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Eric Bénier-Bürckel : Un peu d’abîme sur vos lèvres

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C’est l’esprit libre qu’on blâme en moi, le pourfendeur des tables sacrées, la méchanceté sans tabou, le vaurien, que dis-je, la canaille sans foi ni loi à qui la douleur ne fait pas froid au verbe.

C’est à ma langue de cobra qu’on voudrait s’en prendre, la couper en petits morceaux, l’écarteler bien comme il faut jusqu’à ce que mort de bête s’ensuive. Ah, que n’ai-je écrit, pour mon malheur !

Le misérable casse-cou a prononcé le sésame qu’il ne fallait pas. Pis que voyou, suppôt du diable et prêtre des félicités infernales. C’est du monstre que j’ai sur les lèvres, de l’énormité criminelle qu’on veut me faire ravaler vite fait bien fait pour ne point salir le délicat conduit auditif de mes mignons contemporains au cœur tendre et au souffle entrecoupé de mirifiques sanglots.

Qu’on me cloue la langue aux tables de la loi, que j’apprenne par cœur les versets angéliques, point ne touche à l’homme il t’en coûtera l’honneur !

Aime ton prochain comme toi-même, soutiens-le au lieu de l’enfoncer plus avant dans le gouffre immonde où tu t’es toi-même précipité à la suite des anges déchus.

Comment oses-tu malmener le Verbe ?

Ah, la perfidie, la désobligeance soi-même, comment ça parle de l’homme, monstre infâme, suppôt de Satan !

Mais justement, je l’aime comme moi-même, mon prochain, avec méchanceté, avec exigence, avec fierté, avec toute l’ivresse stimulante du dompteur de fauves !

L’amour de soi n’est pas un dû, mais une conquête, une lutte acharnée contre tout ce qui en soi veut rester petit. Je n’aime que mes victoires sur mes échecs. Et c’est comme cela que j’aime mon prochain, amant de ses surabondances, dresseur et redresseur de ses torts, civilisateur de sa bestialité, fondateur de soi. Ma mort qu’ils voudraient tous, mon lynchage, ma perte éternelle. J’ai sali, pourri, décati, déshonoré l’homme, couvert de merde et de vomis sa noble cause, sa petite Chose. Et il est là, accroché à mes jambes, dans sa toute splendide haine, l’homme petit, asthmatique, piqué de bonnes manières, perclus de médiocrité, croulant sous les mots d’ordre, infailliblement teigneux, un Niagara d’ordures pendu à la langue, tout content de mordre, de déchirer en pièces celui qui a commis l’abominable crime de le diffamer.

L’échafaud pour le contempteur du bon goût, la guillotine, la chaise électrique, qu’on lui coupe, zigouille, brûle son âme scélérate. Collabo du démon, charogne, décomposé, putride, purulent par tous les mots, luciférien jusqu’au noyau, prophète de la douleur, détraqueur de climat, le grand nord fossoyeur. Je ne mérite pas de vivre.

Comme ça les jette dans l’épilepsie, les hommes, la grimace des enfers, les accès de fièvre d’un forcené, les convulsions d’une âme qui emploie toute son industrie à les vomir. Ils ont la haine du gros temps.

L’électricité ne leur convient que si elle est cachée dans les fils et reliée à leurs appareils, à leur service, domestique, inoffensive, effacée, absolument discrète, soumise au catéchisme de l’essoufflement, sans bavures, indolore. Les secousses imprévisibles les rendent fous furieux. Rien ne devrait pouvoir les atteindre, c’est leur rengaine. Il faut ensevelir les forces, bâillonner la nature, taire l’impuissance, châtrer le verbe, travestir la vie, se trahir, marcher à genoux, baisser la tête, baiser la main du destin, puisque tout est déjà écrit, renoncer à soi, s’abandonner à l’essaim des rites, chasser tous ses tentateurs.

Ils ont faim les chiens, il leur manque du vrai régal, ça les démange aux canines, ils en bavent, empoissent par tous les mots. Du sang, c’est ce qu’ils veulent, du sang frais, de la bête fauve, traquée, humiliée, abattue.

Oui, abattre la bête tant qu’elle est là, à portée d’imagination, la bête qu’on leur a appris à haïr, le mal en soi, la douleur universelle en chair et en os, l’épine dans le pied de leur bonheur. Celui qui l’affrontera et l’abattra le premier sera un héros. Bienheureux le brave qui aura sa tête.

