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Cérémonie des Césars : « C’était dehors qu’il fallait être » (Robert Guédiguian)

Catégorie Cinema
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Le réalisateur Robert Guédiguian a quitté la salle par solidarité.

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-  Vous êtes un des rares à avoir quitté la cérémonie des césars, pourquoi ?

Robert Guédiguian. Il m’a semblé que, samedi soir, c’était dehors qu’il fallait être. C’était le bon côté. Avec Arianne, nous sommes partis sur une position de principe. À l’intérieur, des intermittents sont intervenus avec raison pour rappeler la situation qui n’a que trop duré, et l’avenir inquiétant qui s’annonce pour le 8 mars prochain. Ils sont descendus du plateau. Et là, le service d’ordre a commencé à les virer assez brutalement. Je me suis levé, j’ai gueulé une première fois. Puis j’ai vu qu’un des gars saignait. Je ne mange pas de ce pain-là : je ne pouvais pas rester dans ce théâtre bourgeois, engoncé dans mon beau costume comme si de rien n’était. Dans les couloirs, la bousculade continuait. Avec Ariane, nous nous sommes interposés. Les gars de la sécurité l’ont reconnue, ils ne savaient plus comment agir. On a été suivis par quelques personnes. Je suis au bureau de l’Académie des césars, je tiens à dire mon indignation devant ce qui s’est passé. Si la profession était plus drôle, elle les aurait laissés participer à l’ensemble des festivités, cela aurait pu prendre des airs de happening. Mais non seulement ils ne sont pas drôles, mais les organisateurs n’ont pas diffusé le film de Dominique Cabrera dans la soirée comme ils s’y étaient engagés.

-  Peut-on parler de famille du cinéma après ce qui s’est passé ?

Robert Guédiguian. Du fait du système législatif français, il existe une famille « obligée » du cinéma français, puisque le cinéma des riches profite au cinéma des pauvres. Au-delà de ce système économique, l’idée de famille repose aussi sur un accord qui rassemble l’ensemble de la profession, riche ou pauvre, de droite comme de gauche : celui de l’exception culturelle. Tout le monde défend l’idée que le cinéma français doit exister sous toutes ses formes. C’est une famille soudée par des intérêts communs, mais qui est caractérisée par des oppositions très fortes.

Propos recueillis par M.-J. S.

-  source : Humanité



Publié le 28 février 2006  par torpedo


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