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Discours d’Hugo Chavez du 24 décembre 2005 De : Acevedo

Catégorie politique
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Traduction Gaston Lopez

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Ce discours du 24 décembre a fait couler beaucoup d’encre car une partie de la presse française a accusé le président Hugo Chavez, d’y avoir tenu des « propos antisémites ».

Le texte diffusé sur le site vénézuélien du ministère de la communication et de l’information comporte 26 pages.

C’est, en fait, le récit de la visite du président Hugo Chavez à « La Source des Rêves », un centre social de réinsertion. Nous en avons extrait ce qui constitue véritablement un discours en supprimant les passages pendant lesquels le président dialogue avec ses hôtes. Cette traduction permettra au lecteur de remettre les choses dans leur contexte et de ne pas se laisser impressionner par la manipulation grossière des adversaires d’Hugo Chavez.

Il pourra se rendre compte en particulier que pour le président Chavez, « ceux qui ont crucifié le Christ et Bolivar, à leur manière », ne sont pas les Juifs, mais les Impérialistes et ce n’est pas une idée neuve. On la trouve déjà chez l’écrivain grec Nikos Kazantzakis dans son roman « Le Christ Recrucifié » qui a donné lieu à une adaptation cinématographique sous le titre « Celui qui doit mourir »...

VISITE AU CENTRE DE DEVELOPPEMENT ENDOGENE INTEGRAL HUMAIN « LA SOURCE DES REVES » municipalité de Acevedo, état de Miranda, le samedi 24 décembre 2005

-  H.C. : Bon, voyez, avant que la nuit tombe, la nuit de Noël, c’est aujourd’hui.

Comment dit la chanson ? Cette nuit, c’est la nuit de Noël et demain, c’est la Noël. Juan, finis la chanson ! Cette nuit, c’est la nuit de Noël et demain, c’est Noël et l’enfant Jésus béni sera avec nous. Eh bien, avant que tombe la nuit et qu’arrive la nuit de Noël, permettez-moi de dire un petit mot. D’abord, salut à tous. Je vous manifeste ma grande joie, et plus que de la joie, c’est un sentiment...qu’on ne peut pas décrire, d’être ici, ce jour du 24 décembre. Je crois qu’on peut difficilement trouver un meilleur endroit pour ce soir de la nuit de Noël, au Venezuela. Ce jour si particulier de la naissance de Jésus, cette nuit de ce jour , alors que Jésus est né depuis 2005 ans, le rédempteur des peuples, le commandant des commandants et des peuples. A Jésus, je rends hommage avec vous, ici à « La source des rêves », à Jésus notre seigneur, Jésus le rédempteur.

P : applaudissements.

-  H.C. : Jésus le justicier, Jésus, le nomade, car Jésus a été beaucoup de choses et il est beaucoup de choses, le nomade de la croix. Ce soir, on m’a offert ce livre : « Histoire du Christ ». je veux commencer par là et dédier ces minutes avec vous au Christ, le jour de sa naissance, la nuit de sa naissance, c’est à dire de son anniversaire car c’est l’anniversaire du Christ.

Goivanni Papini, un bon écrivain de la fin du siècle passé ou plutôt du début, italien, a écrit ce bon livre. Il était athée et sur le chemin de la vie, il rencontra beaucoup de difficultés et beaucoup de gens qui avaient eux-mêmes des difficultés. Giovanni Papini mourut en 1956, j’avais deux ans , cela fait un demi- siècle. Alors, Papini qui était athée rencontra le Christ sur son chemin et il termina sa vie en chrétien et en écrivant cette oeuvre merveilleuse sur la vie du Christ , l’histoire du Christ, la vie de Jésus. Et je demande à tous les vénézuéliens aujourd’hui, et cela est mon message de Noël...Mon message pour tous les hommes, pour toutes les femmes, pour tous les garçons et les filles de ma patrie, de notre patrie. D’ici où l’amour est vécu avec intensité, l’amour que nous reflète et nous dit Fabiola dans ses mots, dans son regard, dans son cheminement, dans ses gestes, d’ici où se vit avec intensité l’amour, selon l’ordre du Christ précisément , il n’y a pas de meilleure manière de rendre hommage au Christ qu’en vivant avec lui et en lui avec amour. Ceci est un exemple de ce que le Christ est venu prêcher dans le monde, un message d’amour, de courage, de foi, d’espérance pour tout le peuple vénézuélien en ce 24 décembre.

Voyons comment le livre commence. Nous allons en lire une demi page, pas plus. il est très bon de lire. Avez-vous des livres ici ?

-  P : Oui.

-  H.C. : Une bonne bibliothèque ?

-  P : Il n’en manque pas.

-  H.C. : Je vais vous envoyer des livres et Diosdado va vous en envoyer aussi et aussi Garcia Carneiro.

P : applaudissements.

-  H.C. : Il faut avoir beaucoup de livres. Avez-vous des ordinateurs ?

-  P : Oui,

-  H.C. : Avec internet ?

-  P : Non.

-  H.C. : Vous n’avez pas encore internet ?

-  A : Il manque l’antenne mais la ministre a dit qu’on la placerait cette semaine.