Je suis le monstre à équarrir. Ils font la queue pour ça, de partout sur terre jusqu’à la rue Pouchet, là où je me terre, tout crétin, tout galeux, encastré dans mon animosité, nauséabond à rendre tout un mois de nouilles, ils sont tous venus m’affronter, en très grand nombre, les courageux fiers bonshommes, tout ahuris de haine, armés jusqu’aux dents, des furies d’imprécations pleins la bouche, ardents au massacre du piteux messager des enfers que je suis, bien décidés à me régler mon compte une bonne fois pour toutes. La chasse est ouverte, la préfecture croule sous les demandes de permis, la bête est à portée, il est temps de la tirer.

Les voilà tous à comploter contre ma pelisse. Prêts à me faire la peau, au nom du bien, au nom de l’amour, au nom du Dieu qu’ils adorent et que ma maudite existence, ma honteuse décadence, mon horripilant déclin, insupportent. Et tous de bêler en chœur mort au loup !

Et le loup c’est moi, le loup pour l’homme, la sale bête faisandée qui leur pourrit l’atmosphère, qui leur retourne le climat. La haine du mal est à la mode, haine de la douleur et de tout ce qui est encore assez emporté pour vouloir infliger des corrections à la bêtise.

Honte à la haine, honte à la différence et à tous les renégats de l’humanité.

Ils sont beaux à voir, je vous jure, tout fielleux bilieux à retourner la terre, tout Romero à l’œuvre, le retour des morts vivants, à mes trousses, pour me saigner la langue, me racler les papilles, me contaminer, me faire devenir comme eux, somnambules, cadavériques, bêler contre toutes les indisciplines du règne animal.

C’est le pacte des instincts, ils m’arrivent bouchers et fossoyeurs, partisans de mon supplice, pour me punir d’être bellement remonté contre leur élevage de Superette.

Ah, ils veulent de la bête, je vais leur en donner, moi, de la bête ! C’est du méchant que vous voulez bouffer, de l’affreux, de l’immonde, de la peste, du grand souffle avarié, je vais vous faire ce plaisir, autant que vous me bouffiez pour quelque chose, que j’y gagne en prestige, que je m’y renforce la colère et rehausse le délire. De l’ignoble donc, du très hautement corsé rien que pour vous exciter davantage, vous enrager infini, de l’horreur, du travers, de l’ignominie en veux-tu en voilà, par convois entiers, pour vous faire plaisir, oui, pour votre hygiène, votre petite éjaculation d’âme et quelques frissons glacés de commission, je vais vous chanter mon horrifique couplet, que, pour de bonnes et saines raisons, vous bandiez tous et toutes d’épouvante et de frénésie meurtrière à l’audition de mes rabiques éructations.

Je vais vous en donner moi du monstre terrible, du Quasimodo verbal, du beau, du désopilant, du terrifique attentat au bon goût, que vous ne gueuliez pas pour rien, que vous ne vous gaspilliez pas pour des clopinettes en tornades de vitupérations.

Par vos cris et vos calomnies, tous vos rutilants prêchi-prêcha indignés de gardiens de ruines, vous me mettez en condition pour mieux vous vomir encore.

Sous l’averse de vos conneries je mouille comme dix mille déluges. Vous m’allumez des incendies partout sous la langue. Vous me faites grimper la température. Je brûle de mille feux, je scintille de mille fêtes. C’est moi tous les brasiers de l’univers. Vous vouliez de la bête, vous l’avez, de quoi satisfaire vos brutalités et réveiller en vous l’instinct de destruction. Vous voilà tout fièvre et ardeur, méchants jusqu’au bout de la langue, affreusement déterminés à liquider le monstre qui ose vous faire l’affront de mettre en péril vos puériles forteresses. Je parle pour tous les mauvais instincts, c’est moi le messager des élans les plus bas.

Allez-y, fustigez-les à travers moi, mais avant cela, regardez-les bien en face, vous verrez alors que nous appartenons à la même épouvantable famille.

Je vous excite, je vous chatouille, je vous agace par tous les nerfs. Mais il faut bien que je vous pique un petit peu, que je vous mette en train pour vous réveiller du sommeil de bovine béatitude dans lequel vous êtes plongés depuis des lustres. Je vous branle l’instinct, voilà tout, le chatouilleux, le mauvais, le cataclysmique.

Ne sentez-vous pas tout le bien que je vous fais ?

N’y a-t-il pas en vous quelque coquin qui se réjouisse d’avoir à sortir de sa réserve, quelque griffe pressée de faire la démonstration de son adresse ?

Vous êtes là ?

