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l’Art (y compris la littérature) n’a pas à être utile ou inutile : il est la Vie !

Catégorie littérature
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(tiré d’une correspondance particulière)

Là où je ne suis pas d’accord avec Paul Valéry, c’est que pour moi, la littérature et l’art en général n’a pas à se soucier d’être rentable ni d’être utile ou inutile ; elle est l’expression d’une qualité intrinsèque de l’humain : créer ; ce qui n’est rien moins que qualifier l’existence : la Vie (avec un grand V, svp !) est aussi primordiale pour la civilisation que de s’organiser en société.

Le tout est de savoir, ce qu’on définit par la Vie (en dehors de considérations strictement positives)

Tu sais comme moi que l’esprit est le moteur de la Vie qui utilise des appareils pour assurer la permanence de son étincelle : l’estomac, le cœur, etc. Un homme et plus généralement un être sans esprit, est tout au plus un tas de viande qui utilise des fonctionnalités pour perpétuer sa forme physique.

Je ne verserai pas dans le solipsisme, mais quand même ! qu’on ne vienne pas me bassiner avec des considérations d’utilitariste : ils sont en train de nous fabriquer une société, complètement détraquée, les utilitaristes ! J’exècre les gens qui se positionnent ainsi dans la vie et gâchent la Vie ; j’en connais beaucoup et ils ont l’habitude de se croire sensés, mais ils sont incapables de produire eux-même du sens à la Vie ; c’est pour cela qu’ils ont besoin de tout expliquer, à leur échelle, et favorisent l’émergence des pouvoirs encadrant...

Ce qui ennoblit l’esprit donc la Vie de l’homme n’a pas de prix, surtout quand il accessible pour tous, à tout moment, sans prix, sans formalité.

C’est donc pour ça que je parle de patrimoine (collectif) à bon escient. Il y a des choses produites pour la collectivité et qui appartiennent à la collectivité sans qu’on doive y attacher une valeur d’échange puisque leur existence même procède de l’échange : il en est ainsi de l’art, des idées, et de la littérature en particulier.

Or dans le système actuel, ces richesses de l’âme humaine sont captées pour servir le profit matériel de quelques uns, et qui plus est si les auteurs sont paupérisés aujourd’hui comme hier, c’est surtout parce qu’ils ne touchent que des miettes sur la vente d’objets dont ils créent le contenu et le pourquoi d’existence !

Autrement dit la plupart sont dans la misère, de leur vivant et souvent consentants : (syndrome des otages de Stockholm) par la faute de ceux qui font commerce des idées et les réifient.

Ceux-là s’accaparent pour une bouchée de pain, de droits d’auteur qu’ils ont fait naître et reconnaître à ces fins. La reconnaissance par le talent là-dedans, n’est qu’un prétexte commode, très variable, qui doit permettre la domestication...

On peut en sourire certes, mais le sort des auteurs (et de beaucoup d’artistes) n’est pas très éloigné de celui des paysans ou fournisseurs de matière première du Tiers-Monde...

Ils payent pour travailler et devraient remercier ceux qu’ils enrichissent, dans l’indifférence générale de leurs contemporains ! ...

Combien de gens sont touchés par exemple que Françoise Sagan n’eut même pas de quoi se payer une cigarette à la fin de sa vie, qu’André Breton : le pape du surréalisme n’aura touché des droits d’auteur qu’à la fin de sa vie ou que Van Goght n’ait jamais vendu un tableau de son vivant (maintenant ils valent des millions d’euros) ?

Il y a des solutions politiques à mettre en place et à l’échelle universelle, svp ! Pour moi et je l’ai déjà dit : voir mes archives 2004 de l’ITL,

la création d’art et de culture doit être déconnectée du commerce ;

ce qui ne l’empêche pas de répondre aux aspirations profondes de l’humanité.

Dans cet ordre d’idée, on considère bien déjà, que certains monuments ou ressources naturelles appartiennent au patrimoine commun de l’humanité : hé bien ! c’est pareil pour les oeuvres de l’esprit qui ont pour vocation d’enrichir l’humanité entière (du moins qui le veut).

Bien sûr au 19ème et 20ème, ce genre de conceptualisation aurait et a été taxé d’utopie ; les vues matérialistes, qu’elles soient bourgeoises ou socialistes, étant prégnantes. : Non ! Pour te répondre, nous n’avons pas progressé dans ce domaine : la place de l’artiste et de l’homme de lettre dans la société ; au contraire nous avons régressé : c’est l’ordre néolibéral qui veut ça !!! ... Il faut savoir souffrir pour son art, d’accord ! mais ce n’est pas une raison pour accepter l’injustice ; et puis ; passer sa vie à avoir peur de perdre ce qu’on a, d’être ce qu’on on est, ne pas résister à l’oppression pour éviter les ennuis, etc. c’est mourir à petit feu si ce n’est plus vite ! Il faut bien que nos concitoyens se le disent, et parmi eux, les plus bravaches ; parce que de replis en compromissions, la France à Pétain, elle n’est plus très loin, et cela explique beaucoup de choses, ces temps-ci...

-  Et pour finir (je te taquine) : je suis, je reste ce que je suis !

J’exige mon droit de cité (si c’est pas Mac-Mahon, ça y ressemble !) Ceux qui me tiennent dans la misère, quelqu’en soit la raison et les modalités, auront tôt ou tard affaire à mézigue !

Voilà ce que je viens de dire à un pote, il y a quelques jours : "Mais bon, pas de soucis ! Je ne suis pas prêt de rendre les armes, et la "machine" tient le coup. Je vais vous dire : qui que se soit des "Huns" ici, ils ne sont pas à la noce avec moi, et je monte en puissance et je n’oublie rien ! ... Mon expérience de Vie est forte et me sert maintenant, vraiment, de plus en plus. Il faut lire les deux paraboles sur mes sites "L’Avion" et "Le Char et la Citadelle" pour commencer à comprendre le bonhomme et se faire une idée sur ses ressources... (je ne sais pas si je vous en avais parlé) Seule la mort peut m’arrêter maintenant, et, seule, la Mer peut défaire ce qu’Elle a fait... Je vous laisse mesurer ce que cela recouvre de sens ! "

D’aucuns parmi les plus minables ici bas, diront : "mais que veut-il encore, ce fada qui se prend pour le fils de la Mer ?", mais c’est tout simple, il veut VIVRE : à prendre ou à laisser, on peut toujours aller voir ailleurs quand il est encore temps !...



Publié le 17 janvier 2006  par Jean Jacques Rey


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