et des organisateurs rompus aux technologies les plus modernes. »

On croirait entendre Bush.

Bien sûr, nos dirigeants espèrent que le peuple croira que ces prédicateurs sont musulmans et se cachent tels des vampires dans les banlieues. Et c’est reparti pour un second tour !

Où se cache donc la France de Jean Jaurès et de Léon Blum ?

source : oulala



Publié le 19 novembre 2005  par torpedo


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