Attendez voir que je vous peigne un peu. Vous êtes parfaits dans cette pose. Ne bougez pas. Laissez-moi jeter un peu d’abîme sur vos lèvres, un peu de rouge du sang de tous les diables sur la langue. Derrière mon chevalet, sur ma toile, je vous brosse, oui, tels quels, tout poisseux d’amour-propre, tout poison, tout venin, en horde venimeuse.

Hurlez, tordez-vous de grimaces, ouvrez la braguette à vos plus brûlantes vilénies, que mon tableau ressemble à quelque chose, un Bosch, un Bruehgel un Goya, un Bacon, un Velickovic. Soyez vous-mêmes : tordus, gesticulards, adorablement vicieux, qu’on vous mire dans le simple appareil de votre flétrissure, génialement abjects. Je vous exagère à peine. Je vous arrange, je vous rends illustres. Comme vous êtes infâmes sur ma toile. Beaux, beaux à force de hideur. Deux, trois mots interdits pour vous rendre plus enragés encore, vous stimuler par le bas du reptilien : dégénérés babouins au sang impur, fils de porcs, enfants de putain ! Il en faut peu pour le jeter dans les incandescentes indignations, l’homme. Pensez au tableau !

Qu’on vous voie bien les entrailles, la tripe, les rancoeurs, la rage, la haine, tous les abîmes, toutes les furies refoulées de la maudite viande qui vous recouvre, ce vieux tapis troué que même l’orgueil n’ose plus fouler, cette croûte tordue de douleur où la vie a perdu une à une ses raisons de rugir. Je vous jure que vous êtes parfaits, vous allez faire un malheur, on viendra de partout s’enthousiasmer de terreur pour vous. Ah, que c’est merveille de voir et d’entendre tant de laideur. Vous m’en rameutez des tombereaux de frissons.

Vous voilà en carnaval de cris, en abominations cauchemardesques, en cirque, en colonie d’oiseaux rares, tout braillements, tout injures, sempiternelles gargouilles infâmes revenues en tonitruants cortèges du diabolique jardin des délices. Il fallait bien que je vous fâche, que je vous touche la corde sensible, la coquette, la vertueuse, la très fine bouche, la minaudeuse, qu’on aperçoive tout le trésor de brutalité que vous contenez, tout le Moyen Âge des instincts qui sans relâche vous torturent le fond du noyau, tout le vide stellaire dans lequel vous vous êtes engendré par un heureux hasard avant de venir vous échouer, bouffis et graves, sur la grève désenchantée d’un monde confit dans sa torpeur.

Ah, comme elle vibre à présent, cette corde, comme elle sonne bien monstrueux vacarme, c’est la grosse fâcherie, la tempête affreuse, le raffut des venins, le grand ramdam des sottises, l’ardente clameur de la cruauté sadique. Ne bougez pas, restez naturels, je vous peins, je vous reproduis, vous allez voir, vous serez content du boulot, car c’est de la tâche ardue de brosser l’ignominie humaine, des heures de peaufinage acharné, de méticuleuse broderie, de scrupuleux tricot, de rigoureux domptage. La vanité de l’art : bellement représenter la sauvagerie, la méprisable bête sourde et aveugle, analphabète, qui ne connaît, la malheureuse innocente, ni la laideur ni la beauté.

Pour célébrer les noces énergiques de la grâce et de l’obscénité, il en faut de l’énergie et de la patience, et beaucoup de courage, mais je me charge de tout, ne vous inquiétez pas, contentez-vous d’être vous-mêmes, je serai fidèle, je vous ferai à votre image, soyez-en sûr, effrayants et antipathiques, mesquins et hypocrites, envieux et despotiques, guignols et polichinelles, zoophiles, pédophiles, racistes, et puis vains, dissimulés, flatteurs, intéressés, médisants, querelleux, superstitieux, aussi prompts à dresser de secrètes embûches à votre prochain qu’à rabaisser ou abolir celui qui vous dépasse d’une tête. C’est par amour que je fais tout ça, surtout n’y voyez nulle malveillance de ma part ! Je suis la philanthropie soi-même.

Ah, comme vous voyez le mal partout, tout flicards, tout juges de peine que vous êtes, sans penser une seconde que c’est vous qui le mettez partout, le mal, vous qui l’injectez dans la chair des choses, vous qui le rejetez dans le cœur de l’innocence pour vous en débarrasser, mais c’est bien, c’est très bien, ça vous rend plus méchants encore, plus vrais, plus authentiques !

Ne vous calmez pas !

Battez-vous un peu, empoignez-vous, prenez les armes et égorgez-vous, que ça gicle un petit peu le sang et la chair déchiquetée, ça fera bien sur ma toile, on s’en pâmera d’admiration, on dira quel peintre il est, quel artiste de vérité, comme il a su saisir l’instant, matérialiser l’idée, déshabiller l’homme, désarticuler l’esprit, libérer le minotaure, quelle audace, quel génie !

Oui, entretuez-vous, montrez au monde la face cachée de vos entrailles, la sincérité de vos âmes en débâcle, la qualité des ondes de violence qui se propagent jusque dans vos instincts les moins offensifs !

Soyez bons avec les plus immondes chahuts de votre nature !

N’y voyez nulle félonie de ma part, nulle sournoiserie, nulle turpitude, nulle malice, nulle abominable forfanterie. Je vous aime, croyez-le, je vous adore. Rien ne m’est plus étranger que la misanthropie, cette maladie de l’âme en mal d’altitude.

Moi aussi je la recherche l’altitude, jusque dans le fond de vos abominations. Vous m’êtes ce qu’il y a de plus précieux au monde.

Que serais-je sans vous ?

Un prêcheur dans le désert, le corniaud du sable et des cactus. Je n’ai pas peur des grosses fâcheries du ciel. On ne pousse jamais mieux que dans les turbulences.

Un arbre qui doit s’élever fièrement dans les airs pourrait-il se passer du mauvais temps et des tempêtes ?

Je suis homme moi aussi. Raffiné, précieux, allègre comme vous tous, affamé d’infini, épris des cimes et des gouffres, de tous les grands extrêmes qui font Homo Sapiens. Je ne saurais m’imaginer vivre à l’abri des enragements du climat et des pestilentiels remous des haleines végétatives. Rien ne me serait plus fatal qu’une vie sans catastrophes, une vie sans débâcle, une vie sans l’étourdissant orage des commotions internes.

On a besoin des méchancetés de la matière pour rallumer en soi les vigueurs qui menacent constamment de s’endormir.

Se sent-on né tant qu’on n’a pas conquis sa naissance ?

C’est en quoi je vous suis utiles, croyez-moi !

Je vous peins sinistres par amour de vous.

Je vous conquière une disgrâce de toute beauté pour vous sauver de la laideur sans lendemain qui vous tire sur le visage. A se mirer affreux dans la glace on finit par s’arranger un peu : soit l’on se range au bel idéal du troupeau, soit l’on plonge, comme les grands prédateurs, plus avant dans la scélératesse. On a les métamorphoses qu’on mérite.

C’est le tableau de vos âmes en délire que je brosse, tout ce qu’on vous a appris à réprimer, refouler, haïr, je vous autorise à le chanter, hurler, babiller, sans fards, sans censure, sans chichi, sans flafla, libre de toute muflerie doctorale.

C’est vos chinoiseries qui m’intéressent, moi, vos rigolotes atrocités, vos ardentes sauvageries, vos plus étincelantes barbaries, tous vos savants machiavélismes.

Ah, c’est vrai, je l’avoue, je suis voyeur, je jouis des parties honteuses de la vie que l’impuissance cherche de toute force à dérober à la vue. Je suis fétichiste de la méchanceté humaine, de ses abîmes, de son insondable mystère, voilà mon vice, ma tare, mon redoutable péché mignon, le mal dont je souffre et que tous les excités de la balance ne me pardonnent pas, moi, encore tout sonné par la lecture du Petit Prince, mon livre de chevet, la rose et ses épines, l’amour-propre au fond de toute pureté, je traque le minotaure qui se terre dans le labyrinthe des passions, je m’excite à la vision des plus réprouvés instincts, je jette ma langue sur tout ce qui fleure la destruction, je m’enivre des désastreuses facéties du genre humain, je m’enchante de ses souffreteuses faiblesses autant que de ses tranchants coups d’éclat. De quoi m’exciter le verbe, mon pinceau à moi, mon couteau, mon laboratoire, ma grande tyrannie. Je n’y peux rien, c’est plus fort que toutes mes bontés, je ne peins que ce qui est hideux. Je croque la bassesse comme d’autres croquent la grandeur d’âme.

C’est qu’il y a dans ses replis d’insoupçonnées splendeurs. Avec quelle beauté un homme se délabre, se déprave, libère la bête fauve qui s’agite en lui, accouche de ses sinistres faiblesses.