-  H.C. : Il faut que vous ayez internet pour pouvoir lire et connaître le monde. Le premier chapitre du livre s’appelle « L’étable » , l’étable « Jésus naquit dans une étable... », j’ai cherché dans le dictionnaire, vous savez ce que signifie étable mais il est toujours bon de chercher dans le dictionnaire et étable vient du latin estabulum, qui désigne simplement un endroit couvert où on enferme le troupeau, donc, une étable. Il est toujours bon de se rappeler cela et d’aller à la signification réelle du mot.

« Jésus naquit dans une étable, une véritable étable, non ce vestibule gai et dégagé que les peintres chrétiens ont dessiné pour le fils de David comme s’ils avaient honte que leur dieu soit né dans la misère et la saleté. Ce n’est pas non plus la mangeoire de gypse que la fantaisie de confiseurs des sculpteurs des temps modernes a inventé pour notre temps. La mangeoire propre et intime aux gracieuses couleurs avec une jolie paille bien disposée, la petite mule extatique et le boeuf plein de componction., avec les anges voletant sur le toit, les rois avec leur manteau et à genoux des deux côtés du vestibule, les bergers avec leur capuche. Tout cela peut être un songe de novice, un luxe de paroissien, un jouet d’enfant. Le refuge prophétisé d’Alexandre Manzoni mais ce n’est pas vraiment l’étable où naquit Jésus.

Une étable, une véritable étable, c’est la maison des animaux, la prison des animaux qui travaillent pour l’homme. L’ancienne, la pauvre étable des vieux pays, des pays pauvres, du pays de Jésus, n’est pas le portique avec des pilastres et des chapiteaux ni la scientifique écurie des riches d’aujourd’hui ou la cabane élégante des veillées de Noël.

L’étable, ce n’est que quatre murs rustiques, un pavement sale, un toit de poutres et de planches ; la véritable étable est obscure, négligée, malodorante. Il n’y a aucune propreté en elle, autre que la mangeoire où le maître prépare le foin et les céréales ». Et pour terminer, un peu plus loin, il dit : « Cela, c’est la véritable étable où naquit Jésus, le lieu le plus sale du monde fut la première habitation du plus pur d’entre les enfants de la femme, le fils de l’homme qui devait être dévoré par les bêtes que l’on appelle « hommes ». Il eut comme premier berceau la mangeoire où les animaux ruminaient les fleurs merveilleuses du printemps. Jésus n’est pas né dans une étable par hasard, est-ce que le monde n’est pas une immense étable où les hommes engloutissent et font du fumier ? Ne changent-ils pas par une infernale alchimie les choses les plus belles, les plus pures , les plus divines, en excréments ? Ensuite, ils se jettent sur ces montagnes de fumier et appellent cela « jouir de la vie » ».

Le Christ aujourd’hui est plus vivant que jamais et nous en avons aujourd’hui plus besoin que jamais auparavant, jamais dans l’histoire de ces deux mille et quelques années depuis sa naissance. Le Christ doit vivre en nous, ce que dit Giovanni Papini est vrai, ce livre, je ne le connaissais pas. Juan ! Est-ce que tu l’as lu ?

-  J (le maire) : Non, président .

-  H.C. : Tu ne l’as pas lu ? Je recommande le livre . Voyez comment il commence, parce que Giovanni Papini était un rebelle et le rebelle a rejoint le Christ. Moi aussi, Hugo Chavez, j’avais des doutes sur le Christ. J’ai été enfant de coeur sur l’ordre de ma mère. Bénie sois-tu, vieille ! Bon Noël, à toi, à Papa et à tous. Je ne suis pas loin, je suis dans ton coeur avec ces gens-là et étant avec eux, je suis avec toi.

P : applaudissements.

-  H.C. : Avec ces fils de Dieu, ces fils du peuple, ma mère aurait voulu que je sois curé.

-  J. (le maire) : Tu aurais été pape, Président.

-  H.C. : Juan Barreto est un coquin. Il dit que j’aurais été pape. Non, je serais resté un curé de paroisse. Comme le dit Ali Primera dans sa chanson, n’est-ce pas « cherche le curé de la paroisse, ne cherche pas le cardinal , dis-lui que Dieu ne se dresse pas, il est content de la Révolution. »

P : applaudissements.

-  H.C. : « Montre-lui le chemin, montre-lui le chemin, puis... »

P : applaudissements.

-  H.C. : Bon, vous chantez bien. Comment chantez-vous ? Ah, vous avez chanté l’hymne national mais joliment. Ceux qui ont chanté sont-ils ici ?

-  P : Oui.

-  H.C. : Choeur terrible, ils ont gagné un prix.

P. : applaudissements.

-  HC. : Bien, je discutais avec le curé de mon village quand j’étais enfant de choeur. Je me rappelle que je demandais à ma grand-mère : Grand-mère, comment le Christ...moi, je n’ai jamais cru que Dieu nous ait fait de boue, avec de la boue, il me coûtait beaucoup de le croire et aussi qu’on avait tiré la femme d’une côte d’Adam. Quel machiste, ce Dieu ! Ce n’est pas la vérité, c’est une hésitation d’un dieu machiste qui met la femme au-dessous.