Rien ne me fascine tant que la corruption. Elle désorganise, ébranle, foudroie les plus farouches résistances, elle met à sac tous les empires, toutes les civilisations, elle jette à genoux Dieu lui-même. C’est la tragédie des hautes verticalités que de s’écrouler après avoir cédé à une tentation inattendue. Mais plus la lutte a été longue et plus la victoire est belle. Il en faut pour tous les goûts.

Non que la noblesse me répugne, bien au contraire, je m’emporte accroché à sa traîne, la main tendue vers la ferveur angélique de son visage effrayant, trait de physionomie qu’elle partage avec la bassesse et que sa hauteur ne fait qu’accentuer. Mais on ne lui rend pas assez hommage à la difformité morale. On la vomit de partout. On en oublie jusqu’à cette sourde évidence que la morale elle-même n’est qu’une difformité morale infligée à l’instinct par l’impuissance. Alors, je la recueille, moi, l’innocente abjection, dont ni diable ni dieu ne veulent, je lui fais une petite place sous mon manteau, à la pauvre orpheline, sans famille, abandonnée par des parents honteux n’ayant jamais eu le cran de la reconnaître, petite bâtarde délaissée comme une misérable crotte dans le caniveau, malmenée, vilipendée de partout, calomniée, ligotée, bâillonnée, condamnée à se taire, parce qu’elle a le tort la mignonne de mal présenter et d’être terriblement contagieuse. Je l’installe sur le devant de la scène, je la laisse croître vers les abîmes dont elle est l’heureuse dépositaire, j’en fais ma cause, j’en fais mon œuvre. A force de se fouetter de niaiseries, on s’atrophie la ferveur.

Voilà pourquoi je suis généreux jusqu’avec la bêtise. Je m’empoisonne avec pour me fortifier. C’est tout ardemment nocif qu’elle me rend. Elle tient son journal intime dans un recoin de ma langue de repris de chaos. Je n’en montre que les meilleures pages. En bon Théophraste de l’extrême, j’en suis le La Bruyère très spécial, l’opiniâtre et sportif portraitiste, le très peu amène porte-voix. Examiner l’infamie sous toutes les coutures et, inlassablement, en développer le caractère, loin des rigueurs hivernales de la science, tout près de la chaleur tropicale des fortes fièvres ; favoriser l’activité de la passion la plus forte, élever la température, enflammer, consumer, étourdir de fièvre, être généreux avec tout ce qui en l’homme réclame l’esprit par le feu ; sensibiliser les hommes aux charmes inqualifiables de leur méchanceté, les initier à ce qu’il y a de formidablement sain en elle, retenir la page qui traite de leurs travers, au lieu de la tourner rapidement avec ce doigt méprisant rempli de l’austère bonne conscience du vertueux que se plait à lever fièrement l’homme de bien quand il aperçoit la plus petite ombre de saleté en lui et que, pour ne point se souiller l’âme de son opprobre, il balaye d’une pichenette, voilà tout le sens de mon humble ouvrage. Les instincts qui règnent en moi sont trop violents, trop avides pour que je les laisse s’éteindre sans leur avoir offert la chance de venir s’écrire tels quels à la face du monde. Ils me poussent parfois si loin que je ne souffre plus aucune de mes faiblesses. Quel enthousiasme ils connaissent lorsqu’ils rencontrent leurs semblables chez autrui. Quelle tempête ils provoquent à s’embraser les uns les autres, à se donner le change jusque dans la conversation la plus douce, à se féconder d’ardeur redoublée dans les plus guerriers enlacements.

Mais surtout quel bonheur ils ont à me courir sur langue, à danser dans mes mots, à s’entrechoquer dans mes phrases comme autant de petits clowns effroyables et provocants lâchés au milieu d’une foule hélas insensible au délire. Il faut que ça passe ou l’on en crève ! Ah, mais je m’emballe. Combien de telles effusions sont étrangères aux langues prisonnières de la glace, combien elles paraissent inconvenantes à tous les pauvres en abondance, à tous les épuisés de la vie morts avant que d’être nés, à tous les instincts que la neige d’une éducation morbide et compassée a poussé dans la paralysie. Leur place n’est-elle pas à la morgue ?

Comment pourrait-on se laisser impressionner par de si petits souffles ?

Ne faudrait-il pas au contraire les encourager à se réveiller, à s’aérer les bronches, à se remplir de l’air qui manque cruellement à leurs muscles, sans étouffer en eux la source vive de leurs instincts conquérants. Mais peut-être vaut-il mieux ignorer ces voleurs d’immensité et continuer à regarder les étoiles qui brillent par-dessus leurs têtes. Les ignorer ou les tuer.

Mais à quoi bon tuer des cadavres ?

La mort s’est déjà occupée d’eux. Laissons-les se décomposer dans les miasmes de leur hébétude.

Ne se moque-t-on pas tout là-haut de ces buées délétères ? Ne se félicite-t-on pas en revanche des quelques vaillants qui osent se lancer dans la colonisation de leur folie ?

Ne sont-ils pas un exemple pour tous ceux qui rongent leur frein dans le désoeuvrement ?

Que faire sinon provoquer, basculer pitre pour dérider l’indifférence, gesticuler, brailler, tonitruer, saccager, blasphémer, écoeurer, piquer au vif, bouffonner dans les plaies, réveiller la douleur, rompre le pacte de l’odieuse monotonie plastronnante du rachitique corps collectif. C’est la bêtise qu’il faut d’abord dégoûter d’elle-même, le chien qui est en elle qu’il faut siffler, qu’elle se déchire en pièces.

Ne s’est-on jamais demandé pourquoi le chien était le meilleur ami de l’homme ?

Tout simplement parce que l’homme est un chien qui s’ignore et que son ami le chien l’a flairé depuis longtemps. Voilà un chien qui minaude, pense le chien à propos de l’homme, un chien savant, un chien très spécial qui a la folie des grandeurs. Soyons patient, pense le chien, l’homme finira bien par revenir sur terre et cesser de jouer au tartufe, oui, l’homme finira bien par redevenir le chien qu’il est et qu’il a toujours été, un chien exigeant. Voilà ce que je fais : je vous enseigne l’amour du chien qui est en vous. De quel abîme venons-nous, vers quels vertiges allons-nous ?

Voilà les questions que je pose constamment à l’homme après me les être posées à moi-même tant l’évidence d’être un Homme me paraît fort suspecte si l’on n’a pas remporté ce titre de gloire dans une victoire contre son avatar de cocotte en papier qu’est l’homoncule. C’est mon ressenti du monde que je peins, ma fièvre que j’inocule à toutes les choses qui ont la fortune de me passer sous la langue. Je contamine tout ce que je touche de ma fureur. Je les colore de mes abîmes. Elles ne sont les choses que ce que j’y ai détaché de mes largesses. C’est le visage grimaçant de sa terreur et de sa misère que l’homoncule aperçoit partout dans l’univers. Je tente quant à moi d’y apercevoir celui de ma ferveur et de ma richesse. Si les choses sont méchantes, si elles vous sont obstinément douloureuses, c’est parce que vous leur avez imprimé le caractère de votre méchanceté et toute l’atroce intensité de votre douleur. Mais c’est déjà pas mal ; vous verrez qu’on peut très vite renverser les choses ; un coup de couteau dans vos souffrances et vous vous découvrirez plus fort pour frapper comme un sceau la beauté de votre triomphe sur la gueule de l’infini.

On est forcément injuste avec ce qu’on peint, on ne fait jamais que se peindre soi-même dans sa peinture et déteindre dans la chair et dans l’âme de ce dont on fait le portrait. Ce que l’on brosse brûle de notre température. Les mots et les couleurs ne sont que les flammes de la folie dont on se consume. C’est bien en cela que tout grand livre qui se respecte est un brûlot. C’est un bûcher pour l’homoncule.

Eric Bénier-Bürckel est écrivain :
-  Un prof bien sous tout rapport Editeur : Pétrelle
-  Maniac Editeur : Flammarion
-  Pogrom Editeur : Flammarion



Publié le 12 janvier 2006  par torpedo


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Forum de l'article
  • Eric Bénier-Bürckel : Un peu d’abîme sur vos lèvres
    20 avril 2007, par Luc M

    Coucou administrateur du site

    ah au fait suite à la nouvelle" Le plagaire" que vous avez eu la gentillesse de faire paraitre je contacte Eric parce qu’effectivement je le connais et j’aimerais qu’il prenne connaissance de ce texte un peu trash mais sans plus qui lui ai dédié :

    Donc salut Eric , un clin d’oeil de Luc ...à toi d’avoir de tes nouvelles , bonnes ou mauvaises !

    Baisers

    Luc

    • Eric Bénier-Bürckel : Un peu d’abîme sur vos lèvres
      4 novembre 2014, par aomineseven
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      • Eric Bénier-Bürckel : Un peu d’abîme sur vos lèvres
        13 janvier 2015, par jeparaonline

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