Bon, je devins rebelle et j’ai rencontré le vrai Christ et je n’ai plus de doute. Ce n’est plus une image bébête avec une tête d’idiot qu’il y a dans certaines églises. Non, le Christ fut et est un des plus grands révolutionnaires de l’histoire et le premier socialiste de notre ère et c’est pour cela qu’on l’a crucifié.

P : applaudissements.

-  H.C. : Papini dit cette phrase merveilleuse : « Le fils de l’homme qui devait être dévoré par les bêtes qui s’appellent hommes mais qui n’agissent pas comme des hommes. » Alors, je veux insister sur le message chrétien, je n’ai pas d’autre façon d’envoyer un message de Noël. Pour moi, Noël, c’est d’abord le Christ, le Christ rebelle, le Christ révolutionnaire, le Christ socialiste, le Christ homme, le Christ qui dit : « Bienheureux les pauvres parce que le royaume des cieux leur appartient. »Le Christ qui dit : « Il sera plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. » Le Christ qui est venu prêcher l’amour entre nous, qui nous a ordonné et nous ordonne : « Aimez-vous les uns les autres. » Le Christ rédempteur est ici parmi vous, je le vois ici en vous.

P : applaudissements.

-  H.C. : Je le vois ici, inondant d’amour « La source des rêves ».

P : applaudissements.

-  H.C. : [salutations au ministre, au maire....] J’avais demandé au ministre du logement de m’accompagner, nous survolions Caracas en hélicoptère, discutant de plans que nous avons pour accélérer l’appui aux pauvres, aux quartiers les plus pauvres de Caracas et de tout le pays mais vous savez qu’à Caracas s’est concentrée une grande population pauvre pendant plusieurs années et nous parlions d’avancer beaucoup plus vite dans la transformation de la vie de ces quartiers de misère et de pauvreté. Nous arrivions à l’hippodrome et je dis à Luis : « Il faut que nous fassions avancer ce projet. »

[salutations à divers personnages]

Nous sommes en train de ressusciter la patrie, le Venezuela est en train de ressusciter et vous êtes ceux qui ressuscitent le Venezuela.

P : applaudissements.

-  H C. : [il reconnaît l’effort de tous]

Un jour, on a emmené les vieux [les vieux de l’asile qui existait là avant « La Source des Rêves » et dont l’infirmière a raconté le déplacement forcé par le gouvernement de l’époque, note du traducteur]. Pourquoi ? ai-je demandé. Elles ont répondu : Parce qu’il n’y avait pas d’argent. Mais où était l’argent ? L’argent, au Venezuela, s’est concentré comme dans le reste du monde. Car, savez-vous, c’est un phénomène mondial. Je viens de lire ce matin le dernier bulletin d’information de l’ONU sur la situation du monde et elle est alarmante. C’est pour cela que je dis qu’aujourd’hui plus que jamais auparavant, nous avons besoin de Jésus-Christ . parce que le monde est sur son déclin, et aussi la richesse du monde parce que Dieu et la nature sont sages. Le monde a suffisamment d’eau pour que nous ayons tous de l’eau, le monde a des richesses suffisantes, des terres suffisantes pour nourrir toute la population de la planète, le monde possède suffisamment de pierres et de minéraux pour les constructions, pour que personne ne soit sans maison. Le monde a de tout pour tous mais une minorité, les descendants de ceux mêmes qui ont crucifié le Christ, les descendants de ceux mêmes qui jetèrent Bolivar hors d’ici et aussi le crucifièrent à leur manière à Santa Marta, là-bas, en Colombie, une minorité, donc, s’empara des richesses du monde, une minorité s’empara de l’or de la planète, de l’argent, des minéraux, de l’eau, des bonnes terres, du pétrole, des richesses, donc, et a concentré les richesses dans peu de mains. Moins de 10% de la population du monde est maîtresse de plus de la moitié des richesses du monde entier... Plus de la moitié des habitants de la planète est pauvre et chaque jour il y a plus de pauvres dans le monde entier. Nous, ici, nous sommes décidés à changer l’histoire et chaque jour nous accompagne et nous accompagnera une plus grande quantité de chefs d’Etat, de présidents, de leaders. Voyez comme le peuple bolivien... La Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud et l’un des plus pauvres du monde. Cette république, fondée par Bolivar et par Sucre, celle qui porte le nom de notre Bolivar, cette Bolivie est très riche : minéraux, or, argent, étain, pétrole, gaz , terres très fertiles, et grandes montagnes . Cependant, c’est un des peuples les plus pauvres de cette planète mais les pauvres sont en train de ressusciter : ils viennent d’élire un Indien pour la première fois dans l’Histoire, président de Bolivie.

P : applaudissements.

-  H.C. : Un véritable Indien. Moi, je suis un demi Indien mais Evo est un Indien et demie. D’ici, nous allons applaudir Evo Moralès et le peuple bolivien.

P : applaudissements.

-  H.C. : [salutations au Révérend Dijesus Rodriguez....]

Je disais qu’au Venezuela, et je suis sûr que chaque jour, d’autres peuples nous accompagneront comme déjà ils nous accompagnent, nous sommes décidés à changer l’histoire. C’est une tâche gigantesque mais avec l’aide de Dieu nous la mènerons à bien, deux mille ans après la naissance de Jésus. Ma grand-mère, Rosa Iñès, je m’en souviens aujourd’hui spécialement, on se rappelle tant de choses un jour de Noël, n’est-ce pas, et parfois, cela nous attriste un peu mais la tristesse, il faut la changer en... Quelle est la cause de la tristesse ? L’amour, le souvenir. Alors, l’amour se met au-dessus de la tristesse et transforme ces jours en quelque chose de spécial où il semble qu’on vit des choses qu’on a déjà vécues. Et ma grand-mère parlait toujours du « deux mille et plus ». je ne sais pas où elle avait pris cela, je crois que ce fut sa mère, Iñès Chavez, qui prophétisait. Elle parlait d’une prophétie, elle disait : « Huguito, tu vas vivre les années deux mille et plus, moi, non... » Bien sûr, moi, j’aurais voulu qu’elle vive mais elle n’a pas pu vivre autant. Ma grand-mère est morte jeune, elle est morte à moins de soixante-dix ans mais elle était née en 1913. Aujourd’hui, elle aurait quatre-vingt-dix ans. Elle annonçait , elle répétait une prophétie que sa mère lui contait, que l’an deux mille devait être la fin du monde ... Ou le monde change ou il meurt. C’est un vague souvenir que j’ai de ce qu’elle racontait quand j’étais enfant. Nous sommes maintenant en deux mille et plus et nous ne pouvons permettre que ce monde meure. Nous ne pouvons permettre que ce monde s’achève, comme dit ce livre de l’histoire du Christ, dans un grand tas de fumier où les hommes dévorent les hommes, où nous nous entretuons. Nous devons sauver ce monde et nous pouvons le sauver seulement par l’amour, par le désintéressement et même par le sacrifice. Le Christ nous a donné l’exemple. dans la mesure où nous suivrons le chemin du Christ avec amour, avec fraternité, pour la patrie, pour la collectivité, sur ce chemin et dans cette mesure nous sauverons la patrie et nous aiderons d’ici à sauver le monde.

Je demande à Dieu que nous puissions le faire et je demande à tous de se mettre au travail avec le maximum d’effort, la plus grande capacité d’amour, de désintéressement, que nous puissions avoir dans l’âme , pour tous les vénézuéliens et toutes les vénézuéliennes et pour sauver ce pays, notre pays, le sauver pour nos fils, nos descendants, le sauver pour le monde, car de cette manière, nous sauverons le monde de la violence, de la haine, de l’égoïsme, de l’individualisme, de la guerre, de la mort , pour que vivent pour nos peuples l’amour et la fraternité. Votre exemple, nous devons le reconnaître, de vous tous, et je viens ici non seulement pour le reconnaître mais aussi pour me joindre à cet effort, je suis un de plus à « La source des rêves ».

P : applaudissements.

-  H.C. : Je suis un de plus à « La source des rêves » et avec moi tout le gouvernement, pour consolider « La source des rêves ». Vous avez mis en place une première étape, solidement, et pour rien au monde nous ne pourrions permettre le plus petit signe d’échec, pour rien au monde nous ne pourrions permettre que ce travail reste comme une coquille vide. Il faut nous rappeler la phrase du grand José Felix Ribas « Nous ne pouvons opter entre vaincre ou mourir, il faut vaincre ». Vive la République !

[vivats et applaudissements,...]

-  H.C. : Nous n’allons pas échouer, comme disait Hector, le coordinateur,[... rappel des tragédies des personnes présentes...]

Moi aussi, j’ai vécu mes désenchantements . J’ai eu le temps des pleurs, le temps où je me jetais sur le sol même au point de penser :« Que le courant m’emporte ! » J’ai été pris, je me rappelle les premières heures après le 4 février, jeté dans une cellule obscure et demandant à Dieu « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu laissé vivre ? Il eût mieux valu mourir qu’être en cet endroit et penser à mes fils et à ma femme bien-aimée et voir ma mère pleurer et tout et tout... » Moi, je voulais mourir, le jour du coup d’état, le 11 et 12 avril aussi, il y a eu un moment où j’ai dit « Je m’en vais, » comme dit la chanson. Mais non, il faut surmonter ses moments de faiblesse. Nous sommes tous humains. Il faut surmonter ses moments de faiblesse comme vous le faites et reprendre le sentier de la vie qui est le sentier de la patrie car chacun de vous a une valeur infinie. Chacun de vous, chaque Vénézuélien, chaque Vénézuélienne est une partie essentielle du coeur de la patrie. Vous êtes en train de nous donner un magnifique exemple et nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous associer à cet effort, « la Source des Rêves » nous a donné un signal.

p : applaudissements.

-  H.C. : Je fais partie de « La source des Rêves ». Elle nous a donné un signal pour la route à suivre, car je vous le dis, j’ai mes frustrations. Ces dernières années, nous avons réussi beaucoup de choses et nous pourrions les mentionner ici mais c’est inutile, le peuple vénézuélien sait ce que nous avons fait pendant ces 7 ans. La plus grande, dirais-je, c’est de libérer notre patrie qui était soumise à l’impérialisme américain.

P : applaudissements.

-  H.C. : Elle était soumise et dominée et la libérer, en plus, de l’oligarchie créole et quand je dis « oligarchie », je me réfère à cette classe politique, économique, pervertie qui gouverna notre pays pendant longtemps, ceux qui s’agenouillèrent devant l’empire américain et n’eurent pas la dignité de défendre la dignité de la patrie. Pour défendre la dignité de la patrie, il faut avoir de la dignité. Ils jetèrent le Venezuela dans un abîme et laissèrent les coquilles vides de ce qui fut le songe d’une patrie. Nous avons aussi libéré la patrie de cette élite créole qui la domina pendant longtemps et qui s’enrichit des biens qui étaient pour tous.

Ce matin, je faisais mes comptes. Ici, les secours pour les pauvres, l’enseignement pour les pauvres. J’ai mes petits comptes . Pour l’année 2006 nous ne pouvons mal employer pas même un bolivar, il faut bien l’utiliser, on ne peut permettre à personne de le voler. J’appelle à la lutte contre la corruption, qu’on l’appelle comme on voudra et où qu’elle se cache, contre la bureaucratie qui ne sert à rien, ces gens qui travaillent pour l’Etat comme fonctionnaires et ne font rien. Il faut les dénoncer, ceux qui touchent un salaire et ne travaillent pas. Chaque jour ils sont moins nombreux mais il y a des personnes qui doivent travailler cinq ou dix fois plus à cause d’autres paresseux qui ne travaillent pas ou travaillent mal ou même qui sabotent parce qu’ils sont encore infiltrés dans les institutions du gouvernement ou de l’Etat. Il faut ouvrir l’oeil et les dénoncer.

P : applaudissements.

-  H.C. : Les dénoncer et assainir les institutions avec des gens honnêtes. Un dirigeant, un fonctionnaire ou serviteur public doit être comme Fabiola, je la cite en exemple. On ne peut rien ambitionner pour soi-même : travail, travail, encore plus de travail, sacrifice, sacrifice, encore plus de sacrifices mais pas de biens matériels. Ceux qui occupent un poste comme celui que j’occupe par votre volonté et grâce à Dieu doit tout laisser pour se donner entièrement au service social, à la lutte sociale, c’est l’objectif. C’est pourquoi je profite de cette veille de Noël [considérations sur Noël...]

Le Christ s’est sacrifié dès qu’il est né dans la mangeoire. C’était déjà un enfant sacrifié, ce fut un jeune homme sacrifié, toute sa vie fut sacrifiée et à la fin il subit le supplice de la croix par amour des hommes, des femmes, de l’égalité, de la liberté, de la justice. Je vous disais que nous avions réussi plusieurs choses dans ces 7 années. Nous allons terminer 7 années de gouvernement le 2 février prochain, 2006. 7 ans pour commencer et 7 ans de plus.

P : applaudissements.

-  H.C. : Un septennat se termine et en commence un autre, de 2006 à 2013. Dans ces 7 premières années nous avons accompli des choses mais il y a encore au Venezuela beaucoup de pauvreté, de misère et je veux que nous y apportions toute notre attention, toute notre âme. Je veux rappeler que les missions éducatives, les missions sociales, ont été merveilleuses et les résultats continuent à être merveilleux et chaque jour, il y aura plus de résultats. L’année 2006 sera une année où nous devrons renforcer les missions : toutes les missions depuis la « Robinson » jusqu’à la « Sucre », la « Vuelvancaras », la « Guaicaipuro », la « Piar » et ce sera aussi une année où nous entreprendrons de nouvelles missions surtout pour aller là où nous avons encore une dure situation d’exclusion sociale, où la misère est la plus grande, la pauvreté dramatique. L’une de ces missions que j’ai le plus à coeur, c’est la mission « Negra et Hipolita » et vous êtes les pionniers de la mission « Negra et Hipolita ».

P : applaudissements.

H.C. : [portrait de Garcia Carneiro ministre de la participation populaire et du développement social...]

Je pensais depuis de nombreuses années à un ministère qui s’occupe uniquement, exclusivement, directement, spécialement, de la misère, des enfants des rues, des mendiants, des exclus, ceux qui vivent sous les ponts, comme vous, ceux qui vivent dans des rues obscures, ceux qui vivent comme dit Victor Hugo, et c’est un nouveau livre que je vous recommande :« Les misérables »... Prenez note d’envoyer ici plusieurs exemplaires des « Misérables » et vous avez sûrement le temps de lire, n’est-ce pas ?

Il est bon de lire la nuit, dans le silence. [...]C’est un livre merveilleux, il faut le lire. Victor Hugo est un grand écrivain français et mondial. Il y a aussi un film, il serait bon que vous voyiez des films aussi. Avez-vous de quoi voir des films ? Car Victor Hugo présente ici le drame dans lequel vous avez vécu et dans lequel beaucoup de gens ont vécu pendant des siècles. Il dit que la pauvreté est une chambre obscure, une chambre obscure où on vit mal mais au-delà de la pauvreté de cette chambre, il y a une autre chambre, totalement obscure, noire, c’est la misère et moi, j’ajoute, encore plus loin, il y a une autre chambre, et c’est l’enfer. Sortir de la chambre de la misère, c’est vivre une vie digne, sans misère ni pauvreté , c’est le royaume de Dieu que le Christ est venu nous annoncer, le royaume de l’égalité, de l’amour, de la justice. Ce royaume, nous devons le construire ici car il est totalement faux qu’il soit au-delà des nuages et qu’on n’y accède qu’après la mort. Mensonge ! Les astronomes l’auraient vu et ceux qui voyagent dans ces régions et les télescopes. C’est un mensonge que l’enfer soit sous la terre, nous l’aurions trouvé en cherchant du pétrole. Non, l’enfer et le ciel sont ici, parmi nous et nous pouvons vivre un jour dans le ciel et le jour suivant en enfer, où nous pouvons brûler vifs.

P : applaudissements.

H.C. : Le royaume de Dieu, c’est le royaume de l’amour. Ici, à « La Source des Rêves » nous sommes au ciel. Les enfants, les chansons, vos visages, c’est comme le ciel car ici nous nous sentons tous frères, nous nous aimons les uns les autres, mais à 200 mètres d’ici, quelqu’un est dans la rue, et c’est l’enfer . Où se trouve la haine, où se trouve une personne qui en exploite une autre, c’est l’enfer. Où se trouve un enfant qui n’a pas mangé à cette heure-ci, aujourd’hui, c’est l’enfer, où se trouve une famille vivant sous un pont dans la plus grande misère, c’est l’enfer. Contre cet enfer nous devons lutter, et vite, frères, vite. Quand je dis vite, je parle de la prochaine décade, 2020 - 2030. Nous devons déclarer le Venezuela territoire libre d’enfer, territoire libre de misère.

P : applaudissements.

-  H.C. : Le Venezuela va être un territoire libre de misère, libre d’enfer. Cela ne veut pas dire que nous allons être riches matériellement. Nous voulons seulement vivre avec dignité et ce que nous voulons, c’est la richesse spirituelle. La richesse d’un pays, disait Bolivar, est dans l’être humain, riche par ses vertus, de notre gloire, de notre sagesse comme peuple, riches par l’exemple que nous allons donner au monde de la façon de vivre dans l’égalité,la liberté, la justice et l’amour. C’est le chemin que j’appelle tous les Vénézuéliens et Vénézuéliennes à suivre, ceux qui m’aiment et ceux qui ne m’aiment pas, cela ne m’importe pas. A tous, et spécialement en ce jour de Noël, je déclare que j’aime tous les Vénézuéliens et Vénézuéliennes de la même façon, et même ceux qui me haïssent, je les aime comme des frères.

P : applaudissements.

-  H.C. : Peu m’importe, peu m’importe qu’ils me lancent des pierres, peu m’importe qu’ils me lancent des flèches empoisonnées, je les aime, j’aime tous les êtres humains, mais spécialement les Vénézuéliens et les Vénézuéliennes, les riches et les pauvres, ceux qui sont avec la Révolution et ceux qui sont contre, tous, blancs, noirs, je les aime tous et je leur demande à tous de lâcher la bride à l’amour, à notre conscience et de faire un pays où nous puissions vivre tous dans l’égalité, la liberté et la justice. Alors, la Mission, je disais que la mission « Negra et Hipolita », c’est l’effort de mise en place, c’est le second pas.

Le premier fut la création du Ministère de la participation populaire et du développement social pour s’occuper exclusivement de la misère. Nous devons tirer tous les Vénézuéliens de la chambre qui est aux frontières de l’enfer ou dans l’enfer lui-même, leur donner la main même si nous nous brûlons, il importe peu que nous nous brûlions, donnons-leur la main et notre âme et tirons-les comme vous avez dit. Le Christ disait « croissez et multipliez » et il ne se référait pas simplement à la multiplication biologique de l’espèce, aux enfants biologiques que chacun peut avoir, il se référait en plus de cela à la multiplication de l’amour et à la multiplication de la foi. La « Source des Rêves » convertissons-la en une ligne stratégique centrale de cet effort pour battre la misère et construisons des « Sources des Rêves », mettons sur pied des espaces pour des « sources des rêves » dans tous les coins du pays, pour qu’il ne reste pas un seul enfant dans la rue, pour qu’il ne reste pas un seul homme ou une seule femme dans la rue.

P : applaudissements.

-  H.C. : Je vais vous dire quelque chose, il faut travailler très dur ces jours-ci commenoussommesentrain de le faire parcec’est le mois de janvier, du moins, il va commencer, c’est un samedi, le 14 janvier, que nous allons lancer la mission« Négra et Hipolita »

et nous allons expliquer au pays en quoi consiste cette mission dans sa première étape, depuis le bas,car sans le peuple,nous ne réussissons rien, savez-vous ?

Et sans participation populaire nous n’arriverions à rien. C’est pour cela qu’ils ont commencé à s’organiser et moi, je vous invite à continuer à organiser dans chaque quartier, dans chaque secteur de chaque quartier, des comités de protection sociale. C’est la première étape.[...]

Vous verrez, le peuple est sage. Je ne vais pas vous dire comment vous allez faire parce que moi, je ne sais pas comment vous allez faire. Vous êtes ceux qui savent comment vous allez le faire. L’idée générale, c’est , dans chaque quartier, un comité de protection sociale.[...]

Et, dans chaque quartier où le comité existe, il ne doit pas y avoir un seul enfant dans la rue qui ne soit écouté : d’abord lui donner la main, ensuite entamer le processus, rien n’est facile, parce qu’il ne faut pas faire comme avant, les attraper, les emmener avec une patrouille de police et les mettre en prison, les cacher pour qu’on ne les voie pas. Non, il faut que nous allions dans la rue avec eux, leur donner de l’amour, les embrasser et leur dire : garçon, fille, viens ici, mon fils, tu es comme mon fils, je t’aime, tu dois vivre et ce n’est pas dans la rue que tu vas vivre. Ainsi, on commence à le sauver des griffes de l’enfer. Chaque fille, chaque garçon, chaque famille qui est dans les alentours, vivant sous un pont. L’autre jour... te rappelles-tu qu’il y avait des gens vivant par là-bas, près de la Roche Tarpéienne ?

Il y a un vieux tunnel et dans ce tunnel vivaient des gens. Je l’ai vu à la télévision, aux nouvelles. C’est pour cela que j’aime qu’on me critique et la critique ne m’offense pas quand elle est saine, quand elle n’est pas un mensonge et cela, c’était la vérité. J’ai vu cela et j’ai dit : « Comment est-ce possible ? » et j’ai appelé immédiatement plusieurs personnes.[...] et ils allèrent parler avec ces gens. Nous ne pouvons permettre que qui que ce soit vive sous les ponts. Là-bas, près de La Casona , il y avait des gens qui vivaient, qui faisaient du feu la nuit et un jour je me suis arrêté là-bas et ils faisaient cuire des aliments. Je leur dis : « Allons à la Cosona et dormez là-bas. Là-bas, il y a une aile inutilisée.

-  Non, Chavez, ici, nous sommes heureux . »

Car les gens s’habituent à être dans la rue mais cela n’est pas correct. Il faut donc peu à peu travailler avec eux et assumer la conscience de ce qu’il est nécessaire d’ajouter à l’éducation, au travail, à la production. Ainsi, vous, ici, vous avez une boulangerie, une menuiserie où vous étudiez, c’est le chemin de la vie pour que vous fleurissiez comme des plantes. Si on ne donne pas d’eau à une plante elle fane et alors, comment donnera-t-elle des fleurs et des fruits ? L’être humain est comme une plante, il faut lui donner de l’eau : éducation, santé, culture, travail collectif, travail productif, et alors, nous verrons les fruits merveilleux de la vie, de ce dont nous sommes capables, nous, fils de Dieu, fils du Christ, grâce à la rédemption sociale. Nous pouvons faire des miracles chaque fois que nous nous conduisons comme un peuple. C’est pourquoi on dit que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. « Les Misérables », j’allais vous commenter une phrase des « Misérables » pour vous pousser à lire, parce qu’en plus, c’est beau, c’est bien beau de lire cela. La troisième partie du premier livre s’appelle « Parvulus ». Parvulus signifie très petit, un enfant, donc, un « parvulo » . Il dit « Paris a un fils et la forêt a un oiseau, l’oiseau s’appelle moineau et le fils s’appelle gamin. Associez ces deux idées qui contiennent la première tout le feu de la lumière, l’autre toute l’aurore , ce petit être, l’enfant de la rue ou le gamin, comme il l’appelle, ce petit être est très gai, (ainsi sont les enfants des rues), il est très gai, ne mange pas tous les jours et il va aux spectacles s’il en a envie toutes les nuits. Il n’a pas de chemise sur le dos ni de souliers aux pieds, ni de toit sur la tête, comme les oiseaux qui n’ont rien de tout cela, il a de 7 à 13 ans, vit en bandes, il bat le pavé, habite à l’air libre, porte un vieux pantalon de son père qui descend sous les talons, un vieux chapeau d’un autre père qui lui descend jusqu’aux oreilles, une seule bretelle jaune, il court, il guette, pose des questions, perd son temps, fume des pipes, jure comme un condamné, fréquente les tavernes, connaît les voleurs, tutoie les prostituées, parle argot, chante des chansons obscènes, et il a bon coeur. Cela veut dire qu’il a dans l’âme une perle, remarquez cette image si belle qui montre bien ce qu’est la nature humaine et surtout celle des enfants, cela veut dire qu’il a dans l’âme une perle, l’innocence, et les perles ne se dissolvent pas dans la fange.

Tant que l’homme est un enfant, Dieu veut qu’il soit innocent. Si on demandait à cette grande ville : « Qui est-il ? » Elle répondrait : « C’est mon fils » Le gamin de Paris, c’est le petit enfant d’une géante, la cité, la société. Qui est ta mère, enfant des rues ? La société est ma mère, la société est mon père. »

[...] La mission « Negra et Hipolita » a huit objectifs :

-  1) Les enfants et les adolescents qui vivent dans la rue ou privés de liberté,

-  2) Las adultes en situation d’exclusion extrême,

-  3) Adultes et adolescents en situation de pauvreté extrême,

-  4) Prévention dans la lutte contre la drogue dans la population infantile, adolescente et adulte,

-  5) Grande attention au développement des communautés indigènes. Ici, la mission « Negra et Hipolita » rejoint la mission « Guaicaipuro ».

-  6) S’occuper des familles en situation de risque, toute la famille,

-  7) S’occuper des handicapés,

-  8) Promotion et renforcement de la participation du peuple dans la gestion publique. En effet, aucun des 7 points d’action antérieurs ne pourrait avoir une vie quelconque sans la plus grande, la plus amoureuse participation populaire et la participation populaire, nous voulons qu’elle commence à s’organiser pour construire le pouvoir créateur depuis la base, pour libérer le pouvoir de l’amour depuis la base, depuis les bases populaires, à travers les comités de protection sociale, comités de protection sociale qui existent déjà et sont en train de s’organiser. Alors, je demande aujourd’hui, en cette nuit de Noël que, dès maintenant, nous passions à la vitesse supérieure, en coordination avec les conseils communaux, tout doit être coordonné, en coordination avec les juntes paroissiales, avec les grandes mairies, avec les gouvernements, mais je précise, les gouvernements, les mairies, les grandes mairies, les juntes paroissiales, je prie leurs dirigeants de donner des instructions très claires à tous les fonctionnaires et serviteurs de l’Etat de ces instances gouvernementales pour qu’elles ne fassent pas obstacle mais qu’elles aident à ce que ce pouvoir populaire de l’amour soit véritablement libéré par la base et se répercute dans l’organisation, véritablement ; que la bureaucratie ne devienne pas un obstacle et là où elle ferait obstacle, vous la mettriez en déroute comme des guerriers de la lumière que vous êtes.

Là où vous rencontrerez un bureaucrate retranché qui ne veut pas que les réformes fonctionnent, je ne dirai pas « passez-lui dessus » parce que vous n’allez pas l’assommer , non, passez à côté et continuez de l’avant. Que rien ni personne ne vous arrête dans l’organisation des comités de protection sociale et ces comités doivent se lever comme des soldats de la bataille de l’amour pour que dans les prochaines années, il n’y ait plus d’enfants dans les rues ni une femme enceinte sans soins appropriés ni une famille en situation de risque.

En résumé, pour qu’il n’y ait plus de drogués, plus de jeunes qui aient abandonné le chemin de la vie, pour que nous vivions tous dans le Christ et avec le Christ comme des frères pleins d’amour. C’est la tâche fondamentale de la mission « Negra et Hipolita » qui verra le jour le 14 janvier prochain.[...] J’ai annoncé aussi la mission « Science », la science pour les quartiers, la science et la technologie dans les rues, dans les villages. La science doit appartenir au peuple et non à une élite qui la manipule.

Voilà toutes nos missions mais il y a une mission qui les regroupe toutes, c’est la mission « Christ ». C’est la Mission des Missions et aucun jour n’est meilleur que celui-ci , date de son anniversaire pour nous redonner des forces, avec cette mission comme nord fondamental de la marche de notre peuple, comme nord fondamental de la nef dans laquelle nous voyageons tous, comme effort fondamental de vie. La « mission Christ » signifie : misère zéro, c’est la première étape car, je reprends la figure de Victor Hugo, nous savons bien que la pauvreté et la misère, ce n’est pas la même chose. La première bataille, c’est contre la misère qui est la porte de l’enfer et ensuite, beaucoup plus longuement, le thème de la pauvreté est beaucoup plus complexe, c’est une autre étape de la « mission Christ » mais une deuxième étape qui sera beaucoup plus longue.

Je crois qu’en 2030, quand nous commémorerons les 200 ans de la mort physique de ce Christ que fut Bolivar, qui est mort avec sa croix comme le Christ, ressuscita devenu peuple aussi, il revint fait peuple, je crois et je demande à Dieu, en cette nuit de Noël, à six heures et demie du soir, je demande à dieu qu’il nous aide, je demande au Christ de nous accompagner et de nous indiquer la route à suivre. Je demande au peuple du Venezuela beaucoup d’amour, beaucoup de désintéressement, je demande à tout mon gouvernement , aux gouvernements des états, aux gouvernements municipaux, au gouvernement populaire qui est en action de toutes parts, je demande aux institutions des pouvoirs de l’Etat , je demande à tous les Vénézuéliens, avec la plus grande humilité que je puisse avoir dans mon âme humble d’homme de ce peuple, je demande que nous laissions de côté définitivement, les haines, les rancoeurs, tout ce qui est négatif et mauvais, que nous mettions en avant l’intérêt de tous de vivre en paix comme des frères, en acceptant nos différences, en nous souvenant que nous avons un intérêt commun et que nous sommes tous fils de Dieu.

Et, pourquoi ne pas le dire ?

Soyons tous les créateurs d’un monde nouveau, d’un monde de paix, d’égalité, de justice.

D’ici, de « La Source des Rêves », entouré d’amour, d’amour pur, vrai, désintéressé et sincère, récoltant l’amour de cette grande famille qui est ma famille et moi, qui suis l’un d’entre vous, j’envoie avec tout mon coeur à tout le Venezuela ce désir de tous. Bon Noël, bonne nuit de Noël et heureuse et prospère année 2006 pour continuer à cheminer sur les chemins de Dieu, le chemin du Christ, le chemin du peuple, le chemin de la patrie. Joyeux Noël pour tous et toutes, merci beaucoup, compagnons et compagnes.

sources :

-  site vivecuba

-  bellaciao



Publié le 23 janvier 2006  par torpedo